L’interdiction de l’abattage à domicile
Christine Mauel a interrogé le ministre-président sur l’interdiction de l’abattage à domicile des porcs, chèvres, moutons et gibiers d’élevage, en s’inquiétant de l’impact sur le bien-être animal, du transport vers les abattoirs et des solutions possibles pour les zones rurales. Adrien Dolimont a justifié la mesure par la difficulté de contrôler le respect des règles, notamment l’étourdissement, et par la volonté d’harmoniser le cadre avec d’autres Régions et de privilégier les abattoirs professionnels. Il a précisé que la Région continuerait à soutenir la recherche sur l’abattage à la ferme avec l’Université de Liège, tout en travaillant à une adaptation législative pour garantir le respect du Code du bien-être animal.
Débat · 3 interventions
- CM
Monsieur le Ministre-Président, la semaine dernière, la RTBF a annoncé votre décision d’interdire l’abattage à domicile des porcs, des chèvres, des moutons et des gibiers d’élevage, sans modifier les règles pour les volailles et les lapins. Vous justifiez cette décision par le manque de contrôle quant au fait de s’assurer que l’animal est bien étourdi avant d’être abattu. Les avis divergent dans l’article. Une citoyenne est d’avis qu’il faudrait élargir cette interdiction aux volailles et aux lapins pour que ceux-ci bénéficient des mêmes protections. Un boucher charcutier indique que c’est justement au niveau de l’abattage à domicile que l’on diminue le stress pour l’animal dès lors que ce dernier devrait être transporté et être en attente avant d’être abattu. Quelles mesures prendre au niveau des abattoirs pour diminuer le stress pendant le transport et l’attente de l’abattage? Des efforts doivent-ils être faits? Confirmez-vous que l’abattage mobile organisé – tel que cela a été étudié et autorisé par l’Europe depuis 2023 – dans des caissons mobiles continuera à être étudié en Wallonie? En effet, l’Université de Liège a étudié, en 2022, une solution de caissons mobiles ou d’abattage mobile qui réponde aux consommateurs et au niveau de la traçabilité de la viande. Quelles solutions envisagez-vous pour les zones rurales où les abattoirs sont souvent bien éloignés des éleveurs?
Agressivité 42%Émotionnel 43% Madame la Députée, il s’agit d’une question à plusieurs facettes. Concernant la problématique de l’abattage à domicile, il est difficilement contrôlable que celui-ci se fait dans le respect du Code du bien-être animal. C’est là toute la réflexion. Plusieurs saisies ont été réalisées, notamment celle d’ampleur, en juin 2024, où 470 moutons ont été saisis dans des conditions assez particulières. On a pu remarquer qu’aucun dispositif d’étourdissement n’était prévu au domicile de la personne. On est partis du constat qu’il est difficile de contrôler que l’étourdissement est bien réalisé. Pour certains animaux – vous avez cité les cochons et les ovins –, il est normalement nécessaire de demander une autorisation à la commune. Il est toutefois difficilement contrôlable que toutes les règles du bien-être animal soient respectées. La volonté est de simplifier le modèle et de se calquer sur ce qui se fait déjà dans d’autres Régions – notamment la Flandre, pour ne pas la citer – afin d’avoir plus d’efficacité dans cette ligne de contrôle et que le message soit plus clair en disant que des professionnels et des experts pour l’abattage existent et qu’il convient d’aller chez eux pour réaliser ces abattages. Le deuxième volet de votre question concerne la problématique de l’abattage à la ferme. On a décidé de continuer à soutenir un projet de recherche d’abattage à la ferme, initié sous le précédent Gouvernement, en lien avec la clinique vétérinaire de l’Université de Liège. On continue à travailler dessus. Cela n’empêche pas de travailler sur une modification législative pour s’assurer que le Code du bien-être animal est bien respecté. On continue dans l’objectif d’avoir en permanence plus de bien-être pour nos animaux.
Agressivité 47%Constructivité 57%Factuel 52%Émotionnel 49%- CM
Je vous remercie, Monsieur le Ministre-Président, et je comprends tout à fait l’importance du bon fonctionnement et du respect des règles d’abattage, surtout en cas de revente. C’est naturellement plus facile dans les abattoirs agréés et surveillés. Je vous encourage à engager un dialogue avec les éleveurs sur la suite. Je suis très contente d’entendre, pour le deuxième volet de ma question, que la recherche de solutions pour l’abattage à la ferme continue à être engagée au niveau de la Région. Bon nombre d’éleveurs, surtout dans les milieux ruraux, vont être contents de cette solution.
Agressivité 42%Constructivité 91%Factuel 61%Émotionnel 47%
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