Le risque de malformation chez les enfants à naître dû à la pollution environnementale des pfas
François Desquesnes a alerté sur les résultats de deux études universitaires établissant un lien entre l’exposition aux PFAS et des risques pour la santé des fœtus, en soulignant la présence de ces substances dans l’environnement et dans l’eau de distribution en Wallonie. Il a demandé comment cet enjeu serait intégré au biomonitoring régional et a plaidé pour la création, sur le site Environnement-Santé, d’une rubrique spécifique avec des mesures de précaution à destination des femmes enceintes. En réplique, il a indiqué prendre acte du travail en cours, tout en regrettant l’absence persistante de recommandations ciblées pour ce public vulnérable et en appelant à une mise à jour rapide du site.
Débat · 2 interventions
- FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Madame la Ministre, deux études universitaires récentes – une université écossaise et une université suédoise – ont fait apparaître un lien causal clair entre des risques pour la santé humaine et la contamination aux PFAS. Il concerne plus particulièrement les fœtus, c’est-àdire les futurs bébés des femmes enceintes. Il s’agit d’une préoccupation extrêmement grave. On sait que les PFAS sont dans le milieu, notamment dans l’eau de distribution en Wallonie, et qu’ils ont été à des seuils jugés aujourd’hui inacceptables. Madame la Ministre, vous avez connaissance de cette étude. Comment allez-vous intégrer cet enjeu particulier pour les fœtus et les futurs bébés dans le cadre de votre étude de biomonitoring? 27 PW – Session 2023-2024 – CRI n° 9 – Séance plénière – Mercredi 10 janvier 2024 J’ai vu que le site Environnement-Santé de la Région wallonne avait été amélioré en ce qui concerne l’information, mais il ne contient pas d’éléments spécifiques pour les femmes enceintes. J’aimerais que vous puissiez vous engager aujourd’hui à développer sur ce site internet Environnement-Santé une rubrique spéciale pour ces personnes et ce public vulnérable.
Agressivité 58%Émotionnel 52% - FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Je vous remercie, Madame la Ministre, pour votre réponse. J’entends que le travail est en marche, mais force est de constater que le site Environnement-Santé de la Wallonie ne prescrit toujours pas aujourd’hui de mesures de précaution à l’attention des femmes enceintes. Je le regrette et je l’ai déjà signalé au moment de la crise de la pollution de l’eau aux PFAS de l’eau, lorsque l’on n’avait pas encore de résultats pour l’ensemble des zones. J’espère que vous ne traînerez pas à mettre à jour ce site et à le compléter pour ce public particulièrement sensible, comme les études universitaires que j’ai citées viennent de le démontrer.
Questions similaires
L’impact des pfas sur la santé et la réaction de mme la ministre au courrier de mme la ministre demir
Les intervenants ont dénoncé l’ampleur des contaminations aux PFAS dans l’eau de distribution à Ronquières, Chièvres et en Wallonie picarde, en demandant si l’eau du robinet pouvait encore être consommée et quelles mesures de précaution étaient prévues pour les populations les plus vulnérables. Ils ont aussi reproché aux ministres concernés de ne pas avoir été suffisamment alertés malgré plusieurs courriers, questions écrites, réunions de coordination et échanges avec les administrations et les cabinets, ainsi que l’absence de consignes claires et de transparence envers les citoyens. D’autres interventions ont élargi le débat aux PFAS présents dans certains pesticides, en interrogeant les actions menées pour restreindre ces produits, au niveau belge et européen, et pour limiter les épandages en Wallonie. En réponse, il a été rappelé que la ministre de la Santé n’est pas compétente pour la santé environnementale, mais qu’elle a mis en avant des outils d’information, demandé des agents de terrain et souligné la nécessité d’une communication claire et de dispositifs d’accompagnement.
Les pesticides aux pfas
Les intervenants ont dénoncé les contaminations aux PFAS dans l’eau de distribution en Wallonie, notamment à Ronquières, Chièvres, Ghlin et Nimy, en demandant si l’eau du robinet pouvait encore être consommée et quelles mesures urgentes de protection et d’information avaient été prises pour la population. Ryckmans a aussi attiré l’attention sur la présence de PFAS dans certains pesticides autorisés et a interrogé le ministre Borsus sur les actions menées auprès de l’Europe, du Fédéral et en Wallonie pour en restreindre l’usage. Les autres députés ont mis en cause le manque d’alerte et de suivi par les ministres concernés, évoquant des courriers, réunions de coordination et notes d’instruction qui, selon eux, démontraient que les autorités avaient été informées plus tôt. La ministre de la Santé a été invitée à préciser ses leviers d’action, les mesures de communication et de soutien, ainsi que l’éventuel monitoring, tandis que la majorité des questions restaient centrées sur la responsabilité et la coordination entre cabinets et administrations.
L’état des lieux sur les PFAS en Wallonie
Olivier Maroy a relayé une enquête sur les PFAS dans l’eau de distribution et minérale, estimant que certains résultats restent interpellants malgré le respect des normes wallonnes, et a interrogé le ministre sur le renforcement des normes, le cas des TFA, les moyens financiers disponibles et la coordination avec le fédéral. Yves Coppieters a défendu la transparence de l’administration, rappelé que la Wallonie fixe une valeur cible très basse pour les TFA (2,2 µg/l), précisé qu’il n’existe pas à ce stade de démonstration scientifique de toxicité chronique des TFA, et indiqué que 50 millions d’euros sont investis pour moderniser les réseaux et le schéma régional des ressources en eau. Il a ajouté que des travaux se poursuivent sur d’autres mesures, notamment via des contacts avec le fédéral sur l’usage de certains produits phytopharmaceutiques, et qu’un rapport du comité scientifique indépendant pourrait conduire à de nouvelles recommandations ou normes.
Les incohérences concernant les nouveaux résultats des prises de sang concernant les PFAS
Bruno Lefèbvre a interrogé le ministre sur la fiabilité des nouveaux résultats du biomonitoring PFAS, sur les suites à donner pour les personnes contaminées, sur un éventuel élargissement des périmètres concernés et sur les moyens de l’ISSeP. Yves Coppieters a indiqué que la première campagne avait sous-évalué les dosages en raison d’un problème de conservation des tubes, ce qui explique que la seconde salve montre majoritairement des taux plus élevés, avec une baisse pour 5 à 10 % des personnes en raison de la variabilité individuelle. Il a précisé qu’une nouvelle phase de prises de sang est envisagée pour les habitants des zones à risque non encore testés, avec un plan de financement à soumettre au Gouvernement wallon début 2025, et qu’un renforcement de l’ISSeP peut être étudié via des projets complémentaires. Le député a insisté sur la nécessité d’une communication plus claire envers les bourgmestres et les citoyens, tout en se disant rassuré que l’option d’un refinancement de l’ISSeP reste ouverte.
Les inquiétudes des citoyens concernant les polluants présents dans l’eau de consommation» Question urgente de Mme Valérie Warzée-Caverenne à Mme Anne-Catherine Dalcq, Ministre de l’Agriculture et de la Ruralité, sur «l’agriculture protectrice des ressources en eau» Question urgente de Mme Bénédicte Linard à M. Yves Coppieters, Ministre de la Santé, de l’Environnement, des Solidarités et de l’Économie sociale, sur «la présence de polluants dans les eaux de distribution et eaux minérales
Les députées ont interpellé le ministre sur la présence de PFAS, de pesticides et d’autres polluants dans l’eau du robinet et l’eau en bouteille, en demandant des interdictions près des captages, un durcissement des normes et un plan global de réduction à la source. Yves Coppieters a indiqué qu’une note globale sur les PFAS a été présentée au Gouvernement wallon, que les normes de l’eau de distribution ont déjà été renforcées et que des plans d’action sont imposés en cas de dépassement, tout en précisant que l’eau du robinet reste potable et que l’eau en bouteille relève d’une autre compétence. Anne-Catherine Dalcq a dit vouloir renforcer les normes dans les zones de protection des captages, en concertation avec le secteur agricole, en rappelant l’interdiction de pulvérisation dans un rayon de dix mètres autour de la prise d’eau. Les répliques ont insisté sur la nécessité de transparence, d’actions concrètes et d’une interdiction des substances à la source afin de protéger la santé publique.