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ActualitéWalloniemercredi 13 décembre 2023

Le retour de l’austérité européenne

Synthèse

Germain Mugemangango interroge le Ministre-président sur le retour annoncé des règles européennes d’austérité et lui demande si le Gouvernement wallon s’y opposera ou les appliquera, en soulignant selon lui leurs effets négatifs sur les travailleurs, les indépendants et les investissements sociaux. Il affirme que l’austérité affaiblit l’économie, accroît les inégalités et résulte d’arbitrages politiques qui privilégieraient certains investissements, notamment militaires, au détriment de l’intérêt social. Il invite enfin le Gouvernement à suivre attentivement les débats européens, en rappelant que des soutiens à cette logique existent aussi au sein de certaines forces politiques européennes.

Débat · 2 interventions

  1. Monsieur le Ministre-Président, j’imagine que, comme moi, vous avez lu dans la presse que le Pacte de stabilité européen – en fait, les règles d’austérité – va être remis en vigueur et que c’est une indication de la Commission européenne. En 2021, je vous avais posé la question de ce danger, et vous me disiez: «Qui peut imaginer que ces règles vont encore être de mise dans le futur?» Manifestement, vous vous êtes trompé, ce qui arrive à tout le monde. Surtout, je voudrais vous indiquer que l’austérité, pour nous, n’est pas du tout la solution, mais le problème parce que c’est bien souvent payé par les travailleurs, les travailleuses, les indépendants et les 43 PW – Session 2023-2024 – CRI n° 8 – Séance plénière – Mercredi 13 décembre 2023 indépendantes. On n’est pas les seuls à le dire puisque Joseph Stiglitz, lauréat du prix Nobel de l’économie et ancien chef économique de la Banque mondiale, ne disait pas autre chose: «J’aimerais que l’on comprenne que l’austérité affaiblit l’économie, augmente le chômage, diminue les salaires et creuse les inégalités. Il n’existe aucun exemple de grande économie pour laquelle l’austérité a permis la reprise de la croissance». Cette austérité est un problème et pas du tout la solution. Les manifestants qui ont marché le 12 décembre dernier ne disaient pas autre chose. Ils disaient que c’était un problème, et ils indiquaient aussi que souvent, la mise en place de l’austérité, c’est un choix. Par exemple, on entend que l’on ne pourra pas faire d’investissements sur le plan social ou sur le plan de l’aide aux personnes qui cherchent un emploi, par contre, on pourra continuer à investir dans l’armement. On ne choisit pas l’humain, on choisit la guerre. Au niveau du Gouvernement wallon, au moment où ces discussions vont se décanter dans les entités fédérées, votre majorité mettra-t-elle en place cette austérité ou plutôt s’opposera-t-elle à cette austérité?

    Agressivité 85%Factuel 54%Émotionnel 84%
  2. Monsieur le Ministre-Président, je vous invite à être extrêmement attentif aux débats qui vont se poursuivre à ce sujet. Actuellement, le débat a eu lieu dans une commission parlementaire européenne, celle des Affaires sociales, si je ne me trompe pas. Le groupe socialiste – mais pas les socialistes belges, pour être clair – y a voté cette logique d’austérité. Quand cela arrivera au niveau du Parlement européen, on sera tous attentifs aux positions des uns et des autres. C’est un élément. L’autre élément, vous me dites souvent quand on parle d’austérité qu’il n’est presque pas possible d’avoir à la fois un Plan de relance et un plan d’austérité. Cependant, oui, c’est possible. La question est de se demander dans quoi on peut investir. Certaines dépenses vont être considérées comme valides par la Commission européenne, et d’autres dépenses ne le seront pas. C’est la question qui se pose. Pourra-t-on continuer à investir dans le social, dans l’intérêt des gens ou devra-t-on être limités à investir au profit notamment de grandes entreprises? Les indépendants, les indépendantes, les travailleurs et les travailleuses savent très bien qui paie l’austérité. Finalement, ce sont eux.

    Agressivité 83%Constructivité 65%Factuel 59%Émotionnel 79%

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