Les effets du plan de relance de la wallonie sur l’économie wallonne
Germain Mugemangango a estimé que, selon le bilan de la Banque nationale, les plans successifs de relance n’ont pas permis d’améliorer durablement la situation économique wallonne, notamment en matière de taux d’activité et de risque de pauvreté. Il a critiqué le recours à des capitaux publics confiés au secteur privé et a plaidé pour des initiatives industrielles publiques, en particulier dans l’énergie, afin de garantir la qualité et la pérennité des emplois. Dans sa réponse, le ministre-président a défendu la stratégie suivie, sans reprendre l’idée d’un changement de cap vers des projets publics. Mugemangango a répliqué que les projets du Plan de relance restent peu avancés et a insisté sur la nécessité de modifier la stratégie régionale.
Débat · 2 interventions
- GM
Monsieur le Ministre-Président, apparemment, votre méthode ne fonctionne pas, cela ne marche pas. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la Banque nationale belge qui fait le bilan qu’après 20 ans de trajectoire économique wallonne, on voit que les résultats ne sont pas au rendez-vous. Si l’on prend des paramètres comme le taux d’activité ou le risque de tomber dans la pauvreté, on voit que ces paramètres n’ont pas changé en 20 ans. Ils ne se sont pas améliorés sur cette durée. Pourtant, il y a eu toute une série de plans – le Plan de relance, le plan Get up Wallonia, le plan Marshall – qui ont été mis en place par vous-même et par les partis qui ont dirigé la Wallonie, sans rencontrer les résultats escomptés. Ce qui est au centre de ces plans, et qui constitue un de leurs problèmes, c’est cette idéologie libérale qui consiste à dire que l’on va prendre des capitaux publics, on va les mettre dans les mains de multinationales, de grandes entreprises privées sans pouvoir garantir ni la qualité ni la pérennité des emplois. C’est cela qu’il faut totalement changer. Ici, on a déjà évoqué plusieurs fois cette question-là. On doit plutôt prendre des capitaux publics et les mettre dans des initiatives publiques que l’on contrôle, notamment dans le secteur de l’énergie. J’ai entendu il y a peu une émission intéressante sur la RTBF qui traitait de la manière dont la sidérurgie devrait opérer sa transition énergétique. Ils sont très clairs: ils disent que sans un investissement public sérieux, ce n’est pas possible. Il faut investir publiquement dans le domaine de l’énergie. Un pays qui l’a fait avec un certain succès, c’est le Danemark où, dans le secteur de la production d’éoliennes, ils ont pu produire 30 000 emplois. Trente mille emplois! Cela veut dire que, si l’on prend ces capitaux et qu’on les investit de manière publique dans le secteur de l’énergie, par exemple, ce sera bien sur le plan climatique, sur le plan social, mais aussi sur le plan économique. Ma question est donc la suivante: allez-vous enfin changer de stratégie pour avoir des initiatives industrielles publiques que l’on contrôle et qui nous permettent de contrôler la qualité et la quantité des emplois produits? Je vous remercie.
Agressivité 100%Constructivité 99%Factuel 100%Émotionnel 94% - GM
Merci pour votre réponse, Monsieur le Ministre-Président. Effectivement, nous avons une responsabilité. Une des responsabilités que nous avons, c’est d’offrir des pistes, des pistes de solution, des idées, d’autres orientations. Parce qu’ici ce qui se passe, c’est que cela fait maintenant 43 ans que ce type de gouvernement existe, que le premier Gouvernement wallon a été mis sur pied. Le Parti socialiste, votre formation politique, a été au pouvoir 43 ans moins cinq ans. À un moment donné, quand on prend les mêmes recettes, les mêmes méthodes pour obtenir les mêmes résultats, il faut pouvoir se remettre en question. Dans votre réponse, je n’ai rien entendu à propos du fait de créer des initiatives industrielles publiques qui permettent d’avancer. Ce que vous avez toujours fait, et que vous faites toujours, c’est initier des projets, mettre des capitaux publics dans les mains du privé, sans aucun contrôle sur ce que cela va devenir. Actuellement, les projets du Plan de relance sont réalisés à concurrence de 14 % maximum, mais encore une fois sans garantie d’avenir. Il y a donc quand même quelque chose de particulier à toujours prendre les mêmes méthodes, finalement les mêmes solutions, et s’étonner que l’on arrive au même résultat qui est négatif. Dès lors, je vous invite, vous, votre Gouvernement et aussi les autres formations politiques à enfin changer de stratégie et à privilégier l’initiative industrielle publique.
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