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ActualitéWalloniemercredi 25 février 2026

L’appel de l’Union des villes et communes de Wallonie (UVCW) pour un logement public sûr, salubre et digne

Synthèse

Jori Dupont a relayé l’appel de l’UVCW en faveur d’un logement public sûr, salubre et digne, en accusant la ministre de vouloir affaiblir le secteur public au profit du privé et en l’interrogeant sur le nombre concret de logements publics construits durant la législature. Cécile Neven a reconnu les difficultés financières du secteur, mais a souligné que l’avis de l’UVCW soutient plusieurs réformes de son gouvernement, dont le loyer chaud, le fonds social Climat, le droit de tirage et la transposition de la directive PEB4. Elle a indiqué vouloir renforcer la gouvernance par un dialogue structuré avec les acteurs locaux et a estimé qu’il faut cibler les dysfonctionnements sans les généraliser. En réplique, Jori Dupont a reproché à la ministre de ne pas répondre sur les chiffres et a maintenu son accusation de privatisation et de désinvestissement du logement public.

Débat · 3 interventions

  1. JD
    Jori Dupont
    Indépendant

    Madame la Ministre, je veux relayer ici un appel de l’Union des villes et communes de Wallonie qui dit, en substance, qu’il faut garantir un logement public sûr, salubre et digne. On a déjà beaucoup discuté du logement public. Je vous ai rappelé, il y a deux semaines, que ce se secteur comptait plus de 200 000 personnes et plus de 100 000 logements, permettant à ces gens d’avoir un toit au-dessus de la tête. C’est essentiel. Cependant, ce n’est pas votre vision, vous l’avez très bien développée il y a encore deux semaines, quand vous nous avez dit: «Finalement, l’État doit-il être propriétaire? L’État doit-il construire du logement?» Vous n’en êtes pas sûre, vous êtes même carrément contre et ce n’est pas votre vision de la société. Vous aviez la même logique quand on a discuté ensemble des kots publics en commission. Vous m’aviez dit: «Oui, mais non, on ne va pas construire des kots publics, parce que cela va faire fuir les investisseurs». On voit cette vision néolibérale consistant à tout donner au privé. Cela vous permet d’utiliser des cas problématiques, comme celui de la Sambrienne, que nous reconnaissons tous par ailleurs, comme prétexte pour avancer votre agenda politique de libéralisation du secteur public. Votre méthode, on la connaît, c’est de désinvestir massivement dans le public, de fragiliser et de laisser se dégrader les conditions pour pouvoir nous dire que cela ne fonctionne pas, qu’il faut transférer vers le privé et lui ouvrir grand les portes. C’est d’ailleurs ce que fait le MR à tous les niveaux de pouvoir: vous désinvestissez dans la sécurité sociale pour nous dire ensuite qu’il faut mettre la pension à 67 ou 70 ans. Vous le faites à votre niveau avec les kots et le logement publics. Quand vous faites cela, vous savez très bien que le privé ne va pas intervenir pour donner un toit à tout le monde ou pour les beaux yeux des locataires. Il va le faire pour une seule raison: le rendement. Vous êtes d’accord avec cela et c’est ce que vous recherchez. Si vous voulez dire que c’est faux, je vous invite à répondre à une seule question: combien de logements publics allez-vous construire sur cette législature pour démontrer que mon analyse politique est fausse?

    Agressivité 72%Factuel 35%Émotionnel 57%
  2. Monsieur le Député, je suis bien consciente que la question du logement public et du logement social est un défi permanent. On en a encore parlé ce matin. Je réalise les difficultés de financement auxquelles sont confrontées les SLSP. J’observe aussi que, dans l’avis que vous mentionnez, l’Union des villes et communes de Wallonie soutient tout à fait notre réforme du loyer chaud et la mise à disposition de 400 millions d’euros du fonds social Climat pour la rénovation du logement d’utilité publique. Effectivement, il y a eu des questions avec la Sambrienne, qui est un exemple, mais ce n’est pas une situation que l’on peut généraliser à l’ensemble du secteur. C’est évident. Néanmoins, la Sambrienne n’est pas un cas isolé non plus. J’observe aussi que, dans cet avis, l’Union des villes et communes relève que la non-utilisation de certains subsides n’est pas uniquement due à des questions de mauvaise gestion. Il est évident, en effet, qu’il y a aussi des critères exogènes qui interviennent. J’observe à nouveau que, de ce côté, l’Union des villes et communes soutient notre réforme consistant à aller vers un droit de tirage, de même que celle visant à donner une vision à long terme de la rénovation avec la transposition de la directive PEB4. Ce sont vraiment des réformes auxquelles on s’attelle. L’amélioration de la gouvernance est évidemment conditionnée à un dialogue structuré. À nouveau, j’annonce que j’entame une rencontre au sein des 14 pôles du logement et de l’ensemble des acteurs locaux, avec qui j’aurai un dialogue à la fois sur le découpage et sur les missions. On devra aider les opérateurs locaux à atteindre des objectifs et il y aura des normes de gestion. En conclusion, je me permettrai de citer une phrase de l’avis de l’Union des villes et communes: «Le logement mérite un débat serein fondé sur une analyse globale et objective des mécanismes à l’œuvre, un dialogue constructif et des solutions structurelles durables». C’est exactement ce à quoi je m’attelle. C’est dans cet état d’esprit que je souhaite travailler, mais il faut aussi savoir souligner les dysfonctionnements quand ils se produisent, sans les généraliser. Je remercie d’ailleurs le secteur pour sa main tendue.

    Agressivité 68%Constructivité 82%Factuel 75%Émotionnel 72%
  3. JD
    Jori Dupont
    Indépendant

    Madame la Ministre, en fait, j’essaie de vous poser une question très simple pour vous donner la chance de démontrer que ma vision de votre politique, de votre agenda de destruction du logement public, est fausse. Il suffisait de me répondre concrètement un chiffre, sans blabla. Vous ne répondez pas. Cela démontre que mon analyse politique de votre agenda est claire et correcte, mais le PTB n’abandonnera pas. En effet, votre politique prouve qu’augmenter les loyers chauds, privatiser et diminuer le budget n’a qu’un seul but: détruire le logement public. Il s’agit de votre vision néolibérale. On vous voit, mais cela ne marchera pas et l’on ne vous lâchera pas.

    Agressivité 94%Émotionnel 85%

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