L’accessibilité à un logement étudiant en wallonie
Le débat a porté sur la pénurie et le coût élevé des logements étudiants en Wallonie, avec des exemples de kots privés jugés trop chers et des capacités publiques jugées insuffisantes face à la demande. Les intervenants ont interrogé le ministre sur la création de 500 logements étudiants, l’utilisation du budget de 30 millions d’euros et l’état d’avancement d’une grille indicative des loyers. Il a été rappelé que le gouvernement s’est engagé dans la lutte contre la précarité estudiantine et que le groupe socialiste entend poursuivre des initiatives pour accroître l’offre de logements abordables, tandis que la problématique du prix reste au centre des préoccupations.
Débat · 4 interventions
- VVandevoordePTB
Monsieur le Ministre, dans une semaine, c’est la rentrée dans l’enseignement supérieur et, encore aujourd’hui, des étudiants n’ont toujours pas trouvé de kot pour se loger. On a entendu beaucoup de témoignages dans la presse ces dernières semaines. Par exemple, celui de Joséphine. Elle habite à Libramont et elle doit étudier à Namur. Pour elle, trouver un kot, ce n’est pas un choix, c’est une nécessité. Le plus fou dans son histoire, c’est qu’il y a des kots à Namur. On voit d’ailleurs de plus en plus de bâtiments pousser ci et là qui proposent des kots privés. Le problème, c’est le loyer qui est cher, voire extrêmement cher. Je pense, par exemple, à ce nouveau kot derrière la gare. Il propose des loyers à bien plus de 500 euros par mois, sans compter les charges. C’est juste impayable. De l’autre côté, on a l’Université de Namur qui propose des kots publics abordables. Le problème, c’est qu’il n’y a que 485 chambres et qu’elles sont remplies depuis très longtemps. De plus, il y a une longue liste d’attente. Par ailleurs, on a l’exemple l’UCLouvain, où le recteur a récemment expliqué que le fait d’avoir un large parc de logements publics à prix abordable permet de mettre une pression sur le privé pour faire diminuer les prix. C’est ce que l’on observe à Louvain-la-Neuve. Les universités sont demandeuses, Monsieur le Ministre, que vous généralisiez cette expérience et que vous preniez vos responsabilités à ce niveau. Face à cela, que répondez-vous? Un plan pour construire 500 logements étudiants dans toute la Wallonie. C’est juste en décalage et c’est totalement insuffisant face aux besoins. Votre réponse montre que vous abandonnez les étudiants face aux promoteurs immobiliers qui n’hésitent pas à racketter les étudiants pour s’en mettre plein les poches et enfoncer les jeunes encore plus dans la précarité. Que répondez-vous à tous ces étudiants qui galèrent pour trouver un kot et savoir se le payer?
- LD
Monsieur le Ministre, êtes-vous responsable de tous les malheurs et de toutes les difficultés? Je ne le pense pas. Avec mon groupe, on ne le pense pas. Petit rappel, nous avons voté, tous ensemble, une résolution interparlementaire pour lutter contre la précarité estudiantine. Madame Vandevoorde, le ministre Collignon a-t-il eu une bonne initiative l’année passée? Non, pas une, pas deux, mais trois, quatre, cinq, six. Il les a répétées encore ici avant les vacances. Si je parle d’avant les vacances parlementaires, c’est parce que vous m’avez donné rendez-vous, Monsieur le Ministre. Vous m’avez donné rendez-vous en disant: «À la rentrée, en septembre, Monsieur Devin, je ferai le point sur l’utilisation du budget de 30 millions d’euros pour la création de 500 logements destinés aux étudiants et également par rapport à l’avancement d’une grille indicative par rapport aux kots estudiantins». Là aussi, vous avez fait preuve d’innovation et vous avez pu avancer. Je suis à votre rendez-vous et je vous pose ces deux questions. Combien de logements sont en phase de réflexion et de construction? Où en est-on par rapport à cette grille indicative? 21 PW – Session 2023-2024 – CRI n° 1 – Séance plénière – Mercredi 6 septembre 2023
Agressivité 99%Constructivité 100%Factuel 100%Émotionnel 100% - VVandevoordePTB
J’entends M. Devin me dire que M. Collignon n’est quand même pas responsable de toutes les difficultés de l’enseignement supérieur. En effet. Par contre, le Parti socialiste a une présence quasi ininterrompue au pouvoir ces dernières décennies. On constate aujourd’hui que le financement de l’enseignement supérieur et l’accessibilité aux études, notamment à cause du coût des logements, n’ont jamais été aussi catastrophiques. Face à cela, sans même refaire tout le bilan et l’historique, mais en prenant uniquement cette législature pour laquelle M. Collignon est ministre, il y avait 194 000 étudiants dans l’enseignement supérieur en 2019. Il y en a eu 216 000 en 2022. C’est 22 000 étudiants de plus. On sait que 40 % d’entre eux sont koteurs. Il aurait fallu construire 10 000 logements sous cette législature pour répondre à l’augmentation du nombre d’étudiants. Or, on répond par 500. Voilà la situation dont on parle. Quand on se félicite ici du fait que ce sera plus facile de payer sa garantie ou qu’il y aura une grille indicative des loyers – alors qu’aucun des deux n’a d’impact sur le coût réel des loyers –, je pense que l’on est à côté de la plaque. Cela ne répond pas au problème de Joséphine et de tous les autres étudiants qui disent qu’il y a des kots, mais qu’ils sont impayables. Je n’entends toujours pas de réponse. Qu’allez-vous dire à ces étudiants qui sont dans la merde? J’aurais aimé entendre un vaste plan ambitieux de construction de logements publics; j’aurais aimé entendre une grille contraignante de loyers. Il n’y a aucun des deux.
Agressivité 41%Émotionnel 40% - LD
Je remercie M. le Ministre Collignon pour sa réponse précise à mes deux questions. Madame, nous ne sommes pas là pour nous féliciter. M. Collignon vous explique quelle est sa politique et celle du Gouvernement. Tous les étudiants cherchent-ils encore un kot? Non. Beaucoup ont déjà trouvé. Cela coûte-t-il trop cher? Oui. C’est pour cela que, jusqu’au bout de la législature, le groupe socialiste va travailler, va se battre, ne va pas se lamenter, ne va pas lire des notes, mais va chercher des solutions. Le Parti socialiste vous proposera des textes pour faire en sorte que de plus en plus de Wallonnes et de Wallons puissent réaliser des études avec des kots à prix abordables. Parler, c’est bien, réaliser, c’est beaucoup mieux. C’est ce que nous proposons de faire avec le ministre Collignon.
Constructivité 69%Factuel 88%
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