Moniteur citoyen
← Toutes les questions
ActualitéWalloniemercredi 20 novembre 2024

La sécurité des chauffeurs de bus des TEC

Synthèse

Les députés ont dénoncé la multiplication des agressions contre les chauffeurs TEC, notamment dans la région du Centre, et ont demandé quelles mesures concrètes avaient été prises pour garantir leur sécurité, y compris le bilan de l’opération Shuttle Secure sur la ligne 82 et l’extension éventuelle de ce dispositif. François Desquesnes a rappelé avoir fait de ce dossier une priorité et a présenté un plan articulé autour de cinq axes : prévention, accompagnement des victimes, sensibilisation, dissuasion par des caméras embarquées et répression systématique via dépôt de plainte et constitution de partie civile. Il a également annoncé une prochaine rencontre avec les syndicats du Hainaut, tandis que les députés ont insisté sur l’urgence de sanctions effectives et sur des moyens renforcés, notamment au dispatching, pour répondre aux alertes des conducteurs.

Débat · 5 interventions

  1. Monsieur le Ministre, la semaine passée a été émaillée par de nouvelles agressions vis-à-vis des chauffeurs des TEC. La sécurité a été un des premiers thèmes de la campagne électorale. Le travail également. L’efficacité des services publics aussi. Et nous voilà, ici, avec les trois thèmes réunis. Quand des travailleurs voulant travailler, qui vont travailler et qui rendent des services publics sont agressés, il est légitime qu’ils demandent que l’on prenne des dispositions nécessaires, supplémentaires, utiles pour qu’ils puissent, en toute sécurité, assurer le service public. Rien que la semaine passée, il y a eu trois nouvelles agressions dans la région du Centre. Les travailleurs appellent à l’aide. Ils se sentent à la fois démunis, volontaires et aussi à bout de nerfs. Ils vous ont interpellé. Sur quelles pistes travaillez-vous depuis plusieurs mois maintenant? Depuis la semaine passée, quelles initiatives avez-vous pu prendre, avec quels résultats concrets par rapport à ces travailleuses et à ces travailleurs qui ne demandent qu’une chose: servir les Wallons?

    Agressivité 98%Émotionnel 79%
  2. Monsieur le Ministre, effectivement la semaine dernière, trois nouvelles agressions ont été commises sur des chauffeurs de bus TEC. Souvenez-vous, ma première intervention ici même en séance plénière portait sur les agressions des chauffeurs de bus. C’était le 4 septembre dernier. Depuis, mon collègue Loris Resinelli vous a aussi posé des questions à ce sujet en commission, le 17 septembre. Entre-temps, vous avez rencontré les acteurs sur le terrain et c’est une très bonne chose. Vous avez lancé notamment pour la ligne 82 la fameuse opération Shuttle Secure telle que vous l’avez annoncée. Évidemment, il n’y a pas que la ligne 82 qui pose problème, on l’a vu. Malgré tout cela, les agressions se multiplient. On en est maintenant, si l’on en croit les syndicats, à une agression à peu près par semaine. Dès lors, les chauffeurs de bus vont travailler avec la peur au ventre pour servir la Wallonie, servir l’État et puis pour conduire toutes celles et tous ceux qui doivent aller soit au travail, soit à l’école. Évidemment, quand il y a ces agressions, il y a des mouvements de grève spontanés et c’est finalement tout le monde qui est perdant. Comme vous avez lancé toute une série d’initiatives, il y a plusieurs semaines maintenant, eh bien je voudrais vous demander quels sont les résultats. Les collaborations avec la police, sur le terrain, fonctionnent-elles bien? Cette expérience pilote sur la ligne 82 peut-elle également servir à d’autres lignes, qu’elles soient du Hainaut ou de la région du Centre?

    Agressivité 78%Constructivité 62%Factuel 51%Émotionnel 60%
  3. FD

    Messieurs les Députés, merci pour ces questions qui permettent de mettre en exergue un vrai problème, auquel j’ai souhaité accorder la première de mes priorités, puisque – je pense que je l’avais déjà dit au sein de cette assemblée – mon premier déplacement de terrain a été à la rencontre des travailleurs et de la direction de la business unit Hainaut au dépôt de Houdeng, preuve de l’importance que j’accorde à ce sujet. Aujourd’hui, l’OTW développe une politique concrète de lutte contre les agressions et les faits délictueux au sein des bus ou aux abords des montées de bus; c’est un élément extrêmement important. Il le développe autour de cinq axes, que j’ai souhaité renforcer. Le premier axe est la prévention. Aujourd’hui, il y a possibilité de fermer les cabines. Il faut améliorer l’info en temps réel des usagers. Les progressions sont en cours, parce qu’une partie de l’énervement des clients vient quelquefois au manque d’informations concernant des retards liés à des phénomènes extérieurs. Il y a aussi la formation des chauffeurs aussi ou encore une billettique plus facile puisque, souvent, un problème peut être généré par l’absence de moyens de paiement quand on rentre dans le bus. Au-delà de la prévention, il y a également l’accompagnement, qui est personnalisé, de façon à ce que chaque conducteur qui subit une agression ou une forme de violence, physique ou verbale, soit accompagné par l’équipe de la business unit dédiée à cet effet. Il peut également bénéficier – tous les bus en sont équipés – d’une pédale de détresse, qui permet de signaler discrètement tout incident. Le troisième axe de cette politique est la sensibilisation. On a vu fleurir des campagnes d’information, il y a quelques mois, sur les abris de bus et également sur les panneaux urbains, pour encourager au respect des usagers dans l’usage des bus. Une nouvelle campagne sera lancée en 2025 à destination particulière des publics scolaires. Le quatrième axe dans ce plan est la dissuasion, avec des moyens techniques, notamment les caméras embarquées. On ne le sait peut-être pas assez, mais tout bus est équipé d’une caméra, ce qui permet d’avoir des images des faits et permettre d’identifier plus facilement les auteurs. C’est un processus qui doit encore s’améliorer, j’en ai parlé avec la direction de l’OTW, notamment pour que les images soient retransmises en direct et non pas simplement enregistrées au départ des bus. Ils viennent avec ces éléments de dissuasion. Monsieur Daye, vous avez parlé des opérations avec la police, notamment des éléments de dissuasion avec des actions coup de poing et une présence policière. Par exemple, sur la ligne 82, la ligne qui mène à Chapellelez-Herlaimont et qui parcourt la belle région du Centre, sur laquelle il y a eu des incidents, il y a ce que l’on appelle le Shuttle Secure, une présence permanente, en collaboration avec la police locale et la police fédérale, des patrouilles policières bien visibles, de façon à renforcer la sécurité et le sentiment de sécurité. Les agressions font partie du vécu des conducteurs et conductrices de bus, mais également des passagers. C’est un défi important pour que le bus soit un endroit sûr, sécure. Mme Morreale m’a interrogé hier sur les faits de harcèlement, c’est aussi un élément important. Enfin, la répression. Depuis cette année, chaque fait qui peut correspondre à une incrimination au Code pénal, tout fait qui est potentiellement répréhensible fait l’objet d’un dépôt de plainte systématique par le TEC. L’OTW s’assure du suivi et se porte partie civile, le cas échéant. Enfin, pour les actions concrètes, puisque M. Devin m’interrogeait également là-dessus, je rencontrerai prochainement, avec la direction de l’OTW, les représentants des organisations syndicales du Hainaut.

  4. Monsieur le Ministre, nous attendrons donc que vous rencontriez les syndicats à l’avenir. J’en appelle à une prise de conscience par rapport à cette problématique aussi dans le cadre des sanctions qui doivent suivre les plaintes qui sont déposées; des sanctions qui émanent de la justice, mais également une réflexion au niveau des TEC par rapport à ces personnes qui viennent agresser les serviteurs publics que sont les chauffeurs des TEC. Enfin, je ne manquerai pas de revenir vers vous. Je ne connais pas votre calendrier de rencontre, mais il est urgent de se mobiliser en la matière. J’en appelle à votre responsabilité.

    Agressivité 79%Constructivité 38%Factuel 36%Émotionnel 63%
  5. Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour votre réponse, bien qu’elle m’ait laissé sur ma faim. En effet, vous avez omis de répondre à la question du bilan de ce Shuttle Secure : cela fonctionne-t-il ou non ? Il est encore en cours, certes, mais cela fait déjà maintenant deux mois, si je ne m’abuse. On pourrait déjà obtenir une information qui permettrait de rassurer tant les utilisateurs que les conducteurs. On vous reposera la question. Enfin, vous parliez de l’accompagnement et j’aimerais revenir sur la pédale de détresse. Il y a un manque de personnel au dispatching, ce qui entraîne parfois une absence de réponse lorsque les conducteurs appuient sur cette pédale.

    Agressivité 63%Émotionnel 55%

Questions similaires

ActualitéWallonie20.11.24

Les nouvelles agressions à l’égard des chauffeurs de bus des TEC

Les députés ont interpellé le ministre sur la multiplication des agressions visant les chauffeurs de bus TEC, en particulier dans la région du Centre, et sur le climat d’insécurité qui conduit à des grèves spontanées. François Desquesnes a rappelé avoir fait de ce dossier une priorité et a détaillé une politique de lutte articulée autour de cinq axes : prévention, accompagnement des victimes, sensibilisation, dissuasion par les caméras embarquées et répression systématique par dépôt de plainte. Il a précisé que l’opération Shuttle Secure sur la ligne 82 se poursuit en collaboration avec la police locale et fédérale, et qu’une rencontre avec les syndicats du Hainaut est prévue prochainement avec la direction de l’OTW. En réplique, Maxime Daye a jugé la réponse incomplète sur le bilan concret du dispositif Shuttle Secure et a signalé des problèmes de personnel au dispatching pouvant limiter l’efficacité de la pédale de détresse.

MDMaxime Daye · MRFrançois Desquesnes
Sécurité publiqueService public
ActualitéWallonie29.01.25

La grève émotionnelle au sein des TEC à Liège

Les députés ont dénoncé la multiplication des agressions visant les chauffeurs TEC à Liège et ont interrogé le ministre sur les mesures concrètes à renforcer, notamment une éventuelle suppression du contrôle des titres de transport par le chauffeur, un service minimum en cas de grève et une meilleure information des usagers. François Desquesnes a rappelé les dispositifs déjà mis en place avec l’OTW en matière de prévention, de répression et de concertation avec le parquet, tout en jugeant pertinente l’étude d’un contrôle externalisé, comme prévu pour le tram. Il a précisé que les incidents à l’origine de la grève relevaient surtout de conflits avec des automobilistes et qu’un travail de sensibilisation et de police était envisagé, tandis que le futur contrat de service public intégrera la question du maintien du service et du respect du droit de grève.

DNDiana Nikolic · MRFrançois Desquesnes
Services publicsSécurité publique
ActualitéWallonie29.01.25

La sécurité du personnel des TEC

Les députés ont dénoncé la recrudescence des agressions visant les chauffeurs du TEC, notamment à Liège, et ont demandé des mesures renforcées, allant d’un meilleur contrôle des titres de transport à une réflexion sur un service minimum ou un préavis en cas de grève. François Desquesnes a rappelé les dispositifs de prévention, de dissuasion et de répression déjà mis en place, précisant que tout dossier d’agression fait désormais l’objet d’une plainte au parquet et que des concertations existent avec celui-ci. Il a jugé pertinente l’idée de confier les contrôles à des équipes extérieures, comme prévu pour le futur tram de Liège, et a indiqué qu’elle pourrait être étudiée pour d’autres lignes. Il a enfin estimé que les incidents à l’origine de la grève relevaient surtout de conflits avec des automobilistes et a annoncé un travail de sensibilisation et de contrôle avec la police, tout en intégrant la question du maintien du service public dans le futur contrat de gestion du TEC.

LDLaurent Devin · PSFrançois Desquesnes
Sécurité publiqueTransport en commun
UrgenteWallonie04.09.24

Le mouvement de grève spontanée au TEC de la province de Hainaut

Les députés ont interpellé le ministre sur l’agression d’un chauffeur TEC ayant provoqué un débrayage spontané au TEC Hainaut, en soulignant la répétition des violences, la dégradation du climat de travail et l’impact sur les usagers. Amandine Pavet a également demandé des mesures de sécurité renforcées et le rétablissement d’une offre suffisante sur la ligne 82 dans la région du Centre. François Desquesnes a condamné ces violences, indiqué avoir pris contact immédiatement avec le directeur général des TEC et annoncé une rencontre de terrain vendredi avec la direction locale et les travailleurs pour évaluer la situation. Il a précisé qu’il examinerait aussi l’évolution de l’offre sur la ligne 82, tout en rappelant qu’une modification du service ne peut en aucun cas justifier des agressions.

MDMaxime Daye · MRFrançois Desquesnes
Transport en communViolence envers les agents
UrgenteWallonie14.05.25

L’agression de deux agents du TEC Liège-Verviers» Question urgente de Mme Diana Nikolic à M. François Desquesnes, Ministre du Territoire, des Infrastructures, de la Mobilité et des Pouvoirs locaux, sur «la grève émotionnelle des conducteurs de bus et de tram à Liège» Question urgente de M. Laurent Devin à M. François Desquesnes, Ministre du Territoire, des Infrastructures, de la Mobilité et des Pouvoirs locaux, sur «l’insécurité au sein des dépôts de l’OTW

Les députés ont dénoncé l’agression de deux agents du TEC à Liège, ainsi que l’impact immédiat de la grève émotionnelle sur les usagers, le tram et l’ensemble de la mobilité liégeoise. Ils ont demandé des mesures pour renforcer la sécurité dans les dépôts, assurer un suivi judiciaire effectif des agressions et limiter les perturbations pour les voyageurs. François Desquesnes a condamné fermement ces violences, rappelé que toute agression fait désormais l’objet de plaintes et d’un suivi, et annoncé une rencontre avec le procureur du Roi de Liège ainsi qu’avec l’OTW pour examiner des solutions à court terme. Il a également indiqué vouloir intégrer enfin un chapitre consacré à la sécurité dans le futur contrat de service public du TEC, jusque-là absent.

JBJean-Paul Bastin · Les EngagésFrançois Desquesnes
Sécurité publiqueTransport en commun