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UrgenteWalloniemercredi 28 mai 2025

Les inquiétudes des citoyens concernant les polluants présents dans l’eau de consommation» Question urgente de Mme Valérie Warzée-Caverenne à Mme Anne-Catherine Dalcq, Ministre de l’Agriculture et de la Ruralité, sur «l’agriculture protectrice des ressources en eau» Question urgente de Mme Bénédicte Linard à M. Yves Coppieters, Ministre de la Santé, de l’Environnement, des Solidarités et de l’Économie sociale, sur «la présence de polluants dans les eaux de distribution et eaux minérales

Synthèse

Les députées ont interpellé le ministre sur la présence de PFAS, de pesticides et d’autres polluants dans l’eau du robinet et l’eau en bouteille, en demandant des interdictions près des captages, un durcissement des normes et un plan global de réduction à la source. Yves Coppieters a indiqué qu’une note globale sur les PFAS a été présentée au Gouvernement wallon, que les normes de l’eau de distribution ont déjà été renforcées et que des plans d’action sont imposés en cas de dépassement, tout en précisant que l’eau du robinet reste potable et que l’eau en bouteille relève d’une autre compétence. Anne-Catherine Dalcq a dit vouloir renforcer les normes dans les zones de protection des captages, en concertation avec le secteur agricole, en rappelant l’interdiction de pulvérisation dans un rayon de dix mètres autour de la prise d’eau. Les répliques ont insisté sur la nécessité de transparence, d’actions concrètes et d’une interdiction des substances à la source afin de protéger la santé publique.

Débat · 8 interventions

  1. Monsieur le Ministre, ce soir, la RTBF va, dans le cadre de son émission #Investigation, avoir un nouveau reportage sur la problématique de l’eau. Des laboratoires ont étudié différents types d’eau : des eaux du robinet filtrées ou non filtrées et des eaux en bouteille. Si l’on écoute vos propos de ce matin à la radio, vous avez mal au ventre des résultats de ces laboratoires. Vous avez dit qu’il fallait avoir le courage d’interdire les pesticides à proximité des captages. Allez-vous interdire les pesticides à proximité des captages? Allez-vous imposer des normes plus restrictives pour l’eau potable? Que dire aux citoyens? Même si nous n’avons pas encore toutes les informations sur la façon de consommer de l’eau, quelle eau doivent-ils consommer?

    Agressivité 87%Émotionnel 71%
  2. Madame la Ministre, préserver la qualité des eaux souterraines doit être une priorité pour chacun d’entre nous. C’est ce que nous faisons en travaillant au Parlement, notamment dans les Commissions de la santé et de l’agriculture. Néanmoins, comme cela vient d’être dit par ma collègue, les analyses montrent des résidus de pesticides dans les eaux. Souvent, ce sont malheureusement les agriculteurs qui sont pointés du doigt, particulièrement à proximité des zones de captage. Je tiens à souligner que les agriculteurs doivent rester nos partenaires dans ce travail pour veiller à la qualité des eaux. Avez-vous des concertations avec le secteur? De quelle façon peut-on faire évoluer les pratiques agricoles pour éviter qu’il y ait à nouveau des résidus dans nos eaux?

    Agressivité 83%Constructivité 46%Factuel 41%Émotionnel 70%
  3. Monsieur le Ministre, la RTBF a approfondi son enquête sur la présence de PFAS et de polluants dans nos eaux. Le constat est limpide : nous avons non seulement des PFAS dans l’eau du robinet, mais aussi dans l’eau minérale en bouteille. Ainsi, des nourrissons aux aînés, nous buvons tous les jours – chaque jour – de l’eau contaminée à différents polluants. Monsieur le Ministre, il est urgent d’agir. Il est urgent que vous obteniez de votre Gouvernement d’enclencher un plan global de réduction et d’interdiction des PFAS et des pesticides en Wallonie. Vous avez évoqué l’idée de travailler à une interdiction autour des points de captage d’eau. Ce serait une première étape. Je pose la question: quand allez-vous mettre cette étape en œuvre et quand va-t-on enfin voir un plan d’interdiction des PFAS et des pesticides en Wallonie?

    Agressivité 84%Constructivité 56%Factuel 60%Émotionnel 72%
  4. Mesdames les Députées, je vous rappelle que nous avons présenté une note globale sur la gestion des PFAS en Région wallonne au Gouvernement la semaine passée. Cette note reprend le plan global et la Wallonie n’est pas à la traîne. Nous avons des ambitions et vous le savez. Nous avons révisé les normes dans les eaux de distribution puisque nous sommes à 100 nanogrammes par litre pour les 20 PFAS et une norme cible de 4,4 nanogrammes par litre pour les PFAS majeurs. La norme des 100 nanogrammes par litre est respectée sur l’ensemble de l’eau de distribution tandis que, pour les 4,4 nanogrammes par litre, les distributeurs doivent prendre des mesures pour diminuer les concentrations lorsque cela dépasse. Néanmoins, cela reste limité sur le territoire wallon. Pour les TFA, nous avons aussi une valeur cible de 2,2 microgrammes par litre. Quasiment tous les distributeurs y sont. Et si les distributeurs dépassent cette norme, ils doivent mettre en place un plan d’action pour comprendre la source de cette pollution aux TFA. Dès lors, l’eau en Région wallonne est une eau potable. Je n’ai pas vu l’émission #Investigation. Apparemment, vous l’avez vue avant nous tous. (Réactions dans l’assemblée) Très bien. Concrètement, il faut rassurer la population. L’eau en bouteille, elle, n’est pas dans mes compétences: c’est la compétence du ministre fédéral Clarinval. L’eau en bouteille est de qualité. Je ne sais pas ce que va dire l’émission, mais on sait que, pour certains minéraux, il faut privilégier l’eau en bouteille, car pour les nourrissons et les femmes enceintes, les concentrations trop élevées en minéraux sont mauvaises. C’est une recommandation. Par rapport aux captages, oui, nous avons l’ambition au niveau du Gouvernement wallon d’arriver à limiter l’utilisation de produits phytopharmaceutiques dans les zones de protection des captages. Je suis en train de travailler avec un bureau d’avocats là-dessus. Je suis en échange avec la ministre Dalcq. On va évoluer. On a eu une réunion avec le ministre Clarinval aussi la semaine passée. On va évoluer. Cependant, attention, il y a eu des exemples où cela n’a pas fonctionné, où le Conseil d’État a cassé la volonté de la Région wallonne de limiter l’utilisation de certains produits parce que, malheureusement, ce n’est pas toujours clair au niveau des compétences. Oui, Mesdames et Messieurs les Députés, nous avons l’ambition et je pense que la Région wallonne est plutôt en avance par rapport aux autres régions européennes.

  5. Madame la Députée, je le redis, car je l’ai déjà affirmé à plusieurs reprises : je suis progressiste, et ma volonté est de concilier la protection de la santé, de l’environnement, de la sécurité sanitaire des produits tout en garantissant la sécurité et la viabilité du secteur agricole. Dès lors, ma réponse sera assez simple et elle ne vous surprendra pas. Ma volonté est de réévaluer et de renforcer les normes au niveau des zones de prévention des zones de captage. Dans un rayon de dix mètres autour de la prise d’eau, la pulvérisation est interdite. C’est autorisé audelà. Comme l’a dit le ministre de l’Environnement, mon collègue, c’est une réglementation qui est dans ses compétences. Je lui ai d’ailleurs envoyé un courrier la semaine dernière pour lui dire ma volonté de renforcer les normes à ce niveau et de discuter en toute collaboration et en concertation avec toutes les parties prenantes dans ce dossier. Il y a également une réglementation spécifique qui date de 2018 au niveau de la protection des lieux accueillant les publics vulnérables. Là aussi, c’est une réglementation au niveau des compétences du ministre de l’Environnement et je suis prête aussi à examiner la situation pour avancer là-dessus, toujours avec la même boussole: santé, viabilité du secteur agricole, environnement et sécurité sanitaire des produits.

    Constructivité 65%Factuel 55%Émotionnel 50%
  6. Je vous remercie, Monsieur et Madame les Ministres pour votre réponse. Vous avez dit, tout à l’heure, qu’il fallait rassurer. Pour être rassuré, il faut être transparent. On vous demandera donc de la transparence après l’émission de ce soir. Vous avez également dit que l’on essayait de renvoyer la balle à l’un ou à l’autre. Moi, Monsieur le Ministre, c’est à vous que je m’adresse. J’ai confiance en vous. On est persuadés, dans les rangs du Parti socialiste, que, à titre personnel, vous êtes convaincu qu’il faut interdire les pesticides à proximité de captages. Aujourd’hui, on vous demande d’être l’homme courageux que nous pensons que vous êtes pour l’imposer au Gouvernement. Nous serons courageux, nous ne renverrons pas la balle à d’autres partis et nous vous soutiendrons dans vos démarches.

    Agressivité 62%Constructivité 83%Émotionnel 52%
  7. Je vous remercie, Madame la Ministre, pour votre réponse très complète. En effet, le secteur agricole sera un partenaire avec lequel vous allez travailler pour préserver nos zones de captage. C’est très important. Nul doute que vous ferez ce travail en collaboration avec le secteur pour réaliser cette tâche avec discernement et de manière réfléchie.

    Constructivité 95%Factuel 78%Émotionnel 53%
  8. Monsieur et Madame les Ministres, aujourd’hui, les polluants et les PFAS dans l’eau en bouteille ou du robinet montrent bien qu’il y a une pollution diffuse de substances toxiques dans notre environnement. Le seul moyen de supprimer ces polluants dans le corps des humains, c’est d’interdire ces substances à la source. Vous êtes au pouvoir, vous avez le pouvoir, mais vous avez aussi le devoir d’agir pour la santé des nourrissons, des adultes et des aînés.

    Agressivité 60%Émotionnel 43%

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