La restructuration et le risque de pertes d’emploi dans le secteur de la presse
Stéphane Hazée a alerté sur les risques liés à une restructuration du secteur de la presse, aux incertitudes sur l’actionnariat, à la baisse des ventes et des budgets publicitaires, ainsi qu’à la fin de la concession postale, en soulignant les enjeux de pluralisme, de couverture territoriale et d’emplois dans les rédactions et les métiers de support. Pierre-Yves Jeholet a indiqué ne pas participer aux discussions capitalistiques, mais suivre de près le dossier de la presse et être en contact permanent avec les éditeurs pour trouver une solution alternative à la distribution et sur la viabilité du modèle économique, dans un contexte de forte baisse de la diffusion papier. Il a aussi précisé que les directions allaient rencontrer les représentants des travailleurs et s’est dit disponible pour examiner des propositions concrètes. En réplique, Stéphane Hazée a salué cette ouverture et a appelé à des contacts élargis avec les acteurs concernés ainsi qu’à une initiative du gouvernement, y compris vis-à-vis du fédéral et du Comité de concertation.
Débat · 3 interventions
- SHStéphane HazéeEcolo
Monsieur le Ministre, c’est Le Vif/L’Express hier et ensuite le journal L’Écho qui nous informaient de négociations en cours pour ce qui concerne une restructuration potentielle de l’actionnariat, soit des Éditions de L’Avenir, soit de l’ensemble de la presse écrite – il est question de participations croisées ou de rachats –, et à côté de cela aussi de possibles rapprochements opérationnels au niveau des métiers de support, mais chacun a évidemment des craintes pour les rédactions. Ceci se passe dans un contexte où la baisse des ventes est un élément à constater, la baisse des budgets de publicité également, mais surtout la fin de la concession postale qui amène une onde de choc pour l’ensemble du secteur. Les inquiétudes, elles sont larges. Elles portent sur l’avenir de la presse écrite. Et comme démocrate, c’est un enjeu qui concerne chacun et chacune: l’enjeu du pluralisme de l’information, de la diversité de l’offre, d’avoir des journalistes en nombre qui ont un temps de travail pour mener leur travail d’investigation. À côté de cela, il y a l’enjeu de l’emploi. Comme ministre de l’Économie et de l’Emploi, vous êtes évidemment en première ligne. L’enjeu de l’emploi dans les rédactions, dans les métiers de support, ce sont les indépendants qui ont déjà été remerciés dans certains métiers. Ce sont aussi Les Éditions de L’Avenir qui annoncent une fusion de l’édition Basse-Sambre et de l’édition de l’EntreSambre-et-Meuse: une première réduction de la couverture territoriale, et un préavis de grève qui a été lancé hier par les organisations représentatives des travailleurs avec cette impression de dépeçage. Monsieur le Ministre, de quelles informations disposez-vous par rapport à cette perspective, à ces négociations? Quelles initiatives avez-vous déjà prises ou avez-vous prévues? Avez-vous prévu notamment de rencontrer les parties prenantes? La presse fait partie de notre patrimoine collectif, et je pense qu’il y a vraiment un enjeu à ce que le Gouvernement puisse s’en saisir. C’est encore l’enjeu de la concession postale, puisqu’il y a une grande incertitude sur la fin du subside fédéral fiscal. Avez-vous pris des contacts avec le Gouvernement fédéral? Le Gouvernement est-il prêt à saisir le Comité de concertation par rapport à cet enjeu qui touche singulièrement la Wallonie? Vu sa densité de population, le coût de la distribution est évidemment beaucoup plus important qu’en Flandre et il y a donc la nécessité d’une action publique.
Agressivité 79%Émotionnel 74% Monsieur le Député, je partage évidemment l’attention par rapport à la presse et à l’importance du pluralisme, à la diversité de la presse et donc de la diversité des titres. C’est un dossier que j’ai toujours suivi en tant que ministre de l’Économie, mais aussi à la Fédération Wallonie-Bruxelles, en liaison avec la sensibilisation aux publics plus jeunes, et aussi à l’accès à la presse quotidienne dans les écoles. Nous aurons bientôt un accord de coopération avec la Fédération Wallonie-Bruxelles renforçant encore cela. Concernant les discussions, je vous confirme que je ne participe évidemment pas aux discussions que vous évoquez sur un rapprochement capitalistique. Par contre, à propos de la distribution de la presse, je peux vous confirmer que je suis en contact permanent avec les éditeurs de presse pour trouver une solution alternative à celle qui existe aujourd’hui pour la distribution des journaux. C’est un enjeu majeur. Il y a la viabilité du modèle, comme vous l’avez dit. Il faut savoir que les quotidiens papier font -7 à -10 % par an. La diffusion papier a diminué de 68 % ces 20 dernières années. C’est un enjeu majeur et nous travaillons sur des solutions concrètes sur cet aspect. Concernant les éditeurs de presse, je vous l’ai dit, on est en contact aussi sur la viabilité du modèle économique. Par rapport aux discussions en cours, les directions confirment qu’elles vont à nouveau voir les représentants des travailleurs des différents titres concernés ainsi que le personnel. Je me tiens à la disposition des directions et des représentants des travailleurs et du personnel pour tenter d’examiner des propositions concrètes.
Agressivité 75%Constructivité 80%Factuel 79%Émotionnel 78%- SHStéphane HazéeEcolo
Je veux d’abord remercier le ministre pour son intérêt. Cela tranche avec la position que la ministre des Médias en Fédération de Wallonie-Bruxelles m’a donnée il y a huit jours, où elle m’a simplement dit : « Je n’ai pas de commentaire à faire, c’est une question privée ». Je retiens de votre intervention que vous ne considérez pas cela comme une question privée, mais une question démocratique fondamentale. En ce sens, je vais vous engager à poursuivre. Par rapport à cette discussion sur l’actionnariat, j’entends que vous n’êtes pas participant. Je n’avais pas posé cette question. Néanmoins, le Gouvernement ne peut pas simplement regarder en restant sans rien faire. Vous êtes disponible, c’est une première étape. Des contacts sont certainement à prendre avec les éditeurs, les organisations représentatives des travailleurs, les sociétés de rédacteurs, pour voir quel est le meilleur soutien que la Wallonie peut donner au meilleur scénario pour l’avenir de la presse. Chacun sait que ce n’est pas facile. Ce qui est sûr, c’est que ne rien faire ne va pas améliorer la situation. Il y a une nécessité d’initiative par rapport à cela, a fortiori à l’égard des Éditions de L’Avenir, parce que la Wallonie a une dette à leur égard. Pendant des années, on a laissé ce journal dans la gestion calamiteuse de Nethys-Publifin. On l’a heureusement retirée, mais après avoir perdu plusieurs années qui sont aujourd’hui des années que l’on ne rattrape pas. Enfin, sur la concertation postale, je ne peux que vous inviter à poursuivre, mais aussi à saisir le Comité de concertation. Il y a là un intérêt wallon spécifique que nous devons défendre. Vous avez un élément prometteur dans votre réponse. Poursuivons dans ce sens avant qu’il ne soit trop tard.
Agressivité 46%Constructivité 43%Factuel 41%Émotionnel 40%
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