Les conséquences de la dette publique wallonne
Germain Mugemangango a interrogé le ministre-président sur l’impact des mesures annoncées sur les communes et les citoyens, estimant que la réduction du financement du Fonds des communes et le gel de certains moyens APE reporteraient la charge de la dette wallonne sur les pouvoirs locaux et, indirectement, sur les habitants. Adrien Dolimont a répondu que la gestion de la dette doit être distinguée du budget, rappelant que le stock de dette dépasse 30 milliards d’euros et qu’il faut d’abord professionnaliser cette gestion via une Cellule de la dette et diversifier les émissions. Il a souligné que la soutenabilité de la dette passe surtout par une réduction du déficit et un retour à l’équilibre budgétaire. En réplique, Mugemangango a affirmé que ces choix se traduiront in fine par moins de services ou plus de taxes pour les citoyens, en reprochant au Gouvernement son manque de transparence sur les sources réelles d’économies.
Débat · 3 interventions
- GM
Monsieur le Ministre-Président, votre stratégie visant à réduire la dette wallonne – et l’on sait qu’elle est importante – consiste-t-elle simplement à la faire payer aux communes et aux citoyens ? Quand je vois les mesures qui ont été annoncées dans votre propre conférence de presse ce matin, mon doute préexistant concernant votre stratégie s’est renforcé. Ce doute s’est confirmé après votre conférence de presse: en diminuant le financement du Fonds des communes, en supprimant le pour cent supplémentaire, ce sont 15 millions d’euros des communes qui vont être manquants; en diminuant, en gelant le financement des emplois publics APE, ce sont 13,5 millions – il s’agit du chiffre cité dans vos propres slides – qui ne seront plus dans les communes. La conséquence est très claire: des emplois vont être mis en danger et des services vont diminuer pour des gens qui paient toujours autant de taxes, autant de frais – et qui paieront peut-être même plus de taxes. On aura l’occasion, j’imagine, d’en discuter lors de la commission budgétaire tout à l’heure. C’est clair: ma question est de savoir si votre stratégie consiste à faire payer la dette wallonne aux communes et finalement aux citoyens.
Agressivité 93%Constructivité 79%Factuel 78%Émotionnel 89% Monsieur le Député, par rapport à votre question, je vais prendre deux angles. Votre question, au départ, parlait de la gestion de la dette, qui n’est pas la même chose que la réalisation d’un budget, à propos duquel on aura l’occasion de discuter longuement tout à l’heure. On a un stock de dette qui est assez important, et la gestion du budget, ce ne sont pas les économies sur le Fonds des communes, comme vous essayez de le faire croire, qui vont régler les plus de 30 milliards d’euros de dette. À un moment donné, il faut aussi être clair. Je vais d’abord répondre sur la dette; je pense que l’on aura largement le temps tout à l’heure de parler du budget. On a travaillé sur une professionnalisation de notre gestion de la dette. On sait que la Wallonie d’aujourd’hui n’est pas la Wallonie d’il y a cinq ans; ce n’est pas la Wallonie d’il y a 10 ans et encore moins celle d’il y a 15 ans. Les volumes sur lesquels on travaille et les déficits qui s’accumulent depuis de nombreuses années ont fait que l’on a un stock de dette énorme, donc il y a une gestion qui doit se professionnaliser. C’est pour cela que l’on a créé une Cellule de la dette qui a pour objectif de travailler à la gestion efficace de cette dette publique. On travaille d’ailleurs de plus en plus, grâce à cette cellule, à de nouveaux types d’émission pour financer des projets spécifiques, que ce soit des émissions en taille benchmark à vue sociale, que ce soit des émissions en taille benchmark à vue verte. On a vraiment essayé de diversifier notre gestion de la dette pour continuer à la rendre soutenable. Parallèlement à cela, pour pouvoir rendre cette dette soutenable, on doit diminuer le déficit; c’est ce sur quoi on travaille. C’est-à-dire que, tant que l’on a un déficit sur base annuelle, il va toujours augmenter notre stock de dette. Tant que l’on n’a pas équilibré les recettes et les dépenses, on aura toujours une dette qui sera croissante, et le budget qui sera présenté tout à l’heure sera encore dans ce cas. On aura l’occasion d’en discuter largement. Ce qu’il faut, c’est continuer à travailler sur un retour à l’équilibre budgétaire pour limiter la croissance de la dette et, à terme, arrêter de faire peser une épée de Damoclès sur les générations futures. Aujourd’hui, on doit avoir une gestion budgétaire responsable. C’est ce que mon Gouvernement et moi nous attelons à faire avec beaucoup d’énergie, de clarté et de transparence.
Agressivité 89%Constructivité 88%Factuel 95%Émotionnel 85%- GM
Merci, Monsieur le Ministre-Président, d’expliquer à tout le monde le lien entre déficit et dette. Ce qui confirme que ma question était pertinente. C’est clair que les mesures que vous prenez, c’est pour diminuer le déficit, pour éviter d’accumuler le déficit dans une dette. Je crois que vous et moi – cela paraît clair au fur et à mesure des semaines – n’avons pas la même définition du mot «transparence» puisque la question que je vous pose est très claire: comment allez-vous diminuer ce déficit et, au final, qui va payer? On voit dans les mesures que vous avez prises et annoncées ce matin, et cela va probablement se confirmer cet après-midi, qu’en grande partie ce sont les citoyens qui vont payer. On le sait très bien, il y a ici pas mal de municipalistes, pas mal de personnes qui sont eux-mêmes en charge des communes: tout problème qui va se poser au niveau des communes va se répercuter soit en termes de manque de service, soit en augmentation de taxes pour les citoyens. Le manque de transparence qui caractérise votre Gouvernement est que vous n’osez pas reconnaître où vous allez aller chercher l’argent. Finalement, vous irez le chercher dans les communes et in fine dans la poche des gens.
Agressivité 59%Constructivité 50%Factuel 53%Émotionnel 44%
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