La sécurité du personnel des TEC
Les députés ont dénoncé la recrudescence des agressions visant les chauffeurs du TEC, notamment à Liège, et ont demandé des mesures renforcées, allant d’un meilleur contrôle des titres de transport à une réflexion sur un service minimum ou un préavis en cas de grève. François Desquesnes a rappelé les dispositifs de prévention, de dissuasion et de répression déjà mis en place, précisant que tout dossier d’agression fait désormais l’objet d’une plainte au parquet et que des concertations existent avec celui-ci. Il a jugé pertinente l’idée de confier les contrôles à des équipes extérieures, comme prévu pour le futur tram de Liège, et a indiqué qu’elle pourrait être étudiée pour d’autres lignes. Il a enfin estimé que les incidents à l’origine de la grève relevaient surtout de conflits avec des automobilistes et a annoncé un travail de sensibilisation et de contrôle avec la police, tout en intégrant la question du maintien du service public dans le futur contrat de gestion du TEC.
Débat · 5 interventions
- LD
Monsieur le Ministre, je reviens une nouvelle fois vers vous par rapport à ces problèmes importants que vivent les chauffeurs des TEC. Après la région du Centre, c’est Liège qui a été le théâtre d’agressions physiques envers ces chauffeurs. Ces chauffeurs se sentent humiliés, ils sont pris pour des punching-balls, ils sont le réceptacle de la colère et du comportement indigne – que je condamne – de personnes qui s’attaquent à des agents des services publics. Ils demandent des gestes et des actions. J’ai déjà eu l’occasion de vous interpeller et vous avez pu – je vous en ai remercié à l’époque – me faire part de votre plan global en la matière. Vous avez pu rencontrer également les délégations syndicales. Aujourd’hui, force est de constater que c’est un phénomène qui prend de l’ampleur, contre lequel nous devons lutter et utiliser des moyens importants. Je viens vers vous pour voir comment vous avancez dans votre calendrier d’action et je viens avec une proposition. Vous savez que l’on essaie d’être le plus constructif possible. Dans vos idées, vos propositions et votre plan d’action, avez-vous par exemple la possibilité que ce ne soit plus le chauffeur lui-même qui doive vérifier le ticket de transport du voyageur et que ce soit, comme dans d’autres pays, l’un ou l’autre contrôleur, ou même deux contrôleurs qui, de bus en bus, vont pouvoir contrôler eux-mêmes la validité du titre de transport? Régulièrement, voire bien souvent, c’est le contrôle de ce titre de transport qui pose problème et induit de la violence dont nos chauffeurs sont malheureusement les victimes.
Agressivité 86%Émotionnel 73% - DN
Monsieur le Ministre, le jeudi 23 janvier dernier, les chauffeurs du TEC Liège sont partis en grève pour dénoncer des attaques à répétition, des agressions de plus en plus violentes et dénoncer le manque de moyens. Ce sont leurs propres termes. Que ce soit bien clair, au MR, nous sommes totalement solidaires avec les chauffeurs du TEC. Nous ne sommes d’ailleurs pas suspects d’indignation à géométrie variable. Toute atteinte, attaque et agression envers des agents qui rendent un service au public, à la collectivité, que ce soient des ambulanciers, des pompiers, des policiers ou, en l’occurrence, des chauffeurs de TEC, doit toujours, pour le MR, être dénoncée, poursuivie et punie. Qu’est-il fait ou, selon vous, que devrait-il être fait? On a déjà eu ce débat ici. Ce n’est pas la première fois que l’on parle de l’insécurité des chauffeurs de bus en généra – ou du TEC Liège en particulier. Votre prédécesseur me répondait souvent qu’il y avait le dialogue social, que des groupes de travail avaient été mis en place et que des mesures concrètes avaient été déployées ou devaient l’être. Je crois ce que je vois: je vois que cela ne semble pas fonctionner puisqu’il y a toujours des agressions et toujours des grèves. «Grève émotionnelle», c’est comme cela qu’on la qualifie maintenant. Cette grève a aussi suscité beaucoup d’émotions dans le chef des usagers qui, le jeudi 23 au matin, ont découvert qu’aucun bus ne roulait et qu’aucun bus ne roulerait de la journée. Imaginez l’émotion des étudiants et écoliers qui ne pouvaient se rendre à l’école, des travailleurs qui ne pouvaient se rendre au travail ou des personnes qui ne pouvaient se déplacer pour aller à un rendez-vous médical, qu’ils attendaient peut-être depuis longtemps. La mobilité est un droit fondamental. Monsieur le Ministre, vous allez renégocier, sous cette législature, le contrat de gestion du TEC. Prévoyez-vous des mesures pour un service minimum, un service garanti ou, a minima, un préavis pour que les usagers puissent s’organiser?
Émotionnel 68% - FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Madame et Monsieur les Députés, vous m’interrogez sur un élément qui est crucial, puisque le service public de mobilité, qui est organisé en partie par l’OTW et au travers des bus des TEC, est un service qui doit être protégé contre toute forme d’agression, qu’elle soit une agression physique, verbale, tant à l’attention des chauffeurs que des usagers. Si, demain, l’on veut réussir le shift modal pour que davantage de personnes prennent les transports en commun et moins la voiture au quotidien en vue d’une mobilité apaisée, nous avons besoin de réussir cette sécurisation. J’ai déjà eu l’occasion, Monsieur Devin, de vous expliciter les différentes mesures de prévention, d’accompagnement, de sensibilisation, de dissuasion et de répression que j’ai mises en place avec l’OTW, en particulier sur l’aspect de la répression. Ainsi, depuis l’année passée, plus aucun dossier d’agression n’est pas transformé en dépôt de plainte au niveau du parquet. Il y a, par ailleurs, des concertations – on a déjà eu l’occasion d’échanger sur le sujet – entre le parquet et l’OTW en la matière. Vous m’interrogez sur un élément particulier, à savoir la mission de contrôle du chauffeur de bus des tickets à l’entrée. C’est une réflexion intéressante, un sujet qui doit être davantage investigué. Je prends l’exemple du tram qui devrait rouler prochainement à Liège. Dans le cadre du tram, le chauffeur ne sera pas celui qui va contrôler le ticket à l’entrée. Le contrôle se fera automatiquement par le passager, en badgeant sur l’appareil, et les contrôles seront opérés par des équipes extérieures. Au niveau de l’OTW, on devra étudier si cette façon de faire ne peut pas être généralisée à d’autres types de bus. Par ailleurs, je voudrais revenir sur les incidents qui ont déclenché les grèves à Liège, en lien, cette fois, avec la question de Mme Nikolic. Il y a bien eu un incident, le 19, concernant des jeunes qui refusaient, Monsieur Devin, de payer, qui rechignaient à montrer un titre de transport. Les trois incidents survenus la même journée, le 22 janvier, qui ont provoqué la réaction forte de la part des travailleurs, c’est une succession d’événements avec des automobilistes. Les trois altercations du 22 qui provoquent la grève du 23, ce sont des problèmes avec des automobilistes. L’enjeu ici n’est pas un enjeu des passagers, n’est pas un enjeu de contrôle des titres de transport, mais du comportement de personnes qui utilisent la voiture en commettant des infractions routières et qui se sont retrouvées en altercation avec les chauffeurs de bus. Dès lors, je pense aussi qu’il y a un travail de sensibilisation et de contrôle par la police à mener en la matière. Je ne manquerai pas d’en informer les autorités compétentes en matière policière. Pour terminer et répondre à votre question, Madame Nikolic: oui, les questions du service public, du maintien du service public et aussi du respect du droit de grève seront un des éléments du futur contrat de service public, sur base de l’évaluation du process qui est aujourd’hui en place. Sans doute y a-t-il des choses à améliorer, mais je souhaite le faire dans le dialogue avec les organisations représentatives des travailleurs.
- LD
Monsieur le Ministre, je vous remercie d’avoir pris en considération notre proposition. Ce qui est possible, et ce qui sera vrai demain, quand le tram circulera sur Liège, doit pouvoir également être réfléchi, voire implémenté au niveau des TEC. Pour nous, une première condition d’une bonne mobilité, c’est de pouvoir garantir la sécurité des agents du service public qui en assument la responsabilité.
Agressivité 65%Constructivité 83%Factuel 40%Émotionnel 63% - DN
Merci, Monsieur le Ministre, pour votre réponse. L’objectif de la grève est de mettre la pression sur l’employeur – en l’occurrence la TEC – pour qu’il entende les revendications et qu’il puisse agir. Cela ne change rien pour les grévistes de prévenir les usagers pour qu’ils puissent s’organiser. Au MR, allons plus loin : on voudrait un minimum de service. On le voit, on l’a mis en œuvre à la SNCB et tout le monde est bien conscient qu’il y a grève, même quand il y a un service minimum, parce que c’est quand même le bordel sur le réseau. Le message passe bien en toute hypothèse. On ne peut pas parler de mobilité liégeoise sans parler du tram et, comme vous tendez la perche, je la saisis. Ce mode de transport structurant que nous attendons depuis si longtemps à Liège, aucun Liégeois ne pourrait imaginer que, lorsqu’il pourra enfin rouler avec des passagers à bord, il reste au dépôt pour cause de grève. Ce serait toute la mobilité de l’arrondissement liégeois qui serait à l’arrêt. C’est inimaginable.
Agressivité 86%Constructivité 81%Factuel 77%Émotionnel 82%
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