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ActualitéWalloniemercredi 19 mars 2025

Le projet F’lip Park et le zoning commercial situé à Philippeville

Synthèse

Veronica Cremasco a dénoncé l’implantation du projet F’lip Park à Philippeville, estimant qu’il s’agit d’un zoning commercial périphérique déstructurant pour le centre-ville, avec des effets négatifs sur l’offre commerciale, la mobilité, l’environnement et la vacance des cellules. François Desquesnes a répondu que la décision favorable reposait sur plusieurs éléments: le classement de Philippeville comme pôle d’ancrage dans le SDT, le sous-équipement commercial de la commune, l’avis socioéconomique positif annonçant plus de 200 emplois, ainsi que l’implantation prévue à moins de 800 mètres du centre-ville. Il a ajouté que le projet prévoit des aménagements pour les modes actifs et un rond-point, et qu’une condition exclut le développement d’HORECA sur le site.

Débat · 5 interventions

  1. Monsieur le Ministre, ma question concerne les zonings commerciaux en périphérie qui siphonnent littéralement nos centres-villes. Est-ce une problématique wallonne grave ? Oui : le taux de cellules vides dans les centres augmente chaque année. On en débat avec les ministres de l’Économie et de l’Aménagement du territoire depuis au moins deux législatures, voire bien plus. Arrive-t-on à 20 % de taux de cellules vides ? Oui : il y a une vraie problématique autour de cela. En a-t-on discuté des heures ? A-t-on fixé des paliers, la législature précédente ? Oui : on a dit « Au-delà de 1 500 mètres carrés, attention, il faut tirer toutes les sonnettes d’alarme – c’est déstructurant ». De quoi parle-t-on aujourd’hui? Du projet du zoning commercial des «Quatre Vents», à côté, en périphérie de Dinant-Philippeville. J’ai été reprendre – parce que je trouve qu’elle est éclairante – une cartographie de Sudinfo, où l’on parle de ce déploiement par rapport au centre-ville de Philippeville. C’est évidemment déstructurant. Le projet est là depuis 10 ans et a été refusé par le fonctionnaire délégué et par le fonctionnaire des implantations commerciales, au moins par deux fois, en disant qu’il n’y a aucune plus-value économique, notamment par rapport à la consommation. Pour le consommateur, il y a une déstructuration de l’offre, une déstructuration du centre commercial, des problèmes graves de mobilité – l’accès se fait exclusivement en bagnole –, il y a des problèmes graves d’environnement en termes de gestion des eaux. Le projet a toujours été refusé. Or, aujourd’hui, il y a une nouvelle commission de recours, puisque le promoteur va systématiquement en recours, parfois aidé des édiles locaux. La commission des recours a aussi dit non. C’est normal, cela contrevient à l’enjeu wallon que le MR et le cdH ont soutenu en leur temps. Il y a quatre jours, c’est devenu oui. Cette commission des recours, où votre Gouvernement est représenté, notamment le ministre de l’Économie et de l’Aménagement du territoire, octroie et fait passer ce projet. J’ai juste envie de dire que, en page 84 de votre Déclaration de politique régionale, il est indiqué: «Le Gouvernement dissuadera la création et l’extension de centres commerciaux en périphérie des centres-villes.» J’aimerais connaître les arguments de la commission des recours et comment vous allez pouvoir défendre cela, à la suite de ce qui est écrit en page 84 de votre Déclaration de politique régionale.

    Agressivité 54%Émotionnel 39%
  2. FD

    Madame la Députée, vous m’interrogez sur un projet porté pour la Commune de Philippeville et qui s’intitule « permis pour les implantations commerciales ». C’est le système de l’ancienne législation. Il s’agit d’une décision collégiale relevant de quatre compétences ministérielles : l’Aménagement du territoire, la Mobilité – deux compétences que j’endosse –, mais également l’Environnement et l’Économie de mes collègues ici présents. Qu’est-ce qui justifie aujourd’hui la décision favorable pour ce projet? Toute une série d’arguments. Le premier argument, c’est le SDT voté sous la précédente législature, par le précédent Gouvernement, en avril dernier. Il identifie la ville de Philippeville comme un pôle d’ancrage sur le territoire wallon. Le deuxième argument, c’est le sous-équipement d’offre commerciale patent, clairement identifié pour la commune de Philippeville. D’ailleurs, l’analyse socioéconomique est favorable au projet: plus de 200 emplois directs créés. Le troisième argument, c’est le SOL, un outil d’aménagement du territoire. Le SOL identifie les parcelles où doit s’ériger ce centre commercial en zone d’activité destinée au commerce. Le quatrième argument, vous évoquez dans votre question l’idée que ce sont des centres commerciaux périphériques. Savez-vous à combien de mètres on se situe du cœur de ville de Philippeville à cet endroit? Moins de 800 mètres.

    Agressivité 44%
  3. La périphérie commence à un mètre après la fin du centre.

    Agressivité 72%Constructivité 40%Factuel 47%Émotionnel 75%
  4. FD

    À 800 mètres du cœur du centre-ville, pour un endroit où il manque de commerces et où l’on vient conforter. Une condition est fixée, que l’on n’y développe pas de l’HORECA, parce que sont présents aujourd’hui dans le cœur de ville de Philippeville des commerces essentiellement tournés vers l’HORECA. Enfin, en termes de mobilité, il y a là également une amélioration puisqu’il y a des aménagements pour les modes actifs et également un rond-point qui sera créé dans le projet. Voilà comment on répond à la question.

  5. Je suis abasourdie, Monsieur le Ministre. Cela fait 10 ans que vous donnez les arguments contraires et que l’on a résisté pour aller vers des objectifs wallons qui sont viables et résilients. Vous savez comme moi que l’Observatoire du commerce a démontré à quel point, économiquement, le projet n’était pas viable: la déstructuration de l’offre, le fait que l’on vide le centre de Philippeville et de toute la région, toute l’offre est déstructurée. Il n’y a pas de plus-value pour le consommateur, c’est texto ce qui a été remis dans les avis précédents. Maintenant, vous venez d’un coup de baguette magique «dramatique», parce que l’on a un nouveau Gouvernement, dire que c’est super, que cela ne déstructure plus rien. Savez-vous ce qu’il y a comme commerces dans ce centre que l’on va développer? Des commerces comme Action, des chaînes qu’il faut restructurer. C’est déjà complexe de gérer nos centres commerciaux existants, on n’y arrive pas. Vous allez continuer l’hémorragie, c’est inacceptable. On va droit dans le mur, d’autant plus que vous vous engagez à l’inverse. C’est en plus mentir.

    Agressivité 100%Émotionnel 96%

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