Les informations communiquées lors de la réunion citoyenne sur les PFAS à Braine-leComte le 15 octobre 2024
Bruno Lefèbvre a interpellé le ministre sur la communication jugée contradictoire autour des PFAS à Braine-le-Comte, notamment après la recommandation faite aux personnes concernées de ne plus boire l’eau du robinet, et il a demandé une clarification sur l’aptitude de cette eau à la consommation, d’éventuels dédommagements et le contenu du fonds budgétaire de 8 millions d’euros prévu pour les analyses sanguines et examens médicaux. Yves Coppieters a répondu qu’il n’y avait pas d’exposition environnementale supplémentaire, mais qu’en prévention il fallait limiter l’exposition des personnes déjà concernées, les PFAS à longue chaîne ayant une demi-vie longue; il a précisé que les taux mesurés à Braine-le-Comte restaient autour de 70 ng/l, sous la norme de 100 ng/l, tout en estimant nécessaire une explication pédagogique plutôt qu’une communication anxiogène. En réplique, Bruno Lefèbvre a jugé ce montant budgétaire insuffisant au regard des coûts attendus et a insisté sur la nécessité d’un message clair à la population, qu’il dit très inquiète.
Débat · 3 interventions
- BL
Monsieur le Ministre, hier soir avait lieu à Braine-le-Comte une réunion d’information concernant les dépassements PFAS dans la région. Contre toute attente, on a demandé aux personnes qui étaient concernées par les dépassements PFAS de ne plus boire d’eau du robinet. J’avoue que je suis un peu interloqué par cette demande lors d’une réunion où vous êtes, d’autant plus que cela fait maintenant des mois que l’on dit à la population que les niveaux en PFAS dans l’eau du robinet sont tout à fait corrects et qu’il n’y a plus aucun danger. On était déjà dans un modèle anxiogène depuis ce qui s’est passé dans les analyses sanguines; on vient encore de dépasser un stade supplémentaire. Peut-on une fois pour toutes clarifier la situation? La population concernée peut-elle boire l’eau du robinet? Si ce n’est pas le cas, si elle doit boire de l’eau en bouteille, va-t-on les dédommager parce qu’on les oblige à boire de l’eau en bouteille? Dans quelle situation allons-nous nous trouver si l’on continue dans cette direction, sans jamais être très clairs? En outre, vous venez d’évoquer, dans les prévisions budgétaires du Gouvernement, que 8 millions d’euros seraient réservés à un fonds pour les analyses sanguines et les examens médicaux. Que va-t-on intégrer dans ces 8 millions? Cela me semble peu vu le nombre de milliers de personnes concernées par les dépassements en PFAS. Merci aussi de clarifier la situation. Merci, Monsieur le Président, d’avoir été un peu tolérant, mais la situation est fort grave.
Agressivité 44%Émotionnel 58% Monsieur le Député, la situation n’est pas fort grave, puisqu’elle est exactement la même que potentiellement avant et qu’il n’y a pas d’exposition environnementale complémentaire pour la population. Concrètement, je suis déjà allé à deux réunions d’information, à Chièvres et hier à Braine-le-Comte. Il y a clairement un problème puisque, lorsque ces gens sont exposés, depuis des mois et des années, potentiellement à des taux élevés de PFAS, vous savez que ces PFAS à longue chaîne ne s’éliminent pas facilement de l’organisme. La demi-vie est longue, cela va jusqu’à plusieurs années. On informe que, en prévention, ce serait de limiter le risque à ces perturbateurs endocriniens, que ce soit des PFAS ou d’autres. Pour ceux qui ont déjà des taux sanguins élevés, qu’ils limitent encore leur exposition; c’est la seule prévention que l’on peut vraiment faire pour nous tous qui sommes exposés à des toxiques environnementaux. C’est vrai que, dans le puits à Braine-le-Comte, les taux de PFAS restent autour de 70 nanogrammes par litre, bien inférieurs à la norme qui est de 100 nanogrammes, on est bien d’accord, mais qui est un risque potentiel pour celles et ceux qui ont déjà fortement été exposés. Ce n’est pas de l’anxiété, c’est de l’explication, c’est de la pédagogie que l’on fait. Comme si vous fumiez: au plus vous fumez, au plus votre probabilité augmente de développer des maladies cardiovasculaires. C’est exactement la même chose pour les perturbateurs endocriniens, et c’est ce que l’on a voulu dire. On ne veut pas être anxiogène, mais on veut être pédagogique.
Agressivité 40%Factuel 36%- BL
D’abord, je n’ai pas eu de retour sur les 8 millions d’euros prévus en fonds dans le cadre du budget wallon. J’imagine que l’on aura des explications dans les prochains jours ou les prochaines heures. Néanmoins, il me semble que ces 8 millions d’euros sont fort insuffisants par rapport à tous les frais d’examens médicaux qui vont devoir être mis en œuvre. En outre, si vous me dites que toutes les stations de pompage dans lesquelles on est à 70 nanogrammes ne sont plus consommables pour les personnes qui ont été en exposition prolongée, il y a alors de quoi se poser la question. Il faut avoir une communication très claire envers la population parce qu’elle est très inquiète.
Agressivité 65%Émotionnel 75%
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