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ActualitéWalloniemercredi 4 septembre 2024

Le retour de l’utilisation des sacs-poubelles à Seraing

Synthèse

Les députés ont interrogé la ministre sur la crise de la fièvre catarrhale ovine (langue bleue), ses conséquences sur les troupeaux, la mortalité, les avortements, la baisse de production laitière, la perte du statut indemne et les besoins de soutien financier, notamment via une meilleure prise en charge de la vaccination et d’éventuelles indemnisations. La ministre a indiqué que la maladie touche fortement les ruminants, que les pertes sont déjà évaluées à plusieurs dizaines de millions d’euros et qu’elle a demandé un reporting régulier, pris contact avec les niveaux fédéral, flamand et européens, ainsi qu’avec les organisations agricoles, l’ARSIA et l’équarrissage. Elle a souligné que la prévention relève du fédéral, que les chiffres restent en évolution et sous-estimés, et que plusieurs pistes sont à l’étude: aides économiques compatibles avec le cadre européen, mesures sur la fertilité, adaptations PAC, soutien aux coûts de collecte des cadavres et amélioration de la communication et de la vaccination pour l’avenir.

Débat · 14 interventions

  1. Monsieur le Ministre, c’est une annonce de presse qui m’invite à vous poser cette question. Elle concerne la volonté exprimée par la bourgmestre d’une ville importante en province de Liège, celle de Seraing, pour ne pas la citer, qui nous annonce le retour prochain des sacs-poubelles. En tout cas, on étend la possibilité d’utiliser les sacspoubelles sur sa commune plutôt que le tri sélectif, qui a lieu aujourd’hui, pour une grande partie de la province de Liège, via l’intercommunale INTRADEL. On a des containers, on opère un tri, et l’on a fait, depuis des années, d’importants progrès en matière de tri et de quantité de déchets. Cette annonce a tendance à m’abasourdir quelque peu, Monsieur le Ministre. Que doit-on penser de cela? INTRADEL va-t-elle ouvrir la porte à ce type de dérogations plus nombreuses? On sait que, dans certains cas, le recours aux sacspoubelles est nécessaire, compte tenu, parfois, de l’impérieuse nécessité, notamment en matière de stockage de ces containers pour certains habitants. Cependant, une telle annonce, alors que l’on demande à chaque citoyen de faire un effort pour mieux trier et pour moins produire de déchets, a de quoi vraiment étonner. J’aimerais connaître votre point de vue par rapport à cela et peut-être entendre un signal qui permet à la population une plus grande prise de conscience encore pour améliorer le tri qui existe aujourd’hui de sorte que, en aucun cas, l’on ne voie des systèmes archaïques appartenant au Moyen Âge revenir à la surface, comme c’est, je pense, le cas avec cette proposition sérésienne.

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  2. Monsieur le Député, cette coupure de journal m’avait aussi étonné ce matin. Le Gouvernement s’inscrit vraiment dans une gestion des déchets optimalisée pour l’avenir, avec toujours cette notion de la réforme du coût-vérité, c’est-à-dire cette volonté de récompenser celles et ceux qui font du tri, qui réduisent leur quantité de déchets et pour que, bien sûr, en matière de tarification, ce soit beaucoup plus favorable. Vous savez aussi mieux que moi qu’il y a un plan wallon par rapport à la gestion des déchets. C’est un plan qui se termine en 2024 et qui doit être évalué. J’attends toujours l’évaluation, qui n’est toujours pas faite. J’attends des recommandations et aussi l’intégration dans ces recommandations, de ce dont j’ai parlé tout à l’heure, c’est-à-dire les textes européens par rapport aux emballages. Quoi qu’il en soit, par rapport à la Commune de Seraing, je vous rappelle quand même que les communes sont autonomes par rapport à la gestion de leurs déchets et qu’il faut être conscient aussi – c’est mon cas personnel, à Grez-Doiceau, j’utilise des sacs plastiques, avec dérogation bien sûr de la Commune, parce qu’il n’y a pas d’accessibilité géographique pour les camions-poubelles. Quoi qu’il en soit, il faut continuer à sensibiliser ces communes pour que les containers à puces restent la priorité et continuer cette tarification pour favoriser ce tri à tout prix, même si, dans certaines situations, malheureusement, on utilise des sacs avec dérogation. Par contre, si l’on regarde les études scientifiques – vous savez que je suis un peu scientifique encore –, on voit vraiment dans les études qui portent sur les communes pour lesquelles il y a un vrai tri des déchets que la consommation de déchets est beaucoup plus faible que lorsque l’on utilise encore ces sacs-poubelles. Il faut donc peut-être envisager des sacs poubelles que l’on pèse, puisqu’il y a une dérogation pour certains sacs-poubelles. Ayons le courage aussi de peser ces sacs-poubelles et d’appliquer cette tarification propre aussi à l’ensemble de cette collecte des déchets.

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  3. Je tiens à remercier M. le Ministre pour sa réponse et à constater qu’il partage aussi mon étonnement par rapport à cette annonce. Comme lui, je pense qu’il y a encore des progrès à réaliser en matière de tri. En effet, il y a des endroits concernant l’accessibilité où il faut pouvoir déroger aux règles établies, mais je pense qu’il n’y a pas de problème d’accessibilité pour pouvoir circuler à Seraing, même si le tram ne va pas y aller prochainement. Sur le plan de la récolte des déchets, on se doit d’être conscient qu’il s’agit d’un retour en arrière et que c’est vraiment une décision néfaste à la quantité de déchets produits, néfaste vraisemblablement aux finances de la Ville de Seraing et que l’on ne doit pas aller dans cette direction. J’espère en tous les cas que l’on œuvrera pour faire prendre conscience que ce n’est pas la bonne formule auprès des autorités concernées.

    Agressivité 61%Émotionnel 72%
  4. Mesdames et Messieurs les Ministres, tout d’abord, je tiens à vous féliciter pour vos nouvelles fonctions respectives. Madame la Ministre, aujourd’hui, l’épidémie de fièvre catarrhale touche, selon les chiffres publiés il y a une semaine, près de 1 500 élevages en Belgique. Sincèrement, lorsque j’ai interrogé votre prédécesseur en octobre dernier, je n’aurais jamais imaginé que l’on se trouverait face à une telle situation. Béatement, je m’étais dit que l’on avait retenu les leçons de la crise 2006-2008, lorsque des milliers de nos élevages ont été touchés une première fois. Je m’étais dit qu’en termes de coordination avec le Fédéral, on avait retenu la leçon de la crise du covid. J’avais cru et je n’aurais pas dû. Dans la gestion de cette maladie et de ses conséquences, on est à la croisée des chemins, Madame la Ministre, entre la Région et le Fédéral, la gestion sanitaire revenant au Fédéral et ses conséquences socioéconomiques à la Région wallonne. Or, aujourd’hui, la Wallonie va devoir soutenir financièrement ces élevages parce que le Fédéral a traîné à prendre des mesures de biosécurité pour les élevages et n’a pas mis en place de campagnes de vaccination rapide lorsque la situation était encore sous contrôle. Madame la Ministre, aujourd’hui, nous vous attendons sur deux fronts: celui de la défense des intérêts de nos agriculteurs et de nos agricultrices face à l’inaction du ministre fédéral de l’Agriculture et celui du soutien socio-économique de nos éleveurs. Relativement à la défense des intérêts de nos agriculteurs et agricultrices, pour le moment, on évoque des facilités de paiement des cotisations sociales. C’est peu, voire insignifiant, face à une telle crise. Madame la Ministre, allez-vous solliciter votre collègue afin que, comme en France, les frais de vaccination soient entièrement pris en compte? Quelles sont les autres mesures que le Gouvernement wallon entend demander au Gouvernement fédéral en vue de soutenir les éleveurs? Entendez-vous porter ce point au comité de concertation – j’ose l’espérer – en vue de compenser les pertes subies par nos éleveurs? Vos services ont-ils pu mesurer leur ampleur? Si mes informations sont bonnes, vous avez rencontré les organisations agricoles la semaine dernière sur le sujet, qu’en est-il ressorti? À l’heure où le conclave budgétaire est en préparation et où vous devez remettre vos propositions, quel montant entendez-vous dédicacer à la gestion de cette crise? Vu son inaction, le Gouvernement fédéral ne devrait-il pas également intervenir? De 2006 à 2008, Madame la Ministre, si vous vous en souvenez, la Wallonie avait mobilisé plusieurs mécanismes: des crédits de soudure, des soutiens spécifiques en investissement, des actions de promotion, des interventions complémentaires pour les zones défavorisées, un soutien renforcé de l’AWEx. Qu’envisagez-vous cette fois? Si une crise comme celle-là n’arrive jamais au bon moment – il n’y a pas de bon moment pour une crise –, force est de constater qu’elle touche ici un secteur en pleine expansion et sur lequel on misait beaucoup: l’élevage ovin. Il va falloir soutenir nos éleveurs si l’on ne veut pas voir cette filière d’avenir subir un choc insurmontable.

    Constructivité 42%Émotionnel 37%
  5. Madame la Ministre, le secteur agricole est en crise, une fois de plus, vais-je dire. Je ne vais pas vous rappeler les manifestations que nous avons vécues au début de l’année 2024, la récolte des céréales en juillet-août qui fut catastrophique, et maintenant le secteur de l’élevage est frappé par la maladie de la langue bleue. Les ovins et les bovins sont particulièrement touchés par ce virus transmis par un moucheron. Concrètement, cela engendre une forte mortalité, des avortements et une production de lait en chute libre. Ces trois constats entraînent des situations compliquées dans nos exploitations. Rendac estime une mortalité s’élevant à 11 000 ovins et 6 000 bovins. Madame la Ministre, confirmez-vous ces chiffres et avez-vous une situation un peu plus précise aujourd’hui de ces chiffres par rapport à la mortalité? Qu’en est-il de la diminution de la production de lait? En effet, c’est aussi un facteur important. Au vu de la situation, différents niveaux de pouvoir doivent intervenir. Avez-vous eu des contacts avec votre homologue du Fédéral et avec les différentes agences fédérales? Le vaccin a un rôle préventif. Sur le terrain, il me revient que les acteurs n’ont pas eu l’info sur le risque d’apparition de la maladie. L’Agence du médicament at-elle autorisé l’utilisation du vaccin? Vous savez comme moi que la vaccination n’est pas recommandée quand la langue bleue est présente dans une exploitation, en tout cas c’est l’avis des vétérinaires. La vaccination est là pour la prévention. Lorsqu’un foyer est infecté, on dit souvent qu’il ne faut pas vacciner. Madame la Ministre, vous n’êtes pas à tous les niveaux de pouvoir. Vous devez mener une réflexion, vous devez avoir des contacts. Dès maintenant, il faut organiser la vaccination du printemps 2025. Vous devez prendre contact avec le Fonds sanitaire afin peut-être que nos agriculteurs puissent être remboursés de ce vaccin, je pense que ce serait un signal fort. Il faut que le stock de vaccins soit calculé en conséquence. Je pense qu’il faut prendre des contacts avec vos homologues, avec les différents niveaux de pouvoir. Il faut également des contacts avec l’ARSIA, qui a un rôle à jouer. Il me revient que, lorsque des avortons sont déposés à l’analyse, on ne fait pas systématiquement l’analyse pour la fièvre catarrhale. On est en situation d’épidémie, ceci est insupportable. Il me revenait aussi que l’on devait avoir un formulaire de quatre pages qui devait être rempli pour chaque avorton. Ceci a été simplifié, paraît-il. Cependant, franchement, Madame la Ministre, il faut trouver des solutions. L’ARSIA est une ASBL, je sais que vous n’êtes pas responsable, mais il faut des contacts, en tout cas des lignes directrices. Dernier niveau de pouvoir très important: l’Europe. Au vu de la situation, avez-vous étudié des pistes d’indemnisation? Avez-vous eu des contacts avec l’Europe pour voir comment trouver des solutions? Ce sont des pertes économiques lourdes que le secteur va encore devoir subir. Lorsqu’il y avait la crise de la grippe aviaire ou de la peste porcine, on avait des aides économiques exceptionnelles. Mon collègue l’a dit, le ministre avait pris toute une série de mesures, que je ne vais pas citer à nouveau ici. Il est vrai que le secteur a besoin de monnaie trébuchante. La crise est ponctuelle, mais elle va avoir des conséquences sur l’avenir. Une bête qui a des soucis de fertilité, cela a une conséquence financière sur l’exploitation pendant un an voire deux ans. Pourriez-vous faire le point aussi par rapport aux exportations, parce que nous sommes reconnus comme pays contaminé? Je sais aussi que vous avez rencontré les organisations syndicales. Pouvez-vous faire le point sur leurs revendications? Je sais, Madame la Ministre, que vous êtes très attachée au secteur agricole et que vous allez prendre ce dossier à bras-le-corps en tentant de trouver des solutions. J’ai une totale confiance. Je reste disponible, parce que je connais le secteur aussi. Je sais que ce débat, nous l’aurons encore en commission, que vous êtes pragmatiques et que nous trouverons des solutions.

    Agressivité 67%Constructivité 53%Factuel 60%Émotionnel 66%
  6. Madame la Ministre, les agriculteurs sont en grande difficulté depuis déjà bien longtemps. On se rappelle les manifestations voici quelques mois à travers l’Europe, et à juste titre, puisque être agriculteur en 2024, c’est souvent ne pas pouvoir se verser un salaire, c’est être noyé sous les démarches administratives et les normes et devoir faire face à une concurrence internationale qui pratique des coûts de production plus bas ou des normes de qualité moins exigeantes. À cela, il faut maintenant rajouter les différentes maladies qui peuvent toucher les animaux, dont la fièvre catarrhale, la fameuse maladie de la langue bleue qui touche les vaches, les moutons et les chèvres. Heureusement, il existe un vaccin, mais plusieurs problèmes se posent à propos de ce vaccin. Premièrement, si mes informations sont bonnes, une dose coûte presque 5 euros et il faut deux doses par animal. Pour vacciner un troupeau de 50 bêtes, cela revient à près de 500 euros, qui ne sont pas remboursés. Dans une lettre ouverte, des éleveurs réclament la gratuité du vaccin. Il semblerait qu’au niveau fédéral, Sciensano a décidé de ne pas rembourser les vaccins, contrairement à ce qui se fait en France. Deuxièmement, les éleveurs n’ont pas été avertis à temps qu’ils devaient faire vacciner leurs bêtes. Les premières alertes concernant la maladie ont été lancées en octobre 2023, c’est-à-dire voilà presque un an, mais le vaccin n’est arrivé que cet été et les recommandations pour savoir s’il fallait vacciner ou pas n’étaient pas claires. Cela a changé depuis, mais pour beaucoup d’éleveurs, c’était malheureusement déjà trop tard. On s’étonne un peu que, à l’instar de la vaccination humaine, il n’y ait pas eu de campagne de vaccination à temps en guise de prévention. Cela aura des conséquences dramatiques pour les éleveurs. Je parlais ce matin à un agriculteur qui a acheté une quinzaine de vaches, apparemment en bonne santé il y a trois semaines. Entre-temps, plusieurs sont tombés malades et il y a déjà une qui est en train de mourir. Pour lui, c’est une perte de 2 000 euros par animal. S’il perd ces 15 bêtes, cela fera un trou de 30 000 euros dans son compte d’exploitation, c’est énorme. À côté de cela, il y a aussi la maladie qui provoque des avortements chez les animaux infectés, une diminution du renouvellement du cheptel. Il faut aussi prendre en compte les frais vétérinaires pour essayer de maintenir en vie les animaux infectés. Pour les éleveurs, c’est autant de dépenses dont ils n’ont vraiment pas besoin vu leur situation parfois précaire. La Région possède un levier important pour les éleveurs touchés. Il est possible de déclarer cette épidémie comme calamité agricole et ainsi pouvoir dédommager les éleveurs. Par exemple, cette éleveuse de brebis du Namurois qui a vu tout son troupeau décimé, une vingtaine de têtes, toute sa vie s’est écroulée. Pour le moment, elle ne peut compter sur aucune indemnité. Or, les maladies sont reprises dans la liste des événements prévus par le décret du 23 mars 2017 et son arrêté d’exécution. Les dommages moyens des pertes financières par bénéficiaire devront évidemment être calculés, mais il y a de fortes chances, vu le coût pour élever un mouton ou une vache, que ce montant soit supérieur aux 7 500 euros prévus dans la législation. Enfin, il y aura des conséquences pour les consommateurs, le prix du beurre s’envole, celui des autres produits laitiers pourrait suivre très rapidement, comme la viande aussi, qui pourrait être encore plus chère. En ces temps de crise et d’inflation, c’est plus que malvenu. Madame la Ministre, pouvez-vous faire le point sur le monitoring des foyers de langue bleue en Wallonie? Comment expliquer que les éleveurs n’ont pas été prévenus dès les premiers cas qu’il était fortement recommandé de faire vacciner leurs animaux? Comment se fait-il que les vaccins pour la souche 3 soient arrivés si tard? Avez-vous eu des contacts avec l’AFSCA et le ministre fédéral qui, je pense, est du même parti que vous? Concernant le fait que les vaccins ne seront pas remboursés, quelles mesures de soutien sont prévues pour les éleveurs touchés? Allez-vous déclarer l’épidémie de langue bleue comme étant une calamité agricole, de sorte à pouvoir indemniser les éleveurs touchés?

    Agressivité 45%Factuel 36%Émotionnel 40%
  7. FH
    François Huberty
    Les Engagés

    Madame la Ministre, les temps sont durs pour de nombreux secteurs ; malheureusement, l’agriculture n’est une nouvelle fois pas épargnée. Depuis quelques mois, la présence de la fièvre catarrhale est confirmée dans notre pays et touche désormais quasi l’ensemble de notre territoire. Ce sérotype 3 est une variante particulièrement agressive qui provoque de nombreux dégâts: un taux de mortalité important chez les ovins, des pertes de production importantes et provoque une diminution ou une perte de la fertilité, créant un manque à gagner énorme chez nos éleveurs. Autre élément à souligner: la Belgique a perdu son statut de pays indemne et les exportations de bovins sont tombées au point mort. On se souvient, certains l’ont dit également, de la crise de 2006. Elle avait durablement affecté nos élevages. Pour mémoire, un bovin sur quatre est exporté dans notre pays. Ces cas commencent à se multiplier en province de Luxembourg, mais également ailleurs en Wallonie. Les appels à l’aide des agriculteurs sont également nombreux. Nous souhaiterions faire le point avec vous sur la situation. Pouvez-vous nous en dire plus sur la situation et la coordination entre le SPW et le niveau fédéral? Le ministre fédéral de l’Agriculture a annoncé des mesures de soutien au secteur. La Wallonie va-t-elle également adopter des mesures de soutien et, dans l’affirmative, lesquelles? Les syndicats agricoles que vous avez pu rencontrer plaident pour des prêts à taux zéro et des aides complémentaires. Quelles sont les suites de ces réunions? La suivante est annoncée pour mi-septembre. Envisagez-vous de réduire ce délai vu l’importance de la crise? Ce virus ne connaît pas de frontières. Une coordination au niveau européen est-elle envisageable? Le coût du traitement des carcasses se pose également pour les éleveurs qui doivent supporter cette facture en plus. Une intervention afin de couvrir cette dépense est-elle envisagée? Des interrogations se posent également sur la transmission de la maladie aux grands ongulés sauvages de nos forêts. Une surveillance sanitaire est-elle là aussi envisagée? La Wallonie envisage-t-elle d’intervenir financièrement pour promouvoir la vaccination? L’élevage étant omniprésent en province de Luxembourg, le virus va continuer à se propager. Qu’en est-il de la stratégie de vaccination pour l’hiver? Que comptez-vous mettre en œuvre pour assurer la disponibilité des vaccins, comme on a pu l’entendre? Qu’en est-il de la possibilité de créer un vaccin unique, efficace aussi contre les sérotypes 5 et 8 qui arrivent de France pour éradiquer une fois pour toutes la maladie plutôt que de s’attaquer à une souche, puis à l’autre, au gré du vent? Les démarches pour faire reconnaître un cas de langue bleue étant très lourdes administrativement pour les éleveurs, celles-ci sont peu effectuées une fois le premier cas reconnu. Cela remet en question l’exactitude des chiffres donnés par l’AFSCA, puisque l’on parlerait en réalité de dix fois plus de cas. Un soutien de l’ARSIA pour prendre note des déclarations chez les éleveurs est-il envisageable? Cela fait beaucoup de questions qui se recoupent avec mes collègues, mais, vous l’aurez compris, le sujet mérite toute notre attention.

    Agressivité 48%Émotionnel 37%
  8. Madame la Ministre, vous commencez votre mandat en tant que ministre de l’Agriculture par une crise conséquente : la fièvre catarrhale ovine, connue sous le nom de langue bleue. Cette maladie transmise de façon virale par des moucherons affecte gravement nos troupeaux ovins, mais aussi caprins et bovins. Les conséquences peuvent être sévères : mortalité, baisse de fertilité et baisse de lactation. Les pertes sont lourdes et menacent la pérennité de nombreuses exploitations. On apprend aussi récemment que le prix du beurre explose, mettant la production laitière sous forte tension. Vos anciens collègues traversent une période particulièrement stressante et veillent sans relâche sur leurs animaux. Aujourd’hui, l’AFSCA dénombre pas moins de 1 200 foyers touchés en Belgique. C’est tout à fait conséquent. Pourtant, cette maladie est bien connue de notre pays puisqu’elle a déjà décimé de nombreux troupeaux en 2008. Depuis quand le Gouvernement, à travers vous-même ou votre prédécesseur, est-il informé de cette crise? Au-delà d’une information claire et rapide – cruciale dans ce genre de crise –, des mesures sont indispensables pour soutenir nos éleveurs et nos éleveuses. À la fin du mois d’août, vous avez rencontré les syndicats agricoles. La FUGEA, particulièrement, vous interpellait dans une lettre ouverte soulignant «le manque d’anticipation et de communication des autorités compétentes. Presque aucune information ou disposition n’ont été transmises aux éleveurs et aux éleveuses pour prévenir cette épidémie. Ces derniers se sentent souvent démunis et abandonnés pour faire face à cette crise». La FUGEA vous a dès lors suggéré toute une série de propositions concrètes comme les indemnisations, la prise en charge financière des vaccins ou l’adaptation des règles de la PAC wallonne. Avezvous dès lors pu discuter de ces solutions avec ces syndicats lors de votre rencontre? Quelles ont été les décisions que vous avez pu prendre? Quel est, surtout, le calendrier de vos actions? Avez-vous prévu de mettre en place des aides financières? Vous avez notamment indiqué dans la presse qu’il était nécessaire d’améliorer la prévention et la communication. Quelles sont dès lors les actions que vous envisagez pour améliorer cette communication? Des campagnes d’information sont-elles prévues pour mieux préparer le secteur à faire face à cette maladie? Envisagez-vous de renforcer les campagnes de vaccination? Quelles sont vos stratégies pour surveiller et contenir les foyers de l’infection? Quelles collaborations avez-vous pu mettre en place ou envisagez-vous avec les autres niveaux de pouvoir? Enfin, de manière plus large, quelles actions envisagez-vous pour améliorer la résilience de nos élevages face aux crises sanitaires qui se multiplient? La maladie de la langue bleue est transmise par une espèce de moucheron qui provient d’espèces tropicales. Avec le dérèglement climatique, ces insectes sont beaucoup plus présents dans nos contrées aujourd’hui qu’il y a quelques années, les hivers plus doux permettant aux moucherons infectés de résister. Cette infection rejoint ainsi d’autres maladies émergentes dans nos contrées. Je pense par exemple à la crise des scolytes qui a touché, vous le savez, le secteur forestier de façon très importante ces dernières années. Quelle est votre stratégie pour anticiper de façon plus générale ces nouveaux risques sanitaires, ces nouveaux risques climatiques et environnementaux pour nos agriculteurs, afin de leur permettre d’être plus solides, plus robustes face à l’avenir? Nos éleveurs et nos éleveuses ont besoin de réponses concrètes pour faire face à cette terrible crise. Nous devons être à leurs côtés pour les aider aussi à prendre soin de leurs animaux et préserver la viabilité de leurs exploitations. Je vous remercie, Madame la Ministre, pour les éclaircissements que vous voudrez bien apporter à ce sujet crucial pour notre Région.

  9. Mesdames et Messieurs les Députés, les éleveurs détenant des ruminants sont très inquiets. Pour certains d’entre eux, il s’agit d’une détresse très importante, car la maladie met en péril la poursuite de leur activité. Cette situation, qu’il convient de décrire comme une situation de crise, mérite toute notre attention. Nous avons tous rencontré des éleveurs touchés, très inquiets. J’en ai d’ailleurs rencontré à la foire agricole de Battice. Vous l’avez dit, la fièvre catarrhale ovine ou la maladie de la langue bleue est une infection virale transmise par des insectes vecteurs du type culicoides moucherons. Elle frappe essentiellement les ruminants domestiques – ovins, bovins, caprins –, mais aussi sauvages. Vingt-sept sérotypes du virus sont décrits à ce jour. Cette maladie n’affecte pas l’homme et n’a pas d’impact sur la qualité des produits alimentaires. C’est très important pour ne pas appeler à une crise de confiance du consommateur en plus d’une crise sanitaire. Vous êtes plusieurs à m’avoir posé la question: quel est l’état des lieux de la situation en Wallonie? Selon les premières estimations du Collège des producteurs, au niveau des ovins, il y aurait une mortalité qui atteint 30 %. Chez les bovins et les chèvres, la maladie conduit à une baisse de production laitière et à d’autres effets affectant la viabilité de l’animal: diminution de l’immunité, avortements, infertilité, naissances prématurées et un peu de mortalité également. À date de ce matin, les chiffres relatifs aux contaminations fournies par l’AFSCA en Région wallonne sont les suivants: 260 exploitations ovines, 514 exploitations bovines, cinq exploitations élevant des caprins et trois exploitations élevant des alpagas, soit un total de 782 exploitations concernées en Wallonie. Ce chiffre est loin d’être définitif, mais – c’est bien triste – est sous-estimé. Tout d’abord; à cause du délai nécessaire entre l’envoi d’un avorton, l’envoi d’une analyse de sang et l’apparition du nouveau cas sur la carte. Ensuite, beaucoup d’éleveurs voient qu’il y a la maladie, mais ne prennent plus le temps de la déclarer, car ils savent très bien de quelle maladie il s’agit et préfèrent mettre du temps à soigner leurs animaux. Communication a été faite aux syndicats pour bien déclarer cette maladie dans son élevage, car ce sera important pour la suite des actions. Vous l’aurez compris, en termes de tableau clinique, l’épidémie frappe de plein fouet le secteur ovin, pourtant en plein développement, mais également le secteur bovin avec des productions laitières impactées. En effet, les chiffres montrent, entre le trimestre 2023 et le trimestre 2024, une baisse de 7 % de la production laitière, en sachant qu’il y a une grande hétérogénéité et de grandes variations entre les exploitations. Je parlais récemment avec un éleveur qui me disait être passé de 5 200 litres – collecte réalisée tous les deux jours – à 3 000 litres. On est dans des pourcentages beaucoup plus importants. Il faudra veiller à cette grande différence entre exploitations pour les actions de la suite. À cela, il faut aussi ajouter des avortements qui mettent en péril la production viandeuse, donc des bovins destinés à la production de viande. On estime à environ 11 000 bovins et 6 000 bovins morts suite à la fièvre catarrhale. Ce sont des chiffres de Rendac. Il s’agit des chiffres de juillet pour toute la Belgique. Nous sommes toujours en l’attente des chiffres de la part de Rendac pour le mois d’août pour la Région wallonne, mais il est difficile de les avoir. Cela vous montre la situation. Quelles ont été mes actions? Dès le début de mon mandat – cela a presque coïncidé –, puis dès le début de la propagation de la maladie quand elle s’est fortement développée, j’ai demandé à mon administration un reporting régulier de l’évolution de la situation et une proposition d’actions rapides. J’ai pris contact avec mon homologue fédéral en charge de la prévention, de la communication et de la vaccination ainsi qu’avec mon homologue flamand. Mes équipes sont en contact permanent avec des organismes impliqués dans cette crise, comme le Collège des producteurs, le Comité du lait, mais également les syndicats et la Fédération nationale du commerce de bétail. J’ai personnellement rencontré différents les différentes organisations agricoles, la directrice générale de l’ARSIA, le bras armé de l’AFSCA au niveau régional, et son équipe ainsi que le directeur général de l’Association wallonne de l’élevage. Des contacts ont été pris avec mon homologue français et seront prochainement pris avec mes homologues néerlandais, allemands et luxembourgeois qui sont aussi touchés par l’épidémie pour travailler à une position commune au niveau européen. C’est une maladie qui touche l’Europe: jouons donc européen. Mon seul et unique objectif est de trouver des solutions pour les éleveurs. Je sais à quel point ils sont touchés, je sais à quel point ils sont dans une situation critique et la tristesse vécue dans les exploitations. Il faut vivre une épidémie pour le comprendre. Il faut qu’elles soient élaborées à partir de la réalité du terrain et en collaboration avec les différents acteurs impliqués. Ensuite, vous m’en avez parlé, les pistes d’action. Premièrement, régler la problématique du ramassage des cadavres. Comme me l’a récemment confié une éleveuse – c’est très parlant –, avoir les cadavres sous les yeux, c’est déjà quelque chose et c’est dur pour le moral, mais les avoir dans le nez, c’est encore pire. Qui dit épidémie animale dit évacuation de cadavres, c’est la triste réalité. En Wallonie, l’équarrissage est réalisé par Rendac. Il s’agit d’une compétence de mon collègue, le ministre en charge de l’Environnement. Les éleveurs qui m’ont contactée durant la crise souhaitent une augmentation de la rapidité de réponse de l’équarrissage. En effet, selon les remontées de terrain, il y a une différence d’efficacité au niveau du territoire. J’ai dès lors officiellement pris contact avec mon collègue, le ministre de l’Environnement. Il me revient que, comme déjà au début de la crise, Rendac va encore augmenter sa capacité à ramasser les cadavres et mettre en place plusieurs solutions d’urgence, comme la formation rapide de transporteurs. Je remercie donc M. Coppieters. Ensuite, il s’agit d’évaluer les pertes économiques. Les conséquences économiques sont réelles. Les pertes occasionnées sont en cours d’objectivation de la manière la plus précise possible. Pour les bovins, les données transmises par le Comité du lait devraient fournir une indication du niveau de pertes, en plus de l’analyse du Collège des producteurs. Concernant les ovins, le Collège des producteurs a mené un premier travail. Un affinage est en cours, mais je peux déjà vous dire que les pertes se chiffreront à plusieurs dizaines de millions d’euros. Ces indicateurs me permettront d’analyser la faisabilité d’un soutien et, le cas échéant, d’aller vers le Gouvernement pour sa concrétisation. Je tiens toutefois vraiment à souligner qu’il faut être très prudent et analyser ces pistes juridiquement, car il ne faudrait pas donner d’une main et être contraint de reprendre de l’autre, si cette aide n’est pas acceptée par l’Europe. Vous savez que le cadre légal européen est très strict. Ces aides devront être validées par l’Europe. D’autres pistes sont également explorées, comme un travail sur la restauration de la fertilité des troupeaux. En effet, il y a un grand problème de stérilité temporaire des troupeaux. À partir de quand seront-ils de nouveau fertiles? Lors de la dernière épidémie, il a fallu deux mois pour que les béliers, les taureaux soient de nouveau fertiles. Il est également question d’un travail sur les aides couplées et les limites de charge en bétail; tout un travail avec les modalités PAC qui dépendent du nombre d’animaux sur les exploitations et qui donc vont être impactées. Nous sommes sur ces dossiers. Il en va également des baisses de cotisations: APAQ-W et autres – vous parliez de l’AWEx. Toutes les pistes sont envisagées. Toutes ces pistes ont été discutées avec les syndicats. Lors de notre rencontre, nous avons convenu de faire le point toutes les deux semaines, en sachant que je les ai rencontrés la semaine dernière. Je les rencontre déjà la semaine prochaine. Nous sommes alignés sur le fait que le processus d’aide choisi devra être simple, administrativement rapide et aussi organisé sur des données objectives. Nous sommes alignés sur le fait qu’il faut être prudent pour réaliser un soutien durable et efficace. Mesdames et Messieurs les Députés, réagir, c’est bien; prévenir, c’est beaucoup mieux. Vous l’avez dit, je le pense très très fort également. Anticiper coûtera moins cher que de réagir. C’est pourquoi, pour terminer, je souhaite faire le point sur l’importance de la prévention, qui est donc une compétence fédérale. Même si l’épidémie s’est propagée très rapidement, nombreux sont les acteurs de terrain qui m’ont signalé que la communication sur les mesures de prévention doit être améliorée. Lors des échanges que j’ai eus avec l’ARSIA, j’ai clairement voulu savoir ce qui n’a pas fonctionné au niveau de la sensibilisation à la vaccination, le timing de la disponibilité du vaccin, le type de canal utilisé pour atteindre les éleveurs. Sachez que ce travail sera très important, avec mon collègue du Fédéral, pour ne plus jamais se retrouver dans une situation pareille. Une chose est certaine, nous devons tirer les leçons de cette crise et mieux anticiper les prochaines. C’est pourquoi je vais travailler avec le niveau fédéral. On parle de solutions plus à long terme. Nous en avons également parlé avec différents épidémiologistes, certains de l’ARSIA. En effet, avec les changements de température, nous pouvons nous retrouver beaucoup plus confrontés à d’autres maladies. On a la FCO3 pour le moment. Il y a la FCO8 en France. Il y a la maladie hémorragique également en France. Il faut faire attention à tout cela. Des tests se font dans des universités où l’on peut capter les insectes régulièrement – ils se font coller – et puis réaliser des PCR. Il faudra peut-être monitorer en continu ce genre d’insecte, vérifier à chaque fois s’ils sont porteurs de virus ou non, pour lancer des alertes aux éleveurs. Vous l’aurez compris, Mesdames et Messieurs les Députés: mes équipes, mon administration et moimême sommes pleinement mobilisés pour gérer cette réelle crise pour les éleveurs. Il est cependant crucial d’examiner minutieusement toutes les pistes afin de garantir qu’elles apportent, comme je l’ai dit, un soutien durable et efficace. (Applaudissements) M. le Président. – Merci, Madame la Ministre. La parole est à M. Fontaine.

  10. Merci, Monsieur le Président. Merci, Madame la Ministre, pour les éclaircissements que vous avez bien voulu donner. Il vous restait quand même un certain nombre de minutes, et je n’ai pas entendu de réponses à certaines de mes questions, mais je reviendrai, bien entendu, vers vous très rapidement via des questions orales. On a l’impression que, dans la gestion ou la nongestion de ce dossier – on a parlé essentiellement du niveau fédéral, je ne vous accuse de rien –, on n’a absolument pas retenu les leçons du passé. C’est dramatique pour les agriculteurs et les agricultrices que vous connaissez bien; pas de mesures préventives, pas de campagnes de vaccination, c’est catastrophique. Aujourd’hui, la seule mesure sur la table est la facilité à payer les cotisations sociales. Je n’ai pas entendu d’autres mesures où il y a une réflexion qui est en cours, mais les agriculteurs et agricultrices attendent avec impatience ce que l’on va leur proposer. Pour les agriculteurs, c’est le règne de la débrouille. L’application de l’article 22 est: «Démerde-toi comme tu peux». La Région wallonne va devoir payer au prix fort le coût de l’inaction fédérale, je suis désolé de le dire. Comme quoi, il est toujours plus facile de jouer le critique littéraire plutôt que de gérer ses propres départements. J’avais une petite dernière question. Je sais que ce n’est pas de coutume, mais où peut-on, Madame la Ministre, avoir la carte des éleveurs touchés en Wallonie? Ce serait intéressant de pouvoir consulter cette carte qui sera certainement évolutive, malheureusement.

    Agressivité 44%
  11. Merci beaucoup, Madame la Ministre, pour l’état des lieux que vous avez fait. Je crois que vous connaissez très bien le dossier. Vous savez ô combien le secteur est en crise et vous avez pu avoir les différents contacts dans les différents niveaux de pouvoir. Je pense que c’est comme cela que vous devez travailler. Cependant, il est vrai qu’il faut travailler à des solutions. Vous avez dit: «On va objectiver, on va regarder les chiffres, on va regarder avec l’Europe, on va être prudent». Je connais cela. Vous avez bien raison, parce que proposer quelque chose et puis se retrouver à ce que l’Europe refuse... Il faut vraiment mettre tous les points autour de la table et essayer de trouver une équation afin de trouver des solutions parce que, derrière cela, il y a des hommes et des femmes qui travaillent tous les jours, il y a cet amour du métier qui n’est pas à la première crise. Je reviens une dernière fois sur l’aide économique exceptionnelle. Il faudrait peut-être avoir cette piste, en tout cas avec l’Europe, pour trouver des solutions. Comme vous l’avez dit, il faut absolument que la plupart des agriculteurs fassent savoir qu’ils ont la langue bleue, sinon on ne saura pas objectiver, on ne saura pas trouver des solutions pour eux également.

    Agressivité 58%Constructivité 79%Factuel 64%Émotionnel 61%
  12. Merci, Madame la Ministre, pour les informations que vous avez apportées. On a l’impression de se retrouver un peu comme dans la crise du covid : on essaie de monitorer, on essaie de trouver des pistes, et cetera, mais cela prend du temps. Il faut alors consulter à gauche à droite des niveaux de pouvoir différents. Il faut vraiment réfléchir à toute la lasagne institutionnelle à laquelle on est confronté en Belgique. Sur la question des vaccins, de la recherche, de la production des vaccins, des initiatives sont à prendre. Il y a la question des firmes pharmaceutiques qui ont un rôle à jouer dans la recherche et dans la production de vaccins. Vous avez peu évoqué ce volet des choses. Pour terminer, comment répondre à la détresse des agriculteurs qui sont déjà maintenant confrontés à des pertes financières, mais aussi des pertes émotionnelles, parce que quand tout un troupeau est décimé, cela veut dire qu’il y a tout un projet de vie qui s’est effondré et qu’il faut reconstruire? Vous n’avez pas encore vraiment apporté de réponses précises à ce sujet et c’est dommage. On aura cependant l’occasion de revenir sur le sujet dans les prochaines semaines, je n’en doute pas.

    Agressivité 47%Émotionnel 65%
  13. FH
    François Huberty
    Les Engagés

    Merci, Madame la Ministre, pour la pertinence de vos réponses. Je me permets de répondre à sa place à M. Fontaine concernant la carte et les chiffres qui sont bien entendu disponibles sur le site de l’AFSCA. Concernant la réponse sur le secteur ovin wallon, vous l’avez dit, c’est un secteur sur lequel on a investi beaucoup et qui malheureusement est trop impacté. Il va falloir les aider, les soutenir et trouver des pistes de soutien à la hauteur de ce secteur. Des chiffres importants à surveiller, car je pense qu’ils sont toujours en phase croissante de la maladie et il faudrait donc veiller à ce qu’ils arrivent rapidement pour avoir une vision globale de la situation en direct. Enfin, vous l’avez dit également concernant l’aspect plus européen, où il est nécessaire d’avoir une position commune en Europe. Nous vous encourageons bien entendu à poursuivre dans cette voie. Encore merci, Madame la Ministre.

    Constructivité 85%Factuel 79%
  14. Merci, Madame la Ministre, pour les données précises sur le plan nécrologique qui touche aujourd’hui nos élevages que vous avez pu nous apporter. Je n’ai malheureusement pas eu de réponse à ma question : depuis quand le ministère de l’Agriculture est-il informé de cette crise ? Je pense que c’est une information qui est vraiment demandée par nos agriculteurs parce que la question de l’anticipation et de la réponse rapide est cruciale dans ces cas d’épidémie. Sur les pistes d’action, je comprends que cela puisse prendre un certain temps. Néanmoins, nos éleveurs sont en attente de mesures concrètes et pas uniquement de pistes théoriques. Néanmoins, vous avez d’ores et déjà annoncé une prochaine rencontre. Je ne doute pas, évidemment, que vous aurez l’occasion d’y revenir. En tout cas, je note avec satisfaction que vous reconnaissez l’importance de la prévention et de l’anticipation pour ce genre de phénomènes, en lien aussi avec les dérèglements climatiques que vous avez évoqués. Par contre, permettez-moi de ne pas saluer la conférence de presse de la DPR – on s’en souvient tous –, où les présidents de partis concernés avaient survolé rapidement la question du climat. Ici, je me réjouis de voir que ce ne sera pas votre objectif en tout cas, et ce ne sera en tout cas pas, vous vous en doutez, notre angle de vue.

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