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ActualitéWalloniemercredi 28 mai 2025

Les cellules de sécurité intégrale locale en matière de radicalisme, d’extrémisme et de terrorisme (CSIL-R) en Wallonie

Synthèse

Diana Nikolic a interrogé le ministre sur l’évaluation des CSIL-R en Wallonie, leur couverture sur l’ensemble du territoire, leur efficacité dans la prévention du radicalisme et de l’extrémisme, ainsi que sur l’absence en Wallonie de dispositions levant le secret professionnel comme en Flandre et en Fédération Wallonie-Bruxelles. François Desquesnes a rappelé que ces cellules relèvent d’une compétence partagée avec le fédéral, qu’elles constituent un outil important et qu’il a demandé à son administration un rapport en décembre, sans avoir encore reçu de réponse. Il a indiqué avoir relancé son administration et s’est engagé à revenir avec des éléments concrets. La députée a insisté sur l’urgence d’agir préventivement face aux risques d’entrisme et de radicalisation au niveau local.

Débat · 5 interventions

  1. Monsieur le Ministre, vous l’avez vu récemment dans les médias, un rapport français sur les Frères musulmans et l’islamisme politique a fait couler beaucoup d’encre. C’est un rapport français, certes, mais qui parle aussi de la Belgique. De quoi s’agit-il? Les Frères musulmans n’ont de musulman que le nom, parce qu’il s’agit d’une organisation islamiste, intégriste, extrémiste qui vise à imposer la charia – la loi coranique – un peu partout, en infiltrant toutes les strates de la société. C’est ce que l’on appelle «l’entrisme». C’est bien ce que pointe ce rapport. Il parle de la situation en France, mais il présente la Belgique comme le carrefour européen des Frères musulmans. Par ailleurs, il pointe un risque – particulièrement au niveau local. Cet entrisme se fait par le bas au niveau municipal en France, et communal chez nous. C’est pour cela que je viens vers vous, Monsieur le Ministre, parce que vous êtes le ministre des Pouvoirs locaux. Il existe toute une série d’outils en Belgique, notamment ces cellules de sécurité intégrale locale en matière de radicalisme, d’extrémisme et de terrorisme qui sont censées lutter contre cela. On a régulièrement l’occasion de faire le point là-dessus en commission, vous ne serez donc pas surpris par mes questions. Tout d’abord, qu’en est-il de l’évaluation que vous avez demandée à votre administration? Toutes les communes – c’est-à-dire l’ensemble du territoire wallon – sont-elles couvertes par ces CSIL-R? Ces CSIL-R fonctionnent-elles de manière optimale pour prévenir les situations d’extrémisme et de radicalisme? Sinon, que faut-il faire pour adapter la législation? L’un des principaux intérêts de ces cellules est de faire circuler l’information. Parfois, cela bloque, parce que le secret professionnel s’impose à certains travailleurs. La Flandre et la Fédération WallonieBruxelles ont légiféré pour lever ce secret professionnel. En Wallonie, ce n’est pas le cas. Pourrez-vous prendre des mesures qui semblent plus que jamais indispensables? M. le Président. – La parole est à M. le Ministre Desquesnes.

    Agressivité 55%Constructivité 42%Factuel 42%Émotionnel 53%
  2. FD

    Madame la Députée, on m’a déjà interrogé par écrit sur le sujet, mais pas en commission – je ne pense pas encore. Vous avez retiré votre question ou l’avez transformée en question écrite, peu importe. Les CSIL-R sont des outils importants. Si, au départ, la compétence de la Sécurité est majoritairement une compétence fédérale et du ministre de l’Intérieur, il n’en demeure pas moins que la Région wallonne, comme les Communautés et les autres Régions, est aussi une actrice sur ce sujet. Cela dépasse largement mes seules compétences. En tant que ministre de tutelle des Pouvoirs locaux, je souhaite agir à ce sujet. Je ne peux que regretter le fait que, malgré que la réglementation existe depuis déjà plusieurs années, le précédent Gouvernement n’a pas eu l’occasion de s’emparer de la thématique. C’est la raison pour laquelle j’ai sollicité un rapport en décembre dernier auprès de mon administration. Je n’ai pas reçu de rapport de mon administration. Je lui ai donc adressé un rappel, parce que j’estime que c’est une thématique suffisamment importante pour que je puisse l’apporter avec des éléments tangibles au niveau du Conseil des ministres, et partager les actions avec mes collègues en charge de cette compétence. Je vous reviendrai le plus rapidement possible. J’ai bien adressé un rappel à mon administration par rapport à l’absence de retour à l’instruction que j’avais déjà donnée il y a plusieurs mois.

    Agressivité 58%Constructivité 65%Factuel 63%Émotionnel 59%
  3. Monsieur le Ministre, sous la précédente législature, j’ai régulièrement interrogé votre prédécesseur en la matière, qui ne se montrait pas fort proactif ni ouvert à l’adoption d’une législation spécifique, alors que les mêmes députés l’avaient votée en Fédération Wallonie-Bruxelles. Dès votre entrée en tant que ministre en charge de cette matière, je vous ai interrogé. Vous m’aviez déjà répondu que vous attendiez l’évaluation. Je suis revenue quelquefois en questions écrites. Je ne l’ai pas dit tout à l’heure, mais dans ce rapport français – que j’ai lu –, la faiblesse de la Belgique est aussi pointée au niveau de la prise en charge de ce problème et du fait même «d’adresser» ce problème. Le rapport parle de «retenue» tant dans le chef des responsables politiques que des services publics. Finalement, c’est ce que j’entends aussi dans votre réponse. Ces outils – comme le CSIL-R – existent, mais ils ne semblent pas fonctionner de manière optimale. Or, le risque est là.

    Agressivité 70%Émotionnel 66%
  4. Il faut agir, prévoir, prévenir plutôt que guérir, parce que l’on ne pourra pas dire que l’on ne savait pas, Monsieur le Ministre.

    Agressivité 93%Émotionnel 90%
  5. Nous y reviendrons très prochainement, après votre rappel à l’ordre auprès de votre administration.

    Agressivité 83%Constructivité 44%Factuel 42%Émotionnel 78%

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