La constitution d’un stock de vaccins contre le H5N1
Sabine Roberty s’inquiète de l’évolution du H5N1, des mutations observées, des achats de vaccins déjà engagés au niveau européen et britannique, et demande quelles mesures la Belgique et la Wallonie envisagent, notamment la constitution d’un stock de vaccins. Yves Coppieters répond que le H5N1 constitue un enjeu de santé publique, que des exercices de simulation ont déjà été organisés et qu’un nouveau RMG doit se réunir prochainement, mais qu’il n’y a pas de situation d’urgence. Il précise qu’aucun stock n’est détenu par la Région wallonne, que la gestion relève du niveau fédéral via un contrat de réservation, et qu’un fournisseur pourrait livrer rapidement des vaccins en cas de besoin. La députée plaide ensuite pour une vigilance accrue, des mesures préventives pour les travailleurs agricoles exposés aux bovins et aux volailles, tout en évitant tout alarmisme.
Débat · 3 interventions
- SR
Monsieur le Ministre, au sein de ce Parlement, nous suivons tous avec beaucoup d’attention l’évolution liée au virus H5N1. Ce que l’on sait déjà, c’est que ce virus a déjà franchi les barrières de l’espèce, puisqu’il s’est transmis au monde mammifère, mais pas uniquement. On sait aussi que des mutations lui permettent d’être plus transmissible aux humains. Depuis le mois de juin, de manière préventive, l’Union européenne a déjà signé pour des vaccins. On vient d’apprendre que le Royaume-Uni achète lui aussi des doses de vaccin pour se prémunir contre le risque de pandémie. Ce stock de vaccins serait évidemment réservé afin de se prémunir de cette pandémie, mais aussi de suivre l’évolution de cette mutation qui permettrait à ce virus de se transmettre plus rapidement aux humains. Mes questions, Monsieur le Ministre, appellent des réponses très claires de votre part. Que nous dit le RMG au niveau de la Belgique? Que mettez-vous en place au niveau de la Wallonie? Surtout, allez-vous constituer un stock de vaccins?
Agressivité 56%Constructivité 80%Factuel 93%Émotionnel 62% Madame la Députée, il est vrai que la grippe aviaire H5N1 est un vrai problème de santé publique, que ce soit au niveau international ou au niveau national. Il faut prévenir potentiellement le risque de cette pandémie. Beaucoup d’initiatives en termes de simulation ont déjà été mises en place, puisqu’un exercice de simulation au niveau national a été mis en place vers le 13 ou le 14 novembre dernier. Il a été organisé par Sciensano. On a eu un audit du Conseil européen et un exercice de simulation est organisé les 11 et 12 décembre prochains. Fatalement, on anticipe potentiellement l’arrivée de ce type de pandémie. Quoiqu’il en soit, au niveau des vaccins, nous ne disposons pas de stocks de vaccins à la Région wallonne. C’est le niveau fédéral qui a un contrat de réservation de stocks de vaccins en cas de risque de pandémie. Si la situation pandémique devait être gérée à notre niveau, une firme pharmaceutique s’engage à nous fournir rapidement ces vaccins H5N1. Il est vrai qu’il y a un petit stock qui pourrait être mobilisé en cas de pandémie, mais ce dernier est non accessible au grand public. Il faudra cependant envisager des solutions beaucoup plus larges. Soyez sûre, Madame la Députée, que le RMG qui se réunit le 9 janvier prochain prendra des décisions concernant la suite. Si l’on n’a pas estimé devoir le réunir avant, c’est qu’il n’y a pas de situation d’urgence. J’aimerais vous rappeler, Madame la Députée, qu’il n’y a qu’un seul pays qui pratique la vaccination préventive contre le H5N1, à savoir la Finlande. Les autres ne font que remplir leur frigo de vaccins comme on l’avait fait à l’époque. Je rappelle que cela n’avait servi à rien.
Agressivité 89%Constructivité 72%Factuel 63%Émotionnel 87%- SR
Monsieur le Ministre, j’entends votre vigilance et je note que le travail en cours au niveau des simulations. La frontière est compliquée : il s’agit d’être vigilant, sans pour autant devenir alarmiste. Et il faut se rappeler d’où l’on vient avec le covid-19. Si l’on regarde les pratiques à l’étranger, non seulement l’Union européenne fait un stock, mais hier, on apprend que le Royaume-Uni achète des doses pour les mettre de côté, car « on ne sait jamais ». On peut peut-être rappeler les mesures préventives pour toutes les personnes qui travaillent dans le milieu agricole avec des bovins ou des volailles et mettre en place, au niveau de la Wallonie, des mesures claires pour ceux qui travaillent à proximité des animaux. On relève quand même un cas de contamination au Canada, et un autre survenu il y a quelques jours aux États-Unis impliquant un enfant. On est conscient que les choses évoluent très vite, on l’a vu avec le covid, mais je suis d’accord sur le fait de ne pas être alarmiste. Restons vigilants. Je sais que vous êtes attentif plus que quiconque ici à cette matière.
Agressivité 73%Constructivité 78%Factuel 69%Émotionnel 83%
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