Le projet de la Sapinière à Verviers
Veronica Cremasco a dénoncé le projet de la Sapinière à Verviers, qui prévoit 27 logements en zone agricole et forestière, dans un corridor écologique et un périmètre exposé aux inondations et à un risque d’incendie, en soulignant qu’un précédent recours avait déjà stoppé un projet similaire. Elle a demandé au ministre de rappeler une ligne politique claire face au redépôt répété du même permis et de soutenir les objectifs wallons de lutte contre l’étalement urbain et de résilience territoriale. François Desquesnes a répondu que l’enquête publique était close, qu’il s’agit d’un permis en dérogation prévu par le CoDT et qu’il ne pouvait pas anticiper une décision sans être saisi d’un recours, afin de respecter le droit et d’éviter toute prise de position susceptible d’être utilisée devant le Conseil d’État. En réplique, la députée a estimé que le ministre se retranchait derrière la procédure au lieu d’affirmer les principes wallons applicables au dossier.
Débat · 3 interventions
- VCVeronica CremascoEcolo
Monsieur le Ministre, le projet de la Sapinière à Verviers porte sur 27 logements, trois bâtiments sur trois étages, en zone agricole et en zone forestière, hors des centralités déterminées par le SDT, que nous connaissons toutes et tous, qui sont censées réduire l’étalement urbain en Wallonie. C’est dans un corridor écologique et sur le sousbassin-versant de la Vesdre. Il ne faut donc pas y construire au risque d’augmenter le risque d’inondation. Un risque d’incendie vient d’être identifié dans les cartes de vulnérabilité parce que c’est au milieu de la forêt. En plus, c’est dans un périmètre d’intérêt paysager. Vous allez me dire qu’il n’y a pas de permis pour des logements à cet endroit. En effet, il n’y a pas eu de permis. En recours, votre prédécesseur – M. Borsus, pour ne pas le citer – a stoppé ce projet, à escient. Comment est-il possible que ce projet se réalise làbas puisqu’il contrevient absolument à toutes les règles de la Wallonie, du Stop béton et de la lutte contre les inondations? C’est parce que l’on s’appuie sur un bâtiment existant. C’est donc une dérogation au plan de secteur. Ce qui m’inquiète aujourd’hui et ce pour quoi je viens devant vous, c’est à la suite d’un article de presse qui parle d’un braquage urbanistique. Tout cela va très bien jusque-là, puis on redépose exactement le même permis. Quand je dis «exactement le même permis», c’est que les auteurs de projet n’ont même pas changé la date. Il est toujours mis 2022, peut-on lire dans un article de presse. C’est donc exactement le même. Monsieur le Ministre, je viens devant vous. Ne vous cachez pas derrière votre petit doigt, en me disant: «Je ne suis pas saisi d’un recours, Madame Cremasco, vous le savez bien, et je ne m’exprimerai pas au cas où». Quelle est la parole ministérielle qui dit que cela ne sert à rien, dans ce contexte, de redéposer 15 fois le même permis? Les prérogatives wallonnes sont les mêmes. Il y a même en plus un risque d’incendie qui a été identifié, donc la réponse sera non. Expliquez-nous comment vous pouvez avoir une parole forte pour que cela ne se reproduise plus.
Agressivité 53%Émotionnel 38% - FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Madame la Députée, factuellement, l’enquête publique pour ce projet s’est terminée le 1er juillet 2025. Il s’agit, comme vous l’avez indiqué, d’un permis en dérogation. Il active une des facultés du Code du développement territorial que vous avez voté, lequel permet, si un bâtiment existe déjà, de solliciter cette dérogation pour construire là où a priori on ne peut pas le faire. Ce sont les règles du droit. Je ne préempte pas la décision. Vous m’excuserez, mais si je dis quelque chose concernant l’orientation que je compte donner à ce dossier, le jour où j’en serai saisi – ce qui n’est pas le cas –, que ce soit les défenseurs ou les opposants au projet, ils pourront s’en servir comme argument pour aller au Conseil d’État. Je ne commettrai pas cette faute au sein de cette assemblée. Je me prononcerai comme ministre de tutelle du recours, si je suis saisi d’un recours par le demandeur ou par la commune, le cas échéant, puis on verra bien. Je ne suis pas là pour anticiper des choses, je dois respecter le droit. C’est la ligne de conduite à laquelle je m’astreins, j’en suis désolé. Le jour où j’aurai donné ou pas le permis, vous pourrez m’interroger en commission ou au Parlement.
Agressivité 80%Constructivité 44%Factuel 86%Émotionnel 95% - VCVeronica CremascoEcolo
Merci, Monsieur le Ministre. Vous avez bien fait cela, vous vous êtes caché derrière votre petit doigt. Il ne s’agit pas d’avoir des paroles qui vont être utilisées ou pas en cas de recours. Il s’agit d’assumer une politique wallonne établie et votée par chacun et chacune. C’est juste rappeler les lignes de conduite de la Wallonie. On va vers le stop à l’étalement urbain. On en a besoin, c’est une raison vitale. On lutte contre les inondations, on adapte le territoire à la résilience. C’est cela que vous devez rappeler. Dire que cela ne sert à rien de venir 15 fois avec le même permis, ce sont des règles transversales. Deuxièmement, chaque fois que vous dites «Vous avez voté le CoDT, Madame Cremasco», je vous rappelle que cette disposition date de bien avant et qu’elle n’a jamais été amenée ni par mon parti ni par le MR.
Agressivité 35%
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