La grève «éclair» qui s’est déroulée hier en fin de journée à l’aéroport de Charleroi
Germain Mugemangango a dénoncé la saturation de l’aérogare de Charleroi, aggravée selon lui par l’augmentation du trafic, des infrastructures insuffisantes et un manque de personnel, à la suite d’un arrêt de travail déclenché par une bagarre entre passagers ayant conduit à l’intervention de la police. Cécile Neven a attribué les files observées à l’absentéisme du prestataire de sûreté et au renforcement des contrôles, tout en indiquant que le conseil d’administration de BSCA Security s’était réuni et que la situation était redevenue normale. Le député a contesté l’explication liée aux absences, a évoqué des conditions de travail difficiles et a estimé que les solutions annoncées, comme une nouvelle ligne de contrôle, restent limitées par le manque d’espace. La ministre a réaffirmé que la sécurité demeurait la priorité et que tous les acteurs étaient mobilisés.
Débat · 3 interventions
- GM
Madame la Ministre, la situation à l’aéroport de Charleroi est réellement préoccupante. Vous avez tous entendu qu’il y a eu un arrêt de travail hier dans cet aéroport, provoqué par une bagarre entre passagers, à l’issue de laquelle un bébé est tombé sur le sol. L’arrêt de travail a servi au personnel de sécurité à appeler la police, qui s’est rendue dans l’aérogare, ce qui a contribué à apaiser les esprits. Cet événement met en évidence un véritable problème. L’aérogare de l’aéroport de Charleroi a été conçue pour avoir trois millions de passagers par an. Or, nous sommes maintenant à 11 millions de passagers par an; c’est énorme. Maintenant que vient de commencer la période d’été, 11 nouvelles destinations viennent d’être ouvertes. Dès lors, les problèmes de surpopulation dans l’aérogare ne vont faire que s’aggraver, en plus des problèmes graves d’infrastructures et un personnel insuffisant. Des promesses avaient été faites concernant de nouvelles infrastructures à l’époque, sous le ministère de M. Dolimont, mais cela n’a pas été réalisé. Madame la Ministre, quelles mesures immédiates et urgentes allez-vous prendre pour assurer la sécurité du personnel de sécurité ainsi que la sécurité des passagers?
Agressivité 54%Émotionnel 42% Monsieur le Député, les files impressionnantes que l’on a connues à l’aéroport de Charleroi ce dimanche et ce mardi sont dues, en réalité, à un taux d’absentéisme important du prestataire de sûreté, ainsi qu’à l’augmentation des contrôles qui ont été mis en place par les autorités de l’aéroport. On nous dit qu’il s’est passé quasiment la même chose à Zaventem. Certains évoquent les effets de la grève nationale. Je n’en dirai pas plus à ce sujet. Les faits sont regrettables et ils sont imputés à une bagarre entre passagers qui a généré un arrêt de travail, le temps d’appeler la police. Le CA de BSCA Security s’est réuni hier après-midi pour faire face aux difficultés rencontrées ces deux derniers jours. Je peux vous dire que le renforcement des lignes de contrôle est bien prévu. BSCA Security m’a dit également tout récemment que le taux d’absentéisme du prestataire de sécurité est rentré à des niveaux tout à fait normaux, de sorte que toutes les opérations se déroulent de manière normale à l’aéroport, dès aujourd’hui. Je rappelle ici que la sécurité sera la priorité absolue et que tous les acteurs sont mobilisés dans cet objectif.
- GM
Madame la Ministre, je vous invite à encore plus vous informer sur cette situation. Mardi, il y avait 130 agents du prestataire de sécurité. Sur les 130 agents, il y avait 10 absents. On ne peut pas parler d’un taux d’absence qui ait réellement provoqué le problème. La question des absences est aussi liée aux conditions de travail. Par exemple, dimanche, quatre agents sont tombés en syncope, liée aux conditions de travail, à la chaleur et aux bousculades. Si l’on ne résout pas le problème de l’aérogare et de la foule qui s’y amasse, cela ne va pas du tout résoudre le problème des conditions de travail. Ensuite, vous parlez de plus de sécurité. Il y a des projets pour ouvrir une neuvième ligne de contrôle, mais il n’y a pas la place pour le faire. Quand on voit qu’un acteur comme Ryanair fait 3,5 milliards d’euros de bénéfices, il serait logique qu’une partie de cet argent serve à assurer la sécurité des passagers et du personnel.
Agressivité 68%Émotionnel 52%
Questions similaires
Les conséquences de la grève des prestataires de sûreté sur l’aéroport de Charleroi
Le député a dénoncé la grève et l’absentéisme chez le prestataire de sûreté à l’aéroport de Charleroi, qui ont entraîné la fermeture des vols au départ, tout en s’interrogeant sur l’opportunité de prévoir un second prestataire pour éviter de nouvelles paralysies. La ministre a rappelé la chronologie des perturbations, souligné les conséquences pour les voyageurs et l’image de l’aéroport, et indiqué que les discussions sociales étaient en cours, sans commenter la question d’un second opérateur. Elle a toutefois mentionné comme élément de réponse la préparation d’un nouveau hall de filtrage et d’inspection, intégré à la demande de permis de BSCA, destiné à améliorer les conditions de travail et le fonctionnement du site. Le député a pris acte de ces explications et insisté sur l’importance stratégique de l’aéroport pour l’économie et l’image de la Wallonie.
La gestion de l’alerte à la bombe à l’aéroport de Charleroi
Les députés ont interrogé la ministre sur la gestion de l’alerte à la bombe à l’aéroport de Charleroi, en insistant sur les conséquences opérationnelles, l’existence d’un plan d’urgence, la coordination entre services, la communication aux passagers et une éventuelle coopération avec l’aéroport de Liège. La ministre a expliqué que le plan d’urgence avait été activé rapidement, que le centre de crise avait été ouvert, que les pistes et la nationale voisine avaient été fermées pour établir un périmètre de sécurité, puis que les opérations avaient repris après environ deux heures. Elle a précisé que 13 vols avaient été déroutés puis réacheminés, que la gestion de crise s’était déroulée en bonne collaboration avec les partenaires sur le terrain, et que BSCA se constituera partie civile contre l’auteur du canular, identifié et interpellé en Angleterre. Les intervenants ont salué l’efficacité du dispositif tout en soulignant la nécessité d’une évaluation, notamment sur la communication interne et l’impact psychologique sur le personnel.
Les résultats des tests de sûreté de l’aéroport de Brussels South Charleroi Airport (BSCA)
Loris Resinelli a interpellé la ministre sur les résultats préoccupants des tests de sûreté menés en février à Brussels South Charleroi Airport, évoquant des défaillances de détection des explosifs, le relèvement du taux de contrôle des bagages et d’éventuels problèmes de personnel et de gestion. Cécile Neven a précisé qu’il s’agissait d’une inspection européenne de routine, a refusé d’imputer la situation aux agents de BSCA Security ou à un manque de personnel, et a indiqué avoir immédiatement demandé des mesures correctrices. Elle a confirmé que ces mesures ont été testées fin février puis mises en œuvre définitivement le 3 mars, en soulignant que la sécurité des passagers reste sa priorité absolue.
L’alerte à la bombe à l’aéroport de Charleroi
Les députés ont interrogé la ministre sur l’alerte à la bombe visant un vol Faro-Charleroi, en demandant des précisions sur la gestion de crise, le plan d’urgence, la coordination entre services, les possibilités de relais avec l’aéroport de Liège et une éventuelle constitution de partie civile de BSCA. La ministre a indiqué que le plan d’urgence avait été activé dès la détection du passager suspect, avec mise en place d’un périmètre de sécurité, fermeture temporaire des pistes et de la nationale, puis reprise des opérations après environ deux heures, les vols déviés ayant ensuite pu revenir. Elle a estimé que la gestion avait été conforme et efficace, tout en rappelant qu’une évaluation est prévue, et a confirmé que BSCA se constituera partie civile contre l’auteur, interpellé en Angleterre. Les auteurs de la question ont salué la rapidité de la réponse tout en soulignant l’importance d’un examen sur la communication interne, l’impact sur le personnel et l’adaptation des protocoles à l’importance croissante de l’aéroport.
Les bons résultats de fréquentation de brussels south charleroi airport (bsca)
Le questionneur a salué les excellents résultats de fréquentation de Brussels South Charleroi Airport, en relevant le meilleur mois depuis le début de la crise du covid-19, et a interrogé le ministre sur la capacité de l’aéroport à maintenir cette dynamique dans un contexte international tendu, marqué par des grèves et des perturbations dans le secteur aérien. Il a ensuite pris acte de la réponse et rappelé que la situation globale restait difficile, notamment en raison des effets durables de la crise sanitaire sur l’emploi dans le secteur. Le ministre a répondu dans le cadre de ses compétences, en soulignant le caractère positif des chiffres pour Charleroi tout en restant attentif à l’évolution du contexte européen et aux difficultés structurelles du secteur.