Participation citoyenne
La rationalisation de poubelles pour une meilleure propreté publique
Maxime Daye a interrogé le ministre sur l’opportunité de réduire le nombre de poubelles publiques afin de limiter les dépôts clandestins et d’améliorer la propreté, en citant notamment des exemples à Liège et à Bruxelles ainsi que la hausse des coûts de collecte et de traitement. Yves Coppieters a défendu une rationalisation structurée du parc de poubelles, fondée sur la géolocalisation, l’adaptation des horaires de collecte et le type de déchets, en soulignant que moins de poubelles peut améliorer la collecte, le tri et la conscientisation. Il a rappelé le soutien de la Région wallonne à Be WaPP, l’accompagnement de 123 communes, les résultats d’une étude montrant des révisions de plans de poubelles dans 22 communes et l’arrivée progressive de la REP-SUP « Déchets sauvages », qui doit redistribuer 25 à 30 millions d’euros aux communes et intercommunales d’ici 2026. En réplique, le député a jugé ces actions utiles mais a estimé les appels à projets peu adaptés aux attentes des communes, plaidant pour d’autres mesures de soutien.
Les constats mis en lumière par un consortium universitaire de politologues à la suite des dernières élections
Valérie Warzée-Caverenne a interrogé le ministre sur une étude universitaire mettant en évidence une participation plus faible dans les communes marquées par de fortes inégalités sociales, une hausse des votes nuls liée à la complexité des bulletins et une abstention plus élevée chez les jeunes et les personnes moins diplômées. François Desquesnes a indiqué avoir pris connaissance de l’étude de manière préliminaire et a relevé que 43 % des votes nuls seraient involontaires, ce qui appelle selon lui à simplifier et rendre plus accessible le processus électoral, notamment par l’éducation et l’examen des effets de la taille des bulletins. Il a précisé que les causes exactes restent discutées par les spécialistes et a annoncé que le Parlement sera saisi à la fin de l’année dans le cadre du rapport sur les élections de 2024, en vue de préparer les améliorations pour le scrutin de 2030.
La féminisation des collèges communaux
Caroline Cassart-Mailleux a salué la hausse de la présence des femmes dans les collèges communaux wallons, estimant que les décrets successifs ont favorisé leur accès à des mandats stratégiques, tout en interrogeant le ministre sur l’évaluation du décret de 2017 et sur l’opportunité de le modifier. François Desquesnes a jugé ces chiffres très positifs pour la représentativité démocratique et a estimé que l’enjeu principal n’est pas juridique, mais l’identification des freins qui dissuadent encore certaines femmes d’entrer dans un collège communal. La députée a rappelé que certaines élues choisissent de ne pas siéger, qu’il ne faut pas les stigmatiser, et a souligné plusieurs indicateurs de féminisation dans les mandats communaux et de CPAS.
L’avenir du vote obligatoire en Wallonie
Christine Mauel a interrogé le ministre sur l’opportunité pour la Wallonie de suivre l’exemple flamand et de supprimer le vote obligatoire aux élections communales, en évoquant les effets possibles sur la participation, la représentation démocratique et l’engagement des jeunes. François Desquesnes a répondu qu’il n’était pas question de revenir sur l’obligation de vote, en rappelant une hausse de la participation en Wallonie de 82 % en 2018 à 88 % en 2024, contre 63 % en Flandre sous le régime du vote libre. Il a défendu le maintien du vote obligatoire au nom des droits et devoirs des citoyens et de la légitimité des élus locaux. La députée a pris acte de ces chiffres tout en appelant à la vigilance pour éviter un désengagement citoyen.
La nouvelle enquête publique concernant le projet envirolead
Les intervenants ont interrogé la ministre sur la relance d’une enquête publique concernant le projet Envirolead, après l’octroi en décembre 2022 d’un permis unique pour une usine de recyclage de batteries au plomb et face aux contestations locales. Ils ont souligné l’élargissement de l’enquête aux communes voisines, la prise en compte des remarques sur les rejets d’eaux usées et les PFAS, ainsi que les démarches de la Ville de Mons pour obtenir une étude complémentaire pouvant appuyer une demande de retrait du permis. La ministre a été remerciée pour avoir maintenu le dialogue avec les riverains, la Ville de Mons et les communes concernées, et pour avoir donné suite aux conclusions de l’audition parlementaire. Jacqueline Galant a toutefois demandé si la procédure était juridiquement solide et si un retrait du permis restait possible après la nouvelle enquête publique.
La défiance grandissante des citoyens envers les institutions politiques selon le baromètre de l’institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (iweps)
La députée a cité le baromètre de l’IWEPS pour souligner la forte perte de confiance des citoyens wallons envers le Gouvernement et l’ensemble du monde السياسي, qu’elle attribue à une déconnexion persistante et au maintien de privilèges politiques. Elle a rappelé que la majorité avait promis en 2019 de rapprocher les citoyens des institutions, tout en dénonçant le refus de réduire les salaires des mandataires et les dotations des partis, ainsi que le maintien d’autres avantages. Le ministre-président a été interpellé sur les suites concrètes données à cet objectif de rapprochement et sur l’absence, selon la questionneuse, de rupture avec les pratiques passées.
L’utilisation de moyens communaux pour l’organisation d’événements politiques
Les intervenants dénoncent l’utilisation de moyens communaux à Châtelet pour organiser et promouvoir une soirée de présentation du livre de Thomas Dermine, en soulignant que la commune a, selon eux, financé l’événement à hauteur de 1 000 euros, notamment pour des boissons, des zakouskis et la mise à disposition de personnel communal. Ils considèrent qu’il s’agit d’une pratique promotionnelle au bénéfice d’un responsable politique de la même couleur que la majorité communale, et demandent si cette utilisation de deniers publics est acceptable et comment éviter de tels cas à l’avenir. Les échanges insistent aussi sur le caractère, selon eux, électoral et anormal de l’événement, ainsi que sur la nécessité de rappeler le cadre applicable en période préélectorale.
La «déconnexion» des jeunes belges face au monde politique
Jacqueline Galant a interrogé le ministre sur la déconnexion des jeunes de 16 à 30 ans vis-à-vis du monde politique, en évoquant une étude du Forum des jeunes, la complexité institutionnelle, son opacité et le manque de jeunes engagés en politique. Elle a demandé si le ministre avait pris connaissance de cette étude et quelles pistes il proposait pour retisser le lien avec les jeunes. En réponse, le ministre a présenté des éléments jugés satisfaisants par la questionneuse, qui l’a remercié pour son engagement et pour la rencontre annoncée le 21 décembre, estimant qu’il appartient à l’ensemble du monde politique d’aller vers les jeunes.
Le nombre d’appels à projets à destination des communes
Le député a souligné la multiplication des appels à projets et de subsides destinés aux communes, en relevant la complexité des dossiers, les délais serrés et les difficultés de cofinancement, surtout pour les petites communes. Il a demandé si le ministre partageait ce constat et quelles aides ou modalités d’attribution étaient envisagées pour tenir compte des différences de taille et de capacités administratives. En réponse, le ministre a évoqué la mutualisation des moyens entre communes. En réplique, le député a plaidé pour une mutualisation à l’échelle supracommunale, organisée en bassins de vie, afin d’aider davantage les petites communes.
Le double recours introduit par revolht dans le dossier de la boucle du hainaut
François Desquesnes critique l’autorisation donnée au projet de ligne à très haute tension d’Elia dans le Hainaut, estimant que le gouvernement n’a pas imposé l’examen d’une alternative en courant continu portée par l’association REVOLHT, alors que 23 000 citoyens ont exprimé leurs inquiétudes. Il dénonce aussi un choix qu’il juge contraire à l’intérêt général et une gestion dilatoire du dossier, susceptible de renvoyer la décision après les élections. La réponse de Willy Borsus se limite à rappeler qu’il est raisonnable de respecter les procédures et le cadre légal.
Les déclarations de la ministre fédérale de l’énergie sur la boucle du hainaut
Laurent Devin a interrogé le ministre wallon au sujet des déclarations de la ministre fédérale de l’Énergie sur la Boucle du Hainaut, en rappelant les enjeux pour la Wallonie picarde, Mons, le Centre, Courcelles et Charleroi. Il a souligné les mises en garde fédérales sur un éventuel retard, présenté comme susceptible d’entraîner un renchérissement de l’énergie, des émissions supplémentaires de CO2 et des pertes d’emplois, tout en demandant comment la Wallonie accueillait cette position. Le ministre a insisté sur le respect de la Wallonie, des citoyens, des associations locales et des mandataires communaux, ainsi que sur la nécessité de poursuivre le travail dans l’ordre et en tenant compte des avis exprimés.
La consultation populaire organisée à honnelles sur les projets éoliens
Jacqueline Galant a relayé la consultation populaire organisée à Honnelles, à laquelle 1 400 habitants ont participé, avec environ 90 % de votes défavorables aux deux projets éoliens de 11 et 5 éoliennes ainsi qu’à d’éventuels projets jusqu’en 2024, et elle a demandé si cet avis serait pris en compte dans l’examen du permis. Le ministre a indiqué avoir pris connaissance de cette consultation et a évoqué la nécessité de concilier les besoins en énergies renouvelables avec le respect du cadre de vie et de l’environnement, dans une décision objective. Jacqueline Galant a pris acte de ces éléments et a insisté sur l’importance de trouver un équilibre entre développement éolien et préservation du paysage des Hauts-Pays.
Les avancées insuffisantes dans la réduction des préjugés sexistes
La députée Ryckmans a relayé un rapport de l’ONU et du PNUD montrant que les préjugés sexistes restent très répandus, malgré #MeToo, et a souligné plusieurs chiffres inquiétants sur les stéréotypes liés au leadership, à l’emploi, à l’enseignement supérieur et à la violence conjugale. Elle a insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation, la responsabilisation et la présence des femmes dans les fonctions dirigeantes, notamment en vue des prochaines échéances électorales. Elle a demandé au Gouvernement le bilan de son action en matière de réduction du sexisme et de promotion de la place des femmes en politique et en entreprise.
Le forum «génération égalité» des nations unies
Le questionneur a interpellé la ministre sur la participation de la Wallonie au forum onusien « Génération Égalité », sur la prise en compte des effets du covid-19 sur les femmes et sur une éventuelle contribution politique et financière aux engagements issus du forum. Il a insisté sur la nécessité d’intégrer pleinement les femmes dans les plans de relance et de traduire les engagements en moyens budgétaires concrets. Dans sa réponse, la ministre a précisé les engagements pris par la Belgique lors du forum, notamment en lien avec la résolution 1325 sur le rôle des femmes dans la résolution des conflits. Le questionneur a salué ces précisions, rappelé l’importance de la mise à jour du plan d’action national associant Régions et Communautés, et demandé que la Wallonie participe aussi financièrement, au-delà des déclarations d’intention.