L’incendie au centre de déchets de MontSaint-Guibert
Olivier Maroy a interrogé le ministre sur l’incendie du centre de tri de Mont-Saint-Guibert, en demandant des précisions sur les analyses de fumées, les risques pour la population locale et les causes de l’accident, dans un contexte de multiplication des incendies liés aux batteries lithium-ion. Yves Coppieters a indiqué que les mesures de qualité de l’air, réalisées par les services de secours et l’ISSeP, étaient globalement rassurantes et n’avaient pas révélé de risque d’intoxication durable, tout en précisant qu’aucune mousse aux PFAS n’avait été utilisée. Sur les causes, il a confirmé la piste des batteries et a évoqué plusieurs pistes d’action : sensibilisation du public, responsabilisation de la police de l’environnement, renforcement des permis d’environnement, meilleure séparation des déchets et installation de dispositifs d’alerte plus réactifs. Maroy a conclu en plaidant pour une responsabilisation accrue des producteurs, des consignes de tri plus claires, un retrait plus facile des batteries et une meilleure orientation des objets contenant des piles vers les points de collecte existants.
Débat · 3 interventions
- OM
Monsieur le Ministre, permettez-moi tout d’abord de vous féliciter pour vos nouvelles fonctions et vous souhaiter beaucoup de succès, puisqu’il s’agit de ma première question à votre égard. Rassurez-vous, il y en aura d’autres. Vous n’ignorez pas que la semaine dernière, un important incendie s’est déclaré dans le centre de tri de Mont-Saint-Guibert. C’est par là que transitent les déchets de bon nombre d’habitants du Brabant wallon: 1 200 tonnes de déchets y étaient stockées. C’est dire que c’est un fameux combustible. Il leur a fallu déclencher le plan catastrophe. Il a fallu plusieurs jours aux pompiers pour venir à bout de cet incendie qui a provoqué d’importantes fumées. Les premiers résultats des analyses de ces fumées étaient rassurants. Qu’en est-il, puisque d’autres analyses ont été effectuées? Avez-vous des informations à ce sujet? Pouvez-vous rassurer les habitants, particulièrement de Louvain-La-Neuve, de Wavre ou encore de Mont-SaintGuibert? Ma deuxième question porte sur les causes de cet incendie. Les experts sont à pied d’œuvre, mais ce qui est inquiétant, et j’imagine que vous ne l’ignorez pas, c’est que ce type d’incendie a tendance à se multiplier. Pas plus tard que l’été dernier, chez Tibi, un ouvrier est décédé suite à une explosion suivie d’un incendie dans le centre de tri. Sont en cause les batteries lithium-ion, que l’on retrouve dans une quantité impressionnante d’objets du quotidien: cela va de la brosse à dents électrique, la cigarette électronique, les cartes de vœux qui jouent de la musique, on trouve cela partout. Ces batteries contiennent des substances qui peuvent exploser, s’enflammer lorsqu’elles sont endommagées. Selon Veolia, il y a un incident par semaine dans leurs installations – cela peut être dans le camion de collecte ou dans le centre de tri – et c’est extrêmement dangereux. Monsieur le Ministre, je pense donc qu’il est temps d’agir, sur plusieurs pistes. J’avais d’ailleurs interpellé votre prédécesseur à ce sujet il y a plusieurs mois. Néanmoins, le secteur réclame des mesures: qu’avezvous à leur répondre?
Monsieur le Député, c’est vrai que, le 27 août à 8 heures 30, je constatais l’incendie du centre de déchets à Mont-Saint-Guibert ; incendie conséquent, puisque c’était essentiellement des déchets ménagers. J’ai rencontré directement la cellule d’urgence provinciale. J’ai aussi admiré le travail remarquable des cellules de crise, des pompiers et de la protection civile. D’abord, sur le terrain, au niveau des pompiers, il est question de l’eau, puisqu’il faut éteindre cet incendie. Je me suis tout d’abord assuré que l’on n’utilisait pas des mousses aux PFAS, que l’on ne retombe pas dans les travers d’avant. C’était déjà une certitude, puisque l’eau s’écoulait dans un bassin d’orage. Par rapport à la qualité de l’air, c’est la protection civile qui est responsable de ces mesures. Quand je suis arrivé sur le terrain à 8 heures 30, il y avait déjà eu des mesures à côté d’une crèche et d’une école, et ces mesures étaient tout à fait rassurantes. Pour votre information, on mesure essentiellement le CO2 et les benzènes, mais on mesure aussi le toluène, l’éthylbenzène et le xylène, et toutes les mesures du moment n’ont montré aucun risque d’intoxication. Par contre, c’est vrai que, sur l’Esplanade de Louvain-la-Neuve, il y a eu des plaintes de gens qui avaient des céphalées et toutes les conséquences olfactives liées à l’incendie, mais les services d’urgence n’ont pas du tout été dépassés. Par contre, ce qui est important à comprendre, c’est que la protection civile a continué ses mesures dans les jours qui ont suivi et, de nouveau, aucune mesure n’a été dépassée. Ensuite, on a demandé à l’ISSeP de voir les mesures des stations fixes au niveau de la qualité de l’air. Je prends mon papier pour vous lire les conclusions, qui sont tout à fait rassurantes, je vous assure. Pour le benzène, seule une valeur a été dépassée. L’exposition intermittente dans ce cas-ci ne devrait donc pas entraîner l’observation d’effets néfastes, donc des effets immunologiques pour le benzène. Le benzène est un cancérigène et l’exposition pourrait être à risque, mais il faut être exposé au moins 14 jours. Ici, c’est une exposition qui a duré moins d’un jour, à cause des vents, donc il n’y a pas eu de risque potentiellement par rapport à ce benzène. Je termine par les causes, que l’on connaît: ce sont les batteries. Vous les avez très bien expliquées. Il faut travailler sur la sensibilisation de la population, il faut mieux responsabiliser la police de l’environnement, qui est responsable de suivre les permis d’environnement. Peut-être que dans nos permis d’environnement, qui sont aussi de mes compétences, on pourrait être plus stricts par rapport à ce triage des déchets, à des cloisons que l’on doit mettre entre les différents types de déchets, et peut-être d’avoir des systèmes d’alarme ou de systèmes de caméras thermiques beaucoup plus réactifs par rapport à ce type d’incendie.
Constructivité 43%Factuel 44%Émotionnel 40%- OM
Merci à M. le Ministre pour ces réponses complètes et rassurantes pour la population. Cependant, quant à la question de savoir comment on va faire pour éviter ce type d’accident qui se répète – c’est quasiment chaque semaine qu’il y a un incident dans un centre de tri, heureusement que la plupart du temps le personnel peut agir très rapidement –, je crois qu’il faut agir sur plusieurs axes. Il faut d’abord responsabiliser les producteurs, parce que ce sont eux qui sont responsables de ce qu’ils mettent sur le marché. On met parfois des batteries dans des trucs complètement improbables. Il faut m’expliquer la valeur ajoutée d’une carte de vœux en carton avec une batterie dedans qui joue de la musique. Peut-être qu’à un moment les pouvoirs publics doivent être un peu plus contraignants à ce niveau. Ensuite, avoir des consignes de tri plus claires sur ces produits me semble la moindre des choses. Il faut également faciliter le retrait de ces batteries du produit parce que, parfois, une batterie est incorporée et l’on ne sait pas l’enlever. Puis évidemment, vous l’avez dit, Monsieur le Ministre, sensibiliser la population: non, on ne met pas une cigarette électronique jetable – les puffs que les adolescents adorent – dans le sac-poubelle ou dans la poubelle à puce ou dans le sac bleu, c’est extrêmement dangereux. Il faut amener cela chez Bebat ou dans un point de recyclage. Je termine, Monsieur le Président, en signalant qu’il y a 24 000 de ces points de collecte sur l’ensemble du territoire belge; le réseau existe, utilisons-le.
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