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ActualitéWalloniemercredi 12 novembre 2025

L’accélération de la stratégie antidrones et la collaboration entre les acteurs wallons et l’autorité fédérale» Question d’actualité de M. Jean-Paul Wahl à Mme Cécile Neven, Ministre de l’Énergie, du Plan Air-Climat, du Logement et des Aéroports, sur «la perturbation du trafic aérien à la suite du survol de drones» Question d’actualité de M. Jean-Jacques Cloquet à Mme Cécile Neven, Ministre de l’Énergie, du Plan Air-Climat, du Logement et des Aéroports, sur «les nouveaux survols de drones et la menace pesant sur les aéroports wallons

Synthèse

Les députés ont interpellé la ministre sur la multiplication des survols de drones, leurs conséquences économiques pour les aéroports wallons et la nécessité d’une stratégie coordonnée de détection et de neutralisation, en lien avec les autorités fédérales. Mme Neven a indiqué disposer d’un inventaire précis des faits, a rappelé les impacts observés à Liège Airport et les mesures déjà prises, dont la saisine du Fédéral, l’activation d’instances de crise, le renforcement policier et l’appui de la Défense. Elle a aussi souligné que la sécurité aéroportuaire relève principalement du niveau fédéral, tout en précisant que la Région participe désormais à la coordination et que des réunions sont en cours pour valoriser les acteurs wallons du secteur antidrones. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’accélérer les investissements, de structurer un écosystème wallon et de mobiliser des financements publics, privés et européens.

Débat · 7 interventions

  1. OD

    Monsieur le Ministre, nul ne peut ignorer aujourd’hui les survols de drones que l’on voit fleurir partout en Belgique, notamment au-dessus des aéroports, avec un impact économique fort. Mon collègue, Jean-Jacques Cloquet, aura l’occasion de vous en reparler dans quelques minutes. Au-delà des aspects de défense et de sécurité, il y a aussi des impacts sur d’autres secteurs. Je pense notamment au secteur de l’énergie, avec les centrales nucléaires et les turbines à gaz, à la logistique alimentaire, à la distribution de l’eau et au secteur des télécoms. Il faut donc avoir une approche globale. Aujourd’hui, ce dont on a besoin en Wallonie, ce n’est pas nécessairement, dans un futur immédiat, de fabriquer des drones, mais de travailler sur les deux axes de la lutte antidrone que sont la détection et la neutralisation, car c’est extrêmement important. Nous avons un tissu économique wallon avec un certain nombre de spécialisations chez certains acteurs dans ce domaine, que ce soient des grandes entreprises, des PME, des centres de recherche ou des universités. Cependant, il y a aussi un certain nombre d’acteurs qui ont un potentiel à le faire de par leurs activités actuelles. Je pense par exemple à LASEA, dans le secteur du luxe et de la bijouterie, où le laser est une technique fort utilisée. On sait que le laser est une technique de détection des drones fort importante. Comment allez-vous articuler la collaboration avec le Gouvernement fédéral sur cette matière? Comment allez-vous mettre en place, au niveau du Gouvernement, l’ensemble des compétences pour réagir et avoir une force de frappe industrielle wallonne dans ce secteur? Étant donné que l’on a les capacités, il faut le faire et fédérer les acteurs.

    Agressivité 76%Constructivité 62%Factuel 61%Émotionnel 76%
  2. Madame la Ministre, la situation est inquiétante, car notre pays est victime de ce que l’on appelle une guerre hybride émanant manifestement d’une puissance étrangère. Tous les regards se tournent vers la Russie. Nous sommes dans une situation où nous sommes amenés à demander l’aide de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni, ce qui est extrêmement inquiétant. Bien entendu, vous pourrez me répondre avec une certaine confidentialité par rapport aux informations dont vous pouvez disposer. Il y a deux aspects sur lesquels je souhaite vous interroger. D’une part, quelles sont les conséquences économiques, s’il est déjà possible de les estimer, que ces incursions provoquent au niveau de l’aéroport de Liège – mais, heureusement, pas encore Charleroi, à ma connaissance – et les conséquences indirectes sur d’autres entreprises qui pourraient être concernées par les dommages qui pourraient en résulter? D’autre part, et c’est là que vous devrez probablement être prudente, une stratégie est-elle mise en place de manière à espérer éviter ou, en tout cas pallier, ce qui constitue désormais une véritable attaque contre notre pays?

    Agressivité 92%Émotionnel 75%
  3. JC

    Madame la Ministre, nous parlons sans arrêt des drones. Souvenons-nous que, le 24 septembre, quand j’ai posé une question sur la cybersécurité, dans ma réplique, j’ai dit : « Attention, il y a peut-être une autre menace importante que sont les drones ». Nous y sommes. Ce que je voudrais signaler, c’est que, dans tous les sites aéroportuaires, il y a des conséquences au niveau économique et que nous devons les arrêter. Nous devons aussi penser – je ne vous demanderai pas de répondre sur ce sujet – à toutes les entreprises Seveso en Belgique. J’y ai travaillé pendant 20 ans et je peux vous dire qu’un acte sur une usine Seveso est beaucoup plus dangereux que dans un aéroport. Cela étant, avez-vous un inventaire de ce qui se passe réellement au niveau de nos aéroports régionaux, des attaques qui auraient eu lieu et dont on n’aurait pas parlé? Qu’est-il désormais mis en place? Que pouvezvous dire au niveau de la détection, de l’intervention et de l’arrêt de ces drones? C’est fondamental. Avec le Fédéral et avec les aéroports, qu’est-il mis en place aujourd’hui, que ce soit via une task force ou autre, afin de suivre ces éléments, y être très attentifs et préventifs afin de solutionner ce type d’attaques?

    Agressivité 69%Émotionnel 59%
  4. Messieurs les Députés, nous avons l’inventaire exact de ce qu’il s’est passé. Je ne vais pas vous refaire l’historique, mais sachez que, entre le 4 novembre et le 11 novembre, l’ensemble de l’espace aérien belge a fait l’objet de survols de drones – qui ne sont pas qu’aériens d’ailleurs, mais je vais orienter ma question sur les aéroports puisqu’ils sont de ma compétence –, spécifiquement sur les aéroports de Liège et de Zaventem. Immédiatement, dès le 5 novembre, avec le ministre-président, nous avons cosigné un courrier à l’attention du Fédéral pour qu’un plan de crise et de coordination soit mis en place. On sait à quel point les questions de coordination sont importantes dans ce cas de figure. Vous savez que ces questions sont de compétence fédérale puisque les services de la Mobilité, de l’Intérieur et de la Défense sont essentiellement concernés. La coordination est une question essentielle, comme en témoigne notre saisine du CODECO. Au niveau des impacts économiques, j’ai la liste des vols concernés par aéroport, mais je peux vous résumer la situation en vous disant que, au niveau de Liege Airport, 64 vols ont été concernés et que BSCA a été moins concerné puisqu’il a plus fait l’objet de vols qui ont atterri à Charleroi par diversion. Au niveau de la gestion de crise et de la communication, il y a eu une communication permanente et un travail de coordination permanent entre le SPW, Liege Airport et Liege Airport Security. Au niveau du Fédéral, une série d’initiatives ont été prises: - la DGTA a informé les acteurs que la police fédérale serait épaulée par la Défense, ce qui a d’ailleurs été le cas sur le site de Liege Airport; - un comité de crise a été créé au sein de la DGTA; - l’activation du Conseil national de crise a eu lieu; - le Conseil national de sécurité s’est réuni. Du côté de Liege Airport, il y a eu un renforcement de la police fédérale aéroportuaire. En outre, le gouverneur s’est réuni sur cette question avec la DGTA et le Conseil national de crise. Je partage deux conclusions sur ce point avant d’en venir à la question de M. de Wasseige. Premièrement, je réitère ce que j’ai déjà dit à plusieurs reprises, à savoir que la sécurité de nos aéroports est une priorité absolue. L’ensemble des acteurs et des moyens ont été mobilisés sur cette question avec la plus grande attention. Deuxièmement, à la suite du Conseil national de sécurité et du Conseil des ministres du Gouvernement fédéral du 7 novembre, le Conseil national de crise a été désigné pour assurer la coordination, à laquelle la Région pourra désormais participer. Monsieur de Wasseige, la fabrication de drones innovants et de composants de drones ainsi que tous les éléments que vous avez énoncés occupent les acteurs wallons depuis des années. Ce n’est donc pas neuf. Depuis plusieurs années, on sait que l’on a des acteurs en la matière. L’expérience récente nous prouve à quel point il est essentiel de capitaliser sur les forces de nos acteurs wallons pour placer la Wallonie sur la carte et précisément dans ce secteur. Ces cinq dernières années, quatre projets pilotes ont été financés dans le cadre des appels à projets des pôles de compétitivité dans ce secteur. Plusieurs centres de recherche et universités sont forces de propositions en la matière, et il faut bien entendu capitaliser là-dessus. Ces acteurs sont occupés à s’organiser pour répondre aux appels en cours au niveau de la Défense. Des réunions de haut niveau sont déjà organisées avec la Défense pour évoquer la collaboration dans ce secteur et la mise en avant des acteurs wallons.

    Agressivité 59%Constructivité 64%Factuel 64%Émotionnel 59%
  5. OD

    Je vous remercie, Madame la Ministre, pour votre réponse. Vous avez souligné qu’un certain nombre d’acteurs travaillent déjà sur les drones. Il faut bien mettre en évidence le fait que l’on doit d’abord travailler sur les antidrones avant la fabrication de drones. Vous avez cité la réalisation de quatre projets pilotes dans le passé, où les acteurs se sont mis ensemble. Aujourd’hui, il faut aller très rapidement une étape plus loin, d’une part, afin d’avoir une souveraineté et, d’autre part, parce qu’il peut y avoir un impact économique fort. Le Comité des Régions, dont je fais partie, a d’ailleurs sorti le 14 octobre un document en ce sens en disant qu’il fallait avancer. On a besoin d’un écosystème régional avec les acteurs réunis, d’un plan stratégique et de moyens de financement, notamment européens puisque l’Europe va le permettre sur la base de sa roadmap Défense du 15 octobre, ainsi que d’investissements publics – par exemple, via Wallonie Entreprendre – et privés. Il faudra aussi des procédures rapides pour les marchés publics.

    Agressivité 57%Constructivité 66%Émotionnel 46%
  6. Je remercie Mme la Ministre pour sa réponse. Il est important de rappeler et d’insister sur le fait que nous avons constaté depuis une semaine qu’il est possible de bloquer totalement notre espace aérien avec des conséquences qui peuvent être dramatiques dans les jours, les semaines ou les mois à venir. Comme vous y avez fait vous-même allusion, Madame la Ministre, ce ne sont pas que les drones puisque d’autres attaques sont en cours ou l’ont été et pourraient bloquer – je sors un peu de vos compétences, excusez-moi – bien d’autres secteurs de notre vie sociale et économique, avec toutes les conséquences que cela implique. Le Gouvernement wallon, en accord avec l’autorité fédérale, doit accorder une attention désormais prioritaire à cette problématique qui risque de perturber notre pays dans les semaines, les mois et même les années à venir.

    Agressivité 83%Émotionnel 68%
  7. JC

    Comme Olivier de Wasseige l’a indiqué, il y a des potentialités en Wallonie. Je ne parlerai que d’une société que je connais très bien, qui va être la plus grande productrice de satellites en Europe et qui est capable de détecter, au mètre carré, un lancement de missiles. Aujourd’hui, il y a des opportunités pour se mettre autour de la table, aux niveaux fédéral et européen, afin de lutter contre ces invasions et le risque de bloquer le pays.

    Agressivité 81%Constructivité 72%Émotionnel 64%

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