Financement des entreprises
L’annonce d’une réorganisation chez EkoServices
Jean-Pierre Lepine a interpellé le ministre sur les tensions sociales chez EkoServices à Mons-Borinage, la fermeture de centrales de repassage et les réorganisations annoncées, qu’il a reliées aux récentes décisions gouvernementales en matière d’aides à l’emploi et à leurs effets sur les entreprises d’économie sociale. Yves Coppieters a répondu qu’il s’agissait d’une réorganisation interne, sans licenciements envisagés, inscrite dans une concertation sociale en cours, et a défendu le rôle de l’économie sociale dans la réinsertion professionnelle et l’emploi en Wallonie. Il a annoncé travailler à une future stratégie pour l’économie sociale à l’horizon 2030 ainsi qu’à de nouvelles aides à l’emploi avec le ministre Jeholet, afin d’assurer la continuité du secteur et d’en renforcer le potentiel.
La participation éventuelle de la Région wallonne au capital d’ORES
Les députés ont insisté sur l’urgence de moderniser et renforcer le réseau électrique wallon pour répondre aux besoins des ménages et au redéploiement économique, en soulignant les risques de sous-capacité pour les entreprises et les besoins de financement importants d’ORES, notamment une recapitalisation potentielle de 300 millions d’euros. Cécile Neven a indiqué que la priorité du Gouvernement est de disposer d’un réseau capable de soutenir l’économie, qu’il refuse de réduire les plans d’investissement, et qu’il a demandé à Wallonie Entreprendre d’analyser l’opportunité et les modalités d’une participation régionale à la recapitalisation des GRD. Elle a précisé que cette réflexion s’inscrira aussi dans le projet de GRD unique et qu’une attention particulière devra être portée à la politique de dividendes et au coût de la distribution pour les usagers.
L’action de la Wallonie à contre-courant des recommandations du Conseil central de l’économie (CCE) pour le financement de la rénovation
Les députés ont interpellé la ministre sur la compatibilité de la politique wallonne de rénovation avec l’avis du CCE, qui estime à plus de 100 milliards d’euros les investissements nécessaires d’ici 2050, dont environ 1 milliard par an en Wallonie, en soulignant le risque d’exclure les ménages précaires si les aides se transforment en emprunts ou sont réduites. Cécile Neven a répondu que le rapport confirmait l’orientation de sa réforme, centrée sur un soutien accru aux ménages les plus modestes et aux logements les moins performants, avec une mobilisation conjointe des financements publics et privés. Elle a précisé que les modalités du nouveau système de soutien global, prévu pour le 1er octobre 2026, ainsi que les calibrages et la réforme du PEB, étaient encore en cours, tout en insistant sur la prise en compte de la capacité des ménages, du secteur de la construction et du mix énergétique.
Les aides publiques wallonnes au bénéfice de Pairi Daiza
Germain Mugemangango a dénoncé l’octroi par le Gouvernement wallon de 11 millions d’euros de subsides à Pairi Daiza, estimant qu’il s’agissait d’un cadeau injustifiable à des milliardaires alors que les citoyens sont mis à contribution. Pierre-Yves Jeholet a défendu cette aide en soulignant qu’il s’agissait d’un investissement privé wallon important, générant selon lui plusieurs centaines de millions d’euros d’investissements, environ 145 millions d’euros de retombées économiques annuelles et des milliers d’emplois directs et indirects. Le ministre a plaidé pour le soutien à l’investissement et à l’activité économique en Wallonie, tandis que le député a répliqué qu’il s’agissait d’un « deux poids, deux mesures » contraire au discours gouvernemental sur la bonne gestion des deniers publics.
Les centaines de millions d’euros non mobilisées pour la transition énergétique en Wallonie
Céline Tellier et Jean-Paul Bastin ont alerté sur la suspension de plusieurs projets de parcs de batteries et de centrales photovoltaïques, évoquant des montants de 600 à 800 millions d’euros et demandant des précisions sur la gouvernance, la sécurité juridique et la capacité à accélérer la transition énergétique en Wallonie. La ministre Cécile Neven a contesté l’existence d’un blocage au niveau du Gouvernement, en rappelant que la DPR prévoit une rationalisation des structures du non régulé et que sa demande de postposer certains recrutements chez EWATe visait à clarifier ce cadre. Elle a indiqué qu’un seul projet, d’environ 30 millions d’euros, semblait concrètement engagé à ce stade, tout en soulignant la nécessité de clarifier les rôles, la transparence et la neutralité des structures concernées. Les députés ont répliqué que les retards constatés dans les renouvelables et la gouvernance énergétique restaient préoccupants, malgré l’existence du PACE 2030.
La fusion entre les intercommunales SPI et Ecetia et l’implication financière possible d’Enodia
Christine Mauel a interrogé le ministre sur la fusion envisagée entre la SPI et Ecetia en province de Liège, ainsi que sur un éventuel investissement d’Enodia, en demandant comment ce rapprochement s’inscrirait dans la stratégie wallonne de développement économique. Pierre-Yves Jeholet a répondu que le dossier relevait surtout des opérateurs et des autorités locales, tout en soulignant la nécessité de rationaliser des structures publiques pour gagner en lisibilité, cohérence et efficacité. Il a dit voir d’un bon œil cette fusion, qu’il relie à un accord provincial liégeois, et a estimé plus largement que plusieurs secteurs en Wallonie gagneraient à une simplification du paysage des opérateurs publics.
La survie des centres d’insertion socioprofessionnelle (CISP)
Dorothée De Rodder a alerté sur la fragilité des CISP, en rappelant leur taux de réussite en matière de formation et d’insertion, et a dénoncé la réduction de 2 % de leur budget ainsi que le manque de concertation avec le secteur. Pierre-Yves Jeholet a répondu que cette mesure relevait du débat budgétaire, qu’il avait déjà rencontré les CISP à plusieurs reprises, et qu’il entendait poursuivre sa réforme pour éviter les redondances et privilégier une logique de résultats. Il a également exprimé des réserves sur l’efficacité actuelle du secteur au regard de la remise au travail. La députée a répliqué qu’il n’y avait pas de réforme structurée, mais surtout des annonces, et a insisté sur l’inquiétude du secteur face à l’absence de dialogue.
La pertinence du projet «Territoires zéro chômeur de longue durée»
Anne Laffut a contesté le coût du dispositif « Territoires de réparation par l’économie sociale », qu’elle juge très élevé au regard des remises à l’emploi obtenues, en citant notamment le cas de Verviers et en demandant des données sur les 17 projets pilotes, d’éventuelles modifications et la suite à leur donner. Yves Coppieters a indiqué que plusieurs projets présentaient des résultats encourageants, que l’évaluation lancée en décembre 2024 est en cours sur base d’une autoévaluation des 17 territoires, et que des projets peu performants peuvent s’arrêter d’eux-mêmes. Il a précisé que l’objectif est à la fois la remise à l’emploi de publics éloignés du travail et l’identification de besoins non couverts, tout en annonçant que les résultats quantitatifs et qualitatifs permettront d’ajuster le dispositif. La députée a maintenu ses réserves, estimant qu’il est prématuré de conclure à des résultats probants et appelant à une rationalisation de l’écosystème de l’insertion socioprofessionnelle.
Les besoins du secteur biotechnologique et biopharmaceutique wallon en matière d’investissements et le soutien des fonds publics wallons
Freddy Mockel a relayé les critiques de la direction de BioWin sur la frilosité des investisseurs privés et, selon elle, des fonds publics wallons, en plaidant pour davantage de souplesse dans les critères d’investissement et en interrogeant la stratégie de Wallonie Entreprendre et des invests régionaux. Pierre-Yves Jeholet a rappelé que la biotechnologie est un secteur stratégique pour la Wallonie et que le Gouvernement entend renforcer la cohérence et la lisibilité de l’écosystème de l’innovation et de la recherche. Il a souligné que Wallonie Entreprendre, Sambrinvest, Noshaq et d’autres invests soutiennent déjà des dizaines d’entreprises du secteur, avec des investissements de plusieurs dizaines de millions d’euros par an, et a indiqué que ce soutien serait poursuivi. En réplique, Freddy Mockel a pris acte de cette continuité, tout en estimant que la question de la souplesse des critères et d’un éventuel renforcement des moyens restait ouverte.