Le blues des mandataires
Jean-Paul Bastin a alerté sur le taux élevé de démissions parmi les mandataires communaux, sur les risques croissants de violences et de menaces à l’encontre des élus, et a पूछा si un dispositif d’observation et de protection existait. François Desquesnes a reconnu la gravité du phénomène, indiqué qu’un travail est mené avec l’Union des villes et communes et le SPW IAS sur la prévention et l’accompagnement, et a plaidé pour un renforcement des sanctions contre les menaces. Il a annoncé une rencontre prochaine avec le ministre fédéral de l’Intérieur afin de demander la correctionnalisation des menaces visant les élus locaux. Jean-Paul Bastin a salué cette volonté de renforcer l’arsenal juridique et de lutter contre tout sentiment d’impunité.
Débat · 3 interventions
- JBJean-Paul BastinLes Engagés
Monsieur le Ministre, l’Université de Liège a sorti une étude concernant les mandataires communaux. Sur les 7 020 mandats communaux décernés après les élections d’octobre 2018, pas moins de 1 072 avaient démissionné avant la fin de la mi-mandature. Plus d’un bourgmestre sur 10 était dans le cas. Le blues des bourgmestres, des mandataires, a été épinglé au sein de l’Union des villes et communes lors de la mandature précédente, mais le sera également ce soir dans l’émission #Investigation. Le maire de Gdansk, qui a été poignardé, en est malheureusement mort. La maire de Cologne a également été poignardée. On sent que la violence, présente sur les réseaux sociaux, le devient également dans la sphère physique. Ce matin, nous avons parlé de l’équilibre entre hommes et femmes. C’est aussi un des freins par rapport à cette exposition. Monsieur le Ministre, avez-vous des chiffres plus précis? Avez-vous un observatoire qui est présent pour s’assurer que nos mandataires puissent avoir la sécurité juridique et physique pour assumer leurs mandats et défendre notre démocratie?
Agressivité 84%Émotionnel 39% - FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Monsieur le Député, merci pour votre question qui met en avant un sujet fondamental. La Wallonie – au départ notre pays, la Belgique – est une démocratie de terrain, municipale et locale. Quand elle est atteinte avec des comportements inadmissibles – agressions verbales, menaces à l’égard de nos mandataires –, cela est absolument insupportable. Un travail est mené aujourd’hui par l’Union des villes et communes et le SPW IAS à la fois sur des mesures de prévention, d’accompagnement ainsi que de changement des conditions de travail des mandataires locaux. On parlait tantôt de la situation de congé de maternité des membres féminines d’un exécutif local. Je voudrais aussi dire qu’il faut renforcer les sanctions: l’impunité est la pire des choses en la matière. Je rencontrerai prochainement le ministre fédéral de l’Intérieur, M. Quintin, afin de plaider auprès de lui pour la correctionnalisation des menaces proférées à l’égard des élus locaux. La sanction est la meilleure réponse à donner aux comportements inadmissibles vis-à-vis des mandataires locaux.
Agressivité 76%Constructivité 65%Factuel 49%Émotionnel 46% - JBJean-Paul BastinLes Engagés
Merci, Monsieur le Ministre, de rappeler l’importance des mandataires locaux dans l’architecture démocratique de notre belle Wallonie. Merci aussi de renforcer l’arsenal juridique et de vous assurer qu’il ne puisse y avoir de sentiment d’impunité par rapport à une violence, qui commence d’abord sur les écrans et qui termine toujours physiquement. Il en va du maintien de cette digue démocratique.
Agressivité 100%Constructivité 93%Émotionnel 81%
Questions similaires
La sécurité des mandataires locaux en Wallonie
Arnaud Dewez a alerté sur la multiplication des intimidations, menaces, harcèlements et cyberattaques visant des mandataires locaux en Wallonie, estimant que ces dérives découragent l’engagement politique et mettent en danger la démocratie locale. François Desquesnes a qualifié ces faits de scandaleux et a indiqué avoir demandé à ses services d’écrire à la ministre de l’Intérieur pour vérifier que chaque mandataire menacé bénéficie des mesures de protection nécessaires. Il a souligné que les marges d’action régionales sont limitées mais a plaidé pour un soutien systématique aux élus menacés et pour la correctionnalisation des propos haineux ou menaçants afin de faciliter les poursuites.
La nécessité de recourir à des vigiles dans certaines administrations communales
Valérie Bluge a interrogé le ministre sur le recours à des vigiles dans certaines administrations communales et CPAS, en évoquant des tensions et des agressions subies par des agents, ainsi que la nécessité d’ouvrir un dialogue avec les communes. François Desquesnes a rappelé le droit des travailleurs du secteur public à exercer sereinement, sans pressions ni violences, et a estimé que des dispositifs de gardiennage peuvent contribuer à sécuriser certains lieux très fréquentés. Il a surtout insisté sur la formation des agents pour mieux faire face aux agressions, sur le soutien aux mandataires locaux via le Centre régional de formation, et sur la nécessité d’une police réactive face aux faits inacceptables. La députée a jugé la réponse incomplète sur le dialogue avec les communes et a souligné l’importance de sensibiliser le public au respect des services communaux et des CPAS.
Les cellules de sécurité intégrale locale en matière de radicalisme, d’extrémisme et de terrorisme (CSIL-R) en Wallonie
Diana Nikolic a interrogé le ministre sur l’évaluation des CSIL-R en Wallonie, leur couverture sur l’ensemble du territoire, leur efficacité dans la prévention du radicalisme et de l’extrémisme, ainsi que sur l’absence en Wallonie de dispositions levant le secret professionnel comme en Flandre et en Fédération Wallonie-Bruxelles. François Desquesnes a rappelé que ces cellules relèvent d’une compétence partagée avec le fédéral, qu’elles constituent un outil important et qu’il a demandé à son administration un rapport en décembre, sans avoir encore reçu de réponse. Il a indiqué avoir relancé son administration et s’est engagé à revenir avec des éléments concrets. La députée a insisté sur l’urgence d’agir préventivement face aux risques d’entrisme et de radicalisation au niveau local.
La sécurité du personnel des TEC
Les députés ont dénoncé la recrudescence des agressions visant les chauffeurs du TEC, notamment à Liège, et ont demandé des mesures renforcées, allant d’un meilleur contrôle des titres de transport à une réflexion sur un service minimum ou un préavis en cas de grève. François Desquesnes a rappelé les dispositifs de prévention, de dissuasion et de répression déjà mis en place, précisant que tout dossier d’agression fait désormais l’objet d’une plainte au parquet et que des concertations existent avec celui-ci. Il a jugé pertinente l’idée de confier les contrôles à des équipes extérieures, comme prévu pour le futur tram de Liège, et a indiqué qu’elle pourrait être étudiée pour d’autres lignes. Il a enfin estimé que les incidents à l’origine de la grève relevaient surtout de conflits avec des automobilistes et a annoncé un travail de sensibilisation et de contrôle avec la police, tout en intégrant la question du maintien du service public dans le futur contrat de gestion du TEC.
L’agression de deux agents du TEC Liège-Verviers» Question urgente de Mme Diana Nikolic à M. François Desquesnes, Ministre du Territoire, des Infrastructures, de la Mobilité et des Pouvoirs locaux, sur «la grève émotionnelle des conducteurs de bus et de tram à Liège» Question urgente de M. Laurent Devin à M. François Desquesnes, Ministre du Territoire, des Infrastructures, de la Mobilité et des Pouvoirs locaux, sur «l’insécurité au sein des dépôts de l’OTW
Les députés ont dénoncé l’agression de deux agents du TEC à Liège, ainsi que l’impact immédiat de la grève émotionnelle sur les usagers, le tram et l’ensemble de la mobilité liégeoise. Ils ont demandé des mesures pour renforcer la sécurité dans les dépôts, assurer un suivi judiciaire effectif des agressions et limiter les perturbations pour les voyageurs. François Desquesnes a condamné fermement ces violences, rappelé que toute agression fait désormais l’objet de plaintes et d’un suivi, et annoncé une rencontre avec le procureur du Roi de Liège ainsi qu’avec l’OTW pour examiner des solutions à court terme. Il a également indiqué vouloir intégrer enfin un chapitre consacré à la sécurité dans le futur contrat de service public du TEC, jusque-là absent.