Le soutien psychologique et médicosocial offert aux patientes à la suite d’une IVG
Sophie Pécriaux a dénoncé les propos du pape à l’égard des femmes et des praticiens de l’IVG, et a interrogé le ministre sur les moyens d’améliorer l’accessibilité à l’IVG en Wallonie ainsi que l’encadrement psycho-médico-social dans les centres de planning familial. Yves Coppieters a rappelé que l’IVG est un droit fondamental et a souligné l’importance de l’accompagnement psychologique, en citant les centres de planning familial, les psychologues de première ligne, les médecins traitants et l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle comme leviers d’information et de prévention. Il a aussi insisté sur la formation des professionnels de santé et sur la question du ticket modérateur, qui relève encore d’une négociation avec le niveau fédéral, tout en évoquant des difficultés persistantes en matière d’accessibilité et de personnel.
Débat · 3 interventions
- SP
Monsieur le Ministre, lors de sa visite dans notre pays, le pape François a remis en question le rôle de la femme dans notre société. Je suis une femme. Je suis une mère. Je suis une sœur. Je suis une fille. Je suis une élue et je ne peux pas accepter ce genre de propos. En plus de cela, le pape a remis, comme on dit chez nous, une couche, à savoir qu’il a nommé les praticiens de l’IVG, les médecins, les responsables de centres de planning, de tueurs à gages. C’est inadmissible, inacceptable! Alors évidemment, le secteur s’est manifesté. Ils ont qualifié l’intervention du pape comme méprisable. Mais ce qui m’a beaucoup frappée, c’est que le secteur, ces professionnels de la santé, ils ont tout de suite pensé aux femmes, aux femmes qui pratiquaient l’IVG, et ils ont mis en avant le fait que les propos du pape pouvaient encore plus les culpabiliser. Monsieur le Ministre, dans notre État de droit, où l’IVG est reconnue, ces propos n’ont pas leur place. Le 28 septembre dernier, vous avez – et je le salue – publié sur les réseaux sociaux, dans le cadre de la Journée internationale du droit à l’avortement, un texte – que j’invite mes collègues, s’ils n’en ont pas eu l’occasion à aller lire – dans lequel vous mettez en avant l’accessibilité et l’importance d’assurer l’IVG. Monsieur le Ministre, comment, en Wallonie, allezvous faire en sorte que cette accessibilité à l’IVG puisse être accrue? Comment allez-vous faire pour mettre en place, au niveau des centres de planning familial, un encadrement psycho-médico-social pour ces femmes?
Agressivité 57%Émotionnel 54% Madame la Députée, l’IVG est un droit fondamental et il faut garantir pour toutes les femmes le droit à l’IVG sur notre territoire, quelle que soit l’origine : pour des raisons médicales bien sûr, mais aussi pour des raisons personnelles. Par rapport à cette dimension, l’accompagnement psychologique, comme vous le dites, est capital parce que l’on ne recourt pas à l’IVG pour des raisons simples et que l’acte médical n’est pas un acte banal. Pour cela, je vous réfère quand même à une lettre écrite par notre ancienne collègue et ancienne ministre, Céline Fremault, qui a écrit une lettre ouverte dans La Libre Belgique, où elle exprime vraiment l’importance de cet accompagnement psychologique par rapport à quelque chose de tout à fait bouleversant pour les femmes et par rapport aux propos tenus par le pape dans son avion de retour. Pour ma part, je réagis en tant que scientifique, puisque je suis complètement révolté par ce qu’il a dit, par rapport à nos collègues, à nos confrères qui assurent ces actes, en adoptant une vision très conservatrice et culpabilisante. C’est tout à fait scandaleux. En Région wallonne, toute une série de structures assure ce suivi mental, mais aussi psychologique. On a bien sûr les centres de planning familial, comme vous l’avez souligné. On a aussi les psychologues de première ligne et, bien sûr, les médecins traitants. Il est vrai que l’IVG est un moment difficile par rapport à ce que la femme va vivre. Concrètement, ces centres de planning familial assurent un accompagnement tout au long de la vie affective et sexuelle de la femme. Ce sont eux qui assurent ces consultations psychologiques de première ligne qui sont accessibles. Ils assurent aussi la prévention des grossesses non désirées. Ils assurent aussi la promotion de la contraception orale. C’est très important. Relativement à l’accessibilité, je vous rappelle aussi que cela se passe par de l’information. Le programme EVRAS dans les écoles aborde, d’ailleurs, cette dimension. Je rappelle, en outre, l’importance de former les professionnels de santé à l’IVG et à l’accompagnement. Il y a toute la dimension du ticket modérateur, parce que c’est un acte médical, qui relève d’une négociation que l’on doit encore avoir avec le niveau fédéral. Il y a encore beaucoup de choses à faire en termes d’accessibilité. Je parlerai aussi de l’accessibilité géographique, mais je n’ai pas encore tous les éléments pour aborder cette dimension.
Agressivité 85%Factuel 70%Émotionnel 86%- SP
Je remercie M. le Ministre. J’avais également lu la carte blanche à laquelle vous faites référence. Effectivement, il y a un travail qui doit être fait aussi en amont. On en est bien conscients. Avant d’être parlementaire, j’ai travaillé des années dans un centre de médecine scolaire. Toute cette approche par rapport aux jeunes et par rapport aux futures femmes, on l’a pratiquée. Je voulais justement vous entendre par rapport à cette notion d’accessibilité. En effet, vous faisiez référence, dans votre publication, au manque de personnel dans les centres de planning. Il faut y travailler. Je vous encourage à poursuivre le travail qui a déjà été mené par vos prédécesseurs.
Constructivité 47%Émotionnel 40%
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