L’éventuelle mise en place d’une interdiction d’accès au logement social pour les candidats disposant d’une certaine épargne
Laurent Devin interroge le ministre sur l’opportunité d’étendre en Wallonie l’examen des ressources des candidats au logement social à leur épargne, à la suite d’une décision flamande, et s’inquiète d’une mesure qu’il juge potentiellement disproportionnée ou discriminatoire. Il évoque aussi des propositions visant à faire quitter certains locataires de longue durée ayant pu épargner, afin de libérer des logements pour des personnes plus démunies. Le débat met en avant, du côté du questionneur, la défense du droit au logement et la fonction de tremplin social du logement public, ainsi que l’idée de mixité sociale et de parcours de vie possibles pour les locataires.
Débat · 2 interventions
- LD
Monsieur le Ministre, hier encore, dans ce Parlement, nous avons pu débattre des différentes possibilités d’aides par rapport aux milliers de familles qui attendent un logement public. Vous avez pu mettre en évidence l’ensemble des actions que vous portez, avec une concrétisation espérée à court terme, moyen terme et long terme. Un vent de Flandre nous rapporte que le Gouvernement flamand vient de prendre une décision importante en la matière qui est de non plus ne faire que d’étudier les revenus des personnes candidates locataires, mais également, aller plus loin et envisager d’étudier l’épargne de ces personnes, quelle que soit l’épargne, que ce soit un héritage modeste, que ce soit de l’argent que l’on ait accumulé parce que l’on travaillait, que ce soit encore par une autre manière. Je viens vers vous pour avoir votre avis en la matière, sachant qu’en Wallonie certains préconisent d’aller encore plus loin. Non seulement ils soutiennent cette thèse, mais ils vont plus loin. Ils disent que des personnes qui habiteraient dans un logement public depuis 1 an, 2 ans, 15 ans, 25 ans et qui connaîtraient le travail, qui épargneraient, devraient, elles, quitter leur logement pour faire place à d’autres personnes qui ne bénéficieraient pas de moyens, voire de moins de moyens. P.W. – C.R.I. N° 25 (2021-2022) – Mercredi 29 juin 2022 22 Pensez-vous que cette mesure est souhaitable en Région wallonne? Pensez-vous que c’est disproportionné et discriminatoire? Je vous vois déjà debout, prêt à venir à la tribune me répondre et je vous en remercie. Je vais être très attentif à votre réponse, Monsieur le Ministre.
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Les ministres, quand ils prennent une décision, font une déclaration. J’en prends acte. Je peux partager certaines décisions et pas d’autres. En tout cas, l’expression de M. le Ministre est claire et nette. En tant que membres du groupe socialiste, nous sommes de fervents défenseurs du droit au logement et nous pensons aussi que les cités-jardins doivent pouvoir être un tremplin social, que l’on puisse s’y épanouir, que l’on puisse y travailler, que l’on puisse élever ses enfants et que l’on ne soit pas condamnés à ne jamais avoir un tout petit pécule. On n’est pas condamnés à ne pas avoir de logement. Donnons sa chance au logement public, donnons leurs chances aux personnes qui y vivent, qui y travaillent, car vivre ensemble, c’est aussi travailler à une mixité sociale où chacun enrichit l’autre.
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L’investissement et la sanction des communes récalcitrantes par la Flandre en matière de logement social et le désinvestissement de la Wallonie
Laurent Devin a interrogé la ministre sur l’exemple flamand, qui prévoit un investissement massif dans le logement public et des sanctions envers les communes qui refusent d’accueillir ou de développer du logement social, en demandant quelles aides et quels mécanismes de sanction la Wallonie envisage. Cécile Neven a répondu qu’en Wallonie la gestion repose sur les SLSP et les AIS, qu’il existe un décalage entre l’objectif communal de 10 % et les besoins réels, et qu’elle veut passer d’une logique communale à une logique par bassins, avec un droit de tirage, une objectivation des besoins et plusieurs réformes structurelles. Elle a précisé que la Wallonie ne dispose pas des mêmes moyens que la Flandre et qu’il ne s’agit pas d’un désinvestissement, mais de l’arrêt de financements jugés non pérennes. Le député a ensuite insisté sur l’implication des communes et sur le rôle des financements communaux, tout en saluant les investissements réalisés précédemment en Wallonie.
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