Le parcours d’intégration et les métiers en pénurie
Valérie Bluge interroge le ministre sur l’orientation des primoarrivants vers les métiers en pénurie, en particulier le métier d’infirmière, dans le cadre du parcours d’intégration et de son pilier d’insertion socioprofessionnelle. Yves Coppieters répond que ce parcours vise d’abord l’inclusion sociale et qu’un module de quatre heures peut informer et orienter, sans constituer lui-même un dispositif d’insertion; il renvoie pour les données précises au FOREm et au ministre Jeholet. Il indique en outre travailler avec la Fédération Wallonie-Bruxelles à la reconnaissance des diplômes étrangers, à la VAE et à la valorisation des compétences afin d’accélérer l’accès à l’emploi dans les métiers de soins, d’accompagnement et de services. La députée souligne enfin que la DPR prévoit un modèle de type suédois « fast track » et appelle à une concertation entre les compétences concernées pour faire de ce pilier un véritable levier d’insertion.
Débat · 3 interventions
- VB
Monsieur le Ministre, en Flandre comme en Wallonie, le métier d’infirmière est en pénurie. La presse nous a informés la semaine passée que les hôpitaux flamands et certaines maisons de repos ont décidé de faire venir des infirmières d’Asie – en particulier d’Inde et des Philippines – et de les former pour que celles-ci puissent intégrer leurs services. En Région wallonne, en 2024, si les données dont je dispose sont correctes, 1 132 personnes ont terminé leur parcours d’intégration. Vous savez que, dans celui-ci, il y a plusieurs piliers: un pilier de citoyenneté, un pilier de formation à la langue, mais aussi un pilier d’insertion socioprofessionnelle. Dès lors, comment et en quelles proportions vos services orientent-ils les personnes vers des métiers en pénurie, comme le métier d’infirmière?
Madame la Députée, le système d’intégration des primoarrivants est avant tout un système d’inclusion et d’intégration sociale à travers toute une série de modules de formation. Nous avons un module de formation de quatre heures sur l’inclusion socioprofessionnelle, dans lequel des formateurs expliquent l’écosystème de l’emploi en Région wallonne et peuvent potentiellement orienter les primoarrivants par rapport à leurs compétences, leur parcours et, éventuellement, leurs besoins de formation. Quoi qu’il en soit, ce module n’est pas un module d’insertion socioprofessionnelle; je voudrais que l’on précise bien les rôles de chacun. Je n’ai pas de possibilité, à travers cela, de savoir quelles personnes on aurait réorientées vers des métiers en pénurie. Pour cela, vous devez poser la question au FOREm, en l’occurrence au ministre Jeholet. Il y a là des conseillers qui doivent accueillir ces primoarrivants et, sur base d’un profil de compétences, les orienter vers des formations, des cours de français ou d’autres dispositifs de mise à l’emploi. Par contre, au niveau de la Fédération WallonieBruxelles, je travaille avec la ministre Degryse et la ministre Glatigny pour favoriser la reconnaissance de diplômes étrangers dans certains métiers en pénurie; je parle ici des métiers des soins, d’accompagnement et des services, essentiellement. L’idée est de faciliter la reconnaissance de ces diplômes pour remettre ces travailleurs à disposition du marché de l’emploi beaucoup plus rapidement. Je pense que l’on pourra y arriver; pour cela, on met en avant ce que l’on appelle la valorisation des acquis de l’expérience – la VAE – et la valorisation des compétences. Sur la base de ces deux processus, on pourra favoriser la mise à l’emploi de toute une série de personnes.
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Je vous remercie, Monsieur le Ministre, pour votre réponse. Les compétences des nouveaux arrivants sont une véritable valeur ajoutée pour la Région wallonne. Pour les personnes qui arrivent chez nous, la DPR mentionne spécifiquement et explicitement, à la page 55, la mise en place du modèle suédois fast track qui prévoit une validation rapide des compétences, notamment vers les métiers en pénurie. M. le Ministre Jeholet dispose effectivement d’une compétence pour l’insertion socioprofessionnelle. Néanmoins, c’est également un pilier des parcours d’intégration effectués dans les CRI, qui dépendent, eux, de votre compétence. Je ne peux que vous inviter à vous mettre autour de la table et à vous concerter avec M. Jeholet pour faire de ce pilier d’intégration socioprofessionnelle un véritable levier, en commençant par l’intégration dans le cadre de votre compétence. Je vous remercie pour la suite et serai attentive à ce dossier important pour l’émancipation de toutes les personnes, notamment des primoarrivants.
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