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ActualitéWalloniemercredi 12 mai 2021

L’arrêt de la cour de justice de l’union européenne (cjue) déboutant bayer de son action contestant l’interdiction de trois néonicotinoïdes prise en 2018 par la commission européenne

Synthèse

Ryckmans a évoqué l’arrêt de la CJUE rejetant le recours de Bayer contre l’interdiction européenne de trois néonicotinoïdes, en soulignant les risques de ces substances pour les abeilles, les riverains et les agriculteurs, ainsi que l’inscription du Parlement wallon dans une logique de fin des néonicotinoïdes. Il a interrogé le ministre sur la portée juridique de l’arrêt, ses conséquences pour la demande de dérogation belge, l’éventuelle réponse de la CJUE aux questions préjudicielles du Conseil d’État, et l’état d’avancement des alternatives. La réponse a rappelé que la Wallonie doit mettre en œuvre la dérogation fédérale mais aussi veiller à son contrôle sur le terrain, tout en reconnaissant la difficulté d’en assurer l’application; il a également été indiqué que le développement des alternatives prend du temps et que leur progrès reste un enjeu important.

Débat · 2 interventions

  1. R

    Monsieur le Ministre, ce 6 mai, la Cour de justice de l’Union européenne a débouté Bayer de son recours contestant l’interdiction de trois néonicotinoïdes. Les firmes Bayer et Bayer Crop Science contestaient en effet la décision prise en 2018 par la Commission d’interdire trois néonicotinoïdes. Non contente de produire des poisons pour les abeilles et les agriculteurs, la firme agrochimique tentait de s’opposer à une décision prise en vertu du principe de précaution. La Cour de justice vient donc de débouter ces firmes phytopharmaceutiques, fort heureusement, et cela au grand bénéfice des abeilles. Rappelons que les trois néonicotinoïdes incriminés contiennent de la clothianidine, de la thiaméthoxame et l’imidaclopride. Ces néonicotinoïdes attaquent le système nerveux central des abeilles, les désorientent et sont accusés d’altérer la stérilité des mâles et se retrouvent dans le pollen, le nectar, les feuillages, l’eau et le sol. Notre Parlement s’est prononcé clairement en 2017 sur la fin des néonicotinoïdes. Ecolo connaît et dénonce le danger de ces produits pour l’environnement, mais aussi pour la santé des riverains et celle des agriculteurs. Comment analysez-vous les arguments en fondant la décision de la Cour de justice européenne? Qu’en tirezvous comme conséquences? Une telle décision de la Cour renforce à mon sens le caractère intenable de la demande de dérogation introduite par la Belgique. Rappelons-nous, le ministre fédéral en charge de l’Agriculture a demandé cette dérogation et s’est engagé en disant que c’était la troisième et dernière fois. On le sait, le Conseil d’État a déposé cinq questions préjudicielles à cette même Cour de justice, mais je pense que les réponses ne seront connues que dans plusieurs mois. Pouvez-vous me le confirmer? Qu’en dites-vous? Puisque la Cour de justice de l’Union européenne a débouté les firmes Bayer, n’est-il pas temps de faire stopper l’utilisation de ces produits à la faveur de cette troisième dérogation en ne l’appliquant pas? Quelle position défendrez-vous si la Wallonie est invitée encore une fois à donner un avis sur une nouvelle dérogation pour les néonicotinoïdes? Enfin, pouvez-vous nous dire où en est le développement des alternatives que nous appelons de nos vœux?

  2. R

    La Cour de justice rappelle que c’est le principe de précaution qui a prévalu pour interdire ces néonicotinoïdes et son arrêt est très clair. J’entends votre engagement pour l’arrêt complet de l’utilisation de ces produits et le rôle relatif de la Wallonie. Cependant, la Wallonie a la responsabilité de mettre en œuvre la dérogation obtenue par le Fédéra. Il faut s’assurer que la dérogation est bien appliquée, que la mise en œuvre de cette dérogation est correctement appliquée sur le terrain et le contrôle est effectivement rarement assuré et pratiquement infaisable. Nous avons ici un grand défi. On le sait – par exemple, en Angleterre – l’autorisation de ces néonicotinoïdes est conditionnée à l’existence réelle de pucerons et on ne fait pas de préventif, ce qui n’est pas le cas nécessairement en Wallonie. Nous devons être particulièrement attentifs à la santé, à la santé des abeilles, à la santé des riverains, des agriculteurs. J’entends que vous dites qu’il faut trois ans en France pour développer les alternatives. Madame Morreale, nous avons voté cette résolution en 2017, nous sommes en 2021. Où en sont les alternatives? Je pense que là il y a vraiment un retard absolu dans notre recherche de solutions. Les firmes doivent arrêter de jouer avec la santé des gens et des pollinisateurs et nous devons y mettre fin le plus rapidement possible.

    Agressivité 72%Factuel 48%Émotionnel 44%

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