Pollution des sols
Les suites du largage de kérosène au-dessus de plusieurs communes de Huy-Waremme et les risques de pollution
Loïc Jacob a interpellé le ministre sur le largage d’environ 100 tonnes de kérosène au-dessus de communes de Huy-Waremme après un atterrissage d’urgence à Bierset, en s’inquiétant des risques pour l’eau, l’air et les sols, ainsi que du circuit d’information vers les communes et les autorités compétentes. Yves Coppieters a rappelé que le délestage est encadré, que l’aéroport doit informer le SPF Intérieur et les communes, et qu’une enquête environnementale relève du niveau communal; il a indiqué qu’aucun dépassement n’avait été constaté dans les mesures de l’air et que les effets sur les eaux souterraines devraient être évalués plus tard. Le député a salué les précisions mais a souligné la nécessité de mieux clarifier aux bourgmestres leurs responsabilités et les démarches à suivre, tandis que le ministre a confirmé que le suivi environnemental incombe aux communes avec l’appui des outils régionaux.
L’exploitation du centre d’enfouissement technique de Monceau-sur-Sambre
Freddy Mockel s’inquiète d’une éventuelle prolongation du permis du CET de Monceau-sur-Sambre au-delà du 31 décembre 2027, après les ajustements décidés en 2022, et interroge le ministre sur les volumes restants, les obligations à prévoir, ainsi que sur l’avenir des autres centres d’enfouissement wallons. Yves Coppieters répond qu’il n’a reçu aucune demande formelle de modification du permis, mais qu’une réflexion stratégique est nécessaire, la Wallonie devant disposer d’une capacité suffisante pour les déchets ultimes, soit environ 400 000 m³ par an. Il précise qu’il reste 900 000 m³ à Monceau-sur-Sambre et 1,3 million m³ à Habay-la-Neuve et Hallembaye, et annonce une feuille de route sur les infrastructures de gestion des déchets, élaborée avec des acteurs publics et privés, afin de présenter des propositions au Gouvernement dans les prochains mois. Freddy Mockel prend acte des chiffres tout en estimant que des efforts supplémentaires de réduction des volumes restent nécessaires.
La réhabilitation des friches urbaines
Loris Resinelli a salué la validation par le Gouvernement wallon d’un portefeuille de sept projets de réhabilitation de friches industrielles polluées, couvrant 25 hectares et financés dans le cadre du FEDER 2021-2027, et a demandé quels critères de sélection avaient été appliqués, comment les destinations futures avaient été déterminées, si les pouvoirs locaux avaient été concertés et si d’autres portefeuilles étaient prévus. Yves Coppieters a précisé que les sites concernés se trouvent à Châtelet, La Louvière, Morlanwelz, Quaregnon, Seraing, Soignies et Tournai, et que la sélection reposait sur la pollution avérée, le potentiel de redéploiement, la disponibilité publique, les besoins locaux, la lutte contre l’artificialisation des sols et un travail préparatoire mené avec la SPAQuE depuis 2019. Il a confirmé que la concertation avec les communes, intercommunales et acteurs de terrain avait été menée, et a indiqué que d’autres projets pourraient encore être financés dans la programmation 2021-2027, notamment le long des voies fluviales.
Le coût de la décontamination des PFAS
Dorothée De Rodder a interrogé le ministre sur le coût potentiel de la décontamination des sols pollués aux PFAS, la nécessité d’un plan d’action et d’un calendrier, l’identification des pollueurs et l’éventuelle mutualisation des solutions avec la Flandre, notamment pour des sites fortement touchés comme Chièvres. Yves Coppieters a estimé impossible de chiffrer précisément la dépollution à ce stade, en soulignant que les coûts dépendront de l’évolution des connaissances scientifiques et du niveau de dépollution retenu, tout en rappelant que la Wallonie a déjà investi 9 millions d’euros en 2023-2024 dans l’identification des sources, le monitoring, les biomonitorings et la décontamination des boues. Il a ajouté que les entreprises et les distributeurs d’eau assument aussi des coûts importants et a insisté sur la nécessité de réduire les émissions, d’investir dans les technologies de décontamination et d’interdire les PFAS à différents niveaux de pouvoir. En réplique, la députée a insisté sur le risque que la facture ne soit pas supportée par les citoyens et a plaidé pour davantage de coopération avec les études et solutions développées en Flandre.
L’épandage de boues d’épuration sur les champs
Arnaud Dewez a interrogé la ministre sur l’épandage de boues d’épuration contenant des PFAS et sur la possibilité pour les agriculteurs de continuer à les utiliser comme fertilisant, ainsi que sur d’éventuelles alternatives. La ministre a rappelé que la matière relève surtout de son collègue de l’Environnement, mais a indiqué qu’en Wallonie l’épandage est encadré par des certificats et autorisations, que 77 échantillons prélevés en 2024 n’ont révélé qu’un dépassement temporaire sur 63 stations, et que les prélèvements dans les champs n’ont pas montré de dépassement; un monitoring des eaux usées et des boues sera mis en place, tandis que ces intrants ne représentent selon elle qu’environ 4 % des effluents utilisés.
L’ancienne décharge du bas-rouge à écaussinnes
Les intervenants ont signalé l’existence d’une ancienne décharge à Écaussinnes, où des déchets industriels et des boues auraient été enfouis entre les années 70 et le début des années 2000, en s’inquiétant des risques pour l’environnement et la santé ainsi que de l’absence apparente du site dans la base de données des sols wallons. Ils ont demandé depuis quand la situation était connue par les autorités régionales et la SPAQuE, si les responsabilités pouvaient encore être établies et si le principe du pollueur-payeur pourrait être appliqué pour financer la remise en état. La ministre a indiqué qu’une police de l’environnement devait dresser un état des lieux précis, et a rappelé que le site avait déjà été connu de la SPAQuE, notamment en 2003, sans que sa réhabilitation soit alors jugée prioritaire. Les députés ont salué les précisions, tout en annonçant des suites par question écrite sur les mesures de réhabilitation et la clarification du dossier.
La réouverture de l’entreprise recotri à ghlin
Jacqueline Galant a interrogé la ministre sur la réouverture de l’entreprise Recotri à Ghlin, à la suite d’une transaction de 10 000 euros, en soulignant les inquiétudes des riverains face à la reprise des nuisances, notamment les poussières, le bruit et d’éventuels rejets de chrome et d’hydrocarbures. Elle a demandé si le permis d’environnement serait strictement respecté et si l’activité pourrait être à nouveau interrompue en cas de manquement. La réponse évoquée dans l’échange insiste sur la nécessité d’un contrôle effectif par la police de l’environnement et sur l’importance de faire cesser toute déviation par rapport aux conditions d’exploitation.
L’étude commanditée par yara en suite des dégagements de fumée d’oxyde d’azote
Jacqueline Galant s’est inquiétée de l’émission d’une fumée orange provenant de l’usine Yara à Tertre, en demandant si des mesures avaient été prises, si la police de l’environnement était intervenue, si les riverains devaient s’alarmer et quelles recommandations leur adresser. Elle a souligné que ces dégagements ne sont pas une première et a demandé un discours à la fois rassurant et factuel, tout en annonçant revenir en commission pour obtenir des informations sur les études demandées. Le passage fourni ne contient pas la réponse de la ministre Tellier.
Les inquiétudes manifestées par les riverains à propos du projet d’incinérateur à givet
Les députés ont relayé l’inquiétude des riverains et des autorités locales wallonnes face au projet d’usine d’incinération de déchets dangereux à Givet, situé à proximité immédiate de la frontière et susceptible d’impacter Hastière, Doische, Beauraing, Florennes et Onhaye. Ils ont interrogé la ministre sur sa connaissance du dossier, les risques environnementaux pour les communes concernées, le moment des contacts avec les autorités locales et la position du Gouvernement wallon, en soulignant aussi la proximité de la centrale de Chooz. La ministre a indiqué avoir été informée le 7 décembre, avoir élargi le périmètre d’analyse et rester attentive au dossier, avec recours à l’expertise du Bureau économique de la Province de Namur. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une opposition régionale ferme afin de rassurer les populations frontalières.
L’alerte de la cour des comptes européenne sur la pollution des sols
Di Mattia a relayé l’alerte de la Cour des comptes européenne sur la dégradation des sols, en soulignant le manque d’ambition des normes, l’usage jugé insuffisamment orienté des fonds européens et les impacts des engrais sur l’eau et la biodiversité. Il a demandé un état des lieux de la situation en Wallonie, des moyens mobilisés contre la pollution des sols et de l’utilisation des financements européens. La ministre a répondu en évoquant les actions déjà engagées, notamment dans le cadre du Plan de relance, et la nécessité de rester vigilant face aux risques pour la ressource en eau et pour les activités liées à la dépollution. Di Mattia a pris acte de ces précisions et a souligné l’intérêt du futur cadre européen sur la restauration de la nature pour la Wallonie.
L’impact des facteurs environnementaux sur le développement du cancer
Le questionneur souligne le lien entre pollution et cancer, citant un rapport de l’Agence européenne pour l’environnement, et interroge la ministre sur les priorités d’action en Wallonie, la coordination avec la ministre de la Santé, l’amplification du plan ENVIeS, le décret sur la qualité de l’air intérieur et le suivi des biomonitorings près des broyeurs à métaux. Il demande aussi où en est le recrutement des jeunes pour l’étude et quelles mesures pourraient encourager leur participation. Dans sa réponse, la ministre indique vouloir renforcer les dispositifs existants, poursuivre la préparation du cadre sur l’air intérieur et maintenir les biomonitorings ciblés, notamment pour les populations exposées aux PCB. Le débat met également en avant la sensibilisation aux risques liés aux UV, la surveillance environnementale et la protection générale de la population contre les effets sanitaires des pollutions.