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ActualitéWalloniemercredi 25 mars 2026

L’annonce d’une réorganisation chez EkoServices

Synthèse

Jean-Pierre Lepine a interpellé le ministre sur les tensions sociales chez EkoServices à Mons-Borinage, la fermeture de centrales de repassage et les réorganisations annoncées, qu’il a reliées aux récentes décisions gouvernementales en matière d’aides à l’emploi et à leurs effets sur les entreprises d’économie sociale. Yves Coppieters a répondu qu’il s’agissait d’une réorganisation interne, sans licenciements envisagés, inscrite dans une concertation sociale en cours, et a défendu le rôle de l’économie sociale dans la réinsertion professionnelle et l’emploi en Wallonie. Il a annoncé travailler à une future stratégie pour l’économie sociale à l’horizon 2030 ainsi qu’à de nouvelles aides à l’emploi avec le ministre Jeholet, afin d’assurer la continuité du secteur et d’en renforcer le potentiel.

Débat · 3 interventions

  1. Monsieur le Ministre, dans la région de Mons-Borinage – très chère à mes yeux –, de nouvelles tensions sociales émergent au sein de l’entreprise d’économie sociale EkoServices, active notamment à Mons, Jurbise et Dour. Selon les organisations syndicales, les travailleurs et les travailleuses auraient été écartés ou contraints à une réorganisation professionnelle, et ce, sans accord préalable, tandis que plusieurs centrales de repassage sont déjà fermées. Ces annonces, contestées par la direction, soulèvent néanmoins de vives inquiétudes parmi les travailleurs. Cette situation apparaît aussi comme une conséquence directe des récentes décisions du Gouvernement en matière d’aide à l’emploi. La suppression de certains dispositifs et la fin des cumuls pour plusieurs acteurs de l’économie sociale les plongent dans une incertitude brutale, les contraignant à des adaptations rapides au détriment des travailleurs. Alors que l’on parlait des APE, je vous rappelle aussi les contrats SINE qui sont très importants pour le bon fonctionnement et la tenue des entreprises d’économie sociale. Comment comptez-vous défendre les entreprises du secteur? Des mesures sont-elles envisagées pour soutenir les entreprises d’économie sociale? Il y a quelques années, le secteur se portait très bien. Il faut que cela perdure. Quelles mesures d’accompagnement sont prévues pour les travailleurs et les travailleuses – soit les familles – concernés afin d’éviter leur exclusion brutale du marché du travail?

    Agressivité 88%Constructivité 64%Factuel 75%Émotionnel 85%
  2. Monsieur le Député, la réorganisation d’EkoServices est une réalité aussi dans les domaines de l’économie sociale puisqu’on se trouve face à une tension entre des dimensions de survie économique et les dimensions sociales de réinsertion dans le monde professionnel ou dans le monde du travail des personnes les plus éloignées de l’emploi, qui est bien l’objectif de l’économie sociale. C’est l’objet de l’article qui vous amène à cette question, c’est toute la dimension de la concertation sociale qui est en cours et qui, je l’espère, va amener des pistes de solution. Il n’y a pas de licenciement d’envisagé; c’est une réorganisation interne dans l’entreprise, avec la fermeture du service de repassage. Dès lors, c’est une réorganisation entre les trois sites que vous avez cités: Dour, Mons et Jurbise. Par contre, je voudrais quand même insister sur votre question pour mettre en avant – et je le crois profondément – le rôle et la place que l’économie sociale doit jouer et va encore jouer par rapport à la croissance économique au niveau de la Région wallonne. On sait très bien que l’économie sociale, c’est déjà 14 ou 15 % de la mise à l’emploi au niveau de la Région wallonne, mais il y a des potentiels énormes. Par rapport à la réforme du chômage et la remise à l’emploi des personnes les plus éloignées de l’emploi, je crois fondamentalement à ce modèle économique. Toutefois, il faut que ce modèle se décloisonne, soit plus en lien avec l’économie «classique». Il faut aussi que ce modèle économique soit innovant dans les domaines qu’il veut couvrir. En gouvernement, on va présenter la future stratégie jusque 2030 pour l’économie sociale. On travaille aussi – et je travaille avec le ministre Jeholet – sur les aides à l’emploi, et d’autres aides vont assurer une continuité afin que l’économie sociale garde son rôle. Je vous assure que le Gouvernement wallon veut augmenter ce potentiel; c’est là-dessus que l’on travaille.

    Agressivité 39%
  3. Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour cette réponse complète. Je n’ai jamais parlé de licenciement, mais je parle plutôt de sauvetage de l’emploi. Je souhaiterais que personne ne perde son emploi. Or, la situation d’EkoServices met en lumière des tensions profondes au sein de l’économie sociale. Alors que l’entreprise bénéficie de financements publics destinés à favoriser l’emploi des publics fragilisés, les syndicats dénoncent une dérive vers une logique de rentabilité en contradiction avec la mission sociale de l’économie sociale. Les conditions de travail jugées éprouvantes et un absentéisme lié à la réalité médicale et sociale connue semblent aujourd’hui incompatibles avec des exigences accrues de productivité. Je dis bien là que la productivité ne doit pas être le leitmotiv de ce genre d’entreprise. La fermeture de centrales de repassage, qui concerne majoritairement des femmes précarisées, risque en outre d’exclure durablement ces travailleuses du marché. Si j’insistais tant sur les travailleurs que les travailleuses, c’est parce que, derrière cela, il y a des familles, des femmes et des hommes qui risquent de perdre leur emploi demain.

    Agressivité 69%Émotionnel 63%

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