Financement des soins
L’importance de soins d’urgence forts et de proximité
Vincent Crampont a alerté sur le licenciement de 13 ambulanciers chez HUmani, en soulignant leur rôle dans les missions SMUR et l’aide médicale urgente, ainsi que les risques pour la proximité des soins d’urgence en Wallonie et l’absence, selon lui, de stratégie de revalorisation du secteur hospitalier. Yves Coppieters a indiqué que la réforme hospitalière est encore en phase de réflexion au niveau fédéral, avec des avis attendus fin avril et un retour à la CIM Santé publique fin juin, où devront être fixées des balises notamment en matière d’accessibilité. Il a défendu une rationalisation de l’offre hospitalière, l’adaptation de certaines structures vers d’autres types de soins, et l’identification de solutions pour des SMUR de proximité et des centres de triage plus proches des patients. Il a également évoqué un plan d’attractivité des métiers du soin, centré sur l’amélioration des conditions de travail et la rétention du personnel.
Le mal-être croissant des Wallons
Valérie Dejardin a dénoncé la dégradation du bien-être et de la santé mentale en Wallonie, en soulignant l’allongement des délais chez les psychologues conventionnés et la saturation des services de santé mentale, et a interpellé le ministre sur l’absence de concrétisation des promesses de campagne. Yves Coppieters a répondu que la santé mentale est une priorité de santé publique, a rappelé le futur plan stratégique régional prévu par décret pour fin décembre 2026, et a annoncé l’installation dès l’automne d’un comité de pilotage et de groupes de travail. Il a également mis en avant une enveloppe de plus de 6 millions d’euros destinée à des appels à projets en faveur de la résilience des jeunes et des opérateurs de promotion de la santé. La députée a jugé ces moyens insuffisants au regard de la gravité de la situation et a demandé des actions plus ambitieuses.
Le coût des maisons de repos et l’accessibilité financière des aînés
Les intervenantes ont dénoncé la hausse importante du coût des maisons de repos, soulignant qu’elle dépasse souvent les pensions, que les écarts de prix entre établissements sont marqués et que le secteur privé bénéficie de subsides publics tout en pratiquant des tarifs élevés. Elles ont demandé davantage d’encadrement des prix, plus de transparence, un renforcement de l’offre publique et la mise en place de pistes comme un guichet unique ou l’assurance autonomie. Yves Coppieters a expliqué que les hausses s’expliquent notamment par l’indexation salariale, l’immobilier, les coûts post-Covid et les investissements, et a rappelé que la Wallonie encadre déjà les augmentations à 5 % par an hors indexation. Il a plaidé pour une réforme du financement, une meilleure régulation du secteur privé et des marges des grands groupes, ainsi qu’un renforcement du rôle de l’APA pour aider les personnes précarisées.
Les informations communiquées lors de la réunion citoyenne sur les PFAS à Braine-leComte le 15 octobre 2024
Bruno Lefèbvre a interpellé le ministre sur la communication jugée contradictoire autour des PFAS à Braine-le-Comte, notamment après la recommandation faite aux personnes concernées de ne plus boire l’eau du robinet, et il a demandé une clarification sur l’aptitude de cette eau à la consommation, d’éventuels dédommagements et le contenu du fonds budgétaire de 8 millions d’euros prévu pour les analyses sanguines et examens médicaux. Yves Coppieters a répondu qu’il n’y avait pas d’exposition environnementale supplémentaire, mais qu’en prévention il fallait limiter l’exposition des personnes déjà concernées, les PFAS à longue chaîne ayant une demi-vie longue; il a précisé que les taux mesurés à Braine-le-Comte restaient autour de 70 ng/l, sous la norme de 100 ng/l, tout en estimant nécessaire une explication pédagogique plutôt qu’une communication anxiogène. En réplique, Bruno Lefèbvre a jugé ce montant budgétaire insuffisant au regard des coûts attendus et a insisté sur la nécessité d’un message clair à la population, qu’il dit très inquiète.
La prévention en matière de santé
Anne Laffut a souligné, sur la base du rapport du KCE, que le dépistage des cancers reste insuffisant en Belgique, en particulier en Wallonie, et a interrogé la ministre sur l’existence d’objectifs chiffrés pour les réponses aux invitations envoyées en 2024 ainsi que sur l’efficacité des nouveaux moyens alloués. Elle a aussi plaidé pour une réflexion sur le modèle flamand, où les invitations sont transformées en convocations avec rendez-vous fixé à l’avance, en mettant en avant des taux de participation nettement supérieurs et des moyens administratifs plus importants. La ministre a rappelé l’importance du dépistage et l’affectation de 2,3 millions d’euros pour pérenniser les programmes de dépistage du cancer du col de l’utérus, du sein et colorectal, tout en soulignant que ces moyens doivent contribuer à améliorer la participation.
La préparation des établissements de soins aux changements climatiques
Mourad Sahli a interrogé le ministre sur l’utilisation du renforcement budgétaire de 5 millions d’euros accordé à Wallonie Santé pour aider les établissements de soins à faire face aux effets du dérèglement climatique, en demandant quelles priorités avaient été définies et selon quel calendrier les projets seraient mis en œuvre. Il a insisté sur la nécessité d’assurer la continuité des services et l’accès à des soins de qualité dans un contexte de phénomènes climatiques plus fréquents et plus intenses. Dans sa réponse, le ministre a présenté les éléments annoncés pour lancer cette initiative, appelée à concerner 40 projets. En réplique, M. Sahli a salué la dynamique engagée et l’estimation d’un retour sur investissement favorable, tout en encourageant le ministre à poursuivre dans cette voie.
Les blocages dans la fusion programmée du chu de liège et de l’hôpital de la citadelle
Diana Nikolic a interpellé la ministre sur les blocages persistants dans la fusion entre le CHU de Liège et l’hôpital de la Citadelle, soulignant l’enjeu du maintien de l’offre publique de soins et du financement fédéral lié aux volumes d’activité. Elle a proposé une intervention de la Région wallonne, voire une médiation, pour débloquer des discussions qu’elle juge dans l’impasse. La ministre a indiqué attendre d’abord une solution interne entre les deux hôpitaux, sans fermer la porte à une intervention ultérieure des autorités publiques. Nikolic a relevé qu’aucune action n’était engagée à ce stade, tout en notant que la possibilité d’une médiation restait ouverte.
La dénutrition des résidents dans les maisons de repos
Kapompole a dénoncé la persistance de la dénutrition dans certaines maisons de repos wallonnes et a estimé que, malgré des initiatives comme le label Nutrition-Santé, certaines directions privilégient encore la rentabilité au détriment du bien-être des résidents. Il a demandé comment renforcer les actions de terrain pour améliorer l’alimentation des personnes âgées en institution. En réponse, la ministre a présenté les mesures et le travail menés avec ses équipes et l’AViQ, ainsi que l’annonce d’un arrêté à venir. Kapompole a salué ces éléments tout en soulignant la difficulté de déposer plainte en raison du risque de représailles et l’importance d’un accompagnement des familles et de l’entourage.
La liquidation de deltrian
Les intervenants ont dénoncé la liquidation de Deltrian Protective Equipment, société soutenue par la Wallonie à hauteur de 49 % pour relocaliser la production de masques durant la crise covid, y voyant un échec de la stratégie de réindustrialisation et un signal négatif pour le Plan de relance. Ils ont critiqué le fait que le marché public de l’AViQ ait été attribué à une entreprise française sur base du seul critère du prix, sans critère stratégique ou d’innovation susceptible de favoriser l’industrie wallonne. Le ministre a évoqué la déception du Gouvernement, la mention d’une offre irrégulière et le fait que Wallonie Entreprendre détient 49 % de l’entreprise, tout en indiquant que des leçons devront être tirées et que des précisions seront examinées ultérieurement en commission. Plusieurs députés ont enfin insisté sur le risque de dépendance extérieure en cas de nouvelle crise sanitaire et d’arrêt des exportations.
La fin de la production de masques par deltrian
Les intervenants ont dénoncé la mise en liquidation de Deltrian Protective Equipment, société soutenue par la Wallonie pour relocaliser la production de masques durant la crise du covid-19, y voyant un échec de la stratégie de réindustrialisation et un signal négatif pour le Plan de relance. Ils ont reproché au marché public lancé par l’AViQ de ne retenir que le critère du prix, ce qui aurait favorisé une entreprise française et, plus largement, des fournisseurs étrangers, sans suffisamment protéger l’industrie wallonne. Le ministre a expliqué que l’offre de Deltrian était irrégulière ou non compétitive face à la concurrence, tout en rappelant que Wallonie Entreprendre détenait 49 % de l’entreprise. Les députés ont demandé des garanties pour l’avenir, notamment l’introduction de critères stratégiques ou d’innovation dans les marchés publics afin de sécuriser une capacité de production locale en cas de nouvelle crise sanitaire.