L’accueil des réfugiés ukrainiens et les enjeux liés à l’emploi
Loïc Jacob a interrogé Pierre-Yves Jeholet sur l’accueil des réfugiés ukrainiens et sur les difficultés d’accès à l’emploi pour ces personnes. Le ministre a apporté des éléments de réponse sur les dispositifs d’accompagnement et d’intégration vers le marché du travail, ainsi que sur la prise en compte des contraintes administratives et pratiques liées à leur situation.
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Questions similaires
Les cours de français langue étrangère dispensés aux réfugiés ukrainiens dans le cadre du parcours d’intégration
Véronique Durenne a souligné l’arrivée d’environ 40 000 réfugiés ukrainiens en Belgique et la nécessité de leur offrir rapidement des cours de français afin de faciliter leur insertion professionnelle et sociale. Elle a demandé quelles mesures concrètes, quels moyens budgétaires, un éventuel élargissement des horaires et des engagements de professeurs seraient prévus pour soutenir les ASBL du parcours d’intégration en Wallonie. Dans sa réponse, la ministre a indiqué avoir agi par des appels à projets et débloqué des budgets pour renforcer les dispositifs existants, jugés insuffisants. La questionneuse a salué cette réaction rapide et l’aide apportée aux structures concernées.
L’éventuelle mise à l’emploi de sans- papiers pour pallier les pénuries
Les intervenants ont interpellé la ministre sur l’idée d’une régularisation de sans-papiers pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre, en demandant si cette question serait bien inscrite à l’ordre du jour d’une conférence interministérielle et comment éviter que cela ne détourne l’attention des demandeurs d’emploi wallons. Ils ont aussi soulevé les difficultés humaines des personnes sans papiers, leur impossibilité d’accéder à un travail légal, à un logement ou à un crédit, ainsi que la faible orientation des demandeurs d’emploi vers les métiers en pénurie et l’efficacité de la réforme du FOREm. La ministre a été renvoyée à la nécessité de concilier, selon les questions posées, l’accompagnement des demandeurs d’emploi, la réponse aux pénuries et la cohérence institutionnelle entre compétences régionales et fédérales.
L’hébergement des réfugiés ukrainiens
Anne Laffut souligne l’essoufflement de l’hébergement privé des réfugiés ukrainiens et demande un renforcement rapide de l’offre publique, en s’interrogeant sur les places disponibles à court et moyen terme. Elle évoque les besoins croissants des communes, le recours possible à la réquisition et cite l’exemple flamand de capacités d’accueil déjà importantes. Le ministre répond, selon les éléments repris, qu’il n’est pas question de proposer des logements insalubres, que des outils d’orientation de l’hébergement existent et que des places publiques doivent être ouvertes progressivement, avec environ 1 000 places annoncées en juillet et 3 500 à l’automne.
La formation aux métiers en pénurie des demandeurs d’emploi
Les intervenants ont interrogé la ministre sur la faible orientation des demandeurs d’emploi vers les métiers en pénurie, l’efficacité de la réforme du FOREm et la persistance d’un sous-emploi important en Wallonie. Le débat a surtout porté sur la proposition du Gouvernement wallon de demander une concertation interministérielle sur la régularisation de sans-papiers disposant de compétences recherchées, proposition défendue par certains comme une réponse pragmatique aux pénuries et critiquée par d’autres au nom de la priorité à l’emploi des 223 000 demandeurs d’emploi wallons. Les critiques ont aussi évoqué le risque d’appel d’air et une forme de sélection entre personnes sans-papiers selon leurs compétences. Les réponses et échanges ont souligné que les deux enjeux — accompagnement des demandeurs d’emploi et recours à des travailleurs déjà présents sur le territoire — devraient, selon certains, être traités en parallèle.
La hausse réelle du nombre de demandeurs d’emploi en Wallonie
Les intervenants de l’opposition ont dénoncé la réforme fédérale du chômage, jugée susceptible d’exclure massivement des demandeurs d’emploi, y compris des plus de 55 ans, et ont interrogé le ministre sur la hausse réelle du nombre de demandeurs d’emploi en Wallonie ainsi que sur les moyens prévus pour accompagner les personnes concernées et protéger les CPAS. Pierre-Yves Jeholet a rappelé la différence entre les sources statistiques du FOREm et de Statbel, a indiqué des chiffres récents montrant une hausse du taux d’emploi et une baisse du chômage, et a refusé la « guerre des chiffres ». Il a défendu une logique d’activation et d’accompagnement personnalisé, avec un renforcement du FOREm, des plans d’action obligatoires, une meilleure articulation avec les CPAS et des incitants à l’embauche pour les publics éloignés du marché du travail, tout en demandant des données précises à l’ONEM et au ministre fédéral.