La fermeture de l’abattoir de charleroi
Les intervenants ont réagi à l’annonce de la fermeture de l’abattoir de Charleroi au 30 juin, en soulignant ses conséquences pour les travailleurs et surtout pour les petits éleveurs, qui devront se tourner vers des sites plus éloignés avec des coûts supplémentaires. Ils ont interrogé le ministre sur l’accompagnement du Gouvernement, l’éventualité d’un moratoire, et les pistes pour maintenir une offre de proximité compatible avec l’agriculture familiale et les circuits courts. Le ministre a répondu qu’il avait pris contact avec les responsables concernés afin d’évaluer la situation, accompagner les acteurs et examiner des solutions. Les échanges ont évoqué plusieurs pistes, dont la mise en place d’un nouvel outil plus souple et, plus marginalement, l’abattage à la ferme, jugé possible mais complexe.
Débat · 4 interventions
- HHardyPS
Monsieur le Ministre, nous avons appris l’annonce de la fermeture de l’abattoir de Charleroi prévue le 30 juin prochain. Cette annonce, même si elle est soudaine, n’est pas inattendue. En effet, on sait que l’outil était peu adapté, les structures et le volume étaient devenus trop grands et l’on se doutait donc bien que l’outil allait fermer. Mes questions sont les suivantes. Je sais que Paul Furlan et Charleroi Métropole ont initié une réflexion pour développer des structures plus souples, certaines mobiles, d’autres fixes et moins importantes pour couvrir le territoire et permettre aux éleveurs locaux, notamment de la Botte du Hainaut et des alentours de Charleroi, de continuer leurs activités et ainsi éviter de faire abattre les bêtes à l’abattoir de Ciney, par exemple. Je voulais connaître la réflexion du Gouvernement à ce sujet et comment il allait accompagner la réflexion. Dans l’urgence, on sait que les éleveurs de la Botte du Hainaut vont devoir faire appel à d’autres abattoirs plus éloignés, ce qui engendrera des coûts supplémentaires qui pourraient se répercuter sur le consommateur final. À l’heure où l’on prône – et je sais que vous partagez cette vision – une agriculture familiale et des circuits courts, quelles sont les initiatives qui encourageront cette dynamique? La fermeture pourrait être l’occasion de développer différemment le réseau de ces structures sur le territoire de Charleroi Métropole.
Agressivité 77%Constructivité 64%Factuel 60%Émotionnel 86% Monsieur le Ministre, le décor est planté. C’est un des microcosmes de Charleroi qui est ébranlé à l’annonce de cette fermeture de l’abattoir, les travailleurs en premier lieu: cinq ouvriers, deux employés, mais aussi et surtout les éleveurs qui se demandent de quoi leur avenir sera fait, dans la mesure où les éleveurs qui ont de petites quantités devront trouver des alternatives, parfois lointaines. Cela engendrera une augmentation des coûts et va à l’encontre – comme l’a signalé mon collègue, M. Hardy – de la vision du monde d’aujourd’hui et de demain qui consiste à favoriser le «consommer local», la proximité. Quelles sont les perspectives? Comment voyezvous les choses? Est-il possible de mettre en place un nouvel outil? Est-il possible de poser un moratoire pour ne pas que cette fermeture subite au 30 juin survienne inopinément et surprenne – même si certains l’ont annoncée préalablement – les personnes et éleveurs concernés? Bref, quelles sont les solutions pour sauver ceux qui nous nourrissent et qui nous permettent d’espérer vivre autrement, loin des grands transferts de viande et d’aliments, ceux qui sont importants pour notre vie de tous les jours, nos agriculteurs?
Agressivité 91%Émotionnel 84%- HHardyPS
Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour vos réponses. Je reconnais la patte du Gouvernement et votre patte à titre personnel sur la célérité avec laquelle vous agissez dans le cadre de la prise des contacts avec les éleveurs. C’est bien que vous le fassiez en concertation pour analyser la situation, les accompagner et les épauler, comme vous l’avez dit, dans cette situation qui était soudaine. Je vous rejoins et je plaide pour que la solution à moyen terme tienne compte des préoccupations du monde d’après, des circuits courts et d’une chaîne de valeur qui serait valorisée notamment pour les plus petits producteurs.
Constructivité 100%Factuel 68%Émotionnel 70% Monsieur le Ministre, je vous remercie pour votre réponse. Mieux que la patte du Gouvernement, je reconnais la patte libérale, la patte de Borsus. Prendre contact avec les responsables pour essayer de gagner du temps par rapport à un moratoire, dresser les perspectives avec les intéressés et trouver des solutions, c’est essentiel. Comme vous l’avez dit, il y a de nombreuses pistes, certaines plus compliquées que d’autres. L’abattage à la ferme, avec la ministre Tellier, tel que cela a été évoqué, est une perspective possible, mais compliquée. Néanmoins, il en existe d’autres. Ce qu’il faut dans un premier temps, c’est permettre à chacun d’évoluer, d’exercer sa profession, sa passion, et d’agir correctement en fonction des labels de qualité que l’on connaît et reconnaît en Wallonie. Je vous remercie d’épauler les responsables et de les aider à trouver des solutions, car c’est le plus important pour l’ensemble du public concerné.
Agressivité 53%Constructivité 91%Factuel 40%Émotionnel 71%
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