L’impact des contrôles aux frontières allemandes sur la mobilité des frontaliers wallons
Christine Mauel a interrogé le ministre sur les conséquences des contrôles ciblés instaurés par l’Allemagne aux frontières pendant six mois, en particulier sur la mobilité des frontaliers wallons, les embouteillages dans les communes limitrophes et l’impact sur les entreprises. François Desquesnes a indiqué n’avoir reçu aucune information préalable des autorités allemandes, ni lui, ni son administration, ni Perex, ni le WPR, et a regretté ce manque de coordination. Il a précisé que les marges de réaction de la Wallonie sont limitées, l’Allemagne agissant dans le cadre de Schengen, tout en estimant que les conséquences observées à ce stade restent limitées selon les informations du SPW.
Débat · 3 interventions
- CM
Monsieur le Ministre, depuis lundi dernier, et pour une période de six mois, l’Allemagne a décidé d’effectuer des contrôles ciblés aux frontières pour des raisons de sécurité intérieure, de gestion migratoire, de coordination et de coopération européennes. C’est à vous que j’adresse ma question puisque les premiers qui seront impactés seront les personnes qui utiliseront les routes, notamment dans les communes frontalières. Ce sont les communes limitrophes, surtout en Communauté germanophone, qui seront impactées par le trafic et les embouteillages qui vont en résulter, mais également les travailleurs frontaliers et les entreprises installées à la frontière. Récemment, les Pays-Bas ont également décidé d’élargir les contrôles à leurs frontières, ce qui est tout à fait normal puisque tous les États membres doivent se poser la question et lutter contre la migration illégale. Dans quelle mesure avez-vous été informé préalablement par rapport à cette problématique de trafic qui va être compliqué aux frontières allemandes? Quelles sont les initiatives d’information et de coordination que vous avez pu prendre pour réduire le problème de l’impact sur le trafic frontalier?
Agressivité 64%Constructivité 42%Factuel 38%Émotionnel 60% - FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Madame la Députée, ce n’est pas la première fois que, dans le cadre de l’accord de Schengen, un État riverain de la Wallonie et de la Belgique active ce genre de contrôles aux frontières. On a plutôt l’habitude d’avoir ce genre de comportement dans le chef des autorités françaises avec l’activation des plans Vigipirate. C’est la première fois que notre voisin allemand décide de mettre en œuvre un tel mécanisme qui est respectueux de l’accord de Schengen. Toutefois, ni moi-même, ni mon administration, ni Perex, ni WPR n’avons été avertis par les autorités allemandes, ce que je regrette. Je trouve que, en termes de bonnes relations de voisinage, une information eût été préférable. En ce qui concerne les moyens de réaction, ils sont faibles puisque l’État allemand est dans son propre droit. Je conseillerais peut-être à certains de prendre des routes moins habituelles pour essayer d’éviter d’avoir des files aux postes-frontières là où il y a moins de personnes. Toujours est-il que selon les informations du SPW, pour l’instant, cela ne provoque pas d’encombrement outre mesure aux frontières.
Agressivité 47%Émotionnel 46% - CM
Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour ces informations bien intéressantes. Je sais bien que vous n’avez pas une grande marge de manœuvre pour ce qui concerne la décision du pays limitrophe. Ce n’est pas non plus une critique envers l’Allemagne puisque, comme je le disais, chaque État membre doit lutter contre la migration illégale et le faire d’autant plus pour ne pas mettre en péril l’accord de Schengen. Comme le ministre-président germanophone l’a dit cette semaine, on ne voudrait plus jamais arriver à la situation que l’on a vécue pendant le covid, où l’on a dû fermer les frontières. J’espère que l’on pourra observer cela de plus près du côté de la Wallonie.
Constructivité 98%Factuel 77%Émotionnel 47%
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