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ActualitéWalloniemercredi 12 novembre 2025

L’impact pour la Wallonie de la suppression du brevet infirmier

Synthèse

Rachida Aït Alouha a dénoncé la suppression du brevet infirmier, qu’elle juge incompatible avec la pénurie de personnel en Wallonie et avec les besoins des hôpitaux, des soins à domicile et des maisons de repos. Yves Coppieters a répondu que la réforme est maintenue pour améliorer la lisibilité des formations, la cohérence des parcours et l’adaptation aux besoins de santé, tout en précisant que les brevetés conservent leurs droits, leurs barèmes et leurs parcours professionnels jusqu’à la pension. Il a également indiqué que la filière actuelle sera remplacée par une nouvelle formation d’assistant en soins infirmiers, avec passerelles vers les études d’infirmier en soins généraux. La députée a contesté cette orientation, estimant qu’elle ne répond pas au manque d’infirmiers et qu’elle affaiblit un titre partiellement reconnu au profit d’une nouvelle filière non reconnue.

Débat · 3 interventions

  1. Monsieur le Ministre, la suppression de la formation d’infirmière brevetée est encore une réforme qui n’a ni queue ni tête. Je ne vous apprends rien en vous disant que nous sommes en pénurie: en Wallonie, 40 % de nos infirmiers sont brevetés. Ceux que l’on a applaudis pendant le covid, dont beaucoup ont des maladies, comme le covid long, et sont peut-être décédés, sont les mêmes à qui on va supprimer cette formation. Ce sont eux qui font tourner nos hôpitaux, les soins à domicile et nos maisons de repos. Monsieur le Ministre, vous dites que vous voulez garder le plus longtemps possible nos aînés à domicile. Pour cela, il faut des infirmiers. Pour désengorger nos urgences, il faut des infirmiers. Pour arrêter la maltraitance institutionnelle, il faut des bras et donc des infirmiers. Qu’allons-nous faire? Aller chercher des infirmiers hors de Belgique, alors que nous avons des écoles que nous sommes en train de fermer ici? Il y a neuf ministres de la Santé et il n’y en a pas un qui s’est opposé publiquement à la suppression de cette formation. Vous aviez dit ne pas toucher à la santé des Wallonnes et des Wallons. Ici, c’est tout le système de la santé qui est mis en péril. Allez-vous soutenir le maintien de la réforme d’infirmier breveté? Je suis allée à l’assemblée des professeurs, des infirmiers et des étudiants. Il y a des solutions. Écoutez le terrain. Ne mettez pas à mal notre Région wallonne ainsi que la santé des Wallons et des Wallonnes.

  2. Madame la Députée, la réforme du brevet infirmier hospitalier est en cours et continuera. Je vous rappelle que tout cela rentre dans la volonté d’avoir une meilleure lisibilité de l’offre de formations, d’avoir une meilleure cohérence dans les parcours professionnels et de répondre mieux aux besoins de santé de notre population. En effet, pour le brevet infirmier, les inscriptions se clôturent en mars 2026 et les diplomations dureront jusqu’en 2032 ou en 2035, en fonction des filières. Le patient ne connaît pas la différence entre une infirmière A1 ou une infirmière brevetée puisqu’il n’est pas conscient de qui il a devant lui. Actuellement, les infirmières brevetées ne perdent aucunement leurs droits. Les parcours professionnels sont maintenus et les barèmes IFIC 14B seront maintenus pour l’ensemble de ces personnes dans leur profession, et ce, jusqu’à leur pension. Le cadre européen nous dit qu’il faut renforcer la formation d’infirmière générale en soins hospitaliers et les faire passer en niveau 6 de la certification européenne – en l’occurrence, pour les bacheliers – afin de leur donner plus d’autonomie et plus de possibilités de prendre en charge les soins médicaux. C’est toute la réflexion sur l’évolution du métier d’infirmière. Par ailleurs, on crée une nouvelle filière qui remplace les bacheliers de l’enseignement supérieur d’assistant en soins infirmiers. Ce sera un niveau 5 de certification et cela commencera durant l’année 20262027. Les premiers diplômés, qui sont prévus en 2029, auront un niveau intermédiaire entre l’aide-soignant et l’infirmier A1, comme on l’appelle dans notre langage, qui est un nouveau métier. Ce sont trois ans d’études, 180 ECTS et un enseignement pour adultes exclusivement. Il y a une passerelle très bien faite pour leur permettre d’évoluer vers le cursus d’infirmier en soins généraux. C’est la même chose que pour les brevetés. C’est une réforme qui gagne en cohérence. On ne change pas du tout le barème des pratiquants. On supprime une filière qui nous semble obsolète et dépassée, mais on ajoute cette nouvelle filière. Il est vrai que, pour la Wallonie, c’est peut-être plus compliqué que pour la Flandre. Toutefois, c’est une réforme nécessaire en vue d’une meilleure lisibilité. Je suis certain que ces personnes viendront renforcer les soins à domicile.

  3. Monsieur le Ministre, vous faites la distinction entre infirmière A1 et infirmière A2 en disant que le patient ne voit pas la différence. C’est du mépris et une méconnaissance du métier d’infirmier. Par rapport aux assistants logistiques, qui vont remplacer à domicile, encore une fois, ce ne sont pas des infirmiers, mais des assistants-infirmiers. Ils ne sont pas autonomes. Il faut des infirmiers. À part aller les chercher hors de Belgique, vous n’aurez pas d’infirmiers. Ce qu’il se passe ici est très grave. Comme vous l’avez dit, la Wallonie n’est pas en mesure de se passer de cette formation. Vous parlez de la reconnaissance européenne. L’infirmière brevetée est reconnue partiellement. Par contre, l’assistant en soins infirmiers n’est pas reconnu du tout. Vous changez une formation reconnue partiellement par une formation qui n’est pas reconnue du tout. L’aspect financier, puisque les assistants en soins infirmiers n’auront certainement pas le même barème qu’une infirmière A2, c’est la seule motivation que vous avez.

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