Les suites du largage de kérosène au-dessus de plusieurs communes de Huy-Waremme et les risques de pollution
Loïc Jacob a interpellé le ministre sur le largage d’environ 100 tonnes de kérosène au-dessus de communes de Huy-Waremme après un atterrissage d’urgence à Bierset, en s’inquiétant des risques pour l’eau, l’air et les sols, ainsi que du circuit d’information vers les communes et les autorités compétentes. Yves Coppieters a rappelé que le délestage est encadré, que l’aéroport doit informer le SPF Intérieur et les communes, et qu’une enquête environnementale relève du niveau communal; il a indiqué qu’aucun dépassement n’avait été constaté dans les mesures de l’air et que les effets sur les eaux souterraines devraient être évalués plus tard. Le député a salué les précisions mais a souligné la nécessité de mieux clarifier aux bourgmestres leurs responsabilités et les démarches à suivre, tandis que le ministre a confirmé que le suivi environnemental incombe aux communes avec l’appui des outils régionaux.
Débat · 4 interventions
- LJLoïc JacobLes Engagés
Monsieur le Ministre, dimanche dernier, un avion-cargo partait de Bierset en direction de New York. Jusque là, tout va bien. Sauf qu’il a connu des problèmes techniques qui l’ont amené à réaliser un atterrissage d’urgence à Bierset. Dans un tel cas, la procédure prévoit que le pilote doit larguer une partie de son kérosène avant d’atterrir, puisque l’avion doit être plus léger à l’atterrissage qu’au décollage. Tout cela est bien logique. Le pilote s’est exécuté et a largué pas moins de 100 tonnes de kérosène au-dessus du territoire des communes avoisinant l’aéroport. Oui, vous entendez bien: 100 tonnes. Légitimement, les citoyens comme les élus locaux s’inquiètent de la situation, tant sur la qualité de l’eau et des sols que de l’air, mais s’interrogent également, surtout les élus, sur le processus d’information, en pareil cas, vers les autorités communales. Selon mes propres informations, jusqu’à présent, ils n’ont reçu qu’un seul courrier de la part de l’aéroport de Bierset. Pouvez-vous nous dire si, au niveau fédéral, il y a un processus d’enquête en tel cas pour vérifier que la procédure a bien été appliquée? Quid du processus d’information? Qui informe qui? Sur quoi? Le Fédéral vers la Région wallonne? La Région wallonne vers les autorités communales? Y a-t-il un processus d’information mis en place? Avez-vous procédé ou allez-vous procéder, avec l’administration wallonne, à une étude de la qualité de l’eau, de l’air et des sols afin de pouvoir rassurer – je l’espère – les citoyens et les élus? Si ce n’était pas le cas, allez-vous prendre les mesures nécessaires?
Agressivité 58%Constructivité 59%Factuel 60%Émotionnel 52% Monsieur le Député, le délestage est une situation tout à fait exceptionnelle qui peut se faire en situation d’urgence, qui est réglementée, bien sûr, et qui permet de gérer des problèmes techniques d’un avion ou des problèmes médicaux lorsqu’il faut débarquer un passager en urgence. Quoi qu’il en soit, le cadre est réglementé. Lorsque cela se passe, c’est l’aéroport qui doit prévenir le SPF Intérieur de ce délestage ainsi que les communes concernées. Une enquête environnementale doit bien sûr être mise en place au niveau de la commune. Lorsqu’un tel largage de carburant a lieu, 90 % de ce kérosène s’évapore en dioxyde de carbone et en vapeur d’eau et 10 % arrivent sur le sol. Dans ces 10 %, il y a le phénomène d’évaporation, lorsque les gouttes arrivent au niveau du sol. Très peu de milligrammes de kérosène vont s’infiltrer dans les sols. J’ai demandé à mon administration un rapport sur la situation propre des quatre communes concernées: Crisnée, Donceel, Fexhe-le-Haut-Clocher et Verlaine. Le service «SOS Pollution» de la police de l’environnement n’a pas été informé. Par contre, ces communes ont bien été interpellées par l’aéroport – ce n’est pas la Région wallonne qui est responsable, c’est bien l’aéroport – pour demander des analyses de pollutions éventuelles. Nous avons alors demandé des analyses de pollution de l’air. Les concentrations de benzènes issus du kérosène sont mesurées en continu dans les deux stations de l’aéroport. Pour l’instant, il n’y a eu aucun dépassement des mesures pour cette période. Pour la matinée du 14 décembre, ces deux stations n’ont montré aucun pic, à aucun moment de la journée. Idem pour les hydrocarbures totaux, puisque la station au bout de la piste de Liège n’a constaté aucune variation de concentrations de polluants. Franchement, je pense que l’on peut être tout à fait rassurés. Concernant les eaux de surface et les nappes phréatiques, il faudra envisager des mesures dans plus de six mois. Il s’agit, en effet, essentiellement d’un sol de craie où la filtration est très lente. Il faudra donc plus de six mois pour que ce type de pollution puisse pénétrer.
- LJLoïc JacobLes Engagés
Je vous remercie, Monsieur le Ministre, d’avoir apporté toutes ces précisions. Vous vous êtes montré très rassurant, tant sur la qualité de l’eau que sur celle de l’air et des sols. J’entends que l’ISSeP continue ses analyses puisque, en effet, 10 % de 100 tonnes représentent 10 tonnes. Par contre, je n’ai pas compris – vous pourrez peutêtre me le préciser – si le suivi environnemental est de la responsabilité de la commune. Si c’est le cas – vous semblez acquiescer –, je suis plutôt dubitatif. Les bourgmestres sont-ils bien informés de cette compétence qui est la leur? Savent-ils ce qu’ils doivent faire? Savent-ils à qui ils doivent s’adresser? Je n’en ai pas l’impression et je ne les blâme pas. À tout le moins, il serait utile de prévoir, lors de chaque renouvellement de législature, un point d’info au niveau provincial, peut-être en complément avec les PLANU et les zones de secours, pour s’assurer que le processus est connu de tous.
Agressivité 56%Constructivité 61%Factuel 50%Émotionnel 69% En effet, le suivi environnemental doit être fait par les communes avec l’aide des outils disponibles et mis à disposition par la Région.
Agressivité 72%Constructivité 40%Émotionnel 73%
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