La fin du transport de passagers à Liege Airport
Olivier de Wasseige a interpellé la ministre sur l’arrêt des activités passagers de TUI fly à Liege Airport, en soulignant les enjeux d’emploi, de maintien du terminal et les perspectives à long terme face à la concurrence de Cologne, Charleroi et Zaventem. Cécile Neven a rappelé que ce départ avait été annoncé en juillet 2025, que son impact financier et sur l’emploi direct est très limité, et que l’aéroport souhaite maintenir le terminal opérationnel pour d’éventuels nouveaux opérateurs et pour les vols de diversion. Elle a précisé qu’aucune alternative n’est attendue avant la saison 2026, mais que le conseil d’administration a mandaté le directeur général pour poursuivre les négociations afin de conserver une activité passagers, jugée importante pour l’acceptabilité de l’aéroport.
Débat · 3 interventions
- ODOlivier de WasseigeLes Engagés
Meilleurs vœux à toutes et à tous, ainsi qu’au personnel du Parlement. Madame la Ministre, le week-end dernier, TUI fly a mis fin à ses activités «passagers» à l’aéroport de Liège, ce qui est dommageable. On sait que, depuis le départ, vu cette concurrence étrangère forte et locale sur le marché du passager, l’aéroport de Liège s’est spécialisé dans le fret et que le dimensionnement de la partie «passagers» était d’une capacité maximale d’un million de passagers par an, chiffre qui n’a jamais été atteint. Pour preuve, le chiffre d’affaires «passagers» de l’aéroport en 2025 est inférieur à 1,5 %. Néanmoins, il est important de le conserver, il y a quand même une utilité pour la métropole liégeoise d’avoir ce terminal «passagers», pour autant que ce soit justifié au niveau économique. Actuellement, c’est aussi utile au niveau des vols qui sont déviés. Quel est l’impact sur l’emploi à la fois au sein de l’aéroport, chez les prestataires techniques, mais aussi les commerçants qui sont dans le terminal «passagers»? Ensuite, je sais qu’il y a des contacts depuis des années pour essayer de faire venir d’autres opérateurs «passagers». Ce n’est pas évident vu cette concurrence: Cologne, Charleroi et Zaventem qui sont à moins d’une heure de route de Liège. Y a-t-il des contacts, des suspects ou des prospects qui seraient prêts à venir? Quelle vision peut-on avoir sur le long terme par rapport au fret passagers? Doit-on se poser des questions par rapport à cela, envisager un changement dans les activités, éventuellement, une transformation du terminal vers d’autres activités? Si oui, lesquelles?
Monsieur le Député, le départ de TUI n’est pas une nouvelle, puisqu’il a été annoncé en juillet 2025. Dès cette annonce, j’ai sollicité la direction de Liege Airport pour trouver des solutions. Il y a un terminal d’accueil de passagers assez grand à Liège qui a fait l’objet d’un investissement conséquent il y a une vingtaine d’années. TUI représente 1,7 % des revenus de l’aéroport. Il me revient que l’impact en matière d’emplois directs est très négligeable, voire nul. Un total de 1,7 % des revenus de l’aéroport, ce n’est pas un impact sur l’activité aéroportuaire de Liege Airport, on le comprend bien tous. Néanmoins, Liege Airport me confirme que l’intention est de maintenir ce terminal opérationnel pour l’accueil de passagers pour d’autres solutions et d’autres compagnies le cas échéant, ne serait-ce que dans l’intermédiaire pour les vols de diversion, comme vous l’avez signalé. Il n’y aura pas d’alternative pour la saison 2026. Pour cette année, les vols et les projets des compagnies sont déjà arrêtés. Néanmoins, le conseil d’administration de Liege Airport a mandaté son directeur général pour mener des négociations pour maintenir une activité passagers sur le site. Ce maintien est une condition importante pour l’acceptabilité de l’aéroport sur le site par la population liégeoise. J’ai eu, pas plus tard que le 23 décembre dernier, une réunion avec Liege Airport sur ce sujet en mon cabinet. Je suis extrêmement attentive aux suites que ces négociations et ces travaux entamés vont donner.
- ODOlivier de WasseigeLes Engagés
Merci, Madame la Ministre, pour votre réponse. De fait, il est important de maintenir le terminal opérationnel. S’il n’y a plus d’activité, cela veut dire que cela devient un coût et pas une source de revenus, même si elle était faible. C’est important de le faire, d’autant plus que l’on va devoir le faire pendant un certain temps, puisque rien ne reviendra avant la saison 2026. Vous avez raison de souligner que l’on doit maintenir une activité à ce niveau. Il faut que le CA travaille sur ce point. On revient sur la question de la concurrence locale très forte, avec des compagnies aériennes basées pas loin et qui n’ont peut-être pas intérêt à avoir deux bases. C’est un point important. Ce qui est important par rapport à la partie qui était réservée à cette activité passagers, c’est que ce bâtiment ne reste pas vide – ce grand terminal a coûté pas mal d’argent –, et que cela ne donne pas l’impression d’un hall totalement inusité.
Agressivité 68%Constructivité 72%Factuel 47%Émotionnel 71%
Questions similaires
Les menaces de réduction de lignes Ryanair et l’impact sur Brussels South Charleroi Airport (BSCA)
Les députés interrogent la ministre sur les menaces de Ryanair de réduire sa base à Charleroi et sur l’impact de la taxe communale envisagée par la Ville, en lien aussi avec la taxe fédérale sur l’embarquement. Ils soulignent le rôle économique majeur de BSCA pour l’emploi, le tourisme et la diversification du site, tout en s’inquiétant des répercussions possibles sur les lignes et les travailleurs. La ministre estime qu’il faut mettre fin à la multiplication des taxes, juge nécessaire une concertation entre le Fédéral, la Région, l’aéroport, les compagnies et les syndicats, et considère risqué de minimiser l’effet potentiel des mesures sur les investissements et l’emploi. Elle indique que la taxe fédérale n’est pas encore finalisée et que la Wallonie continuera à relayer ses préoccupations au niveau fédéral.
Le retrait de cinq avions Ryanair à Charleroi
Les députés ont débattu des conséquences du retrait annoncé de cinq avions Ryanair à Charleroi, en lien avec la taxe communale envisagée par la Ville et la taxe fédérale sur l’embarquement. Le questionneur a dénoncé une mesure jugée prématurée et risquée pour l’emploi, tandis qu’un autre intervenant a défendu la taxe communale comme une réponse aux contraintes budgétaires locales et à la contribution du secteur aérien. La ministre Neven a appelé à « stop aux taxes », estimant que leur multiplication menace les investissements et l’emploi, et a plaidé pour une concertation entre le Fédéral, la Région, l’aéroport, les compagnies et les syndicats. Elle a rappelé que la situation pouvait avoir un impact important sur l’activité et jusqu’à 1 100 emplois directs et indirects, tout en indiquant que les modalités de la taxe fédérale n’étaient pas encore arrêtées et que la Wallonie continuerait à faire valoir ses préoccupations auprès du Fédéral.
Les conséquences des projets de taxation des billets d’avion
Jean-Jacques Cloquet a interrogé la ministre sur les effets des projets de taxation des billets d’avion en Belgique et en Europe, en soulignant l’absence d’harmonisation, les impacts possibles sur l’emploi et le développement des aéroports de Liège et Charleroi, ainsi que la nécessité d’une concertation avec le fédéral et les opérateurs. Cécile Neven a rappelé l’existence de la taxe fédérale entrée en vigueur le 1er avril 2022 et a indiqué que la Wallonie soutient les objectifs européens de décarbonation, dans un cadre harmonisé au niveau européen. Elle a confirmé qu’il n’y aura pas de taxe wallonne et estimé que l’avenir de la taxe fédérale relève du futur gouvernement fédéral, tout en plaidant pour qu’elle soit affectée à la décarbonation.
La gestion des recours contre le permis de Liege Airport
Christie Morreale a interrogé le ministre sur les recours introduits contre le permis de l’aéroport de Liège, en demandant si la qualité juridique du permis était en cause, si un nouveau retrait-redépôt était envisageable et si l’absence de permis ferait courir un risque de vide juridique pour l’activité économique. François Desquesnes a rappelé l’historique du dossier, indiqué que les nouveaux recours reprennent les mêmes griefs de fond que le recours initial et précisé qu’il s’agit de recours en annulation, ce qui ne suspend pas en principe l’activité de l’aéroport à ce stade. Il a ajouté que le dossier est suivi en coordination avec la ministre Neven et que la Région examine la solidité du permis dans le cadre de la procédure en cours. En conclusion, Christie Morreale a insisté sur la nécessité de rester attentif aux conséquences pour l’emploi, les riverains et les engagements pris avec les communes, notamment en matière de sonomètres et de voirie.
Le renouvellement du permis de l’aéroport de charleroi
Nicolas Tzanetatos a interrogé le ministre sur le calendrier du renouvellement du permis d’exploitation de l’aéroport de Charleroi, sur l’état d’avancement du masterplan attendu en 2024 et sur la répartition des compétences pour la décision relative au permis d’environnement. Il a insisté sur le rôle économique et social de l’aéroport, tout en soulignant la nécessité d’une évolution vers des avions moins polluants et moins bruyants, ainsi qu’une meilleure efficacité énergétique. Il a également demandé des éclaircissements sur l’article laissant entendre que le ministre serait seul compétent, en comparant avec la procédure suivie pour l’aéroport de Liège. En conclusion, il a salué la volonté de la direction et du conseil d’administration de faire de l’aéroport un outil plus vertueux et a exprimé l’espoir d’un compromis acceptable pour les citoyens et les élus.