L’incidence environnementale et la concertation dans le cadre du démantèlement de Tihange
Valérie Bluge a interrogé le ministre sur le démantèlement de Tihange, en demandant si l’enquête publique et la concertation transfrontalière prévues par la Convention d’Espoo avaient bien été menées et quels en étaient les résultats, tout en soulignant l’enjeu de sécurité d’approvisionnement énergétique. Yves Coppieters a indiqué que l’enquête publique avait eu lieu en 2025 dans plusieurs communes voisines, et a soutenu qu’il n’existait pas de risque de radioactivité ni d’incidence environnementale justifiant l’application d’Espoo, dès lors que le dossier relève d’un permis préparatoire de démantèlement et que l’aspect radiologique relève de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire. La députée a contesté cette interprétation juridique, estimant que la Convention d’Espoo vise les incidences transfrontalières significatives au-delà de la seule radioactivité, et a annoncé déposer une question écrite; elle a réaffirmé que le site de Tihange demeure stratégique pour l’autonomie énergétique.
Débat · 3 interventions
- VB
Chers collègues, à mon tour de vous souhaiter à toutes et tous une très bonne année 2026, ainsi qu’aux services du Parlement. Monsieur le Ministre, je suis déjà intervenue au Parlement wallon à plusieurs reprises concernant la centrale nucléaire de Tihange: d’abord, à l’égard de votre collègue, Monsieur Desquesnes, concernant le permis d’urbanisme et, ensuite, vis-à-vis de vous, concernant le démantèlement et l’impact sur l’environnement de celui-ci. Ce sont les deux compétences de la Région wallonne en matière de centrale nucléaire. Cet impact sur l’environnement doit être mesuré, mais comment? Par deux biais notamment: une concertation transfrontalière en vertu de la Convention d’Espoo et par une étude d’incidence publique au niveau des communes avoisinantes. Notre collègue M. Collignon – c’est dommage qu’il ne soit pas là aujourd’hui – est concerné dans sa commune par cette enquête publique. Pourriez-vous me dire, à l’heure où le fonctionnaire délégué a rendu un avis favorable de démantèlement, si ces enquêtes et cette concertation ont eu lieu? Quels sont les résultats de cette enquête? En effet, la sécurité d’approvisionnement énergétique est une priorité pour notre groupe politique et il ne faudrait pas que ce démantèlement soit prématuré.
Agressivité 64%Émotionnel 50% Madame la Députée, merci pour le suivi de cette problématique. C’est vrai que l’enquête publique concernant le permis de démantèlement a été effectuée en 2025, et j’ai repris mon petit papier pour vous dire que les communes qui ont été concernées par cette enquête publique sont Wanze, Villers-le-Bouillet, Verlaine, Nandrin, Modave, Marchin, Engis, Amay et Huy. Quoi qu’il en soit, dans ce permis de démantèlement, qui est un permis préparatoire au démantèlement de Tihange 2 – je vous le rappelle –, on ne trouve aucun bâtiment à environnement nucléaire. Dès lors, aucun risque de radioactivité pour l’environnement, parce que c’est cela que l’on recherche. Il n’y a aucun risque à ce niveau. Au niveau transfrontalier, étant donné que ce risque n’existe pas, la Convention d’Espoo ne doit pas être mise en œuvre puisqu’il n’y a de risque environnemental ni pour nos citoyens ni pour les citoyens des pays frontaliers. C’est très important. S’il y a un risque de radioactivité, ce n’est pas de nos compétences, c’est de la compétence de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire. On a demandé leur avis pour être sûr que cet aspect était sans danger pour nos concitoyens. On a fait l’étude d’impact environnemental aussi, qui nous démontre en effet que nous sommes dans un permis simple conventionnel de la Région wallonne, sans risque de radioactivité, pour lequel nous allons suivre cela de près.
Agressivité 61%Constructivité 60%Factuel 60%Émotionnel 62%- VB
Merci, Monsieur le Ministre, pour votre réponse et ces éléments. Effectivement, le démantèlement prévu des trois tours de refroidissement de Tihange a reçu un avis favorable du délégué de la Région wallonne et, pour moi, il appelle tout de même un examen attentif au niveau de la Convention d’Espoo, parce qu’il me semble que cet impact d’incidence ne dépend pas de la nature radioactive des déchets, mais de l’existence d’incidences environnementales transfrontalières significatives, donc au-delà de l’incidence radioactive. Si l’on se réfère au numéro 2 de l’appendice I de la Convention d’Espoo, on y cite les centrales nucléaires. Elles sont listées et il y a des exceptions qui sont exemptes de concertation transfrontalière. Ces exceptions sont explicites. Or, les tours de refroidissement ne figurent pas dans la liste des exceptions. Dès lors, je me permettrai de vous poser une question écrite pour avoir une analyse juridique de cela. Davantage sur le fond du dossier, au MR, nous souhaitons souligner que le site de Tihange demeure stratégique pour la sécurité d’approvisionnement énergétique et l’autonomie de la Wallonie, de notre pays. Surtout dans le contexte géopolitique actuel, ce démantèlement serait prématuré.
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