Le doublement des cas de maladie de Parkinson à l’horizon 2050
Vincent Maillen a alerté sur le doublement attendu des cas de Parkinson d’ici 2050, l’apparition plus précoce de la maladie, les délais de diagnostic, la pénurie de neurologues, le manque de coordination entre spécialistes, l’accès limité à certains traitements innovants et l’absence de centres spécialisés. Yves Coppieters a répondu que la maladie constitue une priorité de santé publique, en insistant sur le rôle des facteurs environnementaux, comportementaux, génétiques et liés au mode de vie, ainsi que sur la prévention et la promotion de la santé en Wallonie. Il a évoqué la nécessité de renforcer le dépistage précoce par la formation de la première ligne, d’améliorer l’orientation vers des centres de référence, de mieux sensibiliser le public et de développer des stratégies complémentaires via la CIM Santé publique. Le député a pris acte des éléments sur la prévention, tout en relevant l’absence de réponse spécifique sur l’accès aux médicaments innovants et aux remboursements.
Débat · 3 interventions
- VM
Monsieur le Ministre, la maladie de Parkinson constitue aujourd’hui un enjeu de santé publique majeur. En effet, d’après une étude internationale récente, il semble que le nombre de patients atteints par cette maladie dégénérative pourrait doubler et passer de 30 000 à 50 000 patients à plus de 100 000 personnes, ce qui est préoccupant. D’ailleurs, un comité de patients a mis en avant certains points importants qui concernent, entre autres, le rajeunissement des personnes qui développent la maladie puisqu’on est désormais parfois en dessous de 50 ans. Le délai de diagnostic est trop long par rapport aux premiers symptômes puisqu’il peut intervenir deux à trois ans plus tard. Nous savons tous qu’il y a une pénurie de neurologues spécialisés, mais aussi un manque de coordination entre les spécialistes, tels que les psychologues et les logopèdes, et un accès limité à des traitements innovants. Notons encore l’absence, vu la perspective assez négative, de centres spécialisés. Dès lors, malgré cette prise de conscience – il y a eu une table ronde d’experts ainsi qu’une résolution parlementaire fédérale –, quelle est votre stratégie en termes de prévention, de détection et de sensibilisation?
Agressivité 74%Constructivité 39%Factuel 41%Émotionnel 69% Monsieur le Député, il s’agit d’une maladie importante, bien sûr, puisque c’est chez nous la deuxième maladie neurodégénérative après la maladie d’Alzheimer. 30 000 à 50 000 cas sont recensés, sans compter qu’il y a probablement une sous-estimation de ce type de pathologie, comme pour la maladie d’Alzheimer. Nous sommes persuadés que les facteurs majeurs de risque lié à la maladie de Parkinson sont les facteurs environnementaux. On en a discuté ce matin; ce sont les produits phytopharmaceutiques, c’est la pollution de l’air extérieur, les polluants, les particules fines, et cetera. Ensuite interviennent sans doute des facteurs comportementaux tels que la consommation d’alcool, le tabagisme, et cetera, puis des facteurs génétiques – c’est la réalité –, des facteurs sociaux, même s’ils ne sont pas évidents, et des facteurs liés à la sédentarité ou à l’isolement social. C’est vrai qu’il faut travailler en amont sur ces facteurs. C’est le principe de la prévention et de la promotion de la santé: on fait en sorte que les gens ne rentrent pas dans ces facteurs de risque. En Wallonie, on a le Plan de prévention et de promotion de la santé, qui travaille spécifiquement sur le fait d’éviter que les gens commencent à adopter des comportements à risque, sur la pollution de l’air, et cetera. Allez revoir l’ensemble des fiches. On a, bien sûr, tout le travail sur les facteurs environnementaux. Je pense que l’on en discute assez dans ce Parlement. Il faut avancer pour que l’on soit moins soumis aux polluants environnementaux tout au long de notre vie, d’autant plus que la maladie de Parkinson commence de plus en plus tôt, puisqu’elle se déclare maintenant entre 50 et 60 ans, ce qui est quand même assez tôt. Ensuite, il y a tout le problème du dépistage précoce. Cela passe par la formation de la première ligne de soins, dont les médecins généralistes, entre autres. Il faut détecter les premiers signes de la maladie de Parkinson et orienter les personnes concernées vers des centres de référence au plus vite. À cet égard, il est aussi de notre responsabilité de mieux coordonner la première ligne pour faire ce diagnostic et assurer cette prise en charge. Je pense qu’il y a aussi un travail qui va être fait sur la communication auprès du grand public, car nous devons être capables de détecter autour de nous, dans notre famille, chez les personnes âgées, les premiers signes de cette maladie. C’est aussi la responsabilité de la CIM Santé publique – je ne pense pas qu’il y aura un plan interfédéral de lutte contre la maladie de Parkinson – d’avoir des stratégies complémentaires par rapport à cela. J’en reviens aussi à une chose sur laquelle on veut évoluer par rapport à tout cela: la garantie autonomie. Il s’agit de permettre à ces personnes de vivre le plus longtemps possible chez elles en pleine autonomie, mais avec des services.
Agressivité 62%Constructivité 56%Factuel 64%Émotionnel 62%- VM
On sait tous que la qualité de l’air est problématique, mais, malheureusement, on n’a pas beaucoup d’emprise dessus puisque l’air est universel. Quant aux comportements à risque, une communication gouvernementale bien dirigée fera certainement effet et aidera peut-être des personnes à prendre conscience qu’elles doivent faire attention à leur comportement. Par contre, sauf erreur de ma part, je n’ai pas eu de réponse quant à l’accès limité à certains médicaments innovants et à certains remboursements. Cela pourra faire l’objet d’une question écrite plus tard.
Agressivité 73%Constructivité 52%Émotionnel 63%
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