Moniteur citoyen
← Toutes les questions
ActualitéWalloniemercredi 7 juillet 2021

Le prix du lait non soutenable à 40 centimes

Synthèse

Le député Collin a dénoncé la vente de lait à 0,40 euro le litre chez Lidl, jugeant ce prix incompatible avec les coûts de production, la juste rémunération des producteurs et le principe de souveraineté alimentaire. Il a demandé si le ministre avait pris contact avec l’enseigne ou avec sa collègue fédérale afin d’envisager des mesures pour éviter ce type de pratique. Le ministre a indiqué avoir pris des contacts et traité le dossier avec sérieux, ce que Collin a salué en soulignant que cette situation illustre la nécessité de rémunérer correctement les producteurs.

Débat · 2 interventions

  1. C
    Collin
    Les Engagés

    Monsieur le Ministre, je m’adresse au ministre de l’Agriculture, mais je pourrais aussi m’adresser au ministre de l’Économie, même si je n’ignore pas que la politique des prix est restée de la compétence fédérale. La Fédération wallonne de l’agriculture a publié un communiqué très récemment en disant que l’on avait observé, dans plusieurs enseignes de la chaîne Lidl, du lait offert en vente à 0,40 centime le litre. C’est moins cher que la plupart des eaux proposées dans les rayons du même supermarché. C’est évidemment quelque chose qui interpelle. C’est le contraire de ce que l’on essaie de faire depuis des années, même si je sais que le problème est très complexe, à savoir assurer un prix juste aux producteurs, assurer un prix aussi aux consommateurs qui soit le reflet au minimum des coûts de production et bien entendu d’une rentabilité normale. Les coûts de production sont plus élevés que cela. Finalement, c’est aussi un signe donné aux consommateurs comme quoi on pourrait se fournir en produits de qualité à un prix aussi dérisoire. Il est question évidemment ici d’un exemple. Il est question d’un principe aussi, celui de la souveraineté alimentaire, celui du prix juste dû au producteur et de la participation de l’ensemble des maillons de la filière. Pour qu’il en soit ainsi, avez-vous pris contact, le cas échéant, avec l’enseigne concernée, éventuellement avec votre collègue fédérale si vous avez envisagé des mesures pour tenter d’éviter ce type de dérapage? De manière plus générale, que pensez-vous de cette pratique qui, moi, m’apparaît totalement condamnable? _(Applaudissements)_

    Agressivité 70%Factuel 38%Émotionnel 72%
  2. C
    Collin
    Les Engagés

    Je voudrais remercier le ministre des contacts qu’il a pris, ce qui témoigne qu’il a aussi considéré cette affaire avec tout le sérieux qu’elle mérite. Même si l’on pourrait la considérer comme anecdotique, elle ne l’est pas parce qu’elle témoigne vraiment de la nécessité de rémunérer justement le travail des producteurs. La souveraineté alimentaire d’un pays est à ce prix. Je voudrais simplement dire que 40 centimes le litre de lait à la distribution est un peu – comme l’écrivait quelqu’un sur les réseaux sociaux en suite du communiqué de la FWA – comme si l’on disait que le salaire moyen d’un employé allait être ramené à ce qui était payé fin des années 1970, à savoir, 750 par mois. Vous avez vite fait la comparaison et pris la mesure de ce qu’il en est.

    Émotionnel 51%

Questions similaires

ActualitéWallonie04.02.26

La chute des prix du lait

Les députés ont alerté sur l’effondrement du prix du lait, passé en quelques mois d’environ 55 à 35 centimes le litre, soit sous les coûts de production, et ont demandé des mesures urgentes pour soutenir la trésorerie des exploitations, en particulier les jeunes installés. La ministre a reconnu une situation préoccupante et a indiqué avoir saisi l’Union européenne depuis novembre, plaidant pour revoir les seuils d’activation des mécanismes de crise et pour renforcer la valorisation du lait en Wallonie par davantage de transformation et de débouchés à plus haute valeur ajoutée. Elle a également évoqué des aides à l’investissement et une concertation suivie avec les acteurs de la filière. Les intervenants ont enfin insisté sur le risque d’une nouvelle crise structurelle du secteur si aucune réponse rapide et coordonnée n’est apportée.

FHFrançois Huberty · Les EngagésAnne-Catherine Dalcq
AgricultureDifficultés économiques
ActualitéWallonie04.02.26

Les conséquences pour l’agriculture wallonne de la chute brutale des prix du lait

Les députés ont alerté sur l’effondrement du prix du lait, estimant que la chute récente met en danger la viabilité des exploitations wallonnes, notamment après d’autres संकटes sanitaires, et ont demandé des aides de trésorerie ainsi qu’une réaction européenne comparable à celle de 2015. La ministre a reconnu une situation préoccupante, soulignant la hausse des volumes, la dépendance de la Wallonie aux marchés mondiaux et la nécessité d’agir à la fois au niveau européen et régional, notamment en révisant les mécanismes de crise et en renforçant la transformation locale à plus forte valeur ajoutée. Elle a évoqué des leviers d’investissement existants et un dialogue maintenu avec les acteurs de la filière.

EFEddy Fontaine · PSAnne-Catherine Dalcq
Développement économiqueAgriculture
ActualitéWallonie25.03.26

Les conséquences de l’accord entre l’Union européenne et l’Australie pour l’agriculture wallonne

Les députés ont dénoncé les effets cumulés de l’accord UE-Australie sur l’agriculture wallonne, en particulier l’augmentation des quotas d’importation de viande bovine, ovine et de sucre, ainsi que le risque de concurrence jugée déloyale et de remise en cause des normes appliquées aux producteurs européens. La ministre a répondu avec prudence, rappelant que seuls les textes complets permettront d’évaluer l’accord, tout en soulignant qu’il s’agit à ce stade d’un avantage géopolitique pour l’UE mais aussi d’un dossier sensible pour l’agriculture. Elle a indiqué que les contingents annoncés restent inférieurs à ceux du MERCOSUR, qu’aucune concession supplémentaire n’a été faite dans le secteur agricole, et qu’il faudra examiner les mécanismes de sauvegarde, le respect des standards et l’impact cumulé des accords commerciaux. Sur le plan wallon, elle a évoqué la réforme de l’accès à la terre et la mise en place d’un repère/marque forte pour mieux valoriser les produits locaux et réduire la dépendance des agriculteurs aux marchés mondiaux.

CTCéline Tellier · EcoloAnne-Catherine Dalcq
AgricultureSécurité alimentaire
ActualitéWallonie27.03.24

Les nouvelles manifestations des agriculteurs et les résultats de la réunion du dernier conseil européen

Les intervenants ont souligné que les manifestations agricoles traduisent surtout une demande de prix rémunérateurs et de meilleures garanties de revenu, au-delà des seules simplifications administratives ou assouplissements environnementaux. Ils ont demandé au ministre s’il comptait défendre au niveau européen une modification du règlement OCM, notamment des articles 209 et 210, afin de permettre une négociation collective des prix, ainsi que des mécanismes contre la vente à perte et les pratiques déloyales. Ils ont aussi interrogé le ministre sur les résultats du Conseil européen de l’agriculture du 26 mars, l’avancement de mesures comme l’observatoire des prix et les nouvelles règles de concurrence, ainsi que le calendrier de mise en œuvre. En réponse, le ministre a indiqué qu’une ouverture existait au niveau européen sur plusieurs pistes, mais les députés ont jugé ces avancées encore insuffisantes et ont insisté sur la nécessité de solutions structurelles et rapides pour le revenu agricole.

FDFrançois Desquesnes · Les EngagésWilly Borsus
AgricultureTransition écologique
UrgenteWallonie13.03.24

La manifestation des agriculteurs à l’aéroport de liège

Eddy Fontaine a relaté le blocage symbolique des accès à l’aéroport de Liège par des agriculteurs, qui dénoncent les accords commerciaux européens et les importations de produits agricoles concurrençant la production locale, en soulignant que l’agriculture serait la variable d’ajustement dans les accords de libre-échange. Il a interrogé le ministre sur sa réaction face à cette colère, sur l’éventuelle reprise des rencontres avec les organisations agricoles et sur les moyens de les rassurer. Le ministre a indiqué qu’il rencontrerait à nouveau les représentants agricoles le jour même à 17 h 30 afin de faire le point sur leurs préoccupations.

EFEddy Fontaine · PSWilly Borsus
AgricultureTransport aérien