L’alerte à la bombe à l’aéroport de Charleroi
Les députés ont interrogé la ministre sur l’alerte à la bombe visant un vol Faro-Charleroi, en demandant des précisions sur la gestion de crise, le plan d’urgence, la coordination entre services, les possibilités de relais avec l’aéroport de Liège et une éventuelle constitution de partie civile de BSCA. La ministre a indiqué que le plan d’urgence avait été activé dès la détection du passager suspect, avec mise en place d’un périmètre de sécurité, fermeture temporaire des pistes et de la nationale, puis reprise des opérations après environ deux heures, les vols déviés ayant ensuite pu revenir. Elle a estimé que la gestion avait été conforme et efficace, tout en rappelant qu’une évaluation est prévue, et a confirmé que BSCA se constituera partie civile contre l’auteur, interpellé en Angleterre. Les auteurs de la question ont salué la rapidité de la réponse tout en soulignant l’importance d’un examen sur la communication interne, l’impact sur le personnel et l’adaptation des protocoles à l’importance croissante de l’aéroport.
Débat · 5 interventions
Madame la Ministre, on le sait, une alerte à la bombe a été déclenchée hier sur un vol qui faisait Faro-Charleroi. Tout d’abord, je voudrais condamner fermement ce genre de comportement inadmissible, inconscient, tant il génère du stress à l’égard des passagers – imaginons-le –, à l’égard des familles, à l’égard du staff technique et opérationnel de l’aéroport en question et à l’égard de l’ensemble des personnes concernées. Il faut le dire, ce n’est pas courant. Entre le moment où je vous ai adressé cette question et le moment où je prends la parole, évidemment, on a eu des informations un peu plus précises. La première de mes questions était de savoir quelles étaient les conséquences directes. On le sait aujourd’hui: des avions ont été déviés vers des aéroports voisins – Liège, Lille et d’autres encore –, une route nationale a été fermée et l’on a observé un retard dans certains décollages, puisque l’ensemble des avions présents sur le site de l’aéroport ont dû être cloués au sol parce qu’il fallait organiser un périmètre de sécurité. Avons-nous un plan d’urgence établi pour ce genre de situation? Poser la question, c’est y répondre. Je voudrais avoir des détails parce que, si cette très, très mauvaise blague n’a amusé personne, elle a au moins le mérite de nous rappeler que ce genre de situation peut exister, surtout dans le contexte international que l’on connaît. Il serait utile de pouvoir rassurer l’ensemble des citoyens sur les mesures mises en place. Deuxième question que je n’ai pas posée par écrit, mais peut-être pourrez-vous me répondre: avons-nous des accords avec l’autre aéroport wallon qui est celui de Liège pour pallier ce genre de situation? Si un aéroport régional est bloqué, l’autre peut-il rapidement prendre le relais? Dernière question, Madame la Ministre, la Région wallonne entend-elle, à travers BSCA, puisque nous y sommes représentés au conseil d’administration, se constituer partie civile contre l’auteur qui a, grâce aux services de la police internationale et surtout anglaise, été identifié?
Agressivité 65%Constructivité 59%Factuel 62%Émotionnel 66%- IG
Madame la Ministre, hier matin, Charleroi a été pris de panique par une alerte à la bombe. Résultat : un avion isolé provenant du Portugal, des passagers et passagères bloqués, retenus sans réelles informations, des policiers qui ont débarqué lourdement armés, des vols qui ont été détournés, tout cela dans un chaos logistique, avec une communication déficiente et, au final, pour un canular. J’ai envie de dire «heureusement». Heureusement qu’il s’agissait d’une très mauvaise blague qui nous venait, semblerait-il, d’Angleterre. Et si cela avait été vrai? C’est vraiment la question à se poser aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle je vous questionne, Madame la Ministre. Si cette mauvaise blague avait été vraie, aurions-nous été en mesure de mettre en place tous les dispositifs nécessaires? Quel est le bilan de la position que nous avons adoptée suite à cette mauvaise blague? Y a-t-il eu suffisamment de coordination entre les différents services de secours, de police et le personnel interne de l’aéroport? Une information a-t-elle été donnée de manière utile aux passagers et aux passagères? Une évaluation est-elle prévue parmi tous ces services qui ont été confrontés à cette mauvaise blague? Vous l’aurez compris, l’idée est de s’améliorer, d’utiliser cette mauvaise blague comme un prétexte pour devenir réellement efficace.
Agressivité 99%Constructivité 61%Émotionnel 100% Madame et Monsieur les Députés, en effet, hier, dès 10 heures 40, j’ai été informée de cet avion en provenance de Faro, qui a dû atterrir dans des conditions un peu particulières puisqu’un passager suspect était à bord. Dès ce moment, le plan d’urgence – et oui, il y a un plan d’urgence – a été activé. L’avion a été placé en poste de stationnement isolé et dès 11 heures, le centre de crise a été ouvert. À 11 heures 20 a eu lieu la fermeture des pistes. Pourquoi une fermeture des pistes et de la nationale qui longe l’aéroport? Pour permettre un périmètre de sécurité de 500 mètres autour de l’endroit où l’avion était stationné. C’est vraiment une mesure qui a été prise très, très rapidement. Le suspect a été tout de suite interpellé. L’avion a été contrôlé, les passagers également, de sorte que, à 13 heures 40, les opérations ont repris. Cela représente une fermeture effective des opérations durant deux heures pour permettre de réaliser l’ensemble des activités que je viens de décrire. S’agissant des conséquences, 13 avions devaient atterrir et ont été déviés sur d’autres aéroports, mais tous sont revenus et ont pu prendre en charge les passagers et redécoller avant 23 heures. Quelques avions en provenance de l’extérieur ont dû atterrir après 23 heures. Cela est entièrement dû aux retards qui ont été provoqués par cet incident. Les premiers éléments qui me reviennent, c’est que la gestion de crise a été faite en parfaite collaboration avec l’ensemble des partenaires sur le terrain. Le plan d’urgence a fonctionné de manière tout à fait conforme à son contenu. Je n’ai pas reçu, à ce stade, de pistes d’améliorations potentielles parce que les choses ont précisément bien fonctionné. Nous verrons à l’avenir. Dans ce cas de figure, il y a toujours des évaluations qui sont faites. Comme vous le savez, le signalement était un canular et l’auteur a été interpellé en Angleterre. BSCA va se porter partie civile et a déjà mandaté son conseil pour ce faire. Je profite de cette question pour remercier l’ensemble des parties prenantes qui ont géré ce problème de manière tout à fait correcte.
Merci, Madame la Ministre, pour vos réponses. Comme vous, je voudrais saluer l’ensemble des parties prenantes à cette opération un peu exceptionnelle, dans la mesure où – heureusement – cela n’arrive pas tous les jours. Je suis ravi de constater que le plan d’urgence a parfaitement fonctionné. Deux heures pour gérer l’ensemble des conséquences et faire en sorte que le trafic aérien reparte correctement et de manière régulière, c’est un temps très court, que l’on peut même qualifier de record. J’espère que l’on n’aura plus à revivre cette situation. Je souligne l’importance de l’ensemble des effectifs, à quelque échelon qu’ils soient, pour assurer la sécurité des citoyens wallons, carolos, mais aussi le bon fonctionnement d’un outil qui est essentiel au développement et à l’image de la Wallonie.
Agressivité 45%Constructivité 55%Factuel 39%Émotionnel 52%- IG
Merci, Madame la Ministre, pour ces éléments rassurants. J’entends qu’il y a eu une parfaite coordination et que le plan d’urgence était efficace. Même si c’est un peu tôt, j’espère vraiment que l’on prendra le temps de faire l’évaluation. Comme retour, j’ai entendu que la communication avait été très compliquée, même en interne. Les gens qui travaillent au sein de l’aéroport ont été très traumatisés par la situation. La communication n’est pas l’élément auquel on pense dès que l’on est dans une situation de crise. Toutefois, tant qu’à évaluer, autant évaluer la santé mentale des personnes qui travaillent dans ces endroits risqués. Je rappelle que l’aéroport de Charleroi est le deuxième plus grand du pays avec 10,5 millions de passagers en 2024. Ce n’est donc plus un aéroport secondaire. Il mérite vraiment les protocoles à la hauteur de son importance. Je reviendrai par rapport à ce plan d’évaluation, parce qu’il mérite vraiment toute notre attention.
Constructivité 64%Factuel 52%Émotionnel 70%
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