Première ligne de soins
L’action du Gouvernement par rapport à la surconsommation d’antidépresseurs
Bénédicte Linard a alerté sur l’augmentation de la consommation d’antidépresseurs en Belgique, notamment chez les bénéficiaires BIM et les femmes, ainsi que sur la place croissante des médecins généralistes dans les prescriptions, y voyant un possible manque d’accessibilité à la première ligne psychologique et psychiatrique. Elle a interrogé le ministre sur un renforcement éventuel de la convention fédérale de soins psychologiques et sur des moyens supplémentaires pour la Wallonie. Yves Coppieters a indiqué que 14 % des Belges ont déjà pris des antidépresseurs, que la priorité porte sur la durée des traitements plutôt que sur leur volume, et a rappelé que les prescriptions ont diminué de 50 % en dix ans; il a refusé un financement régional de la convention, la jugeant fédérale, et a mis en avant les mesures urgentes en santé mentale, le travail en réseau et un groupe de travail sur les maisons de repos attendu pour juin 2026. Linard a insisté en réponse sur la nécessité de renforcer l’accès des jeunes aux soins psychologiques de première ligne et de coordonner l’action entre les différents niveaux de pouvoir.
L’importance de soins d’urgence forts et de proximité
Vincent Crampont a alerté sur le licenciement de 13 ambulanciers chez HUmani, en soulignant leur rôle dans les missions SMUR et l’aide médicale urgente, ainsi que les risques pour la proximité des soins d’urgence en Wallonie et l’absence, selon lui, de stratégie de revalorisation du secteur hospitalier. Yves Coppieters a indiqué que la réforme hospitalière est encore en phase de réflexion au niveau fédéral, avec des avis attendus fin avril et un retour à la CIM Santé publique fin juin, où devront être fixées des balises notamment en matière d’accessibilité. Il a défendu une rationalisation de l’offre hospitalière, l’adaptation de certaines structures vers d’autres types de soins, et l’identification de solutions pour des SMUR de proximité et des centres de triage plus proches des patients. Il a également évoqué un plan d’attractivité des métiers du soin, centré sur l’amélioration des conditions de travail et la rétention du personnel.
Les enseignements à tirer du dernier cadastre officiel des médecins généralistes publié par l’AViQ» Question d’actualité de Mme Valérie Dejardin à M. Yves Coppieters, Ministre de la Santé, de l’Environnement, des Solidarités et de l’Économie sociale, sur «le manque de médecins généralistes dans la région de Verviers
Les députées ont alerté sur l’aggravation de la pénurie de médecins généralistes, en particulier en province de Luxembourg et dans l’arrondissement de Verviers, en évoquant le vieillissement des praticiens, le recul des équivalents temps plein, la difficulté d’attractivité des zones rurales et l’efficacité des dispositifs existants comme Impulseo. Elles ont interrogé le ministre sur les coordinations avec le fédéral, la Fédération Wallonie-Bruxelles et les pouvoirs locaux, ainsi que sur le soutien aux stages en milieu rural et aux initiatives de formation et d’installation. Yves Coppieters a expliqué que la pénurie relève de plusieurs niveaux de pouvoir, a rappelé que les nouvelles installations dépassent globalement les cessations sauf au Luxembourg, et a annoncé des pistes de travail sur les quotas, la planification, les stages ruraux, les pratiques collectives et la réforme d’Impulseo, sans suppression du dispositif. Il a indiqué qu’un plan d’attractivité des métiers de la santé serait présenté et que des résultats tangibles ne seraient visibles qu’à moyen terme.
L’étude récente de l’Agence intermutualiste (AIM) relative à l’augmentation du nombre d’admissions aux urgences
Valérie Bluge a souligné l’augmentation des admissions aux urgences sans passage préalable par un médecin généraliste, phénomène jugé plus marqué en Wallonie, et a interrogé le ministre sur l’état de la réorganisation et de la prévention. Yves Coppieters a répondu que la pression sur les urgences s’explique par la pénurie de professionnels, une première ligne de soins insuffisamment réorganisée et une mauvaise répartition des patients dans la pyramide sanitaire. Il a plaidé pour la poursuite de la réforme de la première ligne, un meilleur accès aux généralistes, une coordination avec le fédéral sur la garde, un meilleur tri via la plateforme 1733 et le renforcement des postes de garde pour réorienter les patients. La députée a marqué son accord sur le diagnostic et insisté sur l’urgence de clarifier le parcours de soins, en rappelant que le recours aux urgences doit rester réservé aux situations graves.
Le soutien de la wallonie à l’observatoire universitaire de médecine rurale créé par l’unamur
Anne Laffut a salué la création par l’UNamur d’un observatoire universitaire de médecine rurale, destiné à mieux analyser la pénurie de médecins et à dégager des solutions, en intégrant aussi des enjeux de mobilité et le rôle des acteurs de première ligne. Elle a interrogé la ministre sur la manière d’intégrer les résultats de cet observatoire dans la réforme d’Impulseo et dans les assises de la première ligne, ainsi que sur une éventuelle participation au crowdfunding. La réponse ministérielle n’apparaît pas dans l’extrait fourni.
L’impact du faible taux d’inscription aux études d’infirmière sur l’organisation par la wallonie de la première ligne de soins
La députée a alerté sur la baisse du taux d’inscription aux études d’infirmière, confirmée par des chiffres provisoires de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et a demandé quelles pourraient en être les conséquences pour l’organisation de la première ligne de soins en Wallonie. Elle a souligné l’importance de préserver les soins de santé et a appelé à une action concertée entre les entités du pays. Aucun élément de réponse de la ministre n’est repris dans l’extrait fourni.
Le mauvais état de santé des personnes sans emploi
Les intervenants ont relayé les constats d’une étude de Solidaris sur la dégradation de l’état de santé des demandeurs d’emploi de longue durée, en soulignant leur moindre accès aux soins, leur vulnérabilité psychologique et la nécessité d’intégrer davantage la santé dans l’accompagnement vers l’emploi. Ils ont évoqué plusieurs pistes, dont un suivi sanitaire et psychologique renforcé, les expérimentations de type « territoires zéro chômeur de longue durée », ainsi que des réformes comme l’automatisation du statut BIM, le tiers payant, la réinsertion et la suppression du statut de cohabitant. La ministre a rappelé les initiatives déjà lancées depuis le début de la législature et insisté sur l’importance d’un accompagnement rapide et dynamique dès l’inscription au chômage, en estimant que la lutte contre le chômage de longue durée relève d’une responsabilité politique partagée.
L’exercice de la médecine de première ligne dans les postes de garde
Les intervenants ont dénoncé les effets de la réforme fédérale du 1733 sur l’organisation des gardes de médecine générale en Wallonie, en soulignant l’absence de tri des appels, l’augmentation de la charge de travail nocturne et l’inadéquation du modèle avec la ruralité et la pénurie de médecins. Ils ont demandé à la ministre d’intervenir auprès de son homologue fédéral, de défendre les spécificités wallonnes et de soutenir davantage les cercles de médecine générale. En réponse, la ministre a rappelé avoir engagé le dialogue avec le cabinet fédéral, indiqué que des moyens supplémentaires étaient annoncés au niveau fédéral et assuré suivre le dossier afin de rechercher une réforme plus apaisante pour les généralistes.
La réforme des postes médicaux de garde et l’impact sur la première ligne de soins
Les intervenants ont dénoncé la réforme fédérale du 1733 et de l’organisation des gardes, jugée particulièrement inadaptée à la Wallonie en raison de la ruralité, de la pénurie de médecins généralistes et du surcroît d’appels de nuit sans tri préalable. Ils ont demandé à la ministre d’intervenir auprès de son homologue fédéral, de défendre les spécificités de la première ligne wallonne et de renforcer le soutien aux cercles de médecine générale, notamment via les subventions régionales. Dans sa réponse, la ministre a mis en avant le dialogue engagé avec le niveau fédéral, l’augmentation annoncée des moyens et son intention de poursuivre les échanges pour éviter une réforme trop brutale. Les répliques ont insisté sur le fait que, sur le terrain, les médecins n’en perçoivent pas encore les effets et que l’organisation doit mieux tenir compte des réalités wallonnes.
La réponse du gouvernement wallon à la manifestation des médecins généralistes
Les députés ont dénoncé la réforme fédérale du 1733 et de l’organisation des gardes, estimant qu’elle augmente fortement la charge des médecins généralistes en Wallonie, aggrave la pénurie de première ligne et ne tient pas compte des spécificités rurales et de densité de population de la Région. Ils ont demandé si la ministre wallonne avait récemment contacté son homologue fédéral, si elle comptait intervenir en CIM Santé et si les subventions régionales aux cercles de médecine générale étaient suffisantes pour organiser correctement la garde. En réponse, la ministre a indiqué maintenir le dialogue avec le niveau fédéral, être attentive aux réalités wallonnes et compter sur une évolution apaisée du dossier, tout en rappelant les moyens supplémentaires annoncés par le Fédéral pour accompagner la réforme.