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ActualitéWalloniemercredi 4 février 2026

La chute des prix du lait

Synthèse

Les députés ont alerté sur l’effondrement du prix du lait, passé en quelques mois d’environ 55 à 35 centimes le litre, soit sous les coûts de production, et ont demandé des mesures urgentes pour soutenir la trésorerie des exploitations, en particulier les jeunes installés. La ministre a reconnu une situation préoccupante et a indiqué avoir saisi l’Union européenne depuis novembre, plaidant pour revoir les seuils d’activation des mécanismes de crise et pour renforcer la valorisation du lait en Wallonie par davantage de transformation et de débouchés à plus haute valeur ajoutée. Elle a également évoqué des aides à l’investissement et une concertation suivie avec les acteurs de la filière. Les intervenants ont enfin insisté sur le risque d’une nouvelle crise structurelle du secteur si aucune réponse rapide et coordonnée n’est apportée.

Débat · 34 interventions

  1. Madame la Ministre, après la crise de la grippe aviaire, la maladie de la langue bleue et les inquiétudes quant au MERCOSUR, le secteur agricole est une nouvelle fois en crise. Cette fois, c’est le secteur laitier. On assiste à une chute brutale du cours du lait. Rappelez-vous, de telles chutes ont déjà eu lieu en 2009 et en 2015. En quelques mois, on est passés de 55 centimes du litre à 35 centimes du litre. J’ajoute que les derniers chiffres datent de fin janvier. Pour rappel, le coût réel de production se situe entre 40 et 43 centimes du litre. Il ne faut pas avoir fait «maths sup» ou être ingénieur – c’est un mot à la mode aujourd’hui – pour comprendre que, si la situation perdure, on s’achemine de nouveau vers une terrible crise dans le secteur du lait. Dans le même contexte, en 2015, l’Union européenne avait soutenu une réduction volontaire de la production en injectant 0,5 milliard d’euros. Quelles mesures le Gouvernement wallon compte-til prendre pour soutenir les producteurs? Des aides ciblées pour soutenir la trésorerie de ces agriculteurs sont-elles prévues ou envisageables?

    Agressivité 80%Factuel 39%Émotionnel 77%
  2. FH
    François Huberty
    Les Engagés

    Madame la Ministre, après avoir été lourdement touchés ces derniers mois par la FCO et l’IBR, nos éleveurs laitiers espéraient une année 2026 un peu plus clémente malgré le contexte international – on a discuté du MERCOSUR et de la dermatose qui est à nos portes –, mais malheureusement, pas de répit pour eux en 2026, puisque les prix du lait se sont effondrés. Je ne vais pas revenir sur les chiffres, mais, en six mois, c’est 20 centimes en moins par litre. Quand on sait que le niveau minimal de viabilité se situe aux alentours de 4043 centimes, alors qu’il est maintenant vendu à 35 centimes le litre, c’est une véritable catastrophe. La crise approche celle de 2015, qui a balayé le secteur, vous vous en souviendrez. Cette chute des prix est synonyme de perte de plusieurs milliers d’euros pour les différentes exploitations agricoles. Je pense notamment aux plus jeunes qui se sont endettés dernièrement, qui viennent de s’installer et qui vont subir de plein fouet cette crise. Avez-vous eu l’occasion de réunir les différents intervenants du secteur? Au niveau européen, lorsqu’une crise sans précédent a eu lieu en 2015, l’Europe est intervenue à hauteur de 500 millions d’euros. D’après vous, ces leviers pourraient-ils être réactivés? La Wallonie va-t-elle activer, elle aussi, ses différents leviers pour soutenir un secteur en difficulté? Pour terminer, la surproduction est actuellement stockée dans le beurre, mais également dans les poudres de lait. Il faudrait, là aussi, voir l’impact que cela va avoir. A-t-on des leviers pour que ces produits n’inondent pas le marché une fois que les prix seront revenus à la normale?

    Agressivité 67%Constructivité 41%Factuel 54%Émotionnel 63%
  3. Messieurs les Députés, en effet, fin 2025, le secteur laitier montrait de la fragilité ; depuis quelques semaines, la situation est devenue préoccupante. Je me permets de vous lire ici le témoignage d’une agricultrice que j’ai reçu : « Je n’ai pas vu venir cette crise. En tant qu’agricultrice, je suis extrêmement triste, fatiguée et impuissante. Les nuits sont longues. Je cogite. » C’est vous dire à quel point il y a une inquiétude, une fatigue dans le secteur agricole. Il faut agir collectivement, à tous niveaux; c’est ma vision depuis le début de mon mandat. Le problème, c’est que quand vous avez une augmentation de volume importante, vous avez une baisse très rapide du prix. Entre 2024 et 2025, il y a eu une augmentation de 17 % des volumes de production et, en moyenne, une diminution de 22 % des prix. Il y a des écarts là derrière. Je vais vous illustrer un autre constat avec deux chiffres. J’ai rencontré des analystes d’une laiterie, qui m’ont donné ces ordres de grandeur: en France, 75 % du lait est transformé dans des produits qui sont consommés sur le territoire. En Wallonie, ce chiffre est de 25 %. Tout le reste part à l’export. On est donc beaucoup plus dépendants des marchés mondiaux. Que pouvons-nous faire? Tout d’abord, depuis novembre, j’ai alerté l’Union européenne sur la situation du prix du lait. J’ai également plaidé pour revoir les seuils de crise de ces mécanismes de régulation, d’intervention et de sécurité – stockage privé, et cetera – et pour revoir les seuils de crise selon l’inflation pour que le mécanisme puisse être activé en temps utile. Deuxièmement, il faut ramener de la valeur ajoutée en Wallonie. Hier, j’ai rencontré la Laiterie des Ardennes, la dernière grande laiterie belge, qui représente 30 % de la production nationale. Cela m’a confortée dans l’idée qu’il est nécessaire de diversifier les débouchés, de transformer davantage le lait en produits à plus haute valeur ajoutée. Il est nécessaire que notre production soit beaucoup plus valorisée sur le marché intérieur et beaucoup moins dépendante des prix mondiaux. Il existe des leviers et des aides à l’investissement pour les entreprises auxquels tous les acteurs et entreprises de Wallonie peuvent prétendre, ainsi que des actions rapides au niveau européen et des actions wallonnes pour renforcer le secteur laitier en Wallonie. Je reste en contact avec les organisations professionnelles et avec les acteurs de la filière.

  4. Je vous remercie, Madame la Ministre. Le lait wallon fait face à trois problèmes majeurs : la concurrence internationale – vous en avez parlé –, la fusion des laiteries – il ne reste qu’une seule laiterie – et une faiblesse structurelle due à l’isolement des producteurs. Ce qui me dérange profondément dans ce dossier, c’est qu’il donne l’impression que l’on n’a tiré aucune leçon du passé. Des crises du lait, on en a connu en 2009 et en 2015. Depuis, rien ou presque n’a été fait pour consolider la filière. En termes de production laitière, par exemple, le fromage est un produit à haute valeur ajoutée. Vous avez aussi parlé du beurre et du lait en poudre, mais ce sont toujours des initiatives locales. Il n’y a pas de structuration du secteur en tant que tel. Une fois de plus, j’ai l’impression que l’on devra agir comme des pompiers pour sauver un secteur, mais à aucun moment on n’a agi structurellement pour le transformer. À la différence des crises de 2009 et 2015, on n’a plus que la Laiterie des Ardennes pour structurer le secteur; c’est beaucoup trop peu. Il faut maintenant passer des paroles aux actes.

    Agressivité 89%Émotionnel 89%
  5. FH
    François Huberty
    Les Engagés

    Je vous remercie, Madame la Ministre, pour vos différents éléments de réponse. On se rejoint, bien entendu, sur le constat que vous avez fait: la situation est urgente, préoccupante, voire inquiétante. Il faut diversifier et trouver de nouveaux débouchés, mais il faut surtout réagir rapidement, puisque des mobilisations sont déjà annoncées par les syndicats agricoles, à juste titre, pour mobiliser à nouveau le secteur. Il faut plaider aussi, comme cela a été fait en 2015, pour activer les leviers européens et venir en aide à ce secteur qui en a énormément besoin. ###### PROJETS ET PROPOSITIONS Proposition de décret spécial remplaçant le point B de l’annexe 1 du Livre 1er des annexes de la loi ordinaire du 16 juillet 1993 visant à achever la structure fédérale de l’État, déposée par M. Borsus, Mmes Goffinet, Laffut, Hanus, MM. Evrard et Huberty (Doc. 427 (2025-2026) N° 1 et 2)

    Agressivité 55%Émotionnel 39%
  6. Monsieur le Président, je vais me faire votre interprète, puisque vous êtes à l’initiative de ce texte, et essayer très modestement de résumer la situation. J’en profite pour remercier les parlementaires luxembourgeois qui ont cosigné ce texte à l’unanimité. Ce texte qui, au-delà de l’intitulé qui peut paraître assez compliqué, est relativement simple puisque c’est un décret spécial qui ne comporte que deux articles assez simples pour changer le nom des circonscriptions électorales. Un bref rappel historique. Jusqu’en 2014, la province de Luxembourg comptait deux circonscriptions: Arlon-Marche-Bastogne d’un côté, et la circonscription de Neufchâteau-Virton de l’autre, c’est-à-dire deux entités qui étaient soumises aux règles, notamment, de l’apparentement. En 2015 et 2016, deux arrêts consécutifs de la Cour constitutionnelle et du Conseil d’État ont invité les parlementaires que nous sommes à fusionner ces deux circonscriptions, avec pour effet d’avoir un élu supplémentaire sur le territoire de la province de Luxembourg. La volonté est de changer l’appellation de cette circonscription unique, puisque, aux dernières élections, la circonscription se dénommait Arlon-MarcheBastogne-Neufchâteau-Virton. Très compliqué. Nous vous invitons aujourd’hui à simplifier tout cela à travers l’appellation «circonscription du Luxembourg». N’y voyez pas, Monsieur le Vice-Président ou mes chers collègues, une quelconque velléité ou une volonté d’un rattachement au Grand-Duché du Luxembourg, qui sont nos voisins et où nous comptons beaucoup de frontaliers. La volonté est de rendre le cadre électoral beaucoup plus lisible et conforme au territoire. Il s’agit quelque part de le valider juridiquement. C’est l’objectif recherché à travers ce texte, avec aucune évolution sur le nombre de parlementaires élus ni sur leur mécanisme de désignation. Voilà exposé, en quelques mots et d’une manière très simple, l’objet de ce décret spécial qui a fait l’objet d’un vote à l’unanimité. Nous y sommes évidemment très attachés, en province de Luxembourg, où nous avons souvent une ardeur d’avance. Nous sommes une province, d’ailleurs, qui ne comporte qu’une intercommunale en soins de santé et une seule télévision locale, une seule intercommunale de développement ou encore une seule zone de secours, ce qui en fait, vous le conviendrez, un modèle en la matière. Avec cette nouvelle appellation, nous nous inscrivons pleinement dans cette démarche de simplification et de lisibilité.

    Agressivité 37%Émotionnel 41%
  7. Brièvement, parce que nous ne gâcherons pas la fête, même si les derniers mots de M. Evrard pourraient nous inviter à discuter des bassins de vie en Luxembourg et en Wallonie, qui constituent un thème majeur pour notre avenir. Nous ne chercherons pas non plus à parler avec plus d’ardeur ni plus longtemps que M. Evrard. Nous rappellerons simplement que le programme du Gouvernement contient d’autres initiatives avec pas moins d’envergure en matière de législation électorale spéciale. Il est certainement bon que le Gouvernement ne tarde pas trop à prendre des initiatives s’il souhaite rassembler autour de ses ambitions en la matière.

    Constructivité 64%Factuel 70%Émotionnel 79%
  8. Pour rallier les propos, il est vrai que suite à la fusion des deux circonscriptions électorales, on ne peut pas dire que le nom était facile : Arlon-Marche-BastogneNeufchâteau-Virton. Comme les élections étaient conjointes régulièrement avec les élections à la Chambre, pour lesquelles le nom est déjà « Luxembourg », on apporte ici plus de cohérence et de visibilité. J’avais fait en commission une petite boutade : je m’étais étonnée du fait que l’on n’ait pas, lors de cette fusion des deux circonscriptions, adopté directement le nom « Luxembourg » qui correspond à l’identité de ces territoires. C’est important d’avoir de la visibilité et de la cohérence.

    Agressivité 63%Constructivité 73%Factuel 47%Émotionnel 72%
  9. Cela a été dit précédemment par les autres collègues, cette proposition de décret spécial propose un cadre d’harmonisation et de lisibilité pour notre circonscription électorale pour le territoire de la province de Luxembourg. Il est de coutume, dans ce genre de texte, qu’il soit ouvert à l’ensemble des députés concernés. Je remercie l’initiative. Il y aura aujourd’hui encore un vote unanime sur ce sujet en séance plénière. On voit une volonté de simplification d’écriture pour notre circonscription, dans le cadre de notre structure d’État, une dénomination plus simple, plus lisible et qui est en phase avec notre territoire, mais également – je tiens à le rappeler – avec notre province qu’est la province de Luxembourg, avec toutes ses spécificités.

    Constructivité 71%Factuel 38%
  10. Je ne résiste pas à l’envie de me joindre au concert de soutien à cette proposition. On est tous conscients que le système institutionnel en Belgique est un des plus complexes au monde. Tout ce qui peut améliorer la lisibilité des élections est le bienvenu. C’est la raison pour laquelle mon groupe a soutenu cette proposition.

    Agressivité 37%Constructivité 88%Factuel 70%Émotionnel 47%
  11. Très rapidement, depuis février 2018 et le regroupement des arrondissements de la province de Luxembourg en une circonscription électorale unique, cette circonscription portait alors le nom des principales villes et communes la constituant. On parlait de la circonscription d’Arlon-Marche-en-Famenne-BastogneNeufchâteau-Virton. Afin d’harmoniser la dénomination de cette circonscription avec celle utilisée pour les élections de la Chambre, il convient – c’est le but de ce texte – de renommer celle-ci conformément au nom du territoire provincial qu’elle couvre, à savoir celui du Luxembourg. Pour être tout à fait clair et précis, aucune modification territoriale n’est opérée par rapport aux circonscriptions électorales du territoire wallon. Il s’agit essentiellement d’une modification de dénomination, portée par l’ensemble des membres de cette noble assemblée qui ont été élus dans cette circonscription. Je les remercie, je vois qu’elle suscite beaucoup de bonheur chez les uns et les autres et je m’associe à ce bonheur ponctuel.

  12. CD
    Caroline Desalle
    Les Engagés

    Madame la Ministre, chers collègues, c’est avec conviction et enthousiasme que je vous présente une proposition de résolution visant à renforcer la promotion touristique du folklore wallon, tant en Belgique qu’à l’étranger. Le folklore, dans toute sa diversité, a pour ADN le vivreensemble. Le folklore a ce pouvoir : il rassemble, nous permet de vivre de belles émotions, tout en créant et renforçant les liens sociaux. Il met en lumière l’artisanat, les talents et contribue à notre fierté wallonne, tout en stimulant notre économie locale. Chers collègues, la proposition de résolution que je m’apprête à vous présenter, en collaboration avec mon collègue Grégory Chintinne, est appelée à évoluer tout au long de la législature. Ce n’est pas un one-shot, loin de là. Ce n’est pas un effet d’annonce. Cette proposition de résolution ne se limite pas à un calendrier particulier. C’est le fruit d’une stratégie qui, à court, moyen et long termes, permettra à notre folklore de rayonner davantage, sans pour autant dégager des moyens financiers supplémentaires. J’ai coutume de dire que lorsque l’on n’a pas d’argent, lorsque les finances ne sont pas au rendez-vous, il faut être créatif. C’est tout l’enjeu de cette proposition de résolution: valoriser le folklore wallon, en faire la promotion, l’évaluer avec les outils dont nous disposons, mais surtout avec le concours de passionnés, véritables ambassadeurs du folklore wallon. Chers collègues, avec l’ensemble des cosignataires et toutes les forces vives qui y contribueront, je m’engage à permettre à ce texte d’évoluer au rythme de notre société, et ce, tout au long de la législature. Cette proposition concerne l’ensemble des activités folkloriques organisées tout au long de l’année et qui sont représentatives de nos territoires. Quand je parle de territoire, je fais référence à l’étude orchestrée par l’Observatoire wallon du tourisme sur la perception du tourisme qu’ont les citoyens vis-à-vis de leur commune, de leur région, et qui met en exergue que 67 % des citoyens interrogés en sont fiers. Ce qui est intéressant dans cette enquête, c’est le sentiment de fierté et d’appartenance. Qui plus est, les citoyens souhaitent s’impliquer davantage dans la vie communautaire. À l’heure où le climat géopolitique est anxiogène, où nous avons besoin de bienveillance et de nous serrer les coudes, laissez-moi vous présenter notre proposition de résolution visant à renforcer la promotion touristique du folklore wallon en Belgique et à l’étranger. Le folklore wallon constitue un patrimoine vivant d’une richesse exceptionnelle dont l’importance n’est plus à démontrer: carnavals, grands feux, Ducasse, Marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse, processions et bien d’autres manifestations rythment la vie de nos territoires. Chaque localité perpétue fièrement ses traditions, parfois séculaires. Celles-ci sont le reflet de nos identités locales. Elles savent évoluer avec leur temps, par exemple, avec des réflexions autour d’une meilleure intégration des femmes. Les manifestations folkloriques jouent un rôle essentiel pour le vivreensemble, dans un contexte marqué par la polarisation de nos sociétés et par des tensions géopolitiques qui affectent également notre quotidien. Elles rassemblent de nombreux participants et un vaste public. À titre d’exemple, le carnaval de Binche mobilise chaque année environ 1 400 acteurs et attire plus de 150 000 visiteurs, tandis que l’ensemble des Marches folkloriques de l’Entre-Sambre-et-Meuse rassemble plus de 15 000 marcheurs, et des milliers de spectateurs dans chaque ville ou village. Plusieurs de ces folklores sont inscrits au patrimoine culturel immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, comme le Goûter matrimonial d’Écaussinnes, le carnaval de Malmedy, le lætare de Fosses-la-Ville, le Grand Feu de Barbençon ou encore le carnaval de Florenville. Certains bénéficient également d’une reconnaissance par l’UNESCO, parmi lesquels le carnaval de Binche, les géants et dragons processionnels, les marches de l’Entre-Sambre-etMeuse ou les joutes sur échasses de Namur. Cette reconnaissance internationale est particulièrement importante. Elle accroît la visibilité de ces traditions, encourage leur sauvegarde active et promeut les valeurs de respect des droits humains et de dialogue entre les communautés. C’est précisément dans le cadre de ces reconnaissances, qui relèvent des compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles, que la question de la place des femmes est soulevée. Inutile de rappeler les nouvelles règles instaurées en la matière par le décret du 7 septembre 2023 relatif à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et sa charte éthique. Cette dernière inscrit explicitement le respect de l’égalité des genres comme condition pour obtenir ou maintenir une reconnaissance. Comme la ministre en charge de la Culture l’a précisé, des actions sont menées en Fédération, notamment en matière d’accompagnement et d’établissement d’un outil méthodologique de concertation. La place des femmes fait l’objet d’une attention particulière en Fédération Wallonie-Bruxelles, évolution à laquelle je suis particulièrement sensible. Si cette nécessité est évoquée dans les considérants de la résolution, il apparaît néanmoins que cette dernière relève actuellement des compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles et non de celles liées à la promotion touristique. D’où l’importance de faire évoluer le texte tout au long de la législature. Dans cette proposition de résolution, je souhaite mettre en avant l’atout majeur que constitue le folklore pour le tourisme en Wallonie, pas seulement l’un ou l’autre événement, mais la richesse et la diversité de nos traditions folkloriques. Le folklore wallon incarne une authenticité à laquelle chaque visiteur est invité à prendre part. Derrière ces événements, il y a des passionnés, des participants, de génération en génération, des artisans, des musiciens. Ces moments sont autant d’occasions de découvrir des histoires, des pratiques culturelles, des costumes et des savoir-faire uniques. Le folklore est bien plus que des traditions, il est notre fierté wallonne. Comme nous le rappelons régulièrement dans le cadre de notre Commission du tourisme et du patrimoine, le tourisme est un secteur économique à part entière. En Wallonie, il représente quelque 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 4 % de la valeur ajoutée brute régionale et près de 65 000 emplois. Le folklore constitue une composante importante, générant une activité économique significative pour de nombreux acteurs locaux: commerçants, établissements HORECA, artisans spécialisés, louageurs de costumes ou encore fabricants et réparateurs d’accessoires folkloriques. Pour certains, ces événements représentent une part essentielle de leur chiffre d’affaires annuel. Le folklore attire déjà un public nombreux. Si la majorité des spectateurs sont Wallons, des visiteurs venus de toute la Belgique et de l’étranger participent également à ces manifestations. Le potentiel touristique de ces événements folkloriques pourrait toutefois être renforcé, générant ainsi davantage de retombées économiques. Ce constat est confirmé par l’étude «Stratégie Tourisme 2030», réalisée en 2021 par le cabinet Roland Berger, en collaboration avec le Commissariat général au tourisme et VisitWallonia. Cette étude identifie l’axe «Authenticité, folklore, culture et patrimoine» comme un levier prometteur, complémentaire à l’axe déjà bien établi «Nature et évasion». Elle souligne que la Wallonie se distingue clairement de ses régions voisines par la richesse de son folklore. De surcroît, cette étude identifie la promotion de l’identité culturelle wallonne dans les régions voisines comme levier de développement touristique. La valorisation de cet axe «Authenticité, folklore, culture et patrimoine» permettrait de fidéliser davantage les touristes belges, d’attirer un public international plus large et de prolonger la durée des séjours, notamment durant des périodes de moindre affluence, au bénéfice des hébergements, de l’HORECA et des attractions touristiques locales. Ces considérations trouvent d’ailleurs un écho dans la Déclaration de politique régionale. Il y a une véritable opportunité à saisir en mettant en avant l’authenticité de notre folklore, ce qui correspond précisément aux tendances touristiques actuelles. Fort de ces constats, et afin de capitaliser pleinement sur le folklore wallon comme vecteur d’attractivité et de rayonnement au-delà de nos frontières régionales, il apparaît indispensable d’intensifier la promotion des manifestations traditionnelles emblématiques, tant en Belgique qu’à l’étranger. Pourquoi ne pas viser d’autres événements culturels? Le folklore fait pleinement partie de la culture, mais ne la résume pas à lui seul. L’ambition de ce texte est volontairement ciblée: il s’agit de valoriser le folklore. Même si la Wallonie regorge d’atouts culturels qu’il convient de promouvoir, cette résolution entend se concentrer sur ce champ spécifique, faire preuve de créativité et examiner les leviers adaptés à ses réalités propres. Nos politiques doivent davantage soutenir le folklore et l’intégrer plus étroitement encore dans la stratégie touristique régionale. Derrière ces traditions folkloriques, ce sont avant tout des liens humains qu’il convient de préserver, de valoriser et de partager. Pour la Région wallonne, il s’agit de s’appuyer sur VisitWallonia et sur les organismes touristiques qu’elle soutient en renforçant toutes les synergies possibles. Ainsi, les citoyens pourraient être davantage associés à la mise en valeur de leur folklore. Cela permettrait de mettre des visages derrière des bénévoles, des associations, des artisans qui œuvrent sans compter leurs heures et participent à la réussite et au rayonnement du folklore wallon, de développer la communauté existante qui promotionne le folklore, d’aller à la rencontre de celles et ceux qui organisent et coordonnent afin d’entendre les recommandations du terrain. Enfin, une évaluation spécifique du tourisme lié au folklore permettrait d’en mesurer l’impact et d’orienter les actions futures. Pourquoi chercher systématiquement à mobiliser des moyens supplémentaires? Ne pouvonsnous pas d’abord chercher à faire mieux avec ce qui existe déjà en définissant des priorités, en renforçant la coordination et en mobilisant l’ensemble des acteurs autour d’objectifs communs? C’est bien là tout l’enjeu de cette résolution. Concrètement, cette proposition de résolution formule huit demandes à l’intention du Gouvernement wallon. La première demande est globale et vise à renforcer la promotion touristique du folklore wallon en Belgique et à l’étranger, afin d’en accroître la visibilité et les retombées économiques. Je ne remets pas ici en cause le bon travail de nos services de promotion touristique, mais je souhaite que les pratiques puissent évoluer sans cesse dans ce sens. Ensuite, il est demandé à VisitWallonia qu’elle intensifie la promotion de l’identité authentique, accueillante et conviviale de la Wallonie à travers les événements folkloriques, en particulier ceux à fort impact médiatique et économique. Il est également demandé que des campagnes de grande ampleur, à l’image de la campagne «Fin de l’hiver» menée en 2025, soient multipliées et amplifiées en mobilisant l’ensemble des canaux de communication pertinents. De plus, il est essentiel que les maisons du tourisme, en collaboration avec les offices du tourisme, renforcent la promotion des événements folkloriques représentatifs de leur territoire en diffusant clairement leurs dates et en favorisant leur mise en réseau avec les acteurs touristiques associatifs et économiques locaux. Il est également nécessaire d’évaluer plus précisément le tourisme lié au folklore wallon, notamment en intégrant des rubriques spécifiques dans les enquêtes de l’Observatoire wallon du tourisme et en mobilisant les données collectées par VisitWallonia. Il s’agit d’aborder cette évaluation de manière pragmatique: capitaliser avant tout sur les enquêtes déjà existantes, en intégrant des questions ciblées afin de mieux cerner le segment touristique lié au folklore. Nous avons en effet constaté qu’il existe aujourd’hui très peu de données chiffrées en la matière, alors même que son attractivité mérite d’être mieux objectivée. La résolution propose également d’inclure les citoyens dans la promotion touristique de leur folklore. En effet, 67 % des personnes interrogées dans le cadre de l’enquête sur la perception du tourisme réalisée par l’Observatoire wallon du tourisme se disent fières d’habiter leur commune. De plus, une personne sur cinq parmi celles interrogées dans le cadre de cette même enquête souhaite s’impliquer davantage dans le développement touristique de leur commune. Dans ce contexte, la création d’un concept «ambassadeur du folklore de Wallonie» pourrait être envisagée. L’idée derrière ce concept s’inspire largement de l’initiative des ambassadeurs de la propreté portée par Be WaPP. Il s’agirait de permettre aux citoyens et aux citoyennes passionnés par leur folklore de s’engager activement dans la promotion et la valorisation de celui-ci. Cet engagement pourrait être encadré par une charte et accompagné d’outils concrets, comme un guide des contacts avec les organismes touristiques afin de structurer leurs initiatives et de leur donner les moyens d’agir efficacement sur le terrain. De même que des communautés existent et méritent davantage d’être mises en lumière. L’organisation d’événements comme des salons dédiés au folklore, où se partagent de bonnes pratiques et matériels, est encore trop méconnue. Ce concept est aujourd’hui lancé comme une piste de réflexion, et le travail ne fait que commencer. Il a pour vocation d’évoluer, de s’enrichir et de se construire collectivement au fil des échanges et des travaux à venir. Il est également proposé d’analyser l’opportunité d’un soutien renforcé aux événements folkloriques wallons. Il nous faut faire preuve de créativité et identifier les opportunités que nous pouvons saisir parmi les différents leviers à notre disposition. En commission, plusieurs collègues ont évoqué la situation de certaines communes, contraintes de réduire leurs subsides au folklore ou de facturer certains services sous la pression financière liée au plan Oxygène. Il est important de ne pas tout confondre. L’autonomie communale doit jouer son rôle, laissant à chacun la possibilité d’attribuer des mesures de compensation. Des solutions existent, et cela se vérifie sur le terrain. Enfin, il est proposé de consolider les synergies avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette recommandation ne remet pas en cause le transfert de compétences en matière de patrimoine culturel, prévu dans les Déclarations de politique communautaire et régionale, transfert qui demeure à ce stade impossible, vu l’absence d’interlocuteur à la Région bruxelloise. C’est pourquoi ce texte est fondamentalement évolutif. Pour conclure, vous l’aurez compris, l’ambition de la résolution que je vous invite à soutenir, tout comme elle a été soutenue en commission, met en exergue deux points importants. D’une part, le vivre ensemble, fondateur de notre folklore, et d’autre part, l’ensemble des acteurs de notre folklore, sans lesquels celui-ci ne pourrait exister et perdurer. J’insiste sur l’ambition fondatrice de cette proposition de résolution qui est de soutenir notre folklore et de le positionner comme un véritable levier de rayonnement pour la Wallonie. Je remercie l’ensemble de la Commission pour les échanges constructifs que nous avons eus, ainsi que l’ensemble de tous les collaborateurs qui ont contribué à l’élaboration de cette proposition.

    Agressivité 73%Constructivité 88%Factuel 67%Émotionnel 96%
  13. Je remercie Mme Desalle pour la présentation du texte. Chers collègues, le mois de février est certainement le meilleur moment pour parler du folklore wallon, puisque de nombreuses régions vivront au rythme des carnavals durant plusieurs semaines. C’est sûrement pour cette raison que nos collègues ont choisi ce moment pour préparer leurs résolutions. La richesse de notre folklore ne se limite pas au seul carnaval, puisque nous pouvons également citer les marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse, le Lumeçon de Mons ou encore la Ducasse d’Ath, sans oublier les grands feux, comme celui de Bouge, et bien d’autres activités. Le débat que nous avons mené en Commission a permis de démontrer l’attachement et le lien affectif qui existe entre chacune et chacun d’entre nous avec les manifestations folkloriques de nos régions respectives. Nos discussions sur ce texte ont permis de rappeler que l’eau, cela mouille. C’est une évidence. La Wallonie promeut déjà son folklore grâce aux actions de VisitWallonia. J’ai ainsi pu rappeler que dès février 2025, Mme la Ministre avait apporté une réponse complète sur les actions déjà menées par VisitWallonia, afin de mettre en lumière le folklore wallon et d’en faire une véritable source d’attractivité pour les touristes, qu’ils soient wallons ou venant de l’étranger. Pour rappel, parmi ces actions, on retrouve déjà des campagnes de promotion, tant en Belgique qu’à l’étranger, des partenariats médiatiques avec des médias locaux et internationaux, la participation à des événements et à des salons pour promouvoir les carnavals wallons, la réalisation de communiqués de presse et d’interviews spécifiques en amont du congé de détente, la mise en avant des carnavals wallons sur le site web de VisitWallonia, grâce à des pages qui leur sont spécifiquement dédiées, ainsi que la présence de la promotion sur les réseaux sociaux. VisitWallonia est aussi active sur Facebook et sur Instagram, et partage des publications régulières, des stories et des vidéos en direct pour maintenir l’intérêt des abonnés et attirer de nouveaux visiteurs. La liste est déjà bien fournie. Toutefois, puisque la majorité elle-même semble, par le dépôt de cette résolution, penser que Mme la Ministre n’en fait pas encore assez, nous avons fait le choix d’emboîter le pas et de soutenir le texte. Après tout, il est rare que des députés de cette majorité Azur demandent au Gouvernement de dépenser plus. Nous espérons qu’ils nous rejoindront dans les prochaines semaines et lors des futurs débats budgétaires, lorsque nous demanderons au Gouvernement de dépenser plus pour soutenir les aidants proches, les mères et les familles monoparentales, ou encore les personnes exclues du chômage et les services qui doivent les accueillir, pour renforcer aussi le secteur de la lutte contre le sansabrisme, en débloquant enfin les arrêtés attendus depuis le mois de juillet 2024, et cetera. Chers collègues, la liste est longue. Monsieur le Président, je me contenterai de ces quelques exemples pour ne pas nous éloigner du sujet prioritaire des députés du MR et des Engagés: le renforcement de la valorisation touristique du folklore wallon. Lors des échanges, comme nous, Mme la Ministre a fait le constat des nombreuses actions déjà mises en place en matière de tourisme et de folklore. Elle a rappelé que le folklore est déjà bien repris dans la stratégie touristique wallonne et qu’il s’agit d’un élément de l’attractivité touristique de notre Région. À ce titre, il doit s’intégrer dans la stratégie globale de VisitWallonia, en articulation avec les autres formes de tourisme. Comme Mme la Ministre le rappelait également, nous sommes convaincus que les maisons du tourisme jouent déjà un rôle important dans la promotion des festivités. En soutenant cette résolution, il s’agit pour mon groupe et moi-même de témoigner avant tout de notre soutien aux nombreux acteurs économiques qui œuvrent au sein du folklore, au sein du tourisme et qui sont, au-delà de ces considérations, vecteurs d’emplois locaux. Nous donnons donc rendez-vous à nos collègues de la majorité pour les futurs débats budgétaires. Nous verrons alors si les actions se joignent à la parole et si des moyens complémentaires se débloquent. Sans cela, la résolution examinée aujourd’hui n’aura été qu’un coup de communication. Chers collègues, si cette résolution enfonce des portes ouvertes et reprend des actions qui, de l’aveu même de Mme la Ministre, sont déjà existantes et ne pourront matériellement pas être renforcées, nous voterons en faveur de la résolution, car nous sommes convaincus que le folklore wallon, mais surtout les femmes et les hommes qui le font vivre, mérite aussi un coup de projecteur et un soutien fort afin de partager avec tous les Wallons, toutes les Wallonnes et leurs voisins, leur amour et la richesse de leur passion. Le folklore permet de tisser du lien social et, le temps d’un moment festif et léger, de faire communauté. On sait à quel point c’est essentiel, et c’est peut-être ce qui fait le plus défaut aujourd’hui dans notre société où l’individualisme, le rejet de l’autre et la différence sont croissants et renforcés par certains discours politiques, parfois même au sein même de notre assemblée.

    Agressivité 36%Constructivité 58%Factuel 50%Émotionnel 57%
  14. Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement, chers collègues, la résolution que nous vous présentons ce mercredi est le résultat de différents constats. Un premier constat, celui d’un folklore wallon constituant un patrimoine vivant d’une grande richesse, ancrée dans nos territoires et participant à leur identité. Les carnavals, les grands feux, les marches folkloriques de l’Entre-Sambre-et-Meuse ou encore les processions sont des traditions qui créent les paysages et les agendas des communes wallonnes. Un second constat, celui d’une absence de données précises concernant le folklore wallon, imposant presque ainsi que les hypothèses restent des hypothèses. L’évaluation spécifique du tourisme concernant le folklore est indispensable afin d’orienter les politiques futures. Cette demande répond à une nécessité, car aujourd’hui, personne ne peut quantifier précisément l’impact touristique du folklore. J’ai ainsi souligné ce contexte voici cinq ans, alors que le folklore, à l’instar d’autres secteurs, s’organisait durant la période covid. Le folklore wallon n’est pas figé puisqu’il s’adapte à l’histoire et c’est ainsi qu’il est un vecteur de cohésion sociale. Le folklore, c’est aussi un véritable levier économique. Ma collègue en a parlé: le tourisme représente 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 4 % de la valeur ajoutée brute de la Région, plusieurs dizaines de milliers d’emplois concernés par notre tourisme régional, des centaines de milliers de visiteurs, des milliers d’acteurs soutenant l’HORECA, les hébergements, les commerces et les savoir-faire. Il s’agit de renforcer la promotion du folklore en informant les visiteurs belges et un public international plus large. Cette proposition de résolution formule huit demandes réalistes et cohérentes avec les missions de VisitWallonia, les maisons du tourisme et l’Observatoire wallon du tourisme. Cette proposition ne remet pas en cause les actions déjà en cours de VisitWallonia ou des structures précitées. Que du contraire, puisqu’elle s’appuie sur ces outils. Cette proposition de résolution propose de structurer, étendre et coordonner. C’est précisément l’objet de cette résolution: garantir une coordination organisée pour plus de clarté et d’effet du folklore sur le tourisme wallon. Si les campagnes actuelles sont utiles, l’objectif est de cibler davantage le folklore afin de lui conférer une attention spécifique et stratégique, et de souligner le potentiel levier qu’il représente. Une action existante n’empêche pas d’identifier un potentiel supplémentaire. Je souhaite aussi souligner tout l’intérêt d’engager une réflexion autour du concept d’ambassadeur du folklore de Wallonie. En effet, les études montrent qu’une personne sur cinq souhaite s’impliquer davantage dans la promotion touristique de sa commune. Comment, dès lors, ne pas structurer cet engagement citoyen, puisque cela aurait pour conséquence positive de créer un relais humain des traditions locales et régionales? Le concept d’ambassadeur est volontairement ouvert afin de permettre une coconstruction avec les acteurs de terrain. En outre, je précise tout l’intérêt de renforcer les synergies entre les compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région wallonne, respectivement concernant le patrimoine culturel immatériel et le tourisme. Le transfert de compétences prévu dans la DPR est un processus complexe et technique qui prend du temps. Doit-on pour autant être oisif en attendant sa réalisation? La proposition de résolution ne préjuge pas du transfert de compétences et travaille à faciliter une coordination efficace entre les deux Parlements. C’est une action de bonne gouvernance. Ainsi, cette proposition de résolution ne crée pas de nouvelles contraintes, ne s’oppose pas à la DPR, ne critique pas les plans appliqués actuellement et n’impose pas de moyens supplémentaires. Il ne s’agit pas d’engager des dépenses, mais plutôt de structurer, d’établir un plan systématique de valorisation et d’information du folklore wallon. Cette proposition de résolution requiert l’établissement d’un réseau via une démarche d’harmonisation et d’une visibilité accrue des événements folkloriques. Cette proposition de résolution propose une ligne cohérente, réaliste et constructive pour que le folklore revête un pan du véritable levier de rayonnement et d’attractivité touristique et économique de la Wallonie, avec pour objectif de valoriser la fierté wallonne et l’identité des territoires. Il ne s’agit pas d’opportunisme en cette période de carnaval, comme j’ai pu l’entendre, mais bien de valoriser le folklore wallon dans son ensemble, quel que soit l’agenda. Pour conclure, promouvoir un secteur n’a jamais eu d’effet négatif. Cette proposition de résolution dépend d’une logique de coordination, de visibilité et d’évaluation.

    Agressivité 37%Constructivité 41%Émotionnel 37%
  15. JD
    Jori Dupont
    Indépendant

    Je prends la parole aujourd’hui sur cette proposition, comme en commission, avec un certain sentiment mitigé. En soi, cette résolution, portée par le MR et Les Engagés, qui vise à valoriser le folklore, est une belle intention en apparence. En effet, qui est contre le folklore et contre le carnaval, contre les sociétés folkloriques en Wallonie ? On a hésité un peu entre s’abstenir ou être pour cette résolution. Je l’avais dit d’ailleurs en commission : elle est tellement belle, mais tellement vide que c’est difficile d’être contre le vide. Il y avait quelques éléments, comme renforcer la promotion du tourisme, encourager les maisons du tourisme à promouvoir le folklore – comme si elles ne le faisaient pas –, analyser l’opportunité de soutenir de manière renforcée les événements folkloriques. Qui veut être contre ces propositions? Vous vous en êtes d’ailleurs bien félicités dans la presse après notre commission. C’est là que réside une petite forme d’hypocrisie dans cette démarche. Vous proposez ici une résolution pour soutenir le folklore, tandis que, dans le même temps, votre politique, la politique du Gouvernement MR-Les Engagés, menace directement la survie du folklore. En commission, lorsque j’ai dénoncé la fin de la gratuité des salles communales, imposée par le Gouvernement wallon, votre Gouvernement, Madame la Ministre, vous m’avez rétorqué que je mélangeais les débats. Je vous le dis clairement: c’est vous qui essayez de dissocier l’indissociable. J’avais pris quelques exemples, je vais les reprendre, je les trouvais très intéressants: les Gilles de Jemappes. Il y a cinq sociétés différentes de Gilles. Jusqu’à présent, lorsqu’elles souhaitaient louer une salle communale, c’était gratuit. À partir de 2026, elles vont devoir payer plusieurs centaines d’euros pour l’utilisation de ces mêmes salles communales. Pourquoi? Parce que votre Gouvernement, via le ministre François Desquesnes, interdit désormais la gratuité des salles communales dans le cadre du plan Oxygène, qu’il impose aux communes. Ces communes sont sommées, obligées par votre majorité d’aller chercher de l’argent là où c’est possible. Comment pouvez-vous sérieusement prétendre valoriser le folklore alors que vous avez voté et appliqué des règles qui obligent les communes à faire payer des redevances pour la moindre utilisation d’un bien public? Ces sociétés, souvent des associations, qui fonctionnent avec des budgets minuscules et grâce à la passion de leurs bénévoles et de leurs membres, se voient aujourd’hui présenter des factures pour l’utilisation de salles communales ou de matériel comme des chaises ou des tables. Votre résolution, au final, est un peu un vœu pieux, un écran de fumée. Elle dit, d’une main, que l’on va aimer le folklore, et de l’autre, que l’on va lui retirer les moyens concrets de matériellement s’exercer. C’est un folklore de vitrine, un folklore réduit à des slogans politiques déconnectés de la réalité financière de ceux qui le font vivre. C’est pourquoi on s’est dit: comment pourrait-on améliorer votre proposition pour qu’elle soit un peu plus concrète, que ce ne soit pas juste du vide? On voudrait vous proposer un petit amendement très simple, de bon sens, qui est concret, un amendement qui agit là où votre résolution ne fait que parler. Notre amendement répond à cette problématique. Je vais même vous le lire, je trouve cela pertinent: «D’ajouter une neuvième demande du Parlement au Gouvernement de laisser la possibilité aux communes de mettre à disposition gratuitement leurs salles communales et autres matériels communaux aux sociétés folkloriques». Cela rendrait cette proposition un peu concrète, avec un vrai point, quelque chose de tangible, pas juste des vœux pieux. Je vous propose de rajouter ce point. Là, je trouverais que votre résolution vaudrait le coup et je voterais pour avec plaisir. Par contre, si vous n’êtes pas en accord avec cette proposition, on va s’abstenir parce que voter juste pour voter du vide, si cela fait plaisir à la majorité, faites-le. Mais on sait très bien ce que vous avez fait, derrière, au niveau des pouvoirs communaux. Mesdames et Messieurs des partis de la majorité, c’est un peu l’heure de la cohérence. Si votre attachement au folklore est vraiment sincère, votez cet amendement, montrez que derrière les belles paroles de cette résolution – parce qu’il y en a –, il y a une vraie volonté politique d’agir concrètement pour alléger le fardeau financier de nos sociétés folkloriques. Refuser cet amendement, ce serait confirmer ce que l’on soupçonne un peu: que votre résolution est surtout une opération de communication destinée à masquer les effets dévastateurs de votre politique d’austérité sur la vie associative et culturelle de nos villages et de nos villes. Ne mélangeons pas les débats, Madame la Ministre; relions-les et agissons de façon solidaire, logique. Votez pour la gratuité. Votez pour le folklore. Votez pour cet amendement.

    Agressivité 39%
  16. Le folklore, c’est l’ADN de notre région. Il suffit, chers collègues, d’aller voir le compte rendu de la séance de commission. Tout le monde y a été de son exemple : les Fêtes du 15 août, le Doudou à Mons, le Crossage de Blaton ; ces moments sont bien plus que des événements inscrits à l’agenda. Ce sont les ciments de notre convivialité et de notre vivre-ensemble, dont la réputation dépasse largement nos frontières. Tout le monde est d’accord à ce sujet. Par contre, dans le groupe Ecolo, on soutiendra cette résolution sur le principe. Comme le disait le collègue qui m’a précédé: qui ne le ferait pas? Cette résolution ne dit pas grand-chose de plus que ce qui se fait déjà. En commission, j’ai posé beaucoup de questions, à part éventuellement sur l’ambassadeur du folklore de Wallonie. Mme Desalle a bien répété que l’on ne mettrait pas 1 euro en plus, que c’était une position de principe. On a donc cherché à gratter ce qu’il y avait dans cette résolution qui ne se faisait pas déjà, ou que l’on ne puisse pas faire sans cette résolution. La réponse est: rien. On la soutiendra donc sur le principe. J’avoue que je me suis aussi posé un bon nombre de questions, en me disant: mais, finalement, pourquoi proposent-ils cela? Certainement, c’est le moment des carnavals et il doit y avoir une issue médiatique. Soit. L’avenir politique nous dira à quoi cette résolution servira. Je vais néanmoins saisir l’occasion pour développer trois points politiques qui nous sont chers dans les valeurs du folklore. Vous comprendrez que, s’il fallait les inclure directement, il faudrait revoir toute la proposition de résolution. Je vais donc profiter de cette résolution un peu vide pour essayer d’y mettre du contenu Ecolo. La première chose, c’est une connexion vitale au territoire et à son patrimoine. Pour Ecolo, le folklore n’est pas qu’une succession d’événements, le folklore crée une connexion organique entre les citoyens et leur territoire. Par exemple, on a parlé des grandes marches, dont la très célèbre de l’Entre-Sambre-et-Meuse, mais aussi de grands feux qui marquent le passage des saisons. Ces traditions sont des occasions de s’attacher à nos paysages et à notre patrimoine local. C’est une vraie plus-value pour la Wallonie, qui renforce le sentiment d’appartenance, qui dynamise la vie sociale et qui valorise notre cadre de vie. Cette connexion reste vivante et, pour ce faire, il ne faut pas oublier ceux qui en sont les garants et les garants matériels, c’est-à-dire ces artisanes et ces artisans, ces familles qui transmettent, bien souvent de génération en génération, les savoir-faire liés aux costumes, aux instruments, et qui font face aujourd’hui à des défis économiques majeurs. On a eu l’occasion d’en parler lourdement, notamment pendant la période du covid-19. Les soutenir, c’est également garantir que notre folklore reste une réalité bien ancrée dans notre terrain. Pour nous, ce point aurait dû faire l’objet de mesures concrètes dans une proposition de résolution, si l’on voulait vraiment faire bouger les lignes. Le deuxième point politique, c’est un avenir ouvert aux formes émergentes et à l’inclusion; personne n’en a parlé. C’est important, le folklore n’est pas une pièce de musée figée dans une vitrine, c’est une matière vivante. Nous devons élargir notre vision aux initiatives culturelles qui investissent l’espace public aujourd’hui. Des événements comme Namur en mai, les Sentiers d’art à Gesves ou la Biennale de la photographie à Marchin constituent de beaux exemples de nouveaux vecteurs de cette convivialité wallonne. Ils mériteraient d’être intégrés dans notre réflexion sur l’attractivité de nos territoires. C’est bien pour cela que je viens le dire à cette tribune. Enfin, l’avenir du folklore par rapport à cet avenir ouvert aux formes émergentes et à l’inclusion passe par une inclusion réelle – je pense notamment à la place des femmes. Je remercie Mme Desalle d’avoir réintroduit ce petit chapitre sur la place des femmes, elle a d’ailleurs fait hommage à tout le travail de Bénédicte Linard, qui est ici dans cette assemblée, concernant l’inclusion dans le folklore et dans le patrimoine immatériel de la place des femmes. Citons notamment la reconnaissance des Échasseuses de Namur. Le troisième point de fond politique, c’était la liberté d’expression qui ne doit pas être à géométrie variable. C’est, last but not least, notre troisième point. Soutenir le folklore, c’est accepter l’essence même de ces fêtes, c’est-à-dire l’expression, la liberté de celles-ci et la part d’impertinence qui l’accompagne. On ne peut pas, d’un côté, proposer une résolution de promotion du folklore et, de l’autre, condamner de manière acerbe certaines expressions caricaturales ou satiriques sur le pouvoir en place. Je suis désolée de faire le lien entre le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et ici – je pense à la discussion qui a eu lieu au sein de la Commission de la culture quant à la pinata du Carnaval du Nord à Liège qui a, de notre point de vue, suscité des réactions disproportionnées de la part du MR, parce que leur président y était caricaturé. Le folklore, et particulièrement le carnaval, c’est historiquement un temps de critique sociale. C’est un exutoire où la hiérarchie s’inverse, où l’on se moque du pouvoir en place. Promouvoir le folklore, c’est l’accepter dans sa légalité, même s’il nous bouscule ou nous déplaît. En conclusion, le groupe Ecolo votera pour cette résolution parce que, pour nous, elle ne change rien à ce qui se fait actuellement, donc pourquoi pas, mais avec une mise en garde: le folklore ne doit pas devenir une simple vitrine touristique avec une image de façade pour brochure en papier glacé. Ce qui fait la force et la fierté de la Wallonie, c’est son folklore sincère, celui qui bat au cœur de nos quartiers, qui rassemble, qui accepte d’être vivant, parfois impertinent. C’est à cette sincérité et non à une simple stratégie de marketing que nous donnons notre plus grand soutien. Merci de m’avoir écoutée.

    Agressivité 55%Constructivité 56%Factuel 49%Émotionnel 53%
  17. Me voilà à présent ministre du Folklore. Je vous remercie pour le dépôt de cette résolution. Elle met en avant le poids économique de notre secteur touristique, ce qui me réjouit. Le folklore est un atout et un point fort de l’offre touristique de la Wallonie. Ce folklore est déjà bien intégré dans les actions menées, tant par Tourisme Wallonie que par VisitWallonia. Le folklore doit continuer à s’inscrire dans la stratégie globale de valorisation de notre offre touristique, avec toutes ses autres composantes et ce qui constitue son attractivité, que je ne vais pas citer de manière exhaustive et que vous connaissez tout aussi bien que moi. Le folklore est un point fort de notre offre touristique. Au-delà du folklore et de l’ensemble des événements cités dans les interventions respectives de chacun des députés, c’est important de capitaliser et de retenir les visiteurs qui se rendent dans ces événements, pour les inciter à prolonger leur séjour et à consommer davantage sur notre territoire, en faisant rayonner autour d’eux l’ensemble de l’offre touristique, pour qu’ils puissent en bénéficier et ainsi engendrer de nouvelles retombées économiques. Vous connaissez mon attachement à valoriser les grands événements, qu’ils soient culturels, folkloriques ou sportifs, par ce qu’ils représentent en termes d’impacts médiatiques, mais aussi économiques. Le folklore doit en faire partie. En ce qui concerne les maisons du tourisme, nous devons continuer à les sensibiliser et à valoriser tous les événements folkloriques qui composent leur territoire. Nous savons tous qu’elles le font déjà très bien. On doit continuer à les encourager à travailler de la sorte. Le concept d’ambassadeur de territoire est très intéressant, parce que c’est une composante forte du tourisme durable. C’est se reposer sur les habitants euxmêmes, sur ces gens qui vivent le territoire, qui en connaissent l’histoire, qui le font vivre notamment à travers le folklore. C’est un concept sur lequel tant VisitWallonia que les organismes touristiques pourraient capitaliser, pour encore vendre mieux l’ensemble de nos événements folkloriques. Je rejoins pleinement les auteurs de la résolution sur l’importance du folklore pour l’attractivité touristique, mais aussi pour les retombées économiques. La valorisation existe déjà, mais il conviendra de veiller à ce que demain, cette structuration soit encore optimalisée à travers VisitWallonia et Tourisme Wallonie. Cela passera notamment par l’étude du modèle d’ambassadeur du folklore.

    Agressivité 86%Constructivité 100%Factuel 99%Émotionnel 100%
  18. CD
    Caroline Desalle
    Les Engagés

    Cette proposition de résolution ne remet pas en cause les actions déjà en cours par VisitWallonia et les outils existants, mais permettra davantage de mettre en lumière celles et ceux qui se mobilisent toute l’année : les bénévoles, les artisans et les associations qui nous font vivre de belles émotions. J’entends que cette résolution fera l’unanimité. Ensemble, nous allons y travailler, je peux vous l’assurer. Je vous donne d’ores et déjà rendez-vous en commission.

    Constructivité 92%Factuel 45%Émotionnel 100%
  19. Je me suis déjà exprimée au nom du groupe socialiste. Nous soutiendrons cette proposition de résolution, tant le folklore est important pour nous, Wallonnes et Wallons, pour la Belgique, mais également pour le rayonnement que ce folklore peut opérer au niveau international. J’entends ma collègue se féliciter d’un vote à l’unanimité. J’imagine dès lors que la majorité MR-Les Engagés va soutenir l’amendement proposé par mon collègue du PTB. On verra tout à l’heure lors du vote. Nous donnons rendez-vous au Gouvernement lors des ajustements budgétaires et lors des prochains budgets, pour voir si l’on aura de l’argent supplémentaire à investir pour notre folklore.

    Agressivité 61%Constructivité 91%Factuel 42%Émotionnel 60%
  20. Je remercie les collègues qui se sont exprimés sur cette proposition de résolution. Je rappelle que le folklore, pour mon groupe et moi-même, n’est pas du marketing. C’est juste vivre des choses dans notre région. Je souhaite répondre à M. Dupont, parce que je suis tout de même un peu surpris qu’il me dise que le texte est vide et qu’il serait plus intéressant si l’on votait l’amendement. Je suis interpellé, car vous avez voté ce texte en commission. Proposer maintenant un amendement en disant qu’il rendrait le texte plus intéressant et plus important, j’avoue que je ne comprends pas, surtout que l’on a déjà mené des débats en commission. Je vous rappelle en effet que vous parlez des villes qui sont sous plan Oxygène. Je vous ai démontré un exemple avec une commune que je connais relativement bien, où l’on a continué de soutenir le folklore. C’est aussi une volonté au niveau des collèges communaux des communes qui sont concernées. Je laisse la liberté à chaque commune de soutenir ou non son folklore.

  21. JD
    Jori Dupont
    Indépendant

    Tout d’abord, Monsieur Chintinne, effectivement, en commission, j’ai fait le choix de soutenir cette résolution et j’ai dit exactement la même chose que ce que j’ai dit aujourd’hui, c’est-àdire que je me réservais le droit de m’abstenir, ici, en plénière. Je vous l’ai dit parce que je trouvais qu’elle était vide, exactement ce que je vous ai dit ici. J’ai pris, en commission, les mêmes exemples de deux confréries de carnaval, de sociétés folkloriques. J’en ai même pris d’autres également, pas que celle de Jemappes, où j’expliquais les difficultés réelles actuelles sur le terrain des sociétés de carnaval liées à votre décision, par le plan Oxygène, de forcer les communes à rendre payante la location des salles. C’est un vrai problème. C’est une réalité. Il y a plein d’exemples en Wallonie – allez consulter autour de vous – où ces sociétés disent ne pas pouvoir payer ces salles. Elles sont en incapacité de le faire parce que les sociétés de carnaval, de folklore ne sont pas riches. Ce sont des petites associations, aidées par des bénévoles, qui n’ont pas les moyens. Pour moi, il manquait quelque chose dans ce texte. À ce moment-là, on a eu la discussion. Je m’étais dit que je me réservais le droit de vote pour, contre ou bien de m’abstenir. Je n’ai jamais dit que j’allais voter contre cette proposition. En deux semaines, on a réfléchi à ce qui enrichirait finalement ce texte pour le rendre un peu plus concret. Effectivement, c’est ce que l’on vous a proposé, c’est de laisser – et non pas obliger – la possibilité aux communes de mettre à disposition gratuitement leurs salles communales et autres matériels communaux aux sociétés folkloriques. Or, actuellement, les communes sous plan Oxygène n’ont plus cette possibilité, elles n’ont plus le droit de le faire. C’est un élément concret que je vous ai proposé ici. Effectivement, si vous votez contre cet élément concret, mon vote «pour» n’a pas de sens. C’est logique à ce moment-là de m’abstenir sur votre texte. Dans ce cas, il ne fera pas l’unanimité, sauf si j’interprète dans les propos de Mme Desalle que vous allez soutenir notre amendement. Je l’espère encore. Nous verrons d’ici quelques minutes.

    Agressivité 53%Constructivité 45%Factuel 53%Émotionnel 54%
  22. Nous trouvons effectivement que l’amendement proposé par M. Dupont est intéressant. D’ailleurs, on votera « pour », il amène du contenu très concret à la proposition de résolution. On ne sait jamais, Monsieur Dupont, peut-être que cet amendement va passer. Je vous le souhaite franchement. Dans tous les cas, vous allez au combat et on vous soutiendra dans cette voie. S’il ne passe pas, on votera tout de même pour la résolution, simplement parce qu’elle ne contredit pas les valeurs que j’ai exprimées à la tribune. Elle ne les contredit pas parce qu’elle ne contredit pas grand-chose, en fait, cette proposition de résolution.

    Agressivité 61%Constructivité 100%Factuel 100%Émotionnel 53%
  23. Mesdames, Messieurs, votre Commission des affaires générales, du budget, des relations internationales et du bien-être animal a examiné la proposition de résolution visant à soutenir le mouvement de protestation du peuple iranien et à condamner la répression exercée par les autorités, déposée par MM. Gardier, Resinelli, Mme De Bue, M. Bastin, Mmes Nikolic et Vandorpe. En date du 14 janvier 2026, MM. Gardier, Resinelli, Mme De Bue, M. Bastin, Mmes Nikolic et Vandorpe ont déposé une proposition de résolution visant à soutenir le mouvement de protestation du peuple iranien et à condamner la répression exercée par les autorités. La proposition de résolution a été envoyée à la Commission des affaires générales, du budget, des relations internationales et du bien-être animal le 14 janvier 2026. La Commission s’est réunie le 2 février 2026. L’urgence a été adoptée par la Conférence des présidents le 29 janvier 2026, pour un examen et un vote en séance plénière le 4 février 2026. Des amendements (Doc. 460 (2025-2026) N° 2 à 4) ont été déposés. Lors de l’exposé de MM. Gardier et Resinelli, coauteurs de la proposition de résolution, M. Gardier indique que, selon les dernières estimations reçues, 30 000 décès seraient survenus en Iran sur une période de deux jours et près de 80 000 décès seraient survenus depuis le début de la lutte pour la démocratie et la défense des droits humains dans ce pays. Il signale qu’une telle répression ne peut être acceptée. Il tient à mettre en exergue deux décisions du Parlement européen, la première étant d’avoir placé le groupe des gardiens de la révolution dans la catégorie des organisations terroristes. La seconde est la prise d’une résolution, le 22 janvier 2026, exprimant l’indignation des députés européens face à la répression et aux meurtres de masse perpétrés par le régime iranien, exigeant des autorités iraniennes que cessent immédiatement les violences sur les manifestations pacifiques, que les exécutions soient suspendues et que cessent les meurtres et la répression à l’encontre des civils, et exprimant sa solidarité avec le peuple iranien. L’orateur tient à préciser que le texte déposé n’a rien à voir avec la religion pratiquée en Iran, jugeant l’amalgame malvenu. Il explique que la présente proposition de résolution vise à exprimer un soutien politique et symbolique au mouvement de protestation du peuple iranien, ainsi qu’à condamner fermement la répression exercée par les autorités iraniennes. Le texte insiste sur le caractère théocratique et autoritaire du régime, sur la concentration du pouvoir autour du guide suprême et sur la violation des libertés fondamentales. Il précise que le texte met particulièrement en avant la place centrale du droit des femmes, en rappelant le mouvement «Femme, vie, liberté», né après le décès de Mahsa Amini en 2022. La proposition de résolution rappelle que l’Iran est une République islamique depuis 1979 où la religion d’État structure l’organisation politique et sert de base à un contrôle étroit de la société avec des discriminations envers certaines minorités religieuses et une forte restriction des libertés individuelles. Il ajoute que le texte souligne la dimension internationale du problème, mentionnant le rôle déstabilisateur de la République islamique d’Iran, notamment par la livraison d’armes à la Russie ou par la politique de prise d’otages. Partant de ce constat, il demande une prise de position forte de la part du Gouvernement en faveur des droits humains, de la démocratie, de l’égalité femmes-hommes et de la justice sociale. Il précise que le texte demande que le Gouvernement condamne la répression sanglante en Iran, de relayer cette position auprès des autorités fédérales, européennes et de la francophonie, de soutenir et de renforcer les sanctions et les mesures diplomatiques ciblées contre les responsables de violations des droits humains. Le Gouvernement est également invité à soutenir spécifiquement les défenseurs des droits humains dont il dresse la liste, à exiger la fin de l’usage illégal de la force, la libération des personnes détenues pour leurs opinions, l’accès libre à l’information et l’engagement de réformes politiques, économiques, sociales et environnementales tout en réaffirmant le droit du peuple iranien à s’autodéterminer librement. L’orateur fait état de la diaspora en Belgique et signale avoir été sensibilisé à la situation en Iran par l’intermédiaire des Iraniens vivant en Wallonie, qui ont été particulièrement touchés par l’actualité. Il signale que l’initiative de ce jour est semblable à celle véhiculée par son groupe parlementaire dans d’autres assemblées et il présente un état de situation des textes déposés et, pour certains, déjà votés. M. Resinelli note que le peuple iranien fait ce qui est juste, mais qu’il aurait toutes les raisons d’avoir peur au vu de l’attitude du régime à son égard. Il estime que l’on parle peu de la population iranienne dans les médias et présente la nature et les conditions de son combat. Il fait état des nombreuses crises qui traversent la République d’Iran, qu’elles soient économiques, sociales, environnementales ainsi que liées aux droits humains. Il rappelle que la population, violemment réprimée, est jeune puisque la moyenne d’âge de celle-ci est en dessous de 40 ans. Il revient sur les chiffres officiels qui parviennent d’Iran et qui s’élèvent à 4 000 tués, selon l’ONG Human Rights Watch, mais il fait également état des chiffres officieux qui s’élèvent à 30 000 morts, dans un contexte d’opacité organisé par le régime de Téhéran. Il constate que 700 corps ont actuellement pu être identifiés. Il fait état de l’organisation d’un huis clos orchestré par le régime pour empêcher que le monde soit tenu au courant de la gravité de la situation. Il indique que plus de 50 000 personnes auraient été arrêtées en marge des manifestations, sans que l’on sache le sort qui leur sera réservé, 2025 ayant été une année où le nombre de procès et d’exécutions sommaires a été démultiplié. Ainsi, les procès se tiennent à même la rue au moment de l’arrestation et découlent de manière massive et en quelques minutes à peine sur la décision de la peine de mort. Il estime la situation glaçante et il tient à ce que le Parlement de Wallonie, tout comme le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles et le Parlement fédéral, puisse exprimer à la fois un soutien clair, net et limpide à la population iranienne qui se bat et qui continue de se battre. Il considère qu’il faut continuer, à la fois au niveau de la Wallonie et au niveau européen, à condamner et sanctionner le régime iranien pour que sa population puisse avoir des perspectives positives. Il ajoute que la situation en Iran peut avoir des conséquences dramatiques sur l’ensemble de la région. Dressant les rétroactes des derniers jours, il exprime l’importance du rappel au droit international, lequel doit toujours primer. Dans la discussion générale, Mme Lambelin rappelle les chiffres des décès précédemment évoqués et parle d’une violence sans précédent. Elle explique que la situation récente en Iran est marquée par une dégradation continue et systémique des droits fondamentaux, une répression des libertés fondamentales, une instabilité régionale qui persiste et place les manifestations pacifiques du pays et ses revendications au centre des préoccupations internationales aujourd’hui. Elle constate que, sur le plan intérieur, le régime iranien poursuit une politique de répression extrêmement violente à l’encontre de la population et procède à des arrestations arbitraires, à la torture et à des procès inéquitables qui se jouent parfois même au milieu de la rue, à l’usage massif de la peine de mort à l’encontre des manifestants, des défenseurs des droits fondamentaux, des journalistes et des minorités ethniques et religieuses. Elle précise que ces crimes sont notamment documentés par des ONG comme Amnesty International, et que les femmes sont régulièrement ciblées par ce système juridique politique discriminatoire fondé sur le contrôle de leurs corps et de leurs comportements à travers l’application coercitive du port du voile. Elle insiste sur la liberté d’expression, d’association et de réunion qui est également restreinte, tout en rappelant qu’en Iran, l’accès à l’information est notamment entravé par une censure, une surveillance numérique et des coupures régulières d’internet. Elle explique le contexte dans lequel la société civile iranienne opère, évoquant un climat de peur constante et de répression au sein même des hôpitaux, où des blessés n’osent plus se rendre, de peur de représailles, où des médecins risquent leur vie en prodiguant des soins, où des familles n’osent pas réclamer les corps de leurs proches. Sur le plan international, elle note que le rôle régional de l’Iran contribue à l’instabilité la plus totale au Moyen-Orient, apportant un soutien politique, financier et militaire à des groupes armés non étatiques dans plusieurs zones de conflit, ce qui accentue les préoccupations concernant la sécurité dans la région tout entière. Face à cette situation, elle juge que les pressions diplomatiques ciblées, les sanctions à l’encontre des responsables de violations graves des droits humains, le soutien collectif à la société civile iranienne et la défense du droit international sont autant de principes indispensables qu’il faut réaffirmer et porter haut dans les assemblées parlementaires. L’oratrice estime que les États ont la responsabilité de prévenir et de sanctionner les crimes internationaux, tout en évitant des mesures qui pourraient pénaliser directement la population sur place. Elle rappelle que le Parlement de Wallonie ne découvre pas aujourd’hui la situation dramatique des droits fondamentaux en Iran, et qu’il s’est déjà positionné à plusieurs reprises avec clarté et responsabilité sur ce point, reprenant quelques rétroactes en appui de ces déclarations. Elle ajoute que le risque de position du Parlement de Wallonie démontre la constance de son engagement en faveur des droits fondamentaux, de la protection des femmes et du respect de la dignité humaine. Elle considère que ces décisions rappellent que la solidarité du Parlement de Wallonie avec le peuple iranien s’inscrit dans la durée et dans la cohérence avec les valeurs démocratiques qui y ont toujours été défendues et qui le seront toujours. Elle signale qu’elle apportera son soutien au texte examiné, parce que la situation en Iran demande une parole univoque en faveur des droits humains, et parce que face à la dégradation rapide de l’ordre international, le silence n’est pas une option. Elle indique toutefois que soutenir un texte ne signifie pas pour autant adhérer sans réserve à tous ses développements ou à toutes les postures idéologiques qui le sous-tendent. Pointant la situation géopolitique, elle précise que l’on vit un moment de bascule. Elle considère que ce constat implique une responsabilité particulière: faire du droit international une boussole absolue, non pas par confort moral, mais parce qu’il demeure le seul langage commun qui permet de limiter l’arbitraire, la violence et la loi du plus fort. Elle ajoute que le droit international ne peut pas être mobilisé de manière sélective ou idéologique, que la constance en droit international est un principe de base, et que sans constance, il ne peut pas s’appliquer de manière optimale. Dans ce cadre, elle souhaite apporter quelques clarifications au texte à travers le dépôt d’amendements (Doc. 460 (2025-2026) N° 4) qu’elle juge indispensables d’inscrire clairement dans le texte, notamment le soutien à l’ensemble des activistes réprimés en Iran pour qu’ils produisent ce qu’ils pensent et ce qu’ils incarnent. La liberté académique, artistique et d’expression fait partie du cœur des droits fondamentaux. Elle estime que dans un État autoritaire, ces espaces sont méthodiquement étouffés. Il est nécessaire de soutenir les activistes iraniens, et plus spécifiquement les femmes, parce qu’elles incarnent la lutte pour les droits fondamentaux, l’égalité et la liberté dans une société soumise à une répression d’État absolument brutale. Depuis le mouvement «Femme, vie, liberté», elle note que le régime autoritaire iranien a intensifié la répression contre celles et ceux qui questionnent les lois discriminatoires, en ce compris le port obligatoire du voile, en utilisant des arrestations arbitraires, des peines de flagellation et même des condamnations à mort, y compris contre des militants pacifiques. Elle explique que cette répression s’inscrit dans une campagne pour étouffer méthodiquement le mouvement des droits des femmes, que ce régime considère comme une menace existentielle pour sa survie, et que c’est parce que leurs revendications sont au cœur des principes universels des droits fondamentaux que leur combat nécessite un véritable soutien international, le soutien le plus explicite et le plus clair possible de la part des gouvernements, des institutions et des parlements qui défendent la démocratie et l’égalité. Elle exprime ensuite son questionnement vis-à-vis de certains développements. À la lecture du texte, elle craint que certains essaient d’enfermer le débat dans une lecture qui pourrait assimiler implicitement la centralisation autoritaire du régime iranien à l’islam en tant que religion, ce qui constituerait un amalgame entre autoritarisme et religion qui peut être dangereux, comme si la violence était consubstantielle à l’islam, et comme si un changement de régime impliquait mécaniquement une sortie de l’islam pour le peuple iranien. Elle précise que ce n’est pas du tout à cela qu’elle souhaite arriver. Enfin, elle aborde ce qui constitue sans doute pour elle le point le plus préoccupant dans cette démarche, à savoir un deux poids, deux mesures dans l’usage du droit international dans les assemblées parlementaires, notamment concernant le Venezuela, Gaza ou le Soudan. Elle ajoute que pendant des mois, elle a entendu que le Parlement de Wallonie n’était pas responsable pour toutes les questions qui portaient sur le droit international, qui était de la responsabilité de l’État fédéral ou du Parlement européen, par exemple. Elle se réjouit qu’avec l’examen de la présente proposition de résolution, il n’en soit pas ainsi, parce qu’elle est absolument certaine qu’il n’y a pas de petit positionnement et qu’un parlement doit être responsable quand une situation internationale aussi dramatique se produit. M. Mugemangango présente le texte de la situation en Iran et indique que les prisons sont remplies d’opposants et de journalistes défenseurs des droits humains, soumis à la torture, aux viols, aux disparitions forcées dans une impunité quasiment totale. Il ajoute que les femmes sont les principales victimes des politiques mises en place par le Gouvernement iranien: voile obligatoire imposé par la violence, arrestations, coups, peines de prison, voire la mort pour un simple refus de se soumettre. Il précise que les minorités ethniques et religieuses sont elles aussi particulièrement ciblées et massacrées. Face à ces horreurs, il estime que la responsabilité des parlementaires est claire: ne pas détourner le regard, nommer les choses, soutenir celles et ceux qui, en Iran, risquent leur vie pour des droits et libertés considérés en Europe comme évidents. Le minimum que le Parlement puisse faire est de porter leur voix et d’exiger que les responsables, où qu’ils se trouvent, sachent qu’ils devront un jour rendre des comptes. Il tient aussi à réaffirmer que le peuple iranien a le droit de déterminer son propre avenir. Il qualifie la proposition de résolution d’importante, mais juge que le problème qu’elle pose n’est pas ce qu’elle dit, mais ce qu’elle ne dit pas. Ainsi, si l’on veut protéger la population civile en Iran, il explique que si celle-ci doit être protégée des actions de ses propres dirigeants, elle doit l’être aussi de celles d’autres dirigeants dans le monde. Il observe en outre que les sanctions économiques qui frappent la population aggravent sa situation économique et sociale, sont négatives sur le plan politique, sont contre-productives pour la promotion de la démocratie, renforcent les durs du régime et déstabilisent le pays. Il considère également qu’il y a un problème de double standard propre aux Occidentaux dans la condamnation de la violence, précisant que le Parlement de Wallonie n’a pas condamné le meurtre des civils iraniens à la suite des frappes américanoisraéliennes et d’opérations clandestines menées en Iran et revendiquées par Israël, renforçant le discours des «durs» en Iran, qui affirment que l’Occident est par essence indigne de confiance. Il déclare qu’il faut un changement de la politique occidentale à l’égard de l’Iran et qu’il est nécessaire de lever les sanctions qui touchent les civils, de restaurer les échanges culturels et d’appliquer de manière cohérente les principes de droits humains. Il ajoute qu’il faut cesser de punir le peuple iranien et recourir aux mécanismes existants des Nations unies pour traiter les violations des droits humains. Il estime que la résolution affirme, à juste titre, son attachement à la protection des populations civiles, mais n’évoque en rien ce problème essentiel des sanctions imposées à l’ensemble de la population iranienne. Il présente dans ce cadre l’amendement n° 3 (Doc. 460 (2025-2026) N° 3) qui propose de mettre en évidence le fait que cette dernière souffre de la crise économique, de la répression politique, des exécutions et de la violence étatique arbitraire, mais aussi des sanctions internationales et des tensions géopolitiques. Le deuxième élément qui manque dans cette proposition de résolution, selon l’intervenant, c’est le risque d’agression de l’Iran par les États-Unis. Il constate que de grandes puissances ont décidé de s’asseoir sur le droit international et qu’il est nécessaire de rappeler son importance, afin de s’opposer au chaos. Après avoir retracé le contexte géopolitique et les récentes actions menées par les États-Unis et Israël, l’orateur note que le président Trump promet une attaque bien pire s’il n’y a pas d’accord sur le nucléaire, alors qu’une nouvelle agression américaine serait inadéquate, entraînant un risque de guerre régionale englobant le Liban, la Syrie et le Golfe, une flambée des prix du pétrole et un chaos humanitaire massif pour des millions d’Iraniens déjà asphyxiés par les sanctions. Il insiste sur le fait que la situation change jour après jour et heure après heure, que des mouvements militaires ont lieu et que de nombreux observateurs estiment qu’il y a un risque sérieux d’intervention militaire. Il estime clair que, si une telle opération devait avoir lieu, elle affaiblirait les droits du peuple iranien et la démocratie. Il convient de rééquilibrer le texte dans ce sens. Il conclut en signalant qu’il ne peut que s’étonner de la différence de traitement entre l’Iran et Israël, car il n’aura fallu que quelques jours après le début de la répression des manifestations en Iran pour voir la majorité déposer le présent texte alors que les propositions de résolution déposées par l’opposition sur le massacre perpétré par Israël ont été rejetées. Il qualifie cette situation d’incompréhensible. Mme Linard signale que, depuis plusieurs semaines, la situation est dramatique en Iran, où le régime des mollahs déploie une répression sans limite contre la population et face à une contestation qui a beaucoup de raisons de s’exprimer. Elle explique que cette théocratie est depuis longtemps un régime qui ne tient que par la terreur de son appareil sécuritaire, avec ses gardiens de la révolution, sa justice expéditive et sa propagande d’État. Reprenant les propos de Jonathan Piron, chercheur associé au GRIP et chez Etopia et spécialiste de l’Iran depuis des années, elle parle de brutalisation, ce qui est plus que de la répression. Elle indique que l’objectif du régime est de marquer la population au fer rouge et elle craint que la répression continue via des exécutions capitales massives dans les prochaines semaines et les prochains mois. Elle rappelle que les droits de la société civile, et plus encore ceux des femmes, sont bafoués. Elle considère que les démocraties européennes ne peuvent pas rester sans réagir face à cette situation et qu’elles doivent utiliser tous les leviers pour peser sur le régime et faire cesser cet usage invraisemblable de la force. Elle estime que le Parlement doit être porteur du soutien à l’information ainsi qu’à ceux et celles dont c’est le travail, mais également être porteur d’une détermination à faire pression sur le régime et à renforcer les actions, notamment contre les responsables de la répression, ainsi qu’à soutenir les mécanismes d’enquête de l’ONU qui documentent et préservent les preuves. Elle précise que l’aide et le soutien du Parlement sont des éléments importants pour l’autonomie et le pouvoir d’action de ces forces indispensables à la mise en place d’un Iran démocratique. Elle indique que le groupe Ecolo accueille positivement cette proposition de résolution qui condamne fermement ces violences insensées et qui propose plusieurs actions nécessaires, en ce compris un soutien des défenseurs des droits humains, des journalistes et du droit à l’information, des artistes ainsi que des chercheurs. Elle signale proposer deux amendements (Doc. 460 (2025-2026) N° 2) pour renforcer la proposition de résolution, à savoir l’amendement n° 1 visant à renforcer le texte au niveau des pouvoirs d’enquête des Nations unies et l’amendement n° 2 visant à considérer les enjeux en termes d’accueil et d’asile des personnes persécutées. Alors que les auteurs de la proposition de résolution proposent «de condamner avec la plus grande fermeté la répression sanglante et l’usage systémique et illégal de la force létale», ce qui est tout à fait nécessaire, elle constate qu’il n’a pas été possible de le faire à l’égard de l’action conduite par le Gouvernement israélien en Palestine et en particulier à Gaza, et qu’il n’a pas été possible de simplement nommer l’existence de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de mandats d’arrêt établis par la Cour pénale internationale et de risques de génocide reconnus par la Cour internationale de justice. M. le Ministre-Président signale que la situation que connaît le peuple iranien, particulièrement depuis l’accentuation de la répression du régime, est profondément préoccupante. Il tient à rappeler sa solidarité à l’égard du peuple iranien, singulièrement envers celles et ceux qui ont été victimes de la répression organisée par le régime d’État, estimant que l’usage de la violence contre des civils, les arrestations arbitraires, les atteintes à la liberté d’expression et la répression des manifestations pacifiques sont inacceptables et ne peuvent en aucun cas être justifiés. Il souligne que cette situation appelle à une condamnation claire et sans ambiguïté de toute répression disproportionnée et de toute violation des libertés fondamentales. Dans ce contexte, il note que l’Union européenne a renforcé de manière significative son dispositif de sanctions, tant au titre de ses régimes autonomes que dans le cadre de la mise en œuvre des mesures décidées au niveau des Nations unies, et que ces sanctions ciblées visent en priorité les individus et les entités impliquées dans la répression portant atteinte aux droits fondamentaux, et ce, avec un objectif clair: exercer une pression politique et diplomatique accrue sur les responsables, tout en évitant de faire peser un fardeau supplémentaire sur une population qui est déjà la première victime du régime. Il ajoute que cette pression continue de s’accentuer puisque, le 29 janvier 2026, les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l’Union européenne sont tombés d’accord pour désigner les gardiens de la révolution en tant qu’organisation terroriste après la répression sanglante des manifestations en Iran. Il précise que cette inscription a des effets concrets puisqu’elle entraîne le gel des fonds et des avoirs financiers des personnes et entités visées. Il déclare que la Belgique, considérant l’accord de coalition du Gouvernement fédéral, soutient cette inscription sur la liste des organisations terroristes et que le ministre des Affaires étrangères a récemment convoqué l’ambassadeur d’Iran en Belgique pour lui signifier ses inquiétudes et exiger des autorités iraniennes qu’elles respectent leurs obligations internationales, qu’elles s’abstiennent strictement de tout usage disproportionné de la force et qu’elles entendent les revendications pacifiques des Iraniens. Il considère que c’est dans cet esprit de fermeté sur les principes de solidarité avec les populations et de confiance dans la diplomatie que la Wallonie contribue à la définition de la position belge. Il indique que le dossier iranien a été évoqué à l’occasion de la dernière réunion de concertation du 26 janvier 2026 et que l’accent a été mis sur la nécessité de condamner la répression, mais également de soutenir les mesures diplomatiques européennes et les sanctions prises à l’égard du régime. Il signale qu’il continuera à suivre de près la situation sur place, en restant à l’écoute des représentants de la société civile iranienne et en participant à la concertation interfédérale. M. Gardier souhaite dire à quel point les rencontres menées avec les représentants de la diaspora iranienne doivent attirer l’attention sur l’importance historique du mouvement en cours en Iran. Il rappelle que cela fait très longtemps que la répression existe, souhaitant répondre plus particulièrement à M. Mugemangango parce qu’il a dit que la majorité avait réagi en quelques jours. Il estime que la répression existait avant le dépôt de textes en la matière, qu’elle est très dure et que l’on aurait dû réagir bien avant. Il s’agit toutefois d’une période particulière selon l’intervenant parce qu’il y a un besoin absolu du peuple iranien de sortir des ténèbres et que le régime est fragilisé. À travers ces longues années de répression, il estime qu’il est nécessaire de répondre à cet appel, d’autant plus que le peuple iranien semblait, encore récemment, proche de réaliser son objectif de sortir de ce totalitarisme. Il espère que cet objectif n’est pas définitivement compromis par la répression actuelle, dont il est difficile de connaître l’ampleur précise. Face aux évocations d’éventuelles ambitions d’intervention de l’administration américaine, il considère qu’il ne faut pas laisser aux seuls États-Unis le soin de prendre position. Être aux côtés du peuple iranien dans cette épreuve et face à son aspiration à un régime démocratique ne relève pas d’un sentiment déplacé ni de calcul politique, selon l’orateur, mais d’une motivation évidente pour les uns et pour les autres, mûrie à travers de nombreux contacts et de demandes pressantes de ne pas rester silencieux face à ces moments particulièrement cruels dans l’histoire récente de l’Iran. Concernant les amendements déposés par le groupe PS (Doc. 460 (2025-2026) N° 4), il déclare être d’accord sur le contenu de ceux-ci et observe que l’amendement n° 2 qui vise à reconnaître le droit fondamental du peuple iranien à la liberté et à la résistance contre l’oppression ne soulève aucune objection. Il en va de même pour l’amendement n° 4 visant à compléter la portée de la proposition de résolution auprès des instances nationales, supranationales et internationales compétentes. Il déclare être également favorable à l’amendement renforçant la prise en compte des impacts du mouvement de protestation et de la répression dans le cadre des compétences de la Région wallonne ainsi qu’à l’amendement n° 1 relatif à la condamnation de la diplomatie des otages pratiquée par le régime iranien, et à l’amendement n° 3 visant au renforcement de l’engagement en faveur des droits de la protection des femmes et des militantes féministes iraniennes. S’agissant des amendements déposés par le groupe Ecolo (Doc. 460 (2025-2026) N° 2), il indique que l’amendement n° 1 relatif au soutien du mécanisme mis en place par les Nations unies à la suite des manifestations de 2022 est compatible avec l’ensemble des démarches entreprises. Par contre, pour l’amendement n° 2, il estime qu’une suspension automatique des expulsions vers l’Iran ferait double emploi avec l’évaluation individualisée des risques déjà prévue par le système de protection internationale en Belgique et dans l’Union européenne. Il rappelle l’existence d’un principe de non-refoulement et le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides a déjà pris des mesures exceptionnelles en suspendant temporairement le traitement des dossiers iraniens en raison du manque d’informations objectives. En ce qui concerne les amendements déposés par le groupe PTB (Doc. 460 (2025-2026) N° 3), il explique que l’amendement n° 1 relatif au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Iran ne sera pas soutenu, car il sort du sujet, la proposition de résolution visant à dénoncer les violences commises par le régime. Il ajoute que l’amendement n° 2 relatif à l’autodétermination des peuples ne le sera pas davantage, la proposition de résolution ayant pour objet les actes du régime iranien et non ceux d’autres États. Quant à l’amendement n° 3 exprimant la solidarité avec les populations iraniennes en tant que victimes, à la fois de la répression interne et des conséquences économiques et sociales, il estime que cette solidarité est déjà pleinement exprimée dans le texte initial. M. Resinelli estime important que la population iranienne entende que des responsables politiques, des gouvernements et des parlements prennent position pour les soutenir et également soutenir leurs aspirations à vivre dans une démocratie, en toute liberté. Il souhaite s’inscrire en faux contre certains propos tenus, en particulier contre le procès, parfois plus ou moins déguisés en indignations à géométrie variable, ou contre le reproche formulé d’appliquer des doubles standards. Il considère que les groupes MR et Les Engagés interviennent régulièrement sur ces situations à l’international, lorsque des inégalités, des injustices ou des barbaries sont commises et que c’est un faux procès qui leur est intenté. Dans ce cadre, il rappelle leurs interventions sur le Soudan, sur le Congo, sur la situation israélo-palestinienne. Il évoque l’intervention prochaine sur la situation en Syrie. Il signale également être attaché à l’application du droit international dans toutes les configurations, et rappelle que le ministre des Affaires étrangères ne cesse également de le rappeler. Il évoque ensuite les minorités, tant ethniques que religieuses, qui sont tout aussi malmenées par le régime de Téhéran. Il fait état de sa solidarité avec l’ensemble de ces minorités, ainsi que du combat des femmes. Au sujet des sanctions et de la politique de l’Occident par rapport au régime de Téhéran, il tient à préciser à l’attention de M. Mugemangango que l’ennemi de la population iranienne, c’est le régime de Téhéran, et non pas l’Occident. Il déclare être heureux que l’Union européenne prenne des sanctions à l’encontre de ce régime, et juge que ces sanctions fonctionnent. Mme Lambelin répète que la constance est essentielle dans l’application du droit international, notamment en matière de sanctions. Elle indique être d’accord avec le fait que les sanctions, en aucun cas, ne doivent retomber sur la population et qu’il s’agit d’un principe essentiel de base. Elle précise que la différence entre les discours et les actes, entre la précipitation avec laquelle on se penche sur une situation internationale et l’absence de discours sur une autre situation internationale laisse penser que la majorité manque de constance. Pour conclure, elle désire remettre l’accent sur les différentes solutions évoquées dans la proposition de résolution, mais aussi sur des solutions qui doivent être portées à tout niveau de pouvoir, comme l’adoption des sanctions ciblées contre l’ayatollah Khamenei et son entourage ou le gel des avoirs des dirigeants et de leurs familles qui sont détenus à l’étranger. Elle estime absolument indispensable que l’on puisse soutenir, politiquement et financièrement, la mission d’établissement des faits des Nations unies sur l’Iran, ainsi que les collectes de données et de preuves sur place. Elle présente un dernier point essentiel pour elle, au regard du contexte international, sur le soutien à la Cour pénale internationale et aux juges qui font l’objet de sanctions de la part des États-Unis. Ainsi, elle estime que la Cour pénale internationale doit pouvoir poursuivre les responsables de crimes de guerre dans des conditions optimales. M. Mugemangango trouve dommage, par rapport à la proposition de résolution à l’examen, qu’elle ne tienne pas compte des amendements du PTB, parce que les deux questions fondamentales qu’il a posées ne trouvent pas réponse dans le texte proposé. Pour revenir sur la question des sanctions, il précise qu’il n’a jamais été question dans ses propos de mettre l’un et l’autre en situation d’égalité. Il attire l’attention sur ce qu’il a dit, à savoir que les sanctions économiques qui ne sont pas ciblées, dont est victime actuellement le peuple iranien, consolident le régime. Quand il observe les études sur l’effet des sanctions sur le plan économique, par exemple, ceux qui ont la plus grande maîtrise des circuits commerciaux et économiques actuellement en Iran, en suite de la situation créée par les sanctions, ce sont précisément les gens proches des gardiens de la révolution. Au lieu d’affaiblir le régime et de renforcer la démocratie, les sanctions généralisées créent donc le chaos et durcissent le régime. Par ailleurs, il considère qu’une possible intervention militaire sur le sol iranien ne fera que créer le chaos. Dans ce contexte, il estime évident qu’un texte doit parler de la souveraineté nationale du peuple iranien, de son droit à la souveraineté nationale et de son droit à l’intégrité territoriale. Quant au fait que la répression du peuple iranien ne date pas d’hier, il rappelle que l’on est justement dans un moment particulier. Ne pas se prononcer sur ce point pose réellement un problème selon l’orateur. Il espère que d’ici la séance plénière, la majorité va admettre la pertinence des amendements déposés par le groupe PTB, car, sans ces amendements, il estime que le texte n’est pas équilibré. Il indique enfin que la question de la cohérence est importante et qu’il attend que la majorité adopte la même attitude avec les différents acteurs internationaux, en ce compris Israël. Mme Linard estime intéressant de permettre aux Nations unies, qui ont mis en place une institution ad hoc en charge de recueillir des preuves et de fournir des analyses sur les violations graves des droits humains et des crimes de droit en Iran, de réaliser leurs travaux sans entrave. Elle regrette que l’amendement n° 2 (Doc. 460 (2025-2026) N° 2) qu’elle a proposé ne soit pas pris en compte par la majorité, puisqu’il ouvrait le champ à une facilitation des procédures permettant à des Iraniennes et des Iraniens persécutés de quitter leur pays et d’être accueillis en Belgique et dans l’Union européenne. Elle note néanmoins une avancée conjointe sur la question du soutien au peuple iranien. L’amendement n° 1 (Doc. 460 (2025-2026) N° 4) déposé par Mmes Lambelin et Özen est adopté à l’unanimité des membres. L’amendement n° 3 (Doc. 460 (2025-2026) N° 3) déposé par M. Mugemangango, Mme Van Walle et M. Dupont est rejeté par 6 voix contre 1 et 3 abstentions. Les amendements n° 2 à 4 (Doc. 460 (2025-2026) N° 4) déposés par Mmes Lambelin et Özen sont adoptés à l’unanimité des membres. L’amendement n° 1 (Doc. 460 (2025-2026) N° 2) déposé par Mme Linard est adopté à l’unanimité des membres. L’amendement n° 2 (Doc. 460 (2025-2026) N° 2) déposé par Mme Linard est rejeté par 6 voix contre 4. Les amendements n° 1 et 2 (Doc. 460 (2025-2026) N° 3) déposés par M. Mugemangango, Mme Van Walle et M. Dupont sont rejetés par 6 voix contre 4. Par 9 voix et 1 abstention, la Commission des affaires générales, du budget, des relations internationales et du bien-être animal recommande l’adoption de la proposition de résolution telle qu’amendée par l’assemblée plénière. À l’unanimité des membres, il est décidé de faire confiance au président et à la rapporteuse pour l’élaboration du rapport. (Applaudissements) M. le Président. – La parole est à M. Gardier.

    Agressivité 56%Factuel 38%Émotionnel 50%
  24. Je vous remercie, Madame la Députée, pour ce rapport effectivement long, mais parfaitement rédigé. C’est avec une réelle gravité et une émotion sincère que je prends la parole aujourd’hui devant vous pour présenter cette résolution relative à la situation en Iran et surtout pour soutenir le peuple iranien dans son combat quotidien pour la liberté. Les événements qui se déroulent depuis le 28 décembre 2025 dans ce pays ne sont pas seulement une actualité lointaine, ils constituent l’une des répressions les plus sanglantes qu’un peuple ait subies depuis des décennies. Ils appellent notre vigilance, notre solidarité et notre fermeté. Depuis plus d’un mois, le peuple iranien manifeste dans les rues de Téhéran, de Rasht, de Mashhad, d’Ispahan et dans les 31 provinces du pays. Ces femmes et ces hommes particulièrement courageux – jeunes, commerçants, étudiants, travailleurs –, réclament la dignité, la justice et le droit de vivre librement. Ils manifestent contre une inflation galopante qui écrase leur pouvoir d’achat, contre un rial qui s’effondre, contre une vie devenue intenable. Ils manifestent aussi et surtout contre un régime qui, depuis 47 ans, nie leurs libertés fondamentales, opprime les femmes – particulièrement les femmes, mais pas uniquement –, réprime toute dissidence et refuse tout espoir de réforme. Face à ce soulèvement populaire, pacifique et légitime, la réponse du régime iranien est d’une brutalité inouïe. Les chiffres que nous connaissons aujourd’hui, et qui ne reflètent probablement qu’une infime partie de la réalité, sont glaçants. Selon The Times, plus de 30 000 personnes ont été tuées. On a entendu également ce chiffre de plus de 30 000 personnes en deux jours. On a aussi entendu un chiffre de plus de 80 000. Peu importe; ces chiffres, de toute façon, sont terriblement interpellants, monstrueux et font froid dans le dos. En outre, 41 880 arrestations ont été documentées et environ 11 000 blessés graves ont été recensés. Il est question d’arrestations arbitraires et massives, de disparitions et d’exécutions sommaires dans les rues et jusque dans les hôpitaux. Voilà la réalité de la répression menée par les forces de sécurité iraniennes. À Racht, les forces de sécurité ont encerclé les manifestants dans le bazar. Ils y ont mis le feu, puis abattu ceux qui tentaient de fuir ou de se rendre. Les pompiers ont été interdits d’intervenir. Comment pourrait-on être insensible à pareille horreur? Cela ne représente, je le répète, qu’une infime partie de la réalité. Car oui, Mesdames et Messieurs, le régime iranien a coupé internet à l’échelle nationale pour étouffer les voix, invisibiliser ses crimes abominables et empêcher le monde de les voir. Depuis le 8 janvier, l’Iran est plongé dans un silence forcé, une coupure totale qui permet au pouvoir de frapper dans l’ombre, loin des regards internationaux. Ce black-out numérique est une stratégie délibérée: faire disparaître les preuves, terroriser la population et briser toute solidarité. Cette révolte ne surgit pas de nulle part. Elle s’inscrit dans un contexte de crise économique dramatique; l’inflation atteint des sommets, les prix alimentaires explosent et le pouvoir d’achat s’effondre. Le Gouvernement a annoncé une augmentation des salaires limitée à seulement quelques centimes alors que l’inflation prévue pour l’année à venir est encore plus élevée. Un sondage mené par le ministère iranien de la Culture lui-même révèle que 90 % des Iraniens jugent la situation intenable, et que 30 % considèrent le régime incapable d’y faire face, de le réformer. Au-delà de l’économie, c’est le ras-le-bol profond qui s’exprime. Les Iraniens et les Iraniennes réclament des droits fondamentaux: liberté d’expression, liberté de manifester, égalité entre les femmes et les hommes, fin de la répression systématique des minorités ethniques et religieuses, fin de la torture et fin des exécutions arbitraires. Ils réclament tout simplement le droit de vivre dignement dans leur propre pays. Cette contestation fait écho à celle déclenchée en 2022 par la mort de Mahsa Amini, jeune femme kurde iranienne arrêtée pour avoir mal porté son voile et décédée en détention. Mais elle prend aujourd’hui une ampleur historique. Il s’agit des manifestations les plus importantes depuis la révolution islamique de 1979. Dans un discours télévisé, le 9 janvier, l’ayatollah Khamenei a réaffirmé la détermination du régime à «briser les os des séditieux», accusant les manifestants d’être manipulés par les États-Unis ou des figures de l’opposition en exil comme Reza Pahlavi, le fils du dernier Shah d’Iran. Cette rhétorique ne fait que confirmer ce que nous savons déjà. Ce régime ne cherche pas le dialogue. Il cherche l’écrasement. Il ne reconnaît aucune légitimité aux revendications du peuple iranien et il ne connaît que la violence, la peur ou le silence forcé. Dans ce contexte, et malgré les milliers de kilomètres qui nous séparent, notre responsabilité est triple: agir, soutenir et ne jamais oublier ce qui se passe. Mesdames et Messieurs les Députés, face à de telles atrocités, nous ne pouvons rester silencieux, nous ne pouvons détourner le regard. Nous avons, en tant que parlementaires, en tant que représentants des citoyens wallons, une responsabilité morale et politique, celle de dire haut et fort que nous nous tenons aux côtés des manifestants iraniens, que nous condamnons sans réserve la répression sanglante menée par le régime de Téhéran et que nous exigeons la fin immédiate de cette violence et la libération de tous les prisonniers politiques, le rétablissement d’internet et l’accès aux observateurs internationaux. J’aimerais sincèrement remercier les collègues députés des différents bancs, particulièrement mon collègue Resinelli, mais aussi, je tiens à le dire, les collègues de l’opposition, pour leur bienveillance, leur travail et les améliorations qu’ils ont voulu apporter et qu’ils ont parfois apportées à ce texte. Un peu de sérénité ne peut certainement pas nous faire de mal. Cette résolution que je vous présente aujourd’hui exprime notre solidarité envers le peuple iranien. Elle appelle le Gouvernement wallon à agir avec fermeté: sanctions ciblées, c’est important, cela a été dit dans le rapport et en commission, contre les responsables de la répression; soutien aux organisations de défense des droits humains; soutien diplomatique à toute initiative visant à protéger le peuple iranien. Nous devons également soutenir la société civile iranienne en exil, les voix des femmes, des artistes et des journalistes qui risquent leur vie pour témoigner et continuer le combat pour la liberté. Ils risquent d’ailleurs leur vie, y compris en dehors de l’Iran; je tiens à le préciser. Nous devons amplifier leur voix, relayer leurs appels et faire en sorte que le monde entier sache ce qui se passe en Iran. Les Iraniens et les Iraniennes ne nous regardent peut-être pas toutes et tous, mais j’ose espérer que certaines de nos expressions puissent soutenir une communauté qui lutte jour après jour. Ils doivent savoir que leur lutte ne s’arrêtera pas aux frontières de leur pays. Ils espèrent que les démocraties du monde entier se lèveront pour défendre les valeurs universelles de dignité, de liberté et de justice. Ne les décevons pas. Je vous demande, Mesdames et Messieurs les Députés, d’adopter cette résolution, non pas par geste symbolique, mais par conviction profonde parce que l’Histoire nous jugera sur notre capacité à défendre ceux qui, aujourd’hui, se battent pour les droits que nous tenons pour acquis. Nelson Mandela disait, fort justement, à mon sens: «Il n’y a pas de démocratie sans respect des droits de l’homme». Le peuple iranien mérite notre soutien, il mérite notre voix et il mérite la liberté.

  25. Avant toute chose, à mon tour, je tiens à remercier Mme Mauel pour le rapport et la lecture de celui-ci. Cela n’a pas été simple, mais elle l’a fait brillamment. Je remercie les services qui ont travaillé à l’élaboration de ce rapport en très peu de temps. Chers collègues, on parle de plus de 30 000 morts aujourd’hui, en seulement quelques jours. C’est une violence sans précédent, une réalité qui pourrait être encore plus lourde que celle-là. La situation récente en Iran est marquée par une dégradation continue et systémique des droits humains. La répression des libertés fondamentales, la violence d’État, l’instabilité régionale persistante placent aujourd’hui les manifestations pacifiques et les revendications du peuple iranien au cœur des préoccupations internationales. Sur le plan intérieur, le régime iranien poursuit une politique de répression absolument brutale à l’égard de sa population: des arrestations arbitraires, de la torture, des procès inéquitables qui se jouent parfois au milieu de la rue. Des recours massifs à la peine de mort frappent les manifestantes et les manifestants, les défenseurs des droits fondamentaux, les journalistes ainsi que les minorités ethniques et religieuses sur place. Ces crimes sont largement documentés par des ONG, comme Amnesty International. La peur a lieu jusque dans les hôpitaux où les blessés n’osent même plus se rendre, où les médecins risquent leur vie pour soigner des manifestants et où les familles endeuillées n’osent même pas réclamer les corps de leurs proches. Les femmes sont, quant à elles, singulièrement ciblées par un système juridique et politique profondément discriminatoire. Les libertés d’expression, d’association et de réunion sont sévèrement restreintes. L’accès à l’information est entravé par la censure, la surveillance numérique ou encore les coupures régulières d’internet. Malgré un courage remarquable de la société civile iranienne, elle évolue dans un climat de peur et de répression constante et permanente. Sur le plan international, le rôle régional de l’Iran contribue également à l’instabilité de la région tout entière: le Moyen-Orient. Son soutien politique, financier et militaire à des groupes armés non étatiques dans plusieurs zones de conflit alimente les inquiétudes légitimes en matière de sécurité régionale. Face à cette situation, des répressions diplomatiques ciblées, des sanctions à l’encontre des responsables de violations graves des droits humains, un soutien actif à la société civile iranienne et une défense ferme du droit international sont absolument indispensables. Les États ont la responsabilité de prévenir et de sanctionner les crimes internationaux, tout en veillant à ne pas pénaliser directement la population iranienne. La situation iranienne n’est pas une crise intérieure. C’est un enjeu fondamental de droits humains et de respect de l’ordre juridique international. Ce constat appelle à une large mobilisation de tous les niveaux de pouvoir, y compris au sein de la Wallonie, notamment à travers nos compétences, que ce soit nos compétences scientifiques, nos leviers diplomatiques indirects, afin de renforcer le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et également des droits des femmes. Je souhaite également rappeler que le Parlement de Wallonie ne découvre pas aujourd’hui la situation dramatique des droits fondamentaux en Iran. Nous nous sommes déjà à plusieurs reprises positionnés avec clarté et responsabilité en ce Parlement, notamment en décembre 2020, quand notre assemblée a soutenu une résolution qui visait à empêcher l’exécution de la peine de mort prononcée à l’encontre du docteur Djalali. On y demandait sa libération, la tenue d’un procès équitable. On dénonçait ses conditions de détention absolument inhumaines. On affirmait notre soutien à la société civile engagée contre la peine de mort. On réitère tout cela aujourd’hui. En décembre 2022, le Parlement de Wallonie adoptait une résolution relative à la protection des droits des femmes en Iran. On dénonçait la mort de Mahsa Amini. On réitérait notre appel à ne pas exécuter le professeur Djalali dans cette résolution. On insistait aussi sur la nécessité d’un travail qui soit le plus coordonné possible entre la Wallonie, l’État belge et l’Union européenne, pour faire pression sur la République islamique d’Iran, et exiger une enquête internationale indépendante et transparente sur ces actes. Ces prises de position témoignent de la constance de notre engagement en faveur des droits fondamentaux dans cette assemblée, de la protection des femmes et du respect de la dignité humaine. Elles rappellent que la solidarité du Parlement wallon avec le peuple iranien s’inscrit dans la durée et dans la cohérence avec les valeurs diplomatiques que nous défendons d’une seule voix. À cet égard, on salue l’ouverture de la majorité par rapport aux différents amendements que mon groupe a déposés en commission. On estime indispensable d’enrichir et de renforcer ce texte initial. Premièrement, on a souhaité élargir la condamnation et la répression, en y intégrant explicitement la pratique de la diplomatie des otages. Cette réalité constitue une violation grave du droit international. Deuxièmement, on a proposé de renforcer la portée du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, en reconnaissant non seulement le droit du peuple iranien à déterminer son avenir, mais aussi son droit fondamental à la liberté et à la résistance contre l’oppression. Il s’agit d’une clarification politique essentielle, pleinement conforme aux principes universels des droits fondamentaux. Troisièmement, nos amendements consolident le soutien aux femmes iraniennes et aux militantes féministes, en reconnaissant explicitement la discrimination institutionnalisée dont elles sont victimes sur place, telle qu’établie par les Nations unies, et en affirmant la nécessité de leur garantir une protection effective. Enfin, on a souhaité préciser nos demandes adressées aux autorités fédérales et européennes, en y intégrant la reconnaissance des persécutions qui visent les défenseurs des droits fondamentaux, les journalistes, les avocats, les étudiants, les syndicalistes, ainsi que l’exigence de la libération immédiate de plusieurs figures emblématiques injustement emprisonnées sur place depuis longtemps, le maintien de sanctions ciblées contre les responsables des violations graves. Il est évident que mon groupe soutiendra ce texte à l’examen, parce que la situation en Iran exige une parole qui soit la plus claire et univoque possible en faveur des droits fondamentaux. Face à la dégradation rapide de l’ordre international que nous connaissons malheureusement aujourd’hui, le silence n’est jamais une option. On tient à lever toute ambiguïté. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne peut être conditionné à une lecture culturaliste, ni à une lecture religieuse. À cet égard, je souhaite appeler à la vigilance. Dans ce débat, il existe un vrai risque d’installer une lecture qui assimilerait l’autoritarisme du régime iranien à l’islam en tant que religion. L’amalgame a lieu dans l’opinion publique. Un tel amalgame serait non seulement erroné, mais il serait également dangereux. Ce n’est pas l’objectif de nos échanges aujourd’hui, M. Gardier l’a rappelé d’emblée lors de nos débats en commission. Même lorsqu’elle n’est ni consciente ni intentionnelle, cette instrumentalisation du débat doit être clairement et complètement écartée. On a le devoir de distinguer fermement les dérives d’un régime politique de la foi d’un peuple. On vit un moment de bascule. Depuis plusieurs années, et plus encore avec le retour de Donald Trump sur la scène internationale, le cadre du multilatéralisme se fragilise, les rapports de force s’exacerbent, les normes communes sont ouvertement contestées. Dans ce contexte, le droit international ne peut être que notre seule boussole, non par confort moral, mais parce qu’il reste le seul langage commun capable de limiter l’arbitraire, de limiter la violence et d’empêcher la loi du plus fort. En déposant ce texte aujourd’hui, le MR et Les Engagés affirment – et je m’en réjouis clairement – que le Parlement de Wallonie a toute sa légitimité et sa responsabilité pour se saisir des grandes questions internationales, qu’elles concernent l’Iran, le Soudan, le Venezuela, la situation à Gaza ou encore la reconnaissance du génocide sur place. Nous devons nous appuyer partout et toujours sur le respect des droits fondamentaux et sur le droit international. C’est à cette condition, et à cette condition seulement, chers collègues, que notre parole politique restera crédible et que nous pourrons contribuer à faire triompher les droits humains.

    Agressivité 59%Émotionnel 44%
  26. LR
    Loris Resinelli
    Les Engagés

    Monsieur le Ministre, chers collègues, aujourd’hui je n’ai pas envie de vous développer longuement le contexte qui nous a amenés à déposer cette résolution avec notre partenaire de majorité, principalement M. Gardier, que je remercie, parce que nous avons eu largement l’occasion de le faire en commission, à la fois dans ce Parlement et en Fédération Wallonie-Bruxelles. Je remercie d’ailleurs l’ensemble des collègues de la majorité et de l’opposition pour leurs apports dans les discussions qui ont eu lieu, notamment via des amendements très pertinents. Je m’associe également aux remerciements de l’ensemble des collègues destinés aux services du greffe qui ont réalisé ce rapport rapidement, et à Mme Mauel pour l’avoir brillamment lu. Aujourd’hui, chers collègues, je veux vous parler de Sajjad, 28 ans, mort pour sa liberté. Je veux vous parler d’Amir, 26 ans, tué pour avoir rêvé de démocratie. Je veux vous parler d’Aïda, 21 ans, assassinée pour avoir osé manifester, avec l’élément aggravant d’être une femme dans ce pays où tous leurs droits élémentaires sont bafoués. Ces noms, je ne les ai pas inventés. Ce sont trois noms parmi 2 257 noms recensés à l’heure actuelle, et qui font partie des milliers de victimes de la barbarie innommable d’un régime qui ne tient plus que par la terreur et la peur qu’il engendre. Cette résolution, nous la déposons devant vous aujourd’hui pour briser trois silences. Le premier silence, c’est celui de la mort. Cette mort utilisée comme instrument de dissuasion massive a envahi les avenues, les quartiers et les villes dans une vague aveugle et dévastatrice de tirs à bout portant sur une jeunesse qui manifestait pacifiquement, avec une nuée de simulacres de procès expéditifs, réalisés souvent à même la rue, et des dizaines de milliers d’arrestations dont le sort des emprisonnés reste aujourd’hui la source d’une immense inquiétude. Ce silence doit s’arrêter. Le deuxième silence, c’est celui d’un régime, colosse aux pieds d’argile qui, pour pouvoir massacrer sa population en toute tranquillité, organise une nuit communicationnelle en annihilant toute possibilité de contact avec le reste du monde, comme s’il invoquait un huis clos pour lui permettre de gérer ses affaires à l’abri des regards. Comme si les actes de résistance qui continuent à être organisés partout sur le territoire par une population qui force l’admiration par son courage et sa détermination n’existaient pas. Comme si les meurtres et la barbarie n’étaient que de vagues rumeurs. Ce silence doit s’arrêter. Le troisième silence, c’est celui du monde. Notre monde bouleversé par un renversement en cours de l’ordre mondial établi. Notre monde plongé dans un flux incessant d’informations évanescentes et éphémères, mais non moins inquiétantes et bousculantes. Notre monde qui avance bien souvent comme un cheval fou au triple galop. Ce monde où une actualité qui ne dure que quelques minutes a certes temporairement rompu ce silence, mais l’installe à nouveau en ronronnant et en détournant le regard. Ce silence doit s’arrêter. Pour Sajjad, Amir et Aïda, pour le peuple d’Iran comme pour tous les peuples vivant dans les prisons à ciel ouvert de cette planète, brisons ce silence. Aujourd’hui, chers collègues, nous avons l’occasion de rompre ce silence, à notre petite échelle, certes, mais une lumière qui s’allume dans les ténèbres et qui rejoint d’autres petites lumières déjà allumées peut contribuer à faire se lever un jour nouveau, un espoir nouveau. Cet espoir pour ce peuple jeune, éduqué, riche d’une culture millénaire, qui aspire simplement à vivre en liberté et à en finir avec un régime théocratique qui l’oppresse et le condamne à choisir entre la soumission et la mort. Par ce texte, chers collègues, nous pouvons contribuer à garder allumée cette flamme de l’espoir. Ne soyons pas silencieux.

  27. Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, en Iran, le peuple subit aujourd’hui une véritable politique de terreur d’État. Des milliers de manifestants ont été abattus lors des mobilisations, et la peine de mort est utilisée massivement pour faire taire la contestation. On parle actuellement de 30 000 décès. Les prisons débordent d’opposants, de journalistes et de défenseurs des droits humains soumis à la torture, aux viols et aux disparitions forcées dans une impunité presque totale. Les femmes sont en première ligne de cette répression, contraintes par la violence à porter le voile, arrêtées, battues ou même tuées pour un simple refus de se soumettre. Les minorités ethniques et religieuses sont, elles aussi, particulièrement visées par ce régime autoritaire. Face à tant d’horreur, notre responsabilité est claire: ne pas détourner le regard, nommer les choses, soutenir celles et ceux qui, en Iran, risquent leur vie pour les libertés fondamentales que nous tenons pour acquises. Le minimum que nous puissions faire est de porter leur voix, d’exiger que les responsables soient un jour tenus responsables de leurs crimes et de rappeler que le peuple iranien doit pouvoir décider librement de son avenir. Pourtant, cette résolution, si elle condamne avec justesse la répression, passe sous silence deux questions essentielles. Premièrement, ce sont les sanctions économiques, censées faire pression sur le régime, qui frappent en réalité la population iranienne. Elles ont détruit la classe moyenne, aggravé la pauvreté, étranglé les étudiants et les travailleurs et renforcé les factions les plus dures du pouvoir. Avant 2011, l’Iran disposait d’une société civile vivante et d’une classe moyenne dynamique, force motrice du changement. Ces forces ont aujourd’hui été écrasées. Si nous voulons sincèrement soutenir le peuple iranien, il faut lever les sanctions qui touchent les civils, rétablir les échanges culturels et universitaires et recourir systématiquement aux mécanismes de l’ONU pour sanctionner les violations des droits humains. Punir collectivement un peuple au nom de la démocratie conduit à l’effet inverse. Deuxièmement, nous devons aborder la question du droit international. Ces derniers mois, les frappes américaines et israéliennes sur le territoire iranien, notamment l’opération «Marteau de minuit» du 21 juin 2025 et les bombardements du 26 octobre 2024, ont provoqué de nombreuses victimes civiles. Ce Parlement n’a pourtant pas condamné ces attaques. Ce silence, ce double standard, renforce le discours des durs à Téhéran, celui d’un Occident hypocrite et indigne de confiance. Nous devons être cohérents. On ne défend pas le peuple iranien en multipliant les ingérences militaires. L’histoire l’a prouvé en Irak, en Libye, en Afghanistan. Les bombes n’apportent pas la liberté; elles sèment le chaos. Une nouvelle agression contre l’Iran constituerait une folie, risquant de plonger toute la région dans la guerre, de faire exploser les prix du pétrole et d’aggraver la crise humanitaire. C’est pourquoi nos amendements insistent sur trois points: - le respect absolu du droit international et de l’intégrité territoriale de l’Iran; - la fin des ingérences étrangères; - la reconnaissance du fait que les sanctions et les tensions géopolitiques asphyxient le peuple iranien autant que la répression interne. Ces amendements ont été rejetés en commission. Pourtant, ils appellent à une seule chose: la cohérence. Cette cohérence ajouterait de la crédibilité à cette résolution. Il est toujours temps de la soutenir. Enfin, il faut en finir avec ce «deux poids, deux mesures» qui mine la crédibilité de ce Parlement. Il a fallu quelques jours pour que la majorité réagisse à la répression en Iran – c’est très bien –, mais pourquoi une telle passivité depuis des mois face aux crimes d’Israël? Pourquoi refuser de condamner les massacres d’un État aujourd’hui responsable d’actes qualifiés de génocidaires? L’humanité et le droit ne se défendent pas à la carte.

  28. Dimanche, le cinéaste iranien Mehdi Mahmoudian, coscénariste du film Un simple accident, Palme d’or du Festival de Cannes, a été arrêté. Il est suspecté d’avoir contribué à un message critique contre le régime. « Dans quelle langue le peuple doit-il dire qu’il ne veut pas de ce système et qu’il ne croit pas à vos mensonges ? Ça suffit ! » : c’est la déclaration de Mir Hossein Moussavi, figure de l’opposition iranienne, assigné à résidence en Iran, à l’adresse des dirigeants iraniens et des mollahs. Les arrestations arbitraires et les atteintes à la liberté d’expression font partie du quotidien en Iran. Cette théocratie est en effet depuis longtemps un régime qui ne tient que par la terreur de son appareil sécuritaire, avec ses gardiens de la révolution, sa justice expéditive, sa propagande d’État et ses attaques contre la population, avec les femmes et les minorités en première ligne. Depuis plusieurs semaines, le régime met cependant en œuvre une violence encore plus drastique – si cela était possible –, avec une répression sans limite de la population, qui a beaucoup de raisons de contester et de s’exprimer. Je ne reprendrai pas l’ensemble des considérations partagées en commission au sein de ce Parlement et du Parlement de la Fédération WallonieBruxelles; néanmoins, j’aimerais reprendre les éléments les plus importants. Je remercie au passage les services et la rapporteuse pour le rapport. Citons les connexions internet, coupées pour une durée jamais égalée, de sorte que les violences interviennent sans preuve et sans témoin; mais aussi, la lumière coupée, la capacité à observer altérée. Il est difficile de savoir comment évolue la situation. Le nombre de victimes lui-même – des milliers peut-être de dizaines de milliers – est caché par le régime. Face à cette tragédie, les démocraties européennes ne peuvent pas rester sans réagir. Elles doivent utiliser tous leurs leviers pour peser sur le régime, pour faire cesser tout usage de la force, a fortiori cet usage totalement invraisemblable. Nous nous inscrivons dans la résolution proposée par les auteurs: ils ont exprimé, que nous devions être porteurs du respect du droit et de la volonté de protéger les populations, et porteurs d’une détermination à faire pression sur le régime pour enfin en sortir. Des amendements ont été discutés en commission. Un amendement que nous avions proposé sur les mécanismes d’enquête à l’ONU a pu être intégré au texte. Je remercie ceux et celles qui y ont contribué. Nous avons déposé un autre amendement qui revient ici, en séance plénière, et qui porte sur notre capacité d’accueil et d’asile par rapport aux personnes persécutées. Cet amendement n’a pas encore convaincu. Nous le redéposons parce que les éléments de réponse semblent considérer l’amendement dans l’état où il était lorsque nous l’avons déposé au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Je précise qu’il porte sur deux dimensions: - l’enjeu des expulsions. Il a été dit en commission – dans les faits c’est correct – que le CGRA avait pris des mesures administratives en la matière. Le but de l’amendement n’est pas de faire ce que le CGRA fait, mais de donner une assise politique à cette circulaire administrative; - la capacité à faciliter les procédures pour ceux qui sont encore en Iran et qui cherchent potentiellement un asile dans notre pays, ou au sein de l’Union européenne. À cet égard, nous pensons que nous avons une capacité à agir. Nonobstant cet amendement, nous soutiendrons cette résolution qui condamne fermement ces violences insensées et qui propose plusieurs actions en phase avec ce que nous pensons nécessaire, en ce compris le soutien des défenseurs des droits humains, des journalistes, des artistes, des chercheurs et chercheuses, et des femmes. Sans que cela n’affecte notre soutien à ce texte, nous ne pouvons malheureusement pas ne pas nous rappeler combien il n’a pas été possible, dans ce Parlement, de condamner aussi fermement la violence d’État portée par le Gouvernement israélien face aux Palestiniens, de façon indiscriminée, en particulier à Gaza, qu’il n’a pas été possible de nommer ensemble et unanimement l’existence de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, des mandats d’arrêt établis par la Cour pénale internationale ou du risque de génocide reconnu par la Cour internationale de justice. Cela restera, dans cette législature, un moment douloureux d’incompréhension. Nous pensons que le droit international demande une approche constante. C’est une question de justesse. C’est une question de justice. C’est une question de crédibilité. Ceci ne nous empêchera pas de considérer, pour elle-même, cette résolution que nous soutiendrons avec conviction.

    Agressivité 50%
  29. Mesdames et Messieurs les Parlementaires, M. le Ministre-Président me demande de réaffirmer la solidarité du Gouvernement exprimée à l’égard du peuple iranien, singulièrement de celles et ceux qui ont été victimes de la répression organisée par le régime d’État. L’usage de la violence contre des civils par le régime iranien, les arrestations arbitraires, les atteintes à la liberté d’expression et la répression de manifestations pacifiques sont inacceptables et ne peuvent en aucun cas être justifiées. Cette situation appelle une condamnation claire et sans ambiguïté de toute répression et de toute violation des libertés fondamentales. Dans ce contexte, l’Union européenne a pris des mesures diplomatiques claires, avec un renforcement des sanctions envers le régime iranien et ses représentants. Ainsi, ce 29 janvier, les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l’Union européenne sont tombés d’accord pour désigner les gardiens de la révolution comme une organisation terroriste après la répression sanglante des manifestations en Iran. Ce n’est pas seulement une mesure symbolique; elle participe à la délégitimation d’un régime sanguinaire. Cette inscription a des effets concrets puisqu’elle entraîne le gel des fonds et des avoirs financiers des personnes et des entités visées. La Belgique, considérant l’accord de coalition du Gouvernement fédéral, soutient cette inscription sur la liste des organisations terroristes. La Wallonie, tout comme la Belgique, s’inscrit pleinement dans la ligne européenne. C’est dans cet esprit de fermeté sur les principes de solidarité avec les populations et de confiance dans la diplomatie que la Wallonie contribue à la définition de la position belge. Le ministre-président rappelle que la Wallonie participe aux réunions de concertation visant la définition de la position belge. L’accent a été mis sur la nécessité de condamner la répression, mais également de soutenir les mesures diplomatiques européennes et les sanctions prises à l’égard du régime. Le ministreprésident et le Gouvernement wallon dans son ensemble continueront de suivre de près la situation sur place. Nous condamnons la répression et continuons d’appeler à une réponse internationale cohérente, responsable et résolument tournée vers la défense des droits humains en Iran.

  30. Je souhaite réitérer ma gratitude à l’ensemble des groupes pour le soutien exprimé à cette résolution, avec des nuances certes, mais qui va bien au-delà de la majorité, ainsi qu’aux collègues qui l’ont cosignée, en particulier – j’insiste làdessus – M. Resinelli qui s’est impliqué fortement dans ce dossier, tant d’ailleurs en Fédération WallonieBruxelles qu’ici. Je veux aussi souligner et affirmer mon plaisir de voir le soutien exprimé par le Gouvernement, en commission par le ministre-président et ici, en séance plénière, par le ministre Jeholet. C’est également particulièrement important. Ce consensus large a une portée qui dépasse nos clivages. Il donne du poids à la voix de notre Parlement face à l’un des régimes les plus violents de notre temps. J’ai déjà eu l’occasion de le dire – cela m’a profondément marqué –, mais les échanges avec la diaspora iranienne, que nombre d’entre vous ont également eu l’occasion de rencontrer, nous rappellent à quel point ce moment, le moment que traverse l’Iran maintenant, est historique. La répression, certes, ne date pas d’hier. Personne ici ne découvre la brutalité de ce régime. Ce que ces femmes et ces hommes nous disent pour le moment, avec des mots souvent chargés de larmes, c’est qu’il existe aujourd’hui un besoin absolu vital de sortir des ténèbres. Ils nous disent que le régime est fragilisé, que la société iranienne n’en peut plus et qu’une fenêtre, peut-être étroite, peut-être brève, s’est ouverte, dans l’espoir d’une véritable transition démocratique. Ce que nous faisons, ce que nous votons aujourd’hui, je l’espère, n’est ni un réflexe de circonstance ni un geste symbolique de plus. C’est la réponse à un appel répété, insistant qui nous vient depuis des années des rues de l’Iran, des prisons de l’Iran, de cette diaspora qui vit avec la culpabilité d’être en sécurité, alors que ses proches risquent leur vie. Nous savons que l’espoir a déjà été brisé, parfois de manière atroce. À plusieurs reprises, le peuple iranien a cru toucher du doigt la possibilité de sortir du totalitarisme, avant de se heurter à une répression d’une sauvagerie inouïe. Aujourd’hui encore, il est difficile de mesurer précisément l’ampleur des crimes. On parle de milliers de morts, de milliers d’arrestations, d’exécutions expéditives, de la coupure internet pour camoufler tout cela, de black-out médiatique, de la manipulation systématique de l’information, qui rendent la vérité difficile à établir. Nous savons, en revanche, sans contestation possible, que la violence est massive, organisée, assumée par un pouvoir qui s’attaque à sa propre population pour se maintenir en place. Face à cette stratégie de dissimulation, nous avons un devoir simple, mais essentiel: ne pas être dupes, ne pas relativiser, ne pas laisser le régime de Téhéran réécrire les faits. Notre rôle, à des milliers de kilomètres, c’est de briser ce huis clos numérique qu’il tente d’imposer, de rappeler que le monde regarde, que les parlements regardent, que les démocraties regardent. Quand un peuple crie «liberté», notre silence serait une complicité. Je veux répondre à ceux qui ont exprimé la crainte d’une indignation sélective ou de double standard. Comme l’a fait M. Resinelli – je l’en remercie encore –, j’aimerais vous dire que je ne partage pas ce reproche. Notre Parlement, nos groupes politiques se sont exprimés sur le Soudan, sur le Congo, sur la Syrie, sur la situation israélo-palestinienne, y compris Gaza. Nous avons adopté des résolutions exigeantes. Nous avons rappelé partout la primauté du droit international humanitaire. Le Gouvernement fédéral n’a pas été en reste et a pris ses responsabilités, en étant parmi les voix européennes les plus claires pour réclamer des mesures historiques face aux crimes commis contre les civils palestiniens. On peut débattre de tout, mais pas de cela. Notre volonté de défendre le droit, la dignité humaine et la liberté des peuples est constante, quel que soit le contexte, quel que soit l’auteur des exactions. Ce que nous faisons aujourd’hui pour le peuple iranien s’inscrit dans cette cohérence. Nous affirmons qu’aucun peuple n’est destiné à la servitude, qu’aucun pouvoir n’a le droit de massacrer ses citoyens pour s’accrocher à son trône, qu’aucune raison géopolitique, aucune rivalité régionale, aucune logique de puissance ne peut justifier la répression interne d’un peuple désarmé qui réclame ses droits les plus élémentaires. À cet égard, je veux être clair: l’ennemi de la population iranienne n’est pas l’Occident. Ce ne sont pas les démocraties qui prennent des sanctions ciblées contre les responsables de la répression. L’ennemi du peuple iranien est le régime de Téhéran lui-même. Ce régime tire à bout portant sur des manifestants pacifiques, juge en quelques minutes dans des pseudotribunaux, condamne à mort, emprisonne, torture, viole et fait disparaître. On ne peut pas mettre sur un pied d’égalité la barbarie d’un pouvoir et des instruments juridiques employés pour tenter de la contenir. Ce n’est pas de la naïveté, c’est simplement refuser la confusion morale. C’est pour cela que nous félicitons l’Union européenne qui a adopté des sanctions contre les responsables iraniens et que les gardiens de la révolution soient inscrits sur la liste des organisations terroristes. Ces mesures ne sont certes pas parfaites, elles doivent certainement être complétées et renforcées, mais elles vont dans la bonne direction. Elles désignent les bourreaux. Elles isolent les appareils de répression. Elles montrent que le coût de la violence n’est pas nul sur la scène internationale. Je tiens à réaffirmer l’importance du travail sur les amendements. Je vais vous épargner notre positionnement, expliqué en commission et rapporté par Mme Mauel sur les différents amendements. Je voudrais terminer en rappelant ce que cette résolution dit et ce qu’elle doit signifier, surtout pour celles et ceux qui nous regardent en Iran et dans la diaspora. Elle dit que le Parlement de Wallonie se tient clairement aux côtés du peuple iranien, aux côtés de ces femmes qui enlèvent le voile au péril de leur vie, aux côtés de cette jeunesse qui descend dans la rue avec la simple force de ses mains nues, aux côtés de ces minorités ethniques et religieuses qui subissent une double oppression. Elle dit que nous reconnaissons leur droit à la liberté, à la dignité, à choisir le régime politique. Elle dit que nous ne considérons pas leur combat comme un dossier lointain, mais comme une partie du même combat universel pour les droits humains. Nous ne changerons pas à nous seuls le rapport de force en Iran. Nous n’avons ni divisions armées ni leviers économiques illimités, mais nous avons notre parole, notre vote, notre capacité à peser sur les positions de nos gouvernements, de l’Union européenne, des instances internationales. Cette capacité, nous l’utilisons aujourd’hui pour dire: nous vous voyons, nous vous croyons, nous vous soutenons. Le peuple iranien a déjà payé un prix terrible pour avoir simplement demandé de vivre libre. Il n’attend pas de nous des discours héroïques, mais de la clarté, de la constance, du courage politique. En adoptant cette résolution enrichie des amendements que nous avons acceptés, nous envoyons un signal clair: nous ne resterons pas neutres entre le bourreau et la victime. Nous choisissons le côté de celles et ceux qui se battent au péril de leur vie, pour que leurs enfants ne connaissent plus la peur comme seul horizon. C’est, je le crois profondément, la moindre des choses que nous devons à ce peuple qui, dans l’obscurité, cherche encore la lumière.

    Agressivité 38%Émotionnel 37%
  31. Je vous remercie, Monsieur Gardier, pour votre réplique spontanée. C’est un débat important que l’on a aujourd’hui. En effet, le Parlement de Wallonie est compétent pour se positionner sur toute une série de situations internationales. Avant de revenir vraiment sur le fond de ce texte si essentiel que nous soutenons et que nous avons d’ailleurs également modifié en apportant des amendements, je voulais simplement dire à M. Gardier qu’il n’était pas là pendant les débats que nous avons tenus dans la Commission du ministre-président sur Gaza, et que ce sont des membres de votre groupe, de votre parti politique qui ont soutenu explicitement – il suffit de relire le compte rendu pour cela –, que le Parlement de Wallonie n’était pas compétent pour toute une série de dossiers internationaux. On ne va pas avoir à nouveau le débat ici, ce n’est pas l’objectif. J’ai simplement dit que je me réjouissais de voir que votre parti, que la majorité, trouvait que ce Parlement était compétent pour traiter d’enjeux aussi importants au niveau international. En effet, je pense qu’il n’y a pas de petit positionnement à avoir et que face à l’urgence, face à une situation aussi atroce que celle qui a lieu aujourd’hui en Iran, il faut se positionner au Parlement de Wallonie, il faut se positionner au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, au Sénat et à la Chambre. D’ailleurs, mon groupe a déposé un texte à la Chambre, qui sera examiné demain, sauf erreur. Partout, il faut marteler que nous devons agir, que nous devons adopter de nouvelles sanctions ciblées contre l’ayatollah Khamenei, que nous devons geler et confisquer les avoirs des dirigeants et de leurs familles qui sont détenus à l’étranger et que nous devons poursuivre les responsables de crimes contre l’humanité qui sont présents hors d’Iran, que nous devons soutenir financièrement, et politiquement aussi, la mission d’établissement des faits de l’ONU sur l’Iran et les mécanismes de collecte et d’exploitation des preuves, que nous devons redonner tout son sens à la Cour pénale internationale, qui est aujourd’hui mise à mal par les États-Unis, que nous devons donner du pouvoir aux juges, que nous devons donner du pouvoir au multilatéralisme et au droit international. C’est ce que nous faisons ici. Je nous en félicite, chers collègues, et je vous remercie.

  32. LR
    Loris Resinelli
    Les Engagés

    Merci à l’ensemble des collègues qui sont intervenus aujourd’hui pour globalement porter le même message, un message de soutien à ce peuple qui lutte et qui se bat avec courage. Un message pour leur dire : « on est avec vous, n’abandonnez rien, entretenez cette flamme de l’espoir et, un jour, la liberté vaincra ». Comme l’a dit mon collègue Gardier, que je remercie à nouveau également, la diaspora iranienne compte sur nous. J’espère qu’ils peuvent, malgré le black-out organisé par ce régime, porter à la population les débats que nous avons, et le résultat du vote qui interviendra dans quelques minutes, qui, j’espère, sera unanime, pour leur porter ce message d’espoir, ce message de courage. Je ne rentrerai pas dans une polémique quelconque sur les autres sujets. Nous aurons bien le temps d’en débattre encore en commission, dans d’autres cas, et je me limiterai donc à cela, Monsieur le Président. J’ai simplement un message pour ce peuple, un message de courage et un message de force: n’abandonnez rien.

    Constructivité 49%Émotionnel 52%
  33. Je veux d’abord réparer un oubli : je remercie les services pour le rapport et Mme Mauel pour la lecture de ce rapport. C’est parfois fastidieux, mais cela a été très bien fait. M. Resinelli a raison, on aura d’autres occasions pour discuter des éléments qui ne sont pas dans cette résolution. Je souhaite juste rappeler au groupe de la majorité que de nombreuses fois, différents groupes, différents députés ont pris la parole sur Gaza et la Palestine. De nombreuses fois, on nous a dit que cela ne rentrait pas dans les compétences de la Région wallonne. De nombreuses fois, on n’a pas voulu se prononcer sur le caractère génocidaire de ce qui est en train de se passer à Gaza. La question du «deux poids, deux mesures» se pose. Toutefois, ce n’est pas une discussion que l’on doit avoir uniquement dans le cadre de ce texte. On aura l’occasion d’y revenir. Monsieur Gardier, Monsieur Resinelli, moi, je n’ai jamais dit que l’Occident serait le principal ennemi du peuple iranien. Je n’aurais d’ailleurs jamais utilisé une formule aussi générale. J’ai été fort précis. J’ai dit que trois dangers de natures différentes pesaient sur le peuple iranien. Le premier danger, c’est l’attitude du régime iranien lui-même. Il n’y a pas de doute là-dessus. Il n’y a pas de doute sur le caractère meurtrier de ce régime. Il n’y a pas de doute sur le caractère antidémocratique de ce régime. Le second élément qui confronte le peuple iranien, si l’on a son bien-être en tête et dans notre cœur, c’est le résultat de ces sanctions économiques. Ces sanctions économiques renforcent les plus durs du régime. J’ai pu expliquer aussi dans la commission que même sur le plan économique, les gardiens de la révolution sont renforcés par les sanctions économiques. Le troisième élément, c’est le danger de guerre. On sait bien que ce danger de guerre amènera le chaos, par le meurtre, l’assassinat et le malheur du peuple iranien. Ces trois dangers sont en train de peser sur le peuple iranien. Effectivement, notre premier devoir, c’est d’exprimer un message fort de solidarité vis-à-vis du peuple iranien. Notre seul message, c’est aussi de dire à ce Parlement qu’il faut être crédible et cohérent.

    Agressivité 89%Constructivité 89%Factuel 95%Émotionnel 88%
  34. Nous n’avons pas eu de réponse par rapport à l’amendement que nous avons déposé. Comme je l’ai indiqué, les éléments en commission étaient partiels et non actualisés. Sauf si l’amendement devait être adopté, je regretterais cette absence d’éléments de réponse. Pour le reste, j’ai eu l’occasion de développer nos propos qui restent tout à fait valables.

    Agressivité 56%Constructivité 62%Factuel 64%Émotionnel 58%

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