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ActualitéWalloniemercredi 22 octobre 2025

Les difficultés croissantes pour les chercheurs d’emploi face au marché du travail

Synthèse

Bénédicte Linard a dénoncé la dégradation du marché du travail wallon, en évoquant l’exclusion annoncée de 85 000 chômeurs, la baisse des offres d’emploi, la faible progression du taux d’emploi et les effets attendus des réformes APE. Elle a demandé quelles mesures concrètes permettraient d’augmenter durablement le taux d’emploi, en plaidant notamment pour des investissements dans la transition écologique et des emplois de qualité. Pierre-Yves Jeholet a répondu que la situation économique et géopolitique est difficile, mais a mis en avant plusieurs réformes déjà engagées: réforme du FOREm et du suivi des chercheurs d’emploi, concertation renforcée entre le FOREm et les CPAS, réforme des aides à l’embauche ciblant les personnes éloignées de l’emploi, et refonte des outils d’emplois de proximité intégrant l’économie sociale. Il a contesté que les décisions budgétaires entraînent automatiquement des pertes d’emplois et a présenté ces chantiers comme des leviers pour relever le taux d’emploi.

Débat · 3 interventions

  1. Monsieur le Ministre, il est temps d’oser regarder la réalité en face en ce qui concerne l’emploi. Pour cela, regardons les faits. Dans les mois qui viennent, 85 000 chômeurs wallons vont être exclus des allocations. Un tiers d’entre eux vont retourner vers le marché de l’emploi; c’est une bonne chose. Deux tiers vont soit aller vers les CPAS, où ils seront dépendants d’allocations sociales, soit disparaître des radars, et plus que probablement tomber dans la pauvreté. Un autre fait, c’est que le déficit de la Wallonie est directement lié à son taux d’emploi. Or, celui-ci est beaucoup trop faible: c’est l’un des plus bas de toutes les régions d’Europe. Un autre fait encore était évoqué par Le Soir il y a quelques jours, lorsque le journal affirmait que notre marché wallon de l’emploi était de plus en plus fermé, et particulièrement pour les personnes les moins qualifiées. Sur une période d’un an, le FOREm a proposé de 10 % à 20 % d’offres d’emploi en moins. Le taux d’emploi salarié n’a progressé que de 0,1 % en un an. Bref, notre taux d’emploi ne s’améliore pas et notre marché est extrêmement fermé. Les seuls qui s’en sortent avec une progression «positive» des emplois, ce sont les flexi-jobs, qui s’adressent à des personnes qui ont déjà des emplois, ou encore le travail étudiant. Cette situation n’est pas de nature à bénéficier aux demandeuses et demandeurs d’emploi. Si l’on ajoute à ces faits vos décisions concernant les APE, qui vont avoir comme première conséquence de mettre d’autres personnes sur le marché de l’emploi – parce que celles-ci auront perdu leur emploi –, nous avons un problème. Monsieur le Ministre, je me demande, dans ce contexte, comment vous allez concrètement augmenter le taux d’emploi en Wallonie. J’ai une petite piste: une étude du SPF Santé publique propose d’investir dans la transition écologique qui permettrait, d’ici 2050, grâce à notre neutralité carbone, de créer des dizaines de milliers d’emplois. Ma question est toute simple: comment allez-vous concrètement augmenter le taux d’emploi en Wallonie?

    Agressivité 44%Factuel 38%Émotionnel 37%
  2. Madame la Députée, vous me demandez comment augmenter le taux d’emploi en Wallonie. Vous m’interrogez au travers d’une question d’actualité. J’ai envie de vous dire que c’est une question permanente. Mme la Présidente de la Commission de l’emploi vous le dira, j’y réponds tous les 15 jours. Je vais encore y répondre aujourd’hui, puisque vous la posez sous forme d’une question d’actualité. Il n’y a pas de problème par rapport à cela. C’est une question simple, vous avez raison. Les réponses sont-elles simples également? Non. Devonsnous éluder le fait que nous vivons dans une situation économique compliquée, dans un contexte géopolitique international compliqué, dans un contexte économique mondial compliqué? Évidemment que non. Ce n’est néanmoins pas pour autant que nous ne voulons pas réformer. J’aimerais évoquer quelques éléments pour répondre à vos questions. Premièrement, depuis le 1er octobre, nous avons réformé le FOREm ainsi que l’accompagnement, l’encadrement, le suivi et le contrôle des chercheurs d’emploi. Deuxièmement, il y a le dossier APE dont nous avons déjà beaucoup parlé, et dont nous aurons encore l’occasion de reparler; je ne vais donc pas rester trop longtemps sur ce sujet. Je ne partage pas la vision selon laquelle les décisions budgétaires entraîneront automatiquement des pertes d’emplois. Troisièmement, nous passons, demain, en deuxième lecture, un décret sur la concertation entre le FOREm et le CPAS afin de responsabiliser les opérateurs au niveau de l’accompagnement social, rôle joué par les CPAS, ou de l’accompagnement de remise à l’emploi, rôle joué par le FOREm. Quatrièmement, il y a la réforme des aides à l’embauche passée en première lecture au Gouvernement. Nous voulons justement axer ces dernières sur des personnes plus éloignées du marché du travail. Dernièrement, nous aurons, avec mon collègue Coppieters, la réforme des outils et des opérateurs d’emplois de proximité intégrant l’économie sociale. Cet ensemble de réformes va contribuer à répondre à ces objectifs.

    Agressivité 56%Constructivité 49%Factuel 51%Émotionnel 57%
  3. Monsieur le Ministre, vous êtes ministre de l’Emploi pour la deuxième fois et vous êtes aussi ministre de l’Économie. Pour atteindre les 80 % de taux d’emploi, il a été prouvé et discuté encore ce matin qu’il faudra 39 ans. Je voulais vous dire qu’il n’y aura pas de prospérité de la Wallonie sans investissements, particulièrement dans la transition écologique, porteuse de dizaines de milliers d’emplois. Il n’y aura pas de prospérité sans emplois de qualité, ce que ne sont pas les flexi-jobs. Il n’y aura pas de prospérité de la Wallonie si vous abandonnez une partie des Wallons et des Wallonnes au bord du chemin, comme le MR et Les Engagés le prévoient aujourd’hui. Votre mandat, Monsieur le Ministre, est de créer de l’emploi et non pas de créer de la pauvreté.

    Agressivité 74%Constructivité 56%Factuel 40%Émotionnel 61%

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