Le transfert d’agents provinciaux vers les CPAS
Dorothée De Rodder interroge le ministre sur son idée de transférer des agents provinciaux vers les CPAS, qu’elle juge méprisante pour les personnels concernés et inadaptée au travail social, en demandant des précisions sur la circulaire annoncée, le nombre d’agents visés et la capacité d’absorption des CPAS. François Desquesnes répond qu’il s’agit de rappeler une possibilité déjà prévue par le Code de la démocratie locale et de la décentralisation : la mise à disposition de statutaire entre pouvoirs locaux, notamment lorsque des provinces recentrent leurs activités. Il affirme qu’il ne s’agit ni d’un transfert forcé ni d’un remplacement des travailleurs sociaux, mais d’une mesure visant à affecter les moyens et le personnel à des tâches utiles et à éviter l’inactivité rémunérée.
Débat · 3 interventions
Monsieur le Ministre, dans un article paru récemment, vous faisiez état de votre brillante idée de transférer du personnel provincial vers les CPAS ou, à tout le moins, ceux qui n’ont pas grand-chose à faire. Est-ce comme cela que vous comptez endiguer la problématique des CPAS? Quel mépris, à la fois pour les agents provinciaux, mais aussi pour les travailleurs sociaux! Quel est le contenu de la circulaire que vous comptez adresser aux CPAS et aux provinces pour étayer votre idée? Avez-vous déjà une idée du nombre de membres du personnel qui pourrait être transféré demain vers les CPAS? Pouvez-vous nous en dire davantage sur votre vision éclairée quant à l’absorption par les CPAS de cette nouvelle vague de demandeurs d’emploi qui va intervenir?
Agressivité 62%Émotionnel 48%- FDFrançois DesquesnesLes Engagés
Madame la Députée, je vous remercie pour votre question qui va me permettre de faire le point sur un enjeu important qu’est la fonction publique locale. Notre belle Province de Hainaut a fait le choix, dans la droite ligne de la politique régionale, de recentrer ses activités sur une série de priorités au service des citoyens. Ainsi, j’ai pu voir dans un reportage télévisé que la Province de Hainaut décidait d’arrêter son service Hainaut Seniors pour recentrer ses moyens. En Hainaut, comme dans beaucoup de provinces, le nombre d’agents nommés est relativement important. Dans le cadre de cette réorganisation, la députation provinciale a trois choix. On n’en regarde souvent que deux et l’on oublie le troisième. Le premier choix est de réaffecter l’agent dans un autre service. Cependant, si l’on est sur un recentrage des activités, ce n’est peut-être pas toujours la bonne solution. La deuxième hypothèse est de mettre l’agent en disponibilité: salaire réduit, mais inactivité. Quel sens sociétal peut-on donner à ce type de mesure? Enfin, une troisième possibilité – qui existe déjà dans le Code de la démocratie locale et de la décentralisation – est la mise à disposition à un autre pouvoir local. C’est simplement cela que je compte faire parvenir comme information à l’attention des pouvoirs locaux. Il s’agit de réexpliquer le Code de la démocratie locale et de la décentralisation qui s’applique aux agents statutaires, lequel permet que les communes, les provinces et les CPAS passent des conventions de mise à disposition de personnel, dans le respect des agents. On ne va envoyer personne au travail forcé, car ce serait un non-sens. Cependant, je pense qu’il y a là un gain effectif d’efficacité pour les agents et le service public. C’est dans l’intérêt de ces agents que de faire un travail qui a du sens en allouant les moyens au bon endroit.
Il y a manifestement un changement de ton par rapport à l’article, mais il y a cette petite phrase dans votre interview qui dit que « cela permettra aux provinces de ne pas payer du personnel pour rien ». Cela, Monsieur le Ministre, c’est de la prétention absolue. Vous venez de dire que c’était vrai, mais quel mépris et, au fond, quelle faiblesse ! On va faire une petite transposition, Monsieur le Ministre, si vous le voulez bien, pour que vous compreniez. On pourrait penser, puisque vous êtes ici une semaine sur deux, que vous êtes disponible une semaine sur deux et que vous pourriez vous-même travailler dans un CPAS pour lui venir en aide. C’est absurde, non? Évidemment. De la même manière, il est complètement absurde de penser que, avec une mini-formation, on peut transformer des agents provinciaux en travailleurs sociaux. C’est à la fois méprisant pour les travailleurs sociaux et méprisant pour les travailleurs provinciaux. Je vous propose, plutôt que de faire cela une semaine sur deux, d’aller voir les agents qui travaillent dans les services publics.
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