L’accord de coopération entre le FOREm et le VDAB
Les députées ont interrogé le ministre sur l’accord de coopération FOREm-VDAB, ses modalités, son calendrier, ses effets attendus pour la Wallonie et les balises prévues en matière de sanctions, notamment pour les demandeurs d’emploi ne pouvant matériellement se rendre sur un lieu de travail en Flandre ou à l’étranger. Pierre-Yves Jeholet a confirmé l’accord, en soulignant l’objectif de rapprocher les 264.000 chercheurs d’emploi wallons des 240.000 postes vacants en Flandre, notamment via des salons de l’emploi communs, des visites d’entreprises, des formations sur le terrain et un renforcement des compétences, y compris linguistiques. Il a précisé qu’il ne s’agissait pas de sanctions spécifiques mais de l’application du même cadre que pour toute offre raisonnable refusée, en rappelant que la mobilité doit être encouragée sans obliger un chercheur d’emploi à accepter un emploi trop éloigné de son domicile. Les intervenantes ont accueilli favorablement la démarche, tout en appelant à poursuivre les actions concrètes de mise en relation entre l’offre et la demande.
Débat · 5 interventions
- VB
Monsieur le Ministre, la presse nous a informés qu’un accord de coopération intervient entre la Région wallonne et la France – la Flandre, pardon – concernant la mobilité des travailleurs transrégionaux. Dans ce cadre, vous avez visité l’entreprise Soubry, en Flandre, qui emploie de nombreux travailleurs français, expliquant que ceux-ci effectuaient déjà une mobilité, cette fois-ci, transfrontalière. Or, pour favoriser l’emploi de nos travailleurs wallons, il fallait une impulsion transrégionale. Cet accord de coopération a été signé avant-hier. Pourriez-vous nous donner les modalités de celui-ci? Quand débutera-t-il? Quels sont les impacts espérés? Que pourra-t-il apporter à notre Wallonie?
Agressivité 69%Constructivité 40%Émotionnel 60% - GLGeneviève LazaronLes Engagés
Monsieur le Ministre, comme ma collègue vient de le dire, nous avons appris récemment que vous avez signé un accord visant à accélérer la mise en relation entre les emplois disponibles en France – en Flandre, pardon ; j’ai fait la même chose – et les chercheurs d’emploi en Wallonie. En effet, on sait que la Flandre a besoin de main-d’œuvre et qu’il y a chez nous, en Wallonie, énormément de chercheurs d’emploi. Cette collaboration entre le VDAB et le FOREm est une bonne chose, d’autant que, en commission, nous soulignons très souvent le fait que le FOREm devrait capter davantage d’offres d’emploi. Il est aussi question de sanctions qui viseraient les demandeurs d’emploi qui ne répondraient pas à plusieurs offres d’emploi en Flandre correspondant à leur profil. Avez-vous un accord similaire avec Actiris ou un pays limitrophe? Je prends à titre d’exemple le Luxembourg puisqu’un habitant d’Arlon pourrait plus facilement travailler au Luxembourg que dans d’autres régions de notre pays. Quelles sont les balises prévues par rapport à ces sanctions afin de ne pas pénaliser un chercheur d’emploi qui ne pourrait matériellement pas se rendre sur son lieu de travail?
Agressivité 52%Constructivité 65%Émotionnel 40% Mesdames les Députées, je vous confirme que je n’ai pas encore signé d’accord de coopération avec la France, mais, qui sait, pourquoi pas avec le Luxembourg ? Cependant se pose la question des salaires que l’on peut offrir au Luxembourg ou que l’on peut offrir en Belgique. Il est clair que les accords de coopération doivent être encouragés. Ceci étant, on signe beaucoup d’accords de coopération entre régions et entre pays. Il y a en tout cas une volonté très forte. C’est un fait politique que la Flandre et la Wallonie aient pu être alignées ce lundi, avec ma collègue Demir, par rapport à notre volontarisme et notre côté offensif sur le marché du travail afin de réconcilier les besoins des entreprises en Flandre. On me dit beaucoup que l’on doit remettre des personnes à l’emploi, mais qu’il n’y a pas suffisamment de postes vacants. Je tempère et je nuance toutes ces questions, et je l’ai fait pendant 14 heures 30 hier. Il est clair que, en Flandre, aujourd’hui, il y a 240 000 postes vacants et que, en Wallonie, il y a beaucoup de métiers en pénurie – c’est un peu le paradoxe – et 264 000 chercheurs d’emploi. Si nous pouvons réconcilier les besoins avec les opportunités en Flandre et les chercheurs d’emploi en Wallonie, allons-y. C’est le message que nous avons voulu donner avec des synergies complémentaires entre nos services publics régionaux, entre le FOREm et le VDAB, mais aussi avec une volonté très forte, notamment du côté des entreprises: «Nous sommes prêts en Wallonie. Accueillez-nous en Flandre». Il s’agit aussi de faire un message, qui est parfois un peu contraire à l’image caricaturale que l’on peut avoir de la Wallonie, des travailleurs et des chercheurs d’emplois en Wallonie. C’est une révolution culturelle, c’est une révolution de paradigme et d’approche que l’on a. Cet accord de coopération veut vraiment renforcer et proposer toute une série de choses, comme des salons de l’emploi communs à la Wallonie et à la Flandre, des visites d’entreprises, pour qu’il y ait une belle compréhension des besoins des entreprises en Flandre par rapport au public cible en Wallonie, avec davantage d’offres de formation sur le terrain pour augmenter les compétences et les qualifications des chercheurs d’emploi, mais aussi de la langue. En effet, il a quelque chose que l’on ne peut quand même pas m’expliquer quand on dit que la langue peut être un handicap. Il n’y a, à mon estime, pas de frontière linguistique par rapport à l’emploi. L’exemple de la visite de Soubry était assez éloquent. Quand on a 180 travailleurs qui viennent de France et 10 travailleurs qui viennent de Wallonie, c’est la preuve que la langue ne doit pas être un frein. On doit y travailler à travers des formations. C’est valable pour les régions transfrontalières. Comme je l’ai dit, on ne va pas obliger un chercheur d’emploi d’Arlon à aller travailler à Bruges ou à Roulers. On a cependant des régions transfrontalières où, en termes de mobilité, on est à quelques kilomètres d’entreprises qui cherchent et qui proposent du travail. Profitons-en! Je souligne un dernier élément par rapport aux sanctions. Ce ne sont pas des sanctions. Par rapport au plan d’action contraignant pour le chercheur d’emploi, il y a évidemment des obligations, des sanctions éventuelles s’il refuse des offres d’emploi raisonnables en Wallonie. Pour un chercheur d’emploi transfrontalier, ce sera la même réglementation, la même implication par rapport à une offre raisonnable qui vient d’une entreprise flamande. Je me réjouis vraiment de cet accord de coopération.
Agressivité 59%Constructivité 70%Factuel 65%Émotionnel 49%- VB
Monsieur le Ministre, notre groupe politique accueille favorablement cet accord de coopération et vos déclarations dans ce Parlement. En effet, à Roulers, dans l’entreprise Soubry, il y a 180 travailleurs français pour 10 travailleurs wallons. Or, notre main-d’œuvre est disponible en Région wallonne eu égard au nombre de chercheurs d’emploi que nous avons. Ces travailleurs ont besoin d’une impulsion. Cette impulsion, vous la créez grâce à cet accord de coopération. Je ne peux qu’espérer qu’il y ait davantage de collaboration en ce sens avec la Flandre pour favoriser l’emploi en Wallonie, favoriser l’emploi des travailleurs wallons et, in fine, favoriser toute l’économie de notre Région.
Agressivité 42%Constructivité 66%Émotionnel 45% - GLGeneviève LazaronLes Engagés
Je remercie M. le Ministre pour ses réponses. Au niveau des Engagés, nous nous réjouissons également de cette dynamique. On ne cesse de répéter qu’il faut mettre en adéquation l’offre d’emploi et la demande des chercheurs d’emploi. C’est un exemple très concret. Toutefois, comme vous l’avez souligné, il est important d’aller dans le concret, d’insister et de soutenir toutes les actions qui encadrent la recherche d’emploi, comme les jobdays ou les salons de l’emploi. Je vous remercie d’avoir donné l’explication par rapport aux sanctions.
Constructivité 94%Factuel 82%
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