Le financement de la salle de consommation de Liège pour l’année 2025
Diana Nikolic interroge le ministre sur le maintien du financement régional de la salle de consommation de Liège en 2025, dans un contexte de critiques sur son efficacité, sa gestion et sa localisation au centre-ville. Yves Coppieters répond qu’il souhaite assurer une continuité de financement pour 2025 afin de soutenir la santé publique et les travailleurs, tout en refusant un chèque en blanc. Il annonce un financement par tranches, conditionné à une meilleure gouvernance, à une meilleure adéquation du service aux besoins et à une meilleure intégration dans l’écosystème local, avec des comités d’accompagnement et de pilotage. La députée prend acte de ces garanties, tout en insistant sur la nécessité d’obtenir des résultats concrets et d’éventuelles évolutions de l’outil.
Débat · 3 interventions
- DN
Monsieur le Ministre, la salle de consommation à moindre risque, plus connue sous le nom de « salle de shoot » par les Liégeois, a ouvert en 2018 sur base d’un consensus politique et d’objectifs en matière de santé. Il s’agissait d’abord d’aider les toxicomanes à se droguer dans de bonnes conditions, mais aussi à pouvoir les accompagner sur le plan de la santé et au niveau sanitaire et psychosocial. Cependant, l’un des objectifs était aussi d’apaiser l’espace public. On en est loin. On observe à Liège une augmentation des faits de toxicomanie de rue, des faits de deal et du nombre de toxicomanes. Beaucoup pointent le problème de la localisation, indépendamment des partis politiques, puisque cette salle est localisée en plein cœur de la ville. À ces constats s’ajoute un problème de mauvaise gestion – relayé dans tous les médias –, à tel point que le conseil d’administration de cette salle – la fondation Tadam – a remis des C4 au personnel et n’a pas demandé à la Région wallonne les subsides pour cette année. Pour mémoire, la Région wallonne octroie chaque année 1 million d’euros à cette salle, en plus des 100 000 euros alloués par la Ville de Liège. On a eu l’occasion d’échanger par médias uniquement, car je ne pouvais pas être dans votre commission hier. J’ai ainsi appris par voie de presse que l’on vous prêtait l’intention de donner le million d’euros pour 2025. Qu’en est-il? Je ne pense pas qu’il faille donner un chèque en blanc à partir du moment où les gestionnaires de la salle et le conseil d’administration ne semblaient pas vouloir pérenniser l’outil. Ce qu’il faut maintenant, ce sont des balises claires et une feuille de route pour savoir où l’on va en termes de projet, mais aussi où l’on va en termes de localisation.
Madame la Députée, il est vrai que j’ai déjà répondu à la question hier en commission. Vous savez bien que ma première préoccupation est une préoccupation de santé publique, à savoir sortir les usagers de drogues de l’espace public et de la rue. Les Liégeois peuvent comprendre la nécessité d’assurer une continuité à ce projet de santé publique, même si cela peut aussi être un projet sécuritaire, si on le voit d’une autre manière. Je vous rappelle que cette salle de consommation joue un rôle majeur parce qu’elle permet une consommation avec une réduction des risques – c’est bien l’objet de cette salle de consommation –, avec un encadrement médical, social et psychologique. C’est aussi une salle de consommation qui est en interaction avec les autres acteurs de terrain au niveau de la Ville. Le Gouvernement wallon ne va sûrement pas donner un chèque en blanc. L’idée est d’assurer en 2025 une continuité d’un financement qui a déjà été donné en 2024, pour rassurer d’abord les travailleurs – c’est un personnel très motivé – que l’on a rencontrés, mais surtout pour envisager ne réforme de ce projet. On va envisager un financement par tranches et les tranches seront conditionnées. Elles seront conditionnées à une meilleure adéquation du service aux besoins des consommateurs, à une meilleure intégration de la salle dans l’écosystème local et bien sûr à des enjeux de gouvernance et de meilleure gestion. On veut, par des comités d’accompagnement et des comités de pilotage, s’assurer vraiment de garanties par rapport aux tranches de financement. Par rapport à la localisation, Madame la Députée, vous êtes active localement et politiquement. C’est un choix de la Ville de Liège. Moi, je n’ai pas d’enjeu par rapport à cela, si ce n’est des enjeux de santé publique par rapport à cette localisation au centre de la ville. Je ne connais pas spécifiquement le contexte local, mais il faut donc avoir toute une série d’arguments pour envisager une délocalisation. Pour l’instant, l’important est surtout de relancer ce projet. Je vous donne la garantie que c’est un projet de très grande qualité.
Agressivité 82%Constructivité 77%Factuel 81%Émotionnel 85%- DN
Maintenant, pour les Liégeois, ce qui est surtout important est d’apporter des solutions. Tout ce que vous avez décrit faisait consensus en 2018. Évidemment, les Liégeois – comme nous tous ici – veulent aider les toxicomanes à sortir de la toxicomanie, aider les SDF toxicomanes à sortir de la rue. C’est ce que l’on a vendu aux Liégeois en 2018, mais ce n’est pas ce que l’on observe sur le terrain. Si c’est pour faire pareil – les Liégeois vous le diront –, c’est inutile. Cela n’a pas marché jusqu’à maintenant. Je prends note que ce n’est pas un chèque en blanc. Il y avait déjà un comité d’accompagnement. Je peux parler au nom de tous les Liégeois et du Conseil communal de Liège en disant que l’on travaillera main dans la main. Vu que la plus grosse manne financière vient de la Région wallonne et qu’il faut aussi pouvoir faire évoluer l’outil et notamment sur les aspects santé, ce comité d’accompagnement devra vraiment accompagner, impulser et travailler aux côtés de la Ville. C’était bien le sens de mon intervention de ce jour. J’ai entendu qu’il fallait faire mieux. Vous avez en effet beaucoup utilisé le qualificatif «meilleur». On se rejoindra là-dessus, mais il faudra des résultats.
Constructivité 71%Émotionnel 41%
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