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ActualitéWalloniemercredi 21 janvier 2026

Les actions régionales de prévention et de soutien face au cyberharcèlement

Synthèse

Les intervenants ont dénoncé la montée du cyberharcèlement sexiste visant particulièrement les femmes en politique, avec des propos insultants, discriminatoires et humiliants relayés sur les réseaux sociaux, et ont souligné ses effets sur la santé mentale, l’autocensure et la participation politique. En réponse, le ministre-président a jugé ces violences inacceptables, a rappelé l’existence d’un volet consacré au cyberharcèlement dans la Déclaration de politique régionale et a évoqué la nécessité d’un contrôle renforcé des plateformes ainsi que d’une possible correctionnalisation de ces délits. Le ministre Yves Coppieters a détaillé plusieurs actions régionales: futur plan Genre et Droits des femmes, adaptation des textes anti-discrimination, mobilisation des acteurs de santé mentale, financement de plateformes provinciales, mise en ligne d’un site de ressources et lancement annoncé d’une campagne de sensibilisation auprès des jeunes. Bénédicte Linard et Vincent Palermo ont insisté sur la nécessité d’articuler prévention et sanctions, notamment par une action plus contraignante envers les plateformes et une coopération avec la police.

Débat · 6 interventions

  1. Monsieur le Ministre-Président, il ne fait pas toujours bon d’être femme en politique aujourd’hui. On aurait pu espérer qu’en 2026 le sexisme aurait disparu. Aujourd’hui, il rejaillit de plus belle sur les réseaux sociaux, sur les politiques de manière générale, mais encore plus sur les femmes. Il y a des injures comme «pauvre folle» ou «connasse»; ce sont de vraies citations. C’est quelque chose que l’on peut retrouver chez les hommes aussi, mais on n’entendra jamais un homme recevoir des commentaires comme ««elle sait comment aller en dessous d’un bureau» ou «elle a encore une goutte sur le bout des lèvres». Cette violence s’accentue quand les femmes sur les réseaux défendent les droits des femmes. Je cite: «Si on la brûlait, serait-elle assez grasse pour réchauffer Bruxelles?», ou encore: «Elle finira comme Jeanne d’Arc». C’est encore pire quand ces femmes sont racisées: «Elle est encore là, cette tarée? Qu’est-ce qu’on attend pour l’expulser?», ou encore: «T’occupe pas, laisse faire les grands, fais ton couscous». Ce sont des citations, des appels à la haine, des discriminations, de la violence que l’on trouve tous les jours sur les réseaux sociaux, particulièrement contre des femmes et contre des femmes qui font de la politique. Certaines collègues ici le savent très bien. Tout cela se trouve sur des réseaux comme Instagram, Facebook, X, que l’on a désertés pour pas mal d’entre nous d’ailleurs, et se passe de manière totalement impunie. C’est une impunité totale parce que les plateformes ne font rien aujourd’hui. Les femmes vivent dès lors un mal-être, de l’autocensure et jusqu’à potentiellement un départ de la politique. Monsieur le Ministre-Président, vous avez potentiellement des leviers dans vos mains. Vous êtes ministre-président d’un Gouvernement qui peut agir à différents endroits, mais vous êtes aussi membre du CODECO. Vous avez de quoi prendre des mesures et activer des leviers. Quels leviers pourriez-vous activer? Il est urgent d’agir aujourd’hui.

    Agressivité 78%Émotionnel 50%
  2. Monsieur le Ministre, le harcèlement en ligne est en perpétuelle augmentation. On l’a encore vu il y a quelques jours, ma collègue vient de le dire, lorsque deux femmes ont été harcelées parce qu’elles avaient un mandat public. Mais ce n’est pas tout : il y a des femmes, des mamans, qui sont harcelées tous les jours et il y a des adolescents, des enfants ainsi que des familles qui sont là et qui doivent lire ces commentaires. Derrière un écran, il est facile de pouvoir tout dire et en toute impunité. Par contre, derrière l’écran, il y a des femmes, des hommes et des enfants qui arrivent à perdre leur estime, parfois même l’envie de vivre. Monsieur le Ministre, que peut-on déjà faire – à votre niveau, parce que c’est beaucoup plus large et il faudrait mettre en œuvre une politique globale –, en Wallonie, pour la prévention et le soutien face à ce fichu cyberharcèlement?

    Agressivité 80%Émotionnel 50%
  3. Madame la Députée, comme vous, j’ai pris connaissance, avec un certain dégoût et une colère assez profonde, des insultes qui ont été proférées. J’irai même plus loin en parlant du harcèlement, qui est proféré assez régulièrement, et, singulièrement ici, dans le cas précis qui a été relayé dans la presse, auprès de nos collègues féminines wallonnes. C’est évidemment inacceptable. On doit faire front ensemble sur une thématique d’importance où la banalisation de la violence sur les réseaux aujourd’hui peut se transformer demain en une violence physique. La violence numérique reste néanmoins une violence et l’on doit tout mettre en œuvre pour arrêter cela. Cela ne vous aura pas échappé que, dans la Déclaration de politique régionale, il y a un volet sur la violence et le cyberharcèlement des élus, et singulièrement des élus communaux. Cependant, je pense que l’on doit avoir une vue beaucoup plus large. On ne peut pas banaliser ce qui se passe, avec ces victimes de harcèlement et d’insultes. Clairement, je prendrai langue et l’on en parlera au niveau nécessaire. Vous avez souligné vous-même le contrôle des plateformes et le fait qu’il n’y a pas suffisamment de contrôle sur des éléments essentiels dans ce type de débat. On doit aussi pouvoir plaider pour une correctionnalisation de ces délits. On ne peut pas accepter de simplement lire cela et après dire: «Oui, bon, je dois vivre avec». Nous avons tous, ici présents, déjà subi des insultes, mais nous devons arrêter de banaliser cette violence souvent complètement infondée et qui ne sert strictement à rien au débat. J’espère que l’on pourra œuvrer tous ensemble pour améliorer cette situation qui est une problématique commune et qui fait très mal à notre démocratie.

    Agressivité 48%Constructivité 96%Factuel 94%Émotionnel 97%
  4. Monsieur le Député, je ne peux que m’associer aux propos du ministre-président sur cette situation tout à fait scandaleuse et nauséabonde qui nous questionne sur la manière dont on respecte les choses. La société devient un peu folle. Ce cyberharcèlement sexiste envers deux personnes, qui n’est que le reflet de ce qui se passe en réalité vers d’autres personnes, est tout à fait inacceptable. Il est vrai que le Gouvernement wallon prend les choses en main. J’ai eu la chance, ce matin, d’aller en commission «Droits des femmes» pour présenter la note d’orientation que j’ai présentée au Gouvernement wallon sur le futur plan Genre et Droits des femmes, qui sera un plan commun entre la Fédération WallonieBruxelles et la Région wallonne, dans lequel le cyberharcèlement et la prévention du cyberharcèlement sexiste sont une priorité. Nous travaillons actuellement toujours sur la transposition des directives européennes par rapport à la prévention des violences féminines et intrafamiliales, dans lesquelles il y a toute une série de décrets Antidiscrimination que nous sommes en train de retravailler pour y intégrer la dimension du cyberharcèlement. En Wallonie, nous avons aussi le Plan wallon de prévention et de promotion de la santé, qui met en avant toute une série d’acteurs qui sont spécialisés dans les thématiques de santé mentale, des écrans et de la prévention du cyberharcèlement. Nous leur avons donné un mandat particulier par rapport à cela. La Wallonie finance aussi 13 plateformes provinciales qui mettent en coordination les acteurs locaux qui travaillent sur l’égalité des chances, le droit des femmes et la lutte contre les violences. C’est un maillage territorial très important. Les provinces jouent un rôle majeur à ce sujet. Je voudrais aussi dire que le 25 novembre dernier, nous avons ouvert le site stop-violences-femmes.be qui met à disposition toute une série de ressources, dont celles en lien avec le cyberharcèlement sexiste. En mars 2026, nous lancerons une grande campagne d’information et de sensibilisation sur les représentations de genre envers les jeunes de 15 à 20 ans. On pourra mettre en place, dans les écoles et à travers le programme EVRAS, toute une série de discussions sur les déconstructions des représentations et les visions du masculinisme ou du féminisme avec les jeunes.

    Agressivité 96%Constructivité 96%Factuel 98%Émotionnel 99%
  5. Messieurs les Ministres, il existe effectivement des moyens d’action au niveau du Gouvernement wallon. Il y en a un qui n’a pas été cité et qui concerne peut-être M. Desquesnes : lors de la retransmission des conseils communaux, il y aurait peut-être matière à supprimer les commentaires. Le plus important, c’est d’agir vis-à-vis des plateformes. Aujourd’hui, elles ne sont contraintes à rien. Il faudrait – c’est la proposition d’Ecolo – renforcer et les obliger à travailler avec la police. L’anonymat n’existe pas vraiment sur les réseaux sociaux. Quand on oblige les plateformes à travailler avec la police, on permet de créer potentiellement une police des réseaux sociaux qui pourrait, comme on le fait pour les amendes routières, donner des amendes à ceux qui contreviennent sur les réseaux sociaux. Toutefois, pour cela, il faut que les plateformes soient contraintes d’agir avec la police. Or, aujourd’hui, certaines plateformes font exprès de laisser vivre toute cette violence. C’est parce que vous êtes aussi membre du CODECO que je pense que cette casquette doit aussi être habitée, à l’instar de tout ce que votre Gouvernement doit faire dans les années à venir.

    Agressivité 86%Émotionnel 64%
  6. Monsieur le Ministre, vous avez répondu pour la prévention et pour ce qui va être mis en place. C’est très important, mais j’aimerais nous lancer un défi aujourd’hui. On est tous d’accord pour dire que cela doit cesser ; plus jamais cela. Toutefois, cela se règle à plusieurs niveaux de pouvoir. Tant que l’on ne met pas de la prévention en parallèle et des sanctions derrière, cela ne pourra jamais évoluer. En effet, aujourd’hui, toute personne qui, derrière un écran, se prend pour le nombril du monde en vilipendant et en agressant les jeunes, les moins jeunes ou les femmes – peu importe qui –, sait très bien que, derrière cela, elle ne risque rien. Travaillons donc conjointement à tous les niveaux de pouvoir pour que, enfin, on puisse se dire que l’on ne peut pas tout laisser dire et tout laisser faire.

    Agressivité 93%Constructivité 46%Factuel 49%Émotionnel 81%

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