La menace sur les allocations familiales pour les jeunes âgés de 18 à 21 ans
Alice Bernard a dénoncé le projet de conditionner les allocations familiales des 18 à 21 ans au fait d’être en formation, en enseignement ou dans une démarche d’insertion, estimant que cela priverait de nombreux jeunes, notamment en décrochage, en mobilité ou en difficulté de santé mentale, d’un droit jusqu’ici automatique. Yves Coppieters a répondu qu’il s’agissait d’une mesure d’optimisation et de simplification prévue par la Déclaration de politique régionale, visant à lier le droit à certaines situations de formation ou de recherche d’emploi, tout en affirmant qu’il n’était pas question de toucher aux allocations pour l’ensemble de la population. Il a également évoqué le renforcement du soutien aux familles monoparentales, la lutte contre la précarité infantile et la simplification administrative via la mutualisation des outils des caisses d’allocations familiales. En réplique, Alice Bernard a maintenu que ces changements entraîneraient des pertes d’allocations pour certains jeunes et a critiqué une politique qu’elle juge socialement régressive.
Débat · 3 interventions
- AB
Monsieur le Ministre, votre parti et vous-même avez plusieurs fois dit dans la presse que les allocations familiales constituent une ligne rouge à vos yeux. Pourtant, aujourd’hui, vous allez les conditionner. Jusqu’à présent, tous les jeunes de 18 à 21 ans ont eu droit automatiquement aux allocations familiales, sauf ceux qui ont un travail avec un certain revenu. Maintenant, vous voulez mettre des nouvelles conditions et accorder les allocations seulement à ceux qui sont en formation. Cela inquiète fortement la Ligue des familles, qui estime que c’est un durcissement de l’accès à ce droit fondamental. La Ligue des familles a raison, car vos nouvelles mesures et vos nouvelles conditions vont supprimer les allocations familiales pour des milliers de jeunes. La période de 18 à 21 ans est un moment où ils sont en recherche d’orientation. Citons plusieurs exemples: - les jeunes en décrochage scolaire; - les jeunes qui ne pourront pas terminer leur formation parce que la septième qualification n’existe plus; - les jeunes qui partent quelques mois à l’étranger; - les jeunes en parcours d’insertion; - les jeunes dont un nombre grandissant souffre de problèmes de santé mentale. Monsieur le Ministre, enlever les allocations à tous ces jeunes ne va pas les aider. Au contraire, cela va augmenter leurs difficultés de se projeter dans un avenir professionnel. Vous avez parlé de ligne rouge. Pour moi, cela signifie: «On ne va pas toucher aux allocations familiales». Allez-vous revenir sur votre projet de conditionner les allocations familiales et les maintenir pour tous ces jeunes?
Agressivité 77%Factuel 38%Émotionnel 66% Madame la Députée, je voudrais simplement vous rappeler ce qui est dans la Déclaration de politique régionale : il s’agit d’une optimisation et d’une simplification des allocations familiales. L’optimisation signifie le droit conditionné ; pour les 18-25 ans, ce droit aux allocations familiales sera lié au fait que le jeune soit dans l’enseignement, suive une formation ou soit dans une recherche d’emploi, dans un travail initiatique pour trouver de l’emploi. Cela concerne quand même une grande quantité de jeunes. Je vous rassure : tout cela vise à stimuler les jeunes et à lutter contre la précarité et la pauvreté de certaines tranches de la population. C’est une chose. Il est, en outre, important de mieux maîtriser le flux – on travaille avec l’ARES et la ministre Degryse en Fédération Wallonie-Bruxelles – des inscriptions dans l’enseignement et dans l’enseignement supérieur. C’est très important pour nous aider à ce droit conditionné, optimisé ou simplifié. C’est une simplification administrative de ce droit pour celles et ceux qui suivent des études. L’autre chose que nous voulons faire, c’est relever le premier plafond de revenu pour le supplément aux familles monoparentales. L’objectif est d’augmenter les allocations pour les familles monoparentales les plus précaires. C’est une volonté du Gouvernement d’avoir une vision cible sur ces familles particulières et, ce faisant, de lutter contre la précarité infantile. La troisième mesure renvoie à la mutualisation des applications de paiement des caisses d’allocations familiales, ce qui nous permettra d’optimiser ou de simplifier – on est dans la simplification administrative – le fonctionnement de ces allocations familiales. Madame la Députée, le Gouvernement wallon est très clair: c’est de l’optimisation, c’est de la simplification, mais on ne touche pas aux allocations familiales pour l’ensemble de la population.
Constructivité 63%Factuel 57%Émotionnel 58%- AB
Merci, Monsieur le Ministre, pour la confirmation que vous venez d’apporter. Vous pouvez appeler cela « optimiser », vous pouvez appeler cela « simplifier », mais le résultat sera là : vous allez toucher aux allocations familiales. Il y a des jeunes, dont j’ai parlé, qui vont perdre leurs allocations familiales. C’est inacceptable. Le Gouvernement fédéral s’en prend aux pensions des travailleurs, s’en prend aux travailleurs malades de longue durée, s’en prend aux travailleurs sans emploi. Maintenant, votre Gouvernement MR-Engagés s’en prend aux enfants des travailleurs. Cela ne peut pas passer pour nous. On était nombreux avec les organisations syndicales et le monde associatif, il y a 15 jours, dans les rues de Namur. On sera encore plus nombreux le mardi 14 octobre, à Bruxelles, contre tous ces gouvernements de casse sociale.
Agressivité 56%Émotionnel 49%
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