La situation dramatique de la Sambrienne
Les députés ont dénoncé la situation de la Sambrienne, décrite comme marquée par l’insalubrité, des manquements graves de sécurité, un décès et une gestion défaillante, tout en pointant la responsabilité de la société, de la Ville de Charleroi et de la Région. La ministre Cécile Neven a répondu avoir demandé en urgence un rapport circonstancié à la Société wallonne du logement sur les responsabilités et manquements, annonçant qu’elle en tirera les conséquences et prendra les mesures nécessaires. Elle a par ailleurs estimé que le problème relevait davantage de la gouvernance et de l’utilisation des moyens que d’un manque de financement, dans un contexte plus large de réforme et de rationalisation du secteur du logement public.
Débat · 23 interventions
- JCJean-Jacques CloquetLes Engagés
Madame la Ministre, on a tous entendu parler du reportage #Investigation. J’ai eu l’opportunité d’être directeur technique de la Carolorégienne – l’après Carolo et l’avant Sambrienne – à l’époque, pendant trois ans. J’ai plusieurs points à souligner. Premièrement, il faut reconnaître que le personnel, que j’ai eu l’occasion de fréquenter, est un personnel de qualité que je ne voudrais pas que l’on noircisse. Deuxièmement, il y a un point fondamental: on ne peut pas transiger sur la sécurité. Ce qui s’est passé est inacceptable. Qu’il y ait des consignes de sécurité qui ne soient pas à jour et que, sept mois après ce décès catastrophique que l’on déplore, il n’y ait toujours rien de changé, on ne peut pas l’accepter. Troisièmement, c’est la problématique des logements inoccupés et de ce que l’on appelle l’insalubrité. À l’époque, on avait mis en place un travail avec, en tripartite, la régie de quartier, les membres du personnel – qui ne sont peut-être pas assez nombreux par rapport au nombre de logements inoccupés – et les locataires. On faisait un principe très simple pour les candidats locataires: on leur donnait trois mois de gratuité, ils avaient des pots de peinture, des pinceaux, et ils remettaient le bien en état. On a réduit de manière considérable l’insalubrité. En plus, les gens qui avaient remis leur logement en état se sentaient responsables de le garder en bon état. L’incivilité, oui, elle existe. Ce n’est pas normal, mais ce n’est pas toujours facile à gérer. Il faut évidemment le faire avec les forces de l’ordre. On a vécu des situations avec des gens qui vident des extincteurs dans les couloirs et ainsi de suite. La sécurité des bâtiments, c’est fondamental. Un point que j’ai pu lire et qui me surprend, c’est qu’il y a 46 millions d’euros de subsides qu’on laisse comme cela, dont on ne s’occupe pas et que l’on n’essaye pas d’avoir, alors que l’on a bien besoin d’argent pour le logement. Par rapport à ce que l’on a pu découvrir, Madame la Ministre, quelles mesures ont été mises en place en termes d’audit et surtout de plan d’action? Le fondamental, ce sont les plans d’action. Il n’y a pas que la Sambrienne, il y a d’autres logements sociaux. Des mesures ou une réglementation seront-elles mises en place au niveau de la Région wallonne?
Agressivité 65%Constructivité 73%Factuel 76%Émotionnel 77% Madame la Ministre, ce reportage a mis en lumière l’état de la situation de la plus grande société de logement public de Wallonie, puisqu’elle représente 10 % du parc immobilier de Charleroi. Elle présente aujourd’hui un déficit de 45 millions d’euros. C’est la société de logement public la plus endettée. Il y a un taux de 13 % de logements inoccupés, soit 1 200 logements. Lorsqu’on lit les rapports officiels, on nous annonçait 2 %, parce qu’ils n’incluent pas les logements en travaux. Pourtant, on connaît les défaillances. Aujourd’hui, 5 000 familles attendent un logement digne qui doit rencontrer les conditions minimales de sécurité et de salubrité. Ce reportage de la RTBF – que je remercie – met en évidence qu’il y a une accumulation de dysfonctionnements structurels, des problèmes et des manquements en termes de sécurité, de gestion et de décisions. Tous ces manquements ont amené notamment à un décès, on l’a dit, mais également à une situation de vie dramatique pour certains occupants: l’insécurité, des personnes qui vivent avec des problèmes de santé qui se voient aggravés, parce que les travaux ne sont pas pris en charge ou sont mal faits. Aujourd’hui, on doit se poser des questions. Madame la Ministre, je vous en remercie d’avoir immédiatement sollicité un rapport. J’espère que vous le partagerez avec notre Parlement, parce que nous sommes la tutelle de ces sociétés wallonnes de logement. Nous devons avoir le constat – et j’espère le partager – qu’il y a un problème dans le modèle. On ne peut pas continuer ainsi. À la lueur de ce reportage et de ce rapport – et je ne vais pas tirer des conclusions avant de l’avoir lu –, on ne peut que se réjouir de la mesure prise par ce Gouvernement de permettre un accès le plus rapidement possible à la propriété, pour que ces gens puissent être maîtres de leur logement, de leur avenir et de leur santé.
Agressivité 38%Factuel 38%Émotionnel 40%- GM
Madame la Ministre, ce reportage que l’on a vu mercredi sur la Sambrienne montre une situation sidérante : des locataires qui vivent dans une situation inacceptable, des cafards, des murs qui pourrissent, des indications en cas d’incendie qui sont erronées, ce qui a mené au décès d’une personne. J’ai ici une pensée pour la famille de cette personne. Cette situation est totalement inacceptable. Le droit à un logement digne de ces locataires est sacrifié. Il y a des responsabilités au niveau local: la Sambrienne, la Ville de Charleroi qui ne répond à tous ces gens que par le mépris. Il y a du mépris quand on ne répond pas aux demandes, aux coups de fil ou aux mails, ou quand on ose dire que c’est la faute des locataires eux-mêmes. La Région a aussi sa propre responsabilité. Depuis que vous êtes là, Madame la Ministre, ce que vous faites, c’est diminuer les moyens alloués au logement public. En 2025, 25 % des moyens qui devaient aller au logement public ont été sacrifiés. En 2026, vous avez continué. Face à ces images effrayantes, allez-vous enfin changer de cap? Allez-vous mettre les moyens nécessaires pour que ces logements publics assurent un logement digne à tous? Allez-vous prendre les mesures nécessaires et allouer les fonds nécessaires pour que ces personnes puissent vivre dignement et en toute sécurité?
Agressivité 73%Émotionnel 66% Messieurs les Députés, il est évident que la situation d’insalubrité, d’insécurité et de dysfonctionnements manifestes dans laquelle ces locataires sont laissés est absolument inacceptable et qu’elle appelle une réaction ferme et sans délai. Comme vous l’avez mentionné, j’ai immédiatement sollicité de la part de la Société wallonne du logement, qui a la tutelle sur les 62 SLSP en Wallonie, un rapport circonstancié qui fasse l’état des lieux sur les choix, les responsabilités et les manquements éventuels de chacun. Ce rapport me sera transmis dans un délai très court. J’en tirerai les conclusions et je prendrai les mesures qui s’imposent. Plus largement, cet exemple illustre le fait que le modèle actuel ne fonctionne pas. C’est précisément ce qui nous conduit à dire la nécessité des réformes que nous menons à l’heure actuelle via la rationalisation des structures: - d’une part, au niveau régional, où quatre faîtières du logement et plus de 800 personnes s’occupent de logement; - d’autre part, au niveau local, où plus de 700 opérateurs, dont les 62 SLSP, traitent de ces questions. Ces réformes porteront singulièrement sur les critères d’accès au financement régional. Comme le dit souvent mon collègue, Pierre-Yves Jeholet, la Wallonie Mister Cash, c’est terminé. Nous allons basculer vers un droit de tirage qui sera conditionné aux critères de bonne gestion que nous allons mettre en place dans le cadre de ces réformes, ce qui me paraît absolument essentiel. Par ailleurs, je voudrais tordre le cou à une idée qui laisse penser que la situation actuelle serait due à un manque de moyens. D’après les données qui me reviennent de la Société wallonne du logement, qui a la tutelle, il semble que la Sambrienne n’ait pas tiré parti des moyens qui lui étaient pourtant alloués. L’argent est là, mais il n’a pas été utilisé. Il faut le souligner parce qu’il faut que cela change. En conclusion, je serai intransigeante une fois que j’aurai pris connaissance des conclusions du rapport et je pense que chacun devra prendre ses responsabilités.
- JCJean-Jacques CloquetLes Engagés
Tant que le rapport n’est pas sorti, il ne sert à rien de tirer des conclusions, mais il est fondamental d’avoir celui-ci, de même que le plan d’action qui suivra et d’en informer les locataires.
Agressivité 58%Factuel 37%Émotionnel 63% Je vous remercie, Madame la Ministre, pour ces éclaircissements. Ce n’est donc évidemment pas un problème de moyens, mais un problème de gouvernance, laquelle est reprise sur le site de la Sambrienne comme étant un concept fondamental qui régit le fonctionnement de l’organisation et qui définit comment les décisions sont prises et les responsabilités réparties. J’espère que ce rapport nous permettra de définir les responsabilités, qu’elles concernent la direction, les administrateurs – j’ai peine à croire qu’on laisse un déficit s’accumuler à ce point sans rien dire au niveau du conseil d’administration – ou la Société wallonne du logement. Notre Parlement tirera les conclusions au moment de ce rapport.
Agressivité 51%Constructivité 77%Factuel 40%Émotionnel 57%- GM
Madame la Ministre, vous ne devez pas me convaincre. Si la question de la mauvaise gestion de la Sambrienne est posée, je pense qu’il y a un réel problème. Nous serons tous attentifs au rapport que vous avez demandé à la Société wallonne du logement. J’espère, comme cela a été demandé par un autre député, que ce rapport sera rendu public. Vous n’allez pas nous faire croire que, en diminuant les moyens des sociétés de logement, les choses iront mieux. Moins de moyens, cela veut dire moins de personnel, moins de portes réparées, moins de sécurité et plus d’humidité. Ce n’est pas seulement le fait de ce Gouvernement puisque cela fait des années que l’on définance le logement public. De ce point de vue, si vous ne changez pas de cap, les incidents se poursuivront. Votre devoir est de fournir un logement digne et en toute sécurité à tous les concitoyens. Actuellement, ce n’est pas le cas. ###### PROJETS ET PROPOSITIONS Projet de décret portant assentiment à l’accord de coopération du 28 novembre 2025 entre la Région flamande et la Région wallonne pour l’échange d’informations sur le marché du travail et la promotion de la mobilité interrégionale des chercheurs d’emploi (Doc. 431 (2025-2026) N° 1 et 2) Projet de décret portant assentiment à l’accord de coopération du 28 novembre 2025 entre la Région flamande et la Région wallonne pour l’échange d’informations sur le marché du travail et la promotion de la mobilité interrégionale des chercheurs d’emploi, pour les matières exercées en vertu de l’article 138 de la Constitution (Doc. 432 (2025-2026) N° 1 et 2)
Agressivité 82%Constructivité 68%Factuel 70%Émotionnel 83% - ÉT
Monsieur le Président, Messieurs les Ministres, chers collègues, le groupe socialiste ne s’oppose pas à l’accord de coopération entre la Wallonie et la Flandre qui nous est soumis aujourd’hui. Nous en partageons les objectifs fondamentaux, à savoir améliorer la coordination des politiques de l’emploi, faciliter la mobilité interrégionale quand elle est pertinente et faire mieux correspondre l’offre et la demande sur le marché du travail. Cet accord ne sort pas de nulle part. En effet, il a été adopté en première lecture sous l’impulsion de notre excellente collègue, Christie Morreale, alors ministre, et il s’inscrit dans une continuité politique que nous voulons pleinement assumer. Notre position est claire: nous ne sommes pas contre l’accord, mais nous avons quelques points d’attention importants qui ne peuvent être ignorés, d’autant plus que la législation qui concerne l’accompagnement des demandeurs d’emploi a largement évolué depuis la première lecture et l’adoption définitive du projet de texte sur la table. À cet égard, l’avis rendu par le Conseil économique, social et environnemental en novembre 2023 reste, selon nous, tout à fait pertinent et d’actualité. Il partage les intentions positives de l’accord, notamment en matière de promotion, de communication et de développement d’initiatives communes pour lever les freins à la mobilité. Cependant, il souligne que personne ne sait réellement, à ce stade, comment les intentions seront concrètement mises en œuvre. Il insiste, à juste titre, sur le rôle déterminant que jouera la future convention de coopération entre le FOREm et le VDAB. C’est dans cette convention que pourront être précisés les objectifs chiffrés, les indicateurs de résultats et surtout toutes les modalités concrètes d’accompagnement des demandeurs d’emploi. Un point fondamental doit par ailleurs être rappelé avec force: la mobilité interrégionale doit rester un choix libre et complètement volontaire. La mobilité n’a de sens que si elle est pertinente au regard du projet professionnel du demandeur d’emploi et si elle est perçue positivement par ce dernier. Ce n’est qu’à cette condition qu’une démarche de mobilité peut figurer dans un plan d’action individualisé. Or, la communication récente du Gouvernement met surtout l’accent sur des contrôles renforcés et sur une menace de sanctions. Ce glissement est préoccupant et s’éloigne de l’esprit initial de l’accord. Le discours est d’autant plus difficile à entendre que les chiffres démontrent que les travailleurs wallons sont déjà les champions de la mobilité interrégionale. En juillet 2025, 237 000 Wallonnes et Wallons travaillaient en dehors de la Wallonie, alors que seulement 79 000 travailleurs venaient d’autres régions ou de l’étranger pour travailler chez nous. Le taux de frontaliers entrant en Wallonie est de 2,6 %. Connaissez-vous le taux de Wallons qui travaillent hors Région? Il s’élève à 4,7 %. La mobilité entre la Wallonie et la Flandre est, de surcroît, nettement plus forte du côté wallon avec 48 000 Wallons qui travaillent en Flandre. Vu que les Flamands sont deux fois plus nombreux que nous, on devrait en trouver plus chez nous. Ce n’est pas le cas. Seulement 22 000 Flamands travaillent en Wallonie. Il y a donc deux fois plus de Wallons qui traversent la frontière linguistique pour travailler que l’inverse. Les chiffres sont donc sans appel: les Wallonnes et les Wallons sont prêts à se déplacer pour travailler et, quand ils en ont la possibilité, ils le font. Je voudrais également revenir sur la signature de l’accord à Roulers, dans une entreprise qui a été citée en exemple, en soulignant qu’il y aurait davantage de travailleurs français que wallons pour démontrer que la mobilité et la langue ne seraient pas des freins à l’emploi. Ce qui a été oublié d’être précisé, Monsieur le Ministre, c’est que Roulers se trouve à une quarantaine de kilomètres de Lille, une métropole de près de 1,2 million d’habitants, alors que pour trouver la plus grande ville wallonne à proximité, comme Charleroi, on se trouve tout de suite à plus de 145 kilomètres pour une métropole qui ne fait que la moitié d’habitants, à savoir 600 000. La proximité géographique, l’accessibilité et la densité de population expliquent largement l’origine de la main-d’œuvre. Comparer la présence de travailleurs français et wallons dans ce contexte est donc un élément pour le moins trompeur et ne doit pas nous servir à tirer des conclusions générales sur la prétendue réticence des Wallons à la mobilité ou sur l’absence de freins structurels à l’embauche. Utiliser l’exemple comme symbole revient à caricaturer le débat et à masquer les véritables enjeux, qui sont l’accessibilité, la distance, les transports, la reconnaissance de compétences et les discriminations à l’embauche. Oui, vous avez bien entendu: les discriminations à l’embauche dont sont encore victimes de nombreux chercheurs d’emploi wallons. Dans ce contexte, faire peser la responsabilité des difficultés de la politique de l’emploi sur les travailleurs wallons est profondément injuste. Une étude récente a mis en évidence des discriminations systématiques à l’égard des demandeurs d’emploi wallons qui souhaitent travailler en Flandre: à CV strictement identiques, différenciés uniquement par un nom à consonance française ou par une adresse wallonne, les candidatures reçoivent significativement moins de réponses positives, malgré des profils qui sont tout à fait adéquats. Les discriminations sont réelles et documentées. Pourtant, elles sont complètement ignorées dans le débat actuel. Malgré cela, vous persistez à renforcer les contrôles sur les chercheurs d’emploi plutôt qu’à essayer d’agir sur ces pratiques d’employeurs. Lever les freins à la mobilité, comme l’indique l’article 11 de l’accord, ne peut se limiter à une déclaration d’intention. Derrière cette phrase, il y a des réalités très concrètes: l’accès au permis de conduire et à un véhicule, les transports publics, mais aussi la question de la disponibilité et de la vie familiale. Se lever très tôt, en soi, n’est pas un problème. Toutefois, lorsque la crèche ouvre à 7 heures 30 et que votre train démarre du quai à 7 heures 15, alors vous avez un problème. La mobilité devient un obstacle réel. Travailler à 90 kilomètres de chez soi implique des temps de trajet épuisants, avec une conciliation vie privée et vie professionnelle souvent mise à rude épreuve. Il faudra en outre définir, de manière claire et objective et individualisée, ce qu’est un emploi convenable. Quels sont la distance réelle, le temps de trajet, les horaires, la pénibilité, le salaire et la stabilité de l’emploi? Y a-t-il un caractère intérimaire ou non? Il ne peut être exigé – au risque d’être sanctionné – de devoir accepter un emploi éloigné, précaire et mal compatible avec la vie quotidienne. La formation linguistique est également un enjeu central. L’apprentissage du néerlandais ne peut pas se faire uniquement sur le tas, au risque d’échec rapide, de décrochage ou de stigmatisation – comme on en connaît – des travailleurs wallons. Une réflexion structurelle doit être menée en amont de l’entrée sur le marché du travail. Il faudra, par ailleurs, prévenir tout risque de dumping social. Il ne serait pas acceptable que des travailleurs wallons soient utilisés pour combler des pénuries en Flandre, à des conditions moins favorables que celles des travailleurs locaux en matière de salaires, de droits sociaux ou de perspectives d’évolution. Enfin, le succès de ce partenariat ne peut être mesuré uniquement en nombre de placements. Il doit l’être aussi en termes de maintien dans l’emploi, de qualité des conditions de travail, de satisfaction et de stabilité professionnelle. En conclusion, notre groupe socialiste soutient pleinement les objectifs de l’accord et assume pleinement son origine politique, mais nous restons particulièrement vigilants quant au caractère strictement volontaire de la mobilité interrégionale, à la prise en compte sérieuse des discriminations à l’embauche et surtout à l’investissement dans la création d’emplois stables et de qualité en Wallonie. Ce partenariat doit être un levier d’émancipation, un levier d’accès durable à l’emploi pour les Wallonnes et les Wallons, mais surtout pas un mécanisme de pression, de sanctions ou de mobilité forcée au détriment de la dignité ou des droits de nos travailleuses et travailleurs wallons.
- VB
Monsieur le Ministre, nous le savons tous, les dynamiques de l’emploi dépassent largement nos frontières régionales. Les bassins de vie, les entreprises et les travailleurs fonctionnent aujourd’hui dans des espaces économiques beaucoup plus larges que celui dessiné par nos institutions. Dans un contexte marqué à la fois par des pénuries structurelles de main-d’œuvre et par des objectifs ambitieux en matière de taux d’emploi, la coopération entre régions n’est plus une option, mais une nécessité. La réalité du marché du travail est claire: les tensions ne sont pas réparties de manière homogène. En effet, en Flandre, les métiers en pénurie se multiplient. En Wallonie, des chercheurs d’emploi sont disponibles, parfois à quelques kilomètres seulement des entreprises qui recrutent. L’exemple évoqué à plusieurs reprises – encore aujourd’hui par ma collègue – de l’entreprise Soubry est à cet égard particulièrement révélateur. Sur 420 travailleurs, 180 viennent de France, mais seuls 10 sont wallons. Ce constat doit nous interpeller. Il montre que le potentiel de mobilité interrégionale reste largement sous-exploité. Chère collègue, vous donnez en exemple des chiffres que vous aviez déjà donnés en commission. Je ne pensais pas devoir y répondre à nouveau aujourd’hui. Vous donnez l’exemple de deux villes situées beaucoup plus loin en Belgique qu’en France. Cependant, je pense que les travailleurs ne sont pas uniquement dans les villes, dans les grandes villes; ils sont aussi dans des villes un peu moyennes, un peu plus petites. Par exemple, la ville de Mouscron, qui est certes plus petite que Lille, se trouve à 30 kilomètres de Roulers. De plus, une ville plus petite en France est aussi à 30 kilomètres de Roulers. Des travailleurs de l’entreprise de Soubry proviennent de ces deux petites villes, et pas uniquement de grandes villes comme Charleroi ou Lille. Ces éléments, j’en avais déjà discuté en commission, je ne pensais pas devoir les rappeler aujourd’hui, mais, vu votre intervention, je dois le faire. (Applaudissements) Il faut lever ces freins, ce qui suppose une action publique coordonnée. Il ne suffit pas d’encourager les chercheurs d’emploi à franchir une frontière administrative: il faut leur donner des outils concrets, un accès simple aux offres d’emploi, un accompagnement adapté, un soutien renforcé à l’apprentissage des langues. L’échange des offres d’emploi et la visibilité des opportunités disponibles dans l’autre Région constituent à cet égard des leviers essentiels. Cette logique de coopération n’est pas nouvelle. Dès 2008, la Wallonie avait déjà fait le choix d’intensifier la mobilité interrégionale, notamment via des équipes mixtes du FOREm, positionnées le long de la frontière linguistique. Cependant, le marché du travail aujourd’hui évolue beaucoup plus vite qu’il y a 15 ans. Les outils doivent être actualisés et rendus plus agiles. C’est précisément l’objectif de l’accord de coopération du 28 novembre 2025. Il vise à contribuer à l’atteinte d’un taux d’emploi de 80 %, à fluidifier le marché du travail et à renforcer la mobilité des chercheurs d’emploi entre la Wallonie et la Flandre. Surtout, il offre un cadre juridique clair à la collaboration entre le FOREm et le VDAB. Il prévoit une convention opérationnelle permettant de traduire ces ambitions en actions concrètes. Cet accord marque un pas important vers davantage de souplesse et d’efficacité. Il permettra d’identifier plus rapidement les difficultés rencontrées sur le terrain et d’y répondre de manière coordonnée. Un exemple très concret illustre cette avancée: la correspondance automatique des offres d’emploi entre les plateformes du FOREm et du VDAB. Désormais, un chercheur d’emploi wallon ou flamand pourra postuler de manière électronique à une offre située dans l’autre Région, sans obstacle technique inutile. Au-delà de cet aspect, l’accord permettra également la réalisation annuelle d’une analyse conjointe du marché du travail, débouchant sur des actions ciblées et des services communs pour les recherches d’emploi et les employeurs, le renforcement du soutien à l’apprentissage du néerlandais et du français dans les formations et la conclusion d’une convention de coopération, assortie d’indicateurs de résultats et d’objectifs chiffrés, indispensables pour évaluer l’efficacité réelle des politiques menées. Pour toutes ces raisons, vous le comprenez, le groupe MR soutiendra ces projets de décret, convaincu qu’ils constituent une étape essentielle vers un marché du travail plus fluide, plus inclusif et plus performant au bénéfice des travailleurs, des entreprises et de l’économie wallonne dans son ensemble.
Agressivité 60%Constructivité 51%Factuel 60%Émotionnel 57% - PV
Je vais commencer par une citation : « La frontière linguistique ne doit pas être une barrière à l’emploi ». C’est M. Jeholet qui l’a dit en commission, voici deux semaines. Une fois n’est pas coutume, je suis d’accord avec lui. (Réactions dans l’assemblée) Oui, on veut que plus de Wallonnes et de Wallons puissent travailler en Flandre et vice versa. Oui, on veut plus de coopération entre les services de l’emploi. Cependant, il faut mettre les moyens pour lever les vrais obstacles, et pas juste sortir des slogans ou des sanctions. Soyons clairs, ce Gouvernement prétend vouloir aider les chômeurs à aller travailler de l’autre côté de la frontière, mais il fait tout l’inverse. D’abord, il insinue que les Wallons ne veulent pas bosser en Flandre, qu’ils ont la «flemme». Je cite encore M. Jeholet: «Il faut arrêter les excuses. C’est une question de mentalité». La réalité, c’est qu’il y a déjà plus de 50 000 Wallonnes et Wallons qui travaillent en Flandre, ce n’est pas rien. S’il y a plus de Français que de Wallons dans certaines entreprises de Flandre, c’est tout simplement parce que, à la frontière côté français, il y a 1,2 million de personnes avec des villes comme Lille ou Roubaix, tandis que, en Wallonie picarde, il y a un peu plus de 350 000 habitants, soit trois fois moins. Ce n’est pas une question de volonté, c’est une question de mathématique. Au lieu de stigmatiser les gens, regardons les vrais freins. Ils sont nombreux. Le premier frein, c’est la langue. L’accord de coopération dit que la Wallonie doit favoriser l’apprentissage du néerlandais. C’est très bien. Pourquoi avoir supprimé Wallangues, une plateforme qui marchait bien, avec plus de 70 000 utilisateurs? Pourquoi avoir coupé les bourses d’immersion linguistique en entreprise? Elles permettaient aux demandeurs d’emploi de pratiquer le néerlandais sur le terrain. Le deuxième frein, et pas des moindres, concerne la mobilité et les transports. En Wallonie, un demandeur sur deux n’a pas de permis, alors que les zonings industriels ne sont pas accessibles sans voiture. Pour passer d’une Région à l’autre, c’est encore pire. C’est souvent 2 heures à 3 heures de trajet, avec trois ou quatre correspondances pour quelques dizaines de kilomètres. Il faut ne pas avoir de voiture pour le savoir. Si l’on est toujours assis derrière son volant, on ne peut pas en prendre conscience. Le Conseil central de l’économie a récemment dénoncé le fait que les horaires, les abonnements et les formules tarifaires ne sont pas coordonnés d’une Région à l’autre, et qu’il n’y a pas de vision d’ensemble commune entre les niveaux de pouvoir. Que fait ce Gouvernement face à cela? Il pousse les TEC à augmenter les prix de 40 %. Le troisième frein, ce sont les places en crèche. Aujourd’hui déjà, c’est la galère pour faire garder ses enfants. Votre Gouvernement coupe 74 millions d’euros dans la petite enfance. Résultat: plus de pénibilité pour les puéricultrices, moins de places et plus de galères pour les parents. Désolée, mais c’est trop facile de dire que c’est une question de mentalité. La mentalité ne fait ni apparaître un bus, ni apparaître une crèche et encore moins une formation. Pour cela, il faut un gouvernement qui investit à la hauteur des besoins. Au lieu de cela, ce Gouvernement renvoie tout vers la responsabilité individuelle et décide de sanctionner les gens. En effet, un élément fondamental de l’accord est que, si un demandeur d’emploi wallon n’accepte pas un poste en Flandre, il sera sanctionné. Or, toutes les études – qu’elles soient de l’UCLouvain, de l’ONEM, de l’ULB ou du FOREm – le montrent: sanctionner ne rapproche pas les gens de l’emploi. Cela fait même tout l’inverse. C’est pour cela que même le CESE – où siègent des syndicats, mais aussi des patrons – souligne qu’aller travailler dans une autre région doit rester un choix volontaire, pas une obligation. Contrairement aux discours de certains partis et de certaines organisations patronales, il ne suffit pas de traverser la rue pour trouver un boulot. Au contraire, en Flandre comme en Wallonie, de nombreux emplois ont été détruits l’an dernier. La Belgique a connu l’année la plus noire depuis 2013 en termes de faillites. Au niveau des créations d’entreprises et des perspectives d’embauche, les chiffres sont également faibles. Enfin, au nord comme au sud du pays, on ne compte plus les licenciements collectifs qui laissent tant de travailleurs sur le carreau. Si vous voulez vraiment aider les gens à retrouver un emploi, commencez par lever les vrais obstacles au lieu de simplement sanctionner ces personnes. Avec le PTB, nous partageons l’objectif d’améliorer la coopération entre la Wallonie et la Flandre, mais nous allons nous abstenir sur ces deux décrets. Nous continuerons à nous battre pour une politique de l’emploi qui respecte les gens et qui leur donne réellement les moyens de s’en sortir.
Constructivité 42%Factuel 45%Émotionnel 45% - GLGeneviève LazaronLes Engagés
Monsieur le Ministre, chers collègues, le texte qui nous est soumis aujourd’hui porte sur un projet d’assentiment à un accord de coopération que notre groupe, Les Engagés, soutiendra. En effet, la Flandre dispose aujourd’hui d’un volume important d’offres d’emploi et d’un nombre relativement limité de chercheurs d’emploi, tandis que la Région wallonne dispose d’une réserve de main-d’œuvre plus conséquente. Dans ce contexte, encourager la mobilité interrégionale constitue une initiative pertinente et nécessaire. Par ailleurs, le fait que le FOREm et le VDAB puissent échanger des informations, développer des projets communs et mutualiser certains coûts est particulièrement intéressant. Lorsqu’un dispositif fonctionne efficacement, il est peu opportun que chaque Région finance séparément des initiatives similaires. Le partage d’expériences et de bonnes pratiques permet d’optimiser les ressources publiques. C’est vrai que l’apprentissage du néerlandais et du français constitue également un enjeu central. La maîtrise de la langue de l’autre facilite la communication, renforce la coopération et favorise l’intégration professionnelle. Nous vivons au sein d’un même pays et une meilleure circulation des offres d’emploi sera bénéfique pour nos deux Régions. Pour de nombreux citoyens, la Flandre représente d’ailleurs une réelle opportunité d’emploi à proximité de leur lieu de résidence. Il est cependant nécessaire que cela reste sur base volontaire et dans le respect des droits de chacun. Je l’ai dit d’emblée et je le répète: le groupe Les Engagés soutiendra ce projet de décret.
Agressivité 74%Constructivité 79%Factuel 79%Émotionnel 74% - BLBénédicte LinardEcolo
Monsieur le Ministre, la presse faisait état ce matin de la place grandissante des flexi-jobs dans notre paysage de l’emploi. On a vu un déplafonnement des flexi-jobs. On a vu l’extension des domaines d’activités. Sans minimiser l’action intéressante des flexi-jobs sur certains secteurs, par exemple pour les PME, vous ne m’enlèverez pas l’idée que cet engouement va se faire au détriment d’emplois de qualité. C’est par ces emplois de qualité que j’ai commencé mon intervention en commission sur les projets de décret qui sont aujourd’hui à l’ordre du jour. Je pense réellement que nous avons, en Wallonie, un objectif qui doit être partagé: celui de renforcer le nombre d’emplois de qualité que l’on peut offrir aux demandeuses et demandeurs d’emploi. Votre accord de coopération participe potentiellement à permettre d’avoir accès à plus d’emplois de ce type, particulièrement parce que, en Flandre, les offres d’emploi portent souvent sur des emplois de qualité, dans le sens où ce sont bien plus des emplois à durée indéterminée qu’en Wallonie. Ainsi, ce texte amène clairement quelques éléments intéressants, mais nous avons aussi des points d’attention dans ce renouvellement d’un accord de coopération qui existait déjà par le passé. Il est évidemment intéressant de sortir des frontières linguistiques pour permettre aux uns et aux autres d’avoir accès à des emplois. C’est une députée de la Wallonie picarde qui vous le dit. Nous avons en Wallonie picarde une frontière qui nous sépare tant de la Flandre que de la France. Nous avons dès lors l’habitude de travailler en collaboration avec les personnes qui vivent sur ces territoires. De manière positive, nous relevons le renforcement du travail, via cet accord de coopération, entre le VDAB et le FOREm. Il est toujours bénéfique que de grandes institutions se parlent dans notre pays. Je vous incitais à amener Actiris, pour la Région bruxelloise, à participer aussi à ce renforcement de collaboration. On a tout à y gagner, d’autant plus que l’accord de coopération concerne aussi la Fédération Wallonie-Bruxelles. Même si la compétence Emploi se trouve institutionnellement en Région wallonne, c’est intéressant de renforcer les synergies entre tous ces organismes. Dans ce texte, je trouve particulièrement intéressante l’idée que vous souhaitiez renforcer la connaissance du néerlandais, mais que, à l’inverse, il y ait également la volonté d’un renforcement de la connaissance du français en Flandre. Cela passerait, m’avez-vous dit, par des formations offertes au sein même des entreprises qui participeraient potentiellement à ce travail d’ouverture vers les travailleuses et travailleurs des autres Régions. Quelque chose que nous soutenons depuis longtemps chez Ecolo, c’est de renforcer le bagage de la deuxième langue nationale des francophones, par exemple via l’école. On parle ici du néerlandais, mais l’on sait que dans certains territoires, c’est plutôt l’allemand. En tout cas, ceci est assez positif. Nous soutenons aussi l’apprentissage du néerlandais et du français pour les autres. Cela permet, de manière générale, de renforcer le dialogue entre des Communautés qui partagent un même territoire. Dans les points d’attention que nous avions sur ce texte, mon groupe et moi, il y avait le travail d’analyse annuel du marché du travail pour la Région flamande et la Région wallonne que vous évoquiez. Je trouverais intéressant de travailler aussi sur le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles et d’élargir ce travail. C’est ce que je vous proposais lors de mon intervention. Je trouve que cela ferait sens d’avoir cette analyse de manière plus globale. Je vous relatais aussi quelques points d’attention un peu plus négatifs. On sait que le CESE, par exemple, relevait, et nous faisions écho à cela, un apparent déséquilibre entre les objectifs réciproques de la Flandre et de la Wallonie, mais il est évident que votre accord de coopération ne peut pas se faire au détriment d’une des parties de cet accord. Vous me disiez que le déséquilibre n’était pas réel. Je suis resté avec des doutes à ce sujet. Je vous ai interrogé sur le fait de pouvoir mener des évaluations qui soient répétées et sérieuses sur le dispositif, en y associant les représentants des travailleurs et des travailleuses, puisqu’ils sont partie prenante de ce genre de projets de décret et de situations. Aujourd’hui, il n’est pas acquis que ce soit le cas; c’est un regret que nous avons par rapport à ce texte. Un des points majeurs qui nous posent question, c’est que vous ne nous avez pas rassuré, Monsieur le Ministre – cela a été repris par d’autres collègues également –, sur la question du libre choix des demandeurs et des demandeuses d’emploi. Pour Ecolo, la liberté de choix est fondamentale, que ce soit ici ou ailleurs. Concernant votre texte, vous m’avez répondu que les demandeurs et demandeuses d’emploi seraient soumis de la même manière à des offres d’emploi en Flandre qu’aux obligations en Wallonie. Il y a toutes sortes d’obligations quant aux offres que l’on peut refuser, et cetera. Cependant, le fait d’aller travailler dans un environnement qui, par exemple, n’est pas francophone, c’est un contexte différent de ce que l’on peut trouver en Wallonie. Je ne veux pas dire par là que l’on doit l’empêcher, mais il faudrait que votre accord de coopération permette d’aller plus loin dans des aménagements pour accueillir le mieux possible les travailleurs et travailleuses des deux côtés de la frontière dans les entreprises qui joueraient le jeu. Or, nous n’avons aujourd’hui pas d’assurance; a priori, vous nous avez dit qu’il n’y avait pas de libre choix, que les règles qui s’appliquent en matière de refus ou d’acceptation d’offre d’emploi seraient les mêmes. Il n’y a donc pas de libre choix, malgré que le contexte soit différent, quand on doit aujourd’hui potentiellement recevoir une offre d’emploi en Flandre. C’est problématique. Dès lors, il serait intéressant que, si ces contraintes de choix restent les mêmes, il y ait en parallèle un accompagnement obligatoire des entreprises qui veulent accueillir les différents travailleurs de l’autre côté de la frontière, que ce soit chez nous ou chez les autres, et donc de travailler à ce que j’évoque régulièrement dans la Commission, c’est-à-dire «l’employeurabilité» des entreprises, cette capacité à faire en sorte que les travailleurs et travailleuses soient accueillis et accompagnés correctement au sein d’une entreprise. Ce n’est pas le cas actuellement. Nous restons sur notre faim sur cet aspect. Je me fais écho à ce que certains collègues ont dit: le libre choix aurait dû pouvoir exister, surtout si l’on ne travaille pas sur tous les freins qui ont été relevés, entre autres par Mme Tillieux, qui empêchent certains travailleurs ou certaines travailleuses de pouvoir rejoindre et accepter l’offre d’emploi qu’on leur donne, particulièrement dans un contexte qui est différent, quand il faut passer une frontière linguistique. Je voudrais terminer en disant que, quand vous avez pris la parole en commission, vous avez évoqué le fait que votre texte était là pour «favoriser une insertion durable sur le marché de l’emploi». Ce sont vos mots, c’est ce que vous avez utilisé. À ce stade, Monsieur le Ministre, je vous invite vraiment à renforcer la qualité des emplois offerts aux uns et aux autres. Votre texte, aujourd’hui, ne le prévoit pas spécifiquement. Il y a un différentiel entre les types d’offres d’emplois proposées en Flandre et en Wallonie. Il n’y a pas d’amélioration prévue, via le texte de «l’employeurabilité», des conditions pour pouvoir accepter ce genre d’emploi derrière les frontières linguistiques. Je vous invite à aller plus loin en la matière. On risque sinon de renforcer du mal-être au travail et de ne pas répondre à l’objectif premier, celui d’offrir des emplois durables aux Wallonnes et aux Wallons.
Constructivité 37% Mesdames et Messieurs les Députés, la frontière linguistique ne peut plus constituer une barrière à l’emploi. Je suis d’accord avec la déclaration de Mme Van Walle, qui reprend la citation du ministre de l’Emploi. Le texte qui vous est soumis est une avancée importante et concrète en matière de coordination des politiques du marché du travail entre la Région wallonne et la Région flamande. Il poursuit trois objectifs complémentaires: - contribuer à l’atteinte d’un taux d’emploi de 80 % au niveau fédéral; - fluidifier le fonctionnement du marché du travail; - renforcer la mobilité interrégionale des chercheurs d’emploi. Concrètement, il s’agit de mieux mettre en relation les compétences disponibles, les talents disponibles et les postes vacants. On sait qu’il y a plus de chercheurs d’emploi du côté wallon, tandis qu’il y a plus de postes vacants et d’offres disponibles en Flandre. Chaque candidat doit pouvoir accéder à un emploi correspondant à son profil et à ses compétences, et chaque employeur doit pouvoir trouver un candidat adéquat. C’est ce que l’on appelle le principe du matching efficace: faire se rencontrer les besoins et les talents là où ils existent. Pour assurer l’efficacité de ce dispositif, le FOREm et le VDAB réaliseront, chaque année, une analyse conjointe du marché du travail, afin d’identifier les métiers en tension et les freins à la mobilité. Cela ne concerne pas uniquement la mobilité interrégionale. Rien qu’en Wallonie, il y a un objectif: l’emploi. C’est toujours cela qui doit nous guider. Puis, il convient de supprimer les freins qui existent à la mobilité. Sur cette base, le VDAB et le FOREm concluront une convention opérationnelle fixant des objectifs chiffrés et des indicateurs de résultat. L’accord prévoit également le développement de services communs, notamment l’échange des offres d’emploi, la gestion active des postes vacants, une coopération renforcée pour les métiers en pénurie, l’organisation de salons de l’emploi communs transfrontaliers, ainsi que la mise en œuvre de projets pilotes tels que le projet «Vlaamse kansen, Waals talent» qui ont été évoqués, auxquels participe notamment l’entreprise Soubry, que j’ai eu l’occasion de visiter. La mobilité interrégionale repose également sur les compétences et la formation. Cela a été dit, les chercheurs d’emploi peuvent se former au néerlandais sur le lieu de travail ou en ligne, tandis que les candidats flamands intéressés par des opportunités en Wallonie peuvent renforcer leurs compétences en français. Les compétences linguistiques constituent un levier essentiel, et ce n’est pas contradictoire à ce que j’ai dit tout à l’heure par rapport à la frontière linguistique. Les compétences linguistiques sont un levier complémentaire et essentiel pour une intégration professionnelle durable et pour permettre à chacun de saisir pleinement les opportunités disponibles. Dans le cadre de cet accord, la responsabilité des uns et des autres, y compris des entreprises, est d’accueillir des travailleurs qui parlent une autre langue et de les mettre dans les meilleures conditions possibles, ce qui n’est peut-être pas toujours le cas aujourd’hui. L’accord prévoit, par ailleurs, un cadre juridique clair pour l’échange de données entre le VDAB et le FOREm, dans le strict respect du Règlement général sur la protection des données Cela a été évoqué, il y a certaines inquiétudes. Je confirme que chaque Région conserve l’intégralité de ses compétences en matière de contrôle de la disponibilité des chercheurs d’emploi et d’application des sanctions éventuelles. Le FOREm contrôle les chercheurs d’emploi wallons, le VDAB, les chercheurs d’emploi flamands. S’il doit y avoir des sanctions, elles ne sont pas arbitraires, elles se fondent sur des critères de l’emploi convenable. L’objectif est simple: garantir que la mobilité interrégionale soit respectueuse, efficace et bénéfique pour tous. Cet accord ne se limite pas à un dispositif technique. Il incarne une vision politique plus forte, celle d’une Wallonie qui agit, qui coopère, qui place les citoyens et les entreprises au cœur de l’action politique et qui construit des passerelles concrètes vers l’emploi. En l’approuvant, le Parlement est invité à poser un choix clair, celui de renforcer la coopération structurée entre Régions, de rapprocher efficacement les talents et les entreprises et d’ouvrir les opportunités au-delà des frontières régionales au service d’un marché du travail plus fluide et plus performant. Je terminerai en vous indiquant qu’un monitoring des actions et des résultats sera effectué parce que je ne veux pas que l’on se limite à un accord de coopération avec de grands principes, mais que l’on puisse concrétiser toute une série de mesures et remettre, audelà de l’aspect des frontières, davantage encore de chercheurs d’emploi sur le marché du travail.
Constructivité 42%Factuel 37%- ÉT
M. le Ministre a rappelé les échanges que nous avons eus en commission. Je ne reviendrai pas sur l’épisode de Roulers. L’idée était de faire passer le message que les travailleurs wallons se déplacent et acceptent de travailler en Flandre dès lors que les conditions favorables sont réunies. Que ce soit le niveau linguistique, la mobilité, la distance, la conciliation entre la vie privée et la vie professionnelle ou l’évolution de carrière, beaucoup d’éléments peuvent entrer en compte dans le fait d’accepter un emploi ou d’être maintenu à l’emploi. L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit d’ouvrir des opportunités. Encore faut-il évaluer la manière dont les choses fonctionnent afin qu’il n’y ait pas un déséquilibre dans l’échange entre des Wallons qui iraient nourrir le marché de l’emploi flamand et des Flamands qui viendraient travailler dans les métiers en pénurie en Wallonie. Il faut être vigilant par rapport à cela. Je crois que c’est à cela que servira l’évaluation. Nous serons attentifs à la convention de coopération à approuver entre le VDAB et le FOREm puisque c’est là que se trouveront tous les éléments techniques, les conditions et les critères. Nous serons vigilants sur le critère d’emploi convenable parce que le diable se cache toujours dans les détails. Nous serons prudents malgré tout, même si je répète que nous soutenons le texte.
Agressivité 79%Constructivité 54%Factuel 64%Émotionnel 78% - PV
J’ai entendu les arguments de mes collègues. Il est exact que, quand on veut, on peut. Déjà plein de travailleurs font l’effort d’aller travailler loin de chez eux, et l’on ne peut que le saluer. Je l’ai fait pendant des années et ma propre fille le fait aujourd’hui. Elle bosse à 80 kilomètres de chez elle, avec un impact important sur sa vie privée. Heureusement que je peux l’aider le matin en conduisant sa fille à l’école, car aucune garderie n’est ouverte à l’heure où elle démarre. Ce n’est pas une question de mentalité, car tout le monde n’a pas la chance d’avoir une personne de sa famille qui peut l’aider à trouver des solutions, car tout le monde n’a pas les moyens de se payer une voiture ou tout simplement de se payer des cours d’auto-école pour obtenir un permis. Surtout, tous les employeurs ne remboursent pas les frais de transport. C’est la réalité. On ne doit pas tout remettre sous la responsabilité individuelle comme on le fait parfois, parce que c’est trop facile. Le rôle du Gouvernement n’est pas de dire aux gens qu’ils doivent tirer leur plan. Le rôle du Gouvernement est de répondre à ces différents freins qui empêchent aujourd’hui certaines personnes d’accéder à certains emplois. Aujourd’hui, on fait le contraire. On rend les transports en commun plus chers, on coupe dans les crèches et l’on supprime certains outils, comme les bourses pour apprendre le néerlandais. À tous les niveaux de pouvoir, on mène une politique qui détruit l’emploi, au nord comme au sud. Je répète que nous sommes d’accord avec le fait que les Wallons doivent pouvoir aller travailler en Flandre, mais il faut s’en donner les moyens. Ce n’est pas en sanctionnant les gens et en leur mettant des bâtons dans les roues que l’on va y arriver.
- GLGeneviève LazaronLes Engagés
Je remercie M. le Ministre pour ses propos que je reprendrai, d’ailleurs, parce que cela me semble important. L’important pour Les Engagés, c’est que ce projet de collaboration n’est pas un dispositif technique. On n’est pas dans cette image d’un jeu où l’on ferait glisser des pions dans des cases vides pour les remplir à tout prix, mais c’est de proposer des opportunités d’emploi aux nombreux chercheurs wallons. Je l’ai dit, ce processus doit se faire sur base volontaire, dans le respect des droits de chacun. Vous l’avez évoqué aussi, Monsieur le Ministre, cela nous semble important, c’est d’établir une évaluation, en temps voulu, sur cet accord de collaboration.
Agressivité 41%Constructivité 90%Émotionnel 58% - JBJean-Paul BastinLes Engagés
Chers collègues, au nom du groupe Les Engagés, je tiens à m’associer aux hommages rendus à l’occasion du décès de Marceau Mairesse, survenu le 15 janvier dernier, dans sa commune de Morlanwelz, à Carnières, où il était profondément enraciné. Marceau Mairesse fut avant tout un homme de conviction et d’engagement, animé très tôt par le sens du service public. Enseignant de formation, il a consacré plus de 25 années à l’enseignement technique et professionnel, un secteur auquel il est toujours resté profondément attaché. Coordinateur diocésain, il a activement collaboré à la réforme de l’enseignement professionnel au sein du SeGEC, défendant avec constance la richesse et la complémentarité des réseaux scolaires en Belgique. Son engagement politique débute très jeune. À 19 ans, il rejoint le PSC. Il devient alors le plus jeune conseiller provincial de Belgique, fonction qu’il exercera durant près de 20 années, de 1972 à 1991. En 1991, il entre au Sénat, puis siège comme député wallon au sein de cette assemblée où il fut un membre actif et respecté notamment de la Commission de l’environnement. Bien avant que ces enjeux ne s’imposent comme des évidences, Marceau Mairesse portait déjà une vision claire et structurée de la protection du cadre de vie et du développement durable. Il a contribué à des dossiers majeurs dont l’empreinte demeure aujourd’hui: le Code forestier et l’accès du public aux bois et forêts, la réforme de la législation sur la chasse, la protection des eaux de surface contre les pollutions, la planification du développement durable ou encore la taxation des déchets. Certes, c’était une autre époque, mais une époque fondatrice. Beaucoup des décrets et règles environnementales qui font aujourd’hui autorité trouvent leurs racines dans ce travail de pionnier. Parallèlement à ces mandats régionaux et fédéraux, il siégera également à la Chambre jusqu’en 2003 et, comme l’a souligné M. le Président, Marceau Mairesse n’a jamais quitté le terrain local. Conseiller communal à Morlanwelz dès 1977, échevin, chef de groupe, il exercera un mandat communal sans discontinuer jusqu’en 2024; près d’un demi-siècle au service direct des citoyens. Il fut un mandataire de proximité, attentif aux dossiers de logement, d’enseignement, d’aménagement du territoire, mais aussi ardent défenseur du folklore local et de l’équilibre entre les différentes entités de la commune à l’époque où l’on reparle de fusions de communes. Son engagement, parfois combatif, toujours sincère, lui a valu des oppositions politiques marquées, mais aussi le respect de tous pour sa constance, sa ténacité et sa fidélité à ses valeurs. Marceau Mairesse incarnait une certaine idée de la politique: exigeante, ancrée dans le réel et tournée vers l’intérêt général. Une politique faite de travail, de présence et de conviction assumée. À sa famille, à ses proches, à ses anciens collègues et à tous ceux qu’il a accompagnés tout au long de sa vie, nous adressons nos pensées les plus sincères. Le groupe Les Engagés salue aujourd’hui la mémoire d’un serviteur de l’enseignement, de l’environnement et de sa commune, et rend hommage à un homme qui aura marqué sa vie politique, communale et wallonne.
Agressivité 48%Constructivité 56%Factuel 52%Émotionnel 47% - FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Monsieur le Chef de groupe, chers collègues, je vous remercie de partager quelques mots autour de la mémoire de Marceau Mairesse que j’ai eu la chance de connaître personnellement dans toute une série de combats et de compagnonnages politiques à l’échelle de la région du Centre, et plus globalement du Hainaut dans lequel il s’est investi puisque son premier mandat était à l’échelle du Conseil provincial en 1971. Marceau Mairesse, c’est une personnalité qui a fortement marqué son territoire. Si je devais retenir trois mots qu’il incarne, c’est d’abord – et d’aucuns l’ont déjà souligné – le mot «école». S’il y a bien un fil conducteur dans l’ensemble de sa vie et de ses engagements, c’est celui-là. D’abord, sur le plan professionnel, sur le plan politique, mais surtout, pour une large part, dans le monde associatif scolaire, puisqu’il était très longtemps engagé – jusqu’il y a encore quelques mois – dans la vie de ces écoles dans l’enseignement libre morlanwelzien. S’il y a un second mot que l’on peut retenir, c’est bien sûr celui de «Carnières» et plus largement celui de «Morlanwelz». Les combats épiques qu’il a menés au conseil communal, les relations tumultueuses qu’il avait avec les uns et les autres, et notamment – et je regarde Mme Pécriaux – avec le bourgmestre de Morlanwelz de l’époque, ont marqué les mémoires de tous les habitants de la région du Centre et en particulier de Morlanwelz. Un troisième mot qui le caractérisait, c’est le «combat». C’était un vrai combattant. Jusqu’au bout de ses dernières forces, il était mobilisé. Il avait la volonté d’incarner et de défendre son territoire, quelquefois avec la fougue et les excès qui font aussi la force de nos combats et de nos engagements politiques. Au nom du Gouvernement wallon, je souhaite saluer la mémoire de ce grand combattant mobilisé dans de nobles causes, comme l’enseignement et l’école. J’espère que chacune et chacun en gardera le souvenir. Au nom du Gouvernement wallon, j’adresse à sa famille toutes mes condoléances.
Agressivité 96%Constructivité 70%Factuel 87%Émotionnel 99% - MH
Madame la Ministre, chers collègues, en quelques semaines, les propositions gouvernementales pour le contrat de service public de l’OTW ont véritablement mis le feu aux poudres, que ce soit dans les murs de ce Parlement ou dans le dépôt des TEC. Nous avons dénoncé le manque de vision et d’ambition pour le transport public. Les travailleurs, eux, dénoncent les coupes dans leur statut. J’entends déjà la rengaine de la majorité qui, in fine, est toujours la même quand il s’agit de s’en prendre aux services publics: rationaliser, faire mieux avec moins, dépenses publiques insoutenables, UAP obèses, efficience, optimisation, économies d’échelle, et j’en passe. Dans le cas des TEC, on ne parle pas de privatisation, mais «d’augmentation des lignes concédées». C’est plus joli et cela fait moins peur. Toutefois, depuis les années 1980, c’est toujours la même chose: on taille, on réduit, on ferme et, in fine, on abandonne. Votre projet de CSP s’inscrit pleinement dans cette logique: 20 millions d’euros d’économies sur cinq ans qui viennent s’ajouter à la décision de non-indexation prise en 2025 et de la fin de 1 % de croissance. Avec ces lignes de force pour le prochain CSP, l’OTW, l’entreprise publique autonome, comme vous aimez à le rappeler en commission, n’aura d’autre choix que de s’en prendre à ses travailleurs et d’augmenter ses tarifs. Fidèle à la doctrine de votre Gouvernement, vous dites: «On n’augmente pas; ce sont les autres. La révision de la grille tarifaire ne passera plus par le Gouvernement, mais par l’OTW. Circulez, braves gens, il n’y a rien à voir! Le bon Gouvernement n’augmente pas les taxes; ce sont les méchantes communes». Demain, vous n’augmenterez plus le prix des bus; ce sera la faute du conseil d’administration de l’OTW. Demain, les TEC à 1 euro par mois pour les jeunes, les séniors et les statuts BIM, ce sera fini. Bien entendu, vous prétendrez que ce sont les choix de l’OTW. Madame la Représentante du Gouvernement, chers collègues de la majorité, vous tentez de brandir votre parapluie pour rejeter en réalité vos responsabilités. Cependant, soyez sûrs que personne n’est dupe. Après les usagers, à travers les hausses tarifaires, ce sera au tour des travailleurs de payer le prix de vos choix. Vous vous en prenez à leurs droits sans même vous demander d’où ils viennent et comment les fonds de solidarité internes aux TEC ont été créés. On nous promettait un gouvernement d’ingénieurs. On a un gouvernement de casseurs. Casser, c’est tellement plus facile que de construire. Que les choses soient claires, je ne prétends pas que tout est parfait au TEC et qu’il n’est pas possible d’améliorer les choses. Le problème, c’est que vous avez en réalité identifié une cible budgétaire: le TEC. Ce n’est pas comme cela que l’on construit. Ce n’est pas ainsi que vous obtiendrez plus de parts de marché pour les transports en commun. En agissant de la sorte, vous n’aurez, chers collègues, que de la confrontation.
- SHStéphane HazéeEcolo
Le transport public est un outil majeur pour la politique de mobilité en Wallonie, que ce soit pour lutter contre les gaz à effet de serre ou amener un transfert modal, ainsi qu’un outil positif pour la santé. Le Gouvernement a communiqué récemment sa note d’orientation relative au contrat de service public. Il y a, ici ou là, certains éléments positifs – je pense, par exemple, au TEC à la demande avec des moyens qui viendront de l’Union européenne –, mais il y a globalement un désinvestissement de la part de la Wallonie dans le transport public. Les moyens de la politique de transport en commun étaient montés en puissance ces dernières années. Dans la suite du conclave budgétaire de 2025, qui avait déjà acté une première diminution, il y a désormais une mise à mal qui empêchera le Gouvernement d’atteindre les objectifs, qu’il a pourtant maintenus, de la vision FAST, cette vision ambitieuse qui transcende les législatures, mais qui, malheureusement, risque bien d’être écartée dans le concret. En ce qui concerne les infrastructures, les investissements du tram de Liège – je ne dois pas faire un dessin – ont été mis à mal et les investissements dans les bus à haut niveau de service à Charleroi et à Mons passent par la fenêtre et iront au congélateur pendant au moins cinq ans. Le déploiement de l’offre est menacé à travers les baisses budgétaires et le gel des processus de redéploiement, pourtant menés autour de Gembloux et de Florenville, notamment, il y a deux ans. En ce qui concerne les tarifs, il y a la menace d’une augmentation des prix et l’objectif affiché d’une augmentation de 40 % des recettes. Le Gouvernement dit: «Ne vous inquiétez pas; ce sera la lutte contre la fraude et l’augmentation de la fréquentation». Il n’y a toutefois pas de chiffres qui crédibilisent ces hypothèses. Ce sont des chiffres lancés en l’air, un peu comme s’ils avaient été fixés par dogme, sans hypothèses pour que nous puissions y croire. Nous avons donc une difficulté et nous demandons dès lors au Gouvernement de réexaminer sa note d’orientation pour pouvoir aligner le contrat de service public avec les objectifs de la vision FAST qui doivent dominer la politique de cette Région.
- AB
Chers collègues, notre motion part d’un constat simple : le Gouvernement wallon manque d’ambition pour ses transports publics. Après la réponse du ministre en commission, ce constat est plus que jamais confirmé. Le ministre a parlé longtemps. Il a parlé d’autonomie, d’optimisation, de modernisation, mais ce qu’il n’a pas fait, c’est assumer ses choix politiques. Il renvoie beaucoup de décisions à l’OTW, mais le budget reste entre ses mains. C’est le ministre qui décide de l’enveloppe et qui impose l’objectif des 14 % de recettes propres, soit 40 % de plus qu’aujourd’hui. C’est donc le ministre qui porte la responsabilité des conséquences de ce budget. Sur les tarifs, c’est le flou total. On sait qu’ils vont augmenter, mais on ne sait pas quand, ni combien, ni pour qui. À propos des recettes, le ministre a parlé de lutte contre la fraude, d’amélioration de la fréquentation et d’efficience. La fraude, il l’a lui-même chiffrée à environ 3 % en 2023. Même en l’éradiquant totalement, on est très loin d’arriver à 40 % de recettes en plus annoncés. Qui va payer? On a déjà une réponse donnée par les travailleurs du TEC. Ils disent qu’améliorer le service sans augmenter le budget, c’est impossible. Concrètement, ils parlent de: - moins de bus, surtout tôt le matin, tard le soir, et dans les zones rurales; - tickets plus chers; - lignes jugées «non rentables»; - plus de sous-traitance et moins de stabilité. Ce ne sont pas des slogans, mais des réalités du terrain. Ce n’est pas un hasard si les syndicats et les travailleurs parlent d’austérité imposée, et annoncent des actions bientôt dans toute la Wallonie. Le ministre dit vouloir garantir la continuité du service, mais on ne garantit pas un service public en mettant la pression sur ses travailleurs. On ne renforce pas la mobilité en gérant le TEC comme une entreprise privée qui doit rapporter de l’argent. Nous voulons aussi parler de solutions. Il en existe une que le ministre refuse même de discuter, parce qu’elle impose des choix importants. C’est la gratuité des transports publics. À Dunkerque, la gratuité a supprimé la fraude, réduit les coûts de contrôle et a amélioré l’ambiance dans les bus. La mobilité est devenue un droit, et pas une marchandise. Pour le PTB, le transport public doit être financé à hauteur des besoins, en respectant ses travailleurs et ses usagers. Le service de transport public est un droit fondamental. C’est le sens de notre motion.
Factuel 61% - JBJean-Paul BastinLes Engagés
Chers collègues, il convient tout d’abord de rappeler que le contrat de service public actuellement en vigueur, conclu à l’époque par le prédécesseur de M. Desquesnes, repose sur une trajectoire budgétaire qui était purement indicative. Il comportait des engagements insuffisamment financés, ce qui a largement contribué aux difficultés que nous connaissons aujourd’hui, comme cela a été rappelé en commission, notamment lors de l’audition particulièrement intéressante de CoMBaLi. Au-delà de la question budgétaire, il est essentiel de souligner la nécessité d’une plus grande flexibilité afin de mieux s’adapter aux réalités de terrain. Cette flexibilité passe par davantage d’autonomie, laquelle implique une responsabilisation accrue de l’OTW. Comme l’a rappelé M. le Ministre, chaque euro public doit être investi de manière pertinente. C’est dans ce cadre qu’une optimisation des coûts à hauteur de 20 millions d’euros est attendue. Mme Hanus a pu être rassurée quant à ses inquiétudes concernant les tarifs applicables aux publics vulnérables. Le ministre a, en effet, précisé en commission que la note d’orientation du futur contrat de service public 2026-2029 prévoyait bien une flexibilité tarifaire encadrée visant explicitement à protéger les publics précarisés. Élément important à souligner également, il a été établi que l’augmentation de 4 % du taux de couverture de l’OTW ne se ferait pas au détriment de l’offre. Celleci devra toutefois être réorganisée, afin de mieux répondre aux besoins réels des usagers. À titre de comparaison, rappelons que les recettes propres couvrent aujourd’hui 10 % des coûts de l’OTW, contre 14 % chez De Lijn, et 26 % à la SNCB. Ensuite, les zones rurales ne seront pas abandonnées. Le transport à la demande sera déployé. Soixante minibus seront mis en service en zone rurale d’ici 2030. Enfin, il a été précisé lors de la Commission du 6 janvier que le futur contrat de service public demandera au comité de direction de l’OTW de négocier avec les organisations syndicales un cadre de service équilibré, dans l’intérêt des usagers comme du service public et des travailleurs. Le ministre entend respecter pleinement la logique du dialogue social, et nous le soutenons. Madame Hanus, la politique ne se fait pas d’un coup de baguette magique. Personne ne nie les difficultés. Vous les avez soulignées également, mais les dossiers avancent. La patience est amère, mais son fruit est doux. (Applaudissements) M. le Président. – La parole est à M. Chintinne, autre auteur du projet de motion pure et simple.
Contrairement à ce qui est parfois avancé, nous ne sommes ni dans l’attentisme ni dans la gestion à courte vue. Nous avons opéré un changement de paradigme pour passer d’une politique d’annonces non financées à une gouvernance stratégique crédible et responsable du transport public wallon. S’agissant du contrat de service public, il faut rappeler – et M. Bastin l’a fait tout à l’heure – un fait essentiel: le CSP 2024-2028, adopté sous la précédente législature, reposait sur une trajectoire budgétaire purement indicative, sans moyens réels garantis. Les ambitions étaient nombreuses, mais les chiffres ne suivaient pas. Mettre davantage de bus sur les routes sans se poser la question de leur utilisation réelle reviendrait à organiser des croisières de sièges vides, ce qui serait un non-sens économique, environnemental et organisationnel. Ainsi, notamment en milieu rural, le développement du transport à la demande, dont les premiers résultats montrent une satisfaction très élevée des usagers, constitue une réponse pragmatique, plus flexible, moins émettrice de CO2 et mieux adaptée aux réalités locales, tout en garantissant l’accès aux pôles essentiels que sont les écoles, les hôpitaux et les services publics. Nous soutenons également la volonté de renforcer l’autonomie opérationnelle de l’OTW. Une entreprise publique autonome doit pouvoir s’adapter plus rapidement aux besoins du terrain, tout en étant davantage responsabilisée dans l’utilisation des moyens publics. En ce qui concerne le personnel, comme on l’a déjà dit en commission, il est essentiel de rappeler avec force que la sécurité des agents et l’amélioration de leurs conditions de travail sont des priorités absolues. Le futur CSP devra intégrer explicitement cet enjeu, trop longtemps absent des cadres contractuels. Enfin, les choix opérés en matière de projets structurants traduisent une volonté de sortir de la dispersion pour privilégier des projets réalistes, finançables et porteurs de résultats concrets: le métro léger de Charleroi, les busways liégeois et les liaisons prioritaires vers Seraing et Herstal. Là encore, nous préférons moins de promesses, mais davantage de réalisations. Ainsi, ce Gouvernement ne gère pas le transport public à la petite semaine. Il construit, pas à pas, un opérateur plus performant, plus agile et plus orienté vers l’usager tout en respectant l’argent du contribuable, alors que près de 90 % du coût du TEC reste aujourd’hui supporté par la Région. (Applaudissements) M. le Président. – Je me tourne vers le banc gouvernemental pour voir s’il y a une demande d’intervention. Ce n’est pas le cas. Une série d’amendements nous ont été déposés tardivement, c’est-à-dire pendant l’éloge funèbre. Nous devons donc adapter le tableau des votes de manière à les intégrer. Aussi, si vous le voulez bien, je vais suspendre les travaux, le temps que tout cela soit en ordre. Ensuite, nous reprendrons les votes. La séance est suspendue. - La séance est suspendue à 17 heures 3 minutes.
Agressivité 46%Constructivité 51%Factuel 44%Émotionnel 38%
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La situation de la Sambrienne
Les députés ont évoqué le reportage sur la Sambrienne, dénonçant une situation d’insalubrité et d’insécurité, des dysfonctionnements de gestion, des logements inoccupés et le décès survenu, tout en interrogeant la ministre sur les audits, les responsabilités et le plan d’action. Cécile Neven a répondu avoir demandé sans délai un rapport circonstancié à la Société wallonne du logement, précisant qu’elle en tirera les conséquences et prendra les mesures nécessaires, tout en estimant que le problème relève avant tout d’un modèle de gouvernance et d’une sous-utilisation des moyens disponibles. Elle a annoncé une réforme des structures et des critères d’accès au financement régional, fondée sur un droit de tirage conditionné à la bonne gestion. Les échanges ont aussi porté sur l’affectation des subsides et sur la nécessité d’informer rapidement le Parlement et les locataires des suites du rapport.
L’accueil des personnes sans abri en période de grand froid
Les intervenants ont dénoncé la saturation des abris de nuit et le manque de structures en Brabant wallon, ainsi que la nécessité de mesures structurelles contre le sans-abrisme, incluant davantage de logements sociaux, de Housing First, d’accompagnement social et une meilleure coordination entre communes. Le questionnement a aussi porté sur le plan Grand Froid, l’élargissement des horaires d’accueil, le renforcement de l’encadrement et des éducateurs de rue, ainsi que sur la responsabilité des communes et CPAS dans la prise en charge locale. En réponse, la ministre a mis en avant les moyens déjà engagés par la Wallonie, le cadre légal modifié pour permettre des projets d’abri de nuit, le financement du relais social et le plan Grand Froid lancé dès le 1er novembre, tout en rappelant le rôle des territoires dans la mise en œuvre. Le débat a également donné lieu à une vive polémique sur l’interprétation des propos de la ministre concernant la politique fédérale d’asile et migration.
La nécessité de créer un abri de nuit en brabant wallon
Les intervenants ont dénoncé l’absence d’abri de nuit en Brabant wallon, la saturation des structures existantes et le manque de solutions d’urgence face à l’augmentation du sans-abrisme, en appelant à une mobilisation des communes, des CPAS et du relais social, ainsi qu’à des mesures structurelles en matière de logement, d’accompagnement et de prévention des expulsions. Ils ont aussi interrogé la ministre sur les dispositifs renforcés en période de grand froid, l’augmentation des capacités d’accueil, l’élargissement des horaires et le renforcement des équipes de terrain, notamment les éducateurs de rue. En réponse, la ministre a été interpellée sur le financement et le cadre légal déjà mis en place, ainsi que sur la nécessité de convaincre davantage les communes de participer à l’offre d’hébergement, tandis que le débat s’est tendu autour de la responsabilité du niveau fédéral et des personnes sans papiers, sujet sur lequel un échange vif a opposé la ministre à un député.
La saturation des abris de nuit
Les intervenants ont dénoncé la saturation des abris de nuit en Wallonie, en particulier l’absence de solution dans le Brabant wallon, et ont plaidé pour des mesures structurelles en amont : davantage de logements sociaux, du Housing First, une meilleure coordination avec les communes, la lutte contre le mal-logement et un renforcement de l’accompagnement social et des éducateurs de rue. Ils ont aussi interrogé la ministre sur les moyens complémentaires prévus pendant le plan Grand Froid, l’élargissement des horaires et le renforcement de l’encadrement dans les lieux d’accueil. En réponse, la ministre a rappelé les moyens déjà engagés par la Wallonie, notamment le cadre légal adapté et les financements accordés aux relais sociaux, tout en soulignant que l’absence de solution dans certaines communes du Brabant wallon relevait aussi de leurs responsabilités. Le débat s’est ensuite tendu autour de l’explication du phénomène par la politique fédérale migratoire, que plusieurs députés ont jugée insuffisante ou réductrice.
L’appel de l’Union des villes et communes de Wallonie (UVCW) pour un logement public sûr, salubre et digne
Jori Dupont a relayé l’appel de l’UVCW en faveur d’un logement public sûr, salubre et digne, en accusant la ministre de vouloir affaiblir le secteur public au profit du privé et en l’interrogeant sur le nombre concret de logements publics construits durant la législature. Cécile Neven a reconnu les difficultés financières du secteur, mais a souligné que l’avis de l’UVCW soutient plusieurs réformes de son gouvernement, dont le loyer chaud, le fonds social Climat, le droit de tirage et la transposition de la directive PEB4. Elle a indiqué vouloir renforcer la gouvernance par un dialogue structuré avec les acteurs locaux et a estimé qu’il faut cibler les dysfonctionnements sans les généraliser. En réplique, Jori Dupont a reproché à la ministre de ne pas répondre sur les chiffres et a maintenu son accusation de privatisation et de désinvestissement du logement public.