La crise du secteur de la construction
Christine Mauel a souligné la crise profonde du secteur de la construction, marquée par la hausse des faillites, la hausse des prix immobiliers, la persistance de nombreux postes vacants et la pénurie de main-d’œuvre, en interrogeant le ministre sur les effets de la réforme du chômage, l’évolution des formations « Coup de poing », l’adaptation des dispositifs de formation aux nouvelles technologies et la mise à jour des conventions IFAPME-Embuild. Pierre-Yves Jeholet a répondu que le secteur reflète la vitalité économique, tout en rappelant le paradoxe wallon entre un grand nombre de chercheurs d’emploi et de métiers en pénurie ; il a mis en avant les réformes de l’emploi et de la formation, le travail avec les secteurs stratégiques pour mieux cibler les profils recherchés, le renforcement de l’alternance, de l’enseignement qualifiant et des opérations « Coup de poing pénurie ». Il a aussi insisté sur la nécessité d’améliorer l’image des métiers de la construction et de valoriser leur dimension technologique et leurs perspectives d’emploi.
Débat · 3 interventions
- CM
Monsieur le Ministre, le secteur de la construction traverse une crise profonde. Le nombre de faillites d’entrepreneurs a doublé entre 2021 et 2024, alors que le prix de l’immobilier a augmenté de 30 % et que le besoin en logements n’a jamais été aussi élevé qu’actuellement. On constate que 16 576 offres d’emplois sont non pourvues dans le secteur de la construction, alors que 235 000 chercheurs d’emplois existent en Wallonie. Le problème est certainement la pénurie structurelle de main-d’œuvre dans le secteur de la construction également. Le secteur est ou semble peu attractif malgré la demande. Monsieur le Ministre, votre réforme de limitation des allocations de chômage dans le temps a-t-elle déjà pris? Elle est en cours, naturellement. De premiers effets sont-ils déjà visibles? Dans vos constats et dans vos discussions avec le FOREm, avez-vous déjà des retours? Le nombre de formations «Coup de poing», par exemple, a-t-il augmenté? Quels leviers votre réforme du paysage de l’emploi et de la formation prévoit-elle au niveau de la diminution de la pénurie de main-d’œuvre? Quelles adaptations sont faites par le secteur de la construction par rapport aux nouvelles technologies, telles que les drones, les impressions 3D, la réalité virtuelle, ou encore l’intelligence artificielle? Des conventions ont-elles été mises à jour entre l’IFAPME et Embuild?
Agressivité 64%Constructivité 54%Factuel 52%Émotionnel 58% Madame la Députée, il est clair que le secteur de la construction est un indicateur de la vitalité économique de notre Région. Quand on donne certains chiffres de faillites, il faut savoir que l’on n’a jamais eu autant de PME en Belgique et en Wallonie, avec 1 165 000 PME. On sait combien les PME sont aussi génératrices en matière d’emploi. Deuxième élément, c’est évidemment le paradoxe wallon, et c’est pour cela que nous menons des réformes en matière d’emploi et en matière de formation, c’est le fait d’avoir plus de 240 000 chercheurs d’emploi et d’avoir autant de métiers critiques, de métiers en pénurie, de postes vacants, et notamment dans le secteur de la construction. Nous devons travailler sur différents piliers. J’ai mis en place des secteurs stratégiques regroupant les représentants des employeurs, les représentants des travailleurs, mais aussi, bien évidemment, les différents secteurs pour bien analyser les besoins du secteur de la construction. Il ne suffit pas de dire: «On cherche 18 000 personnes». Il faut voir quels types de profils, région par région, pour que l’on puisse répondre et faire ce matching de la façon la plus efficace possible. Deuxièmement, il faut travailler sur l’éducation, l’enseignement et la formation. Ce sont des leviers essentiels et notamment la formation en entreprise à travers l’alternance, la réforme systémique que nous voulons mener par rapport à l’enseignement qualifiant et la formation professionnelle, par rapport aux opérations «Coup de poing pénurie» qui sont multipliées aujourd’hui – notamment dans le secteur de la construction – et qui fonctionnent, notamment à travers les contrats PFI, je suis convaincu que, en matière de construction comme dans d’autres secteurs, l’apprentissage, la formation, les compétences se donnent aussi dans le monde de l’entreprise. Je terminerai sur deux volets. Il faut absolument travailler sur l’image des métiers en pénurie. Un excellent reportage de la RTBF, pendant les vacances, montrait le témoignage d’une conductrice de travaux. On y parlait de l’image des métiers. Il y a aujourd’hui plein de technologies. Ce sont de beaux métiers, et je voudrais que l’on cesse de dire sans arrêt que les métiers de la construction sont des métiers pénibles, comme beaucoup d’autres métiers aujourd’hui. Travaillons ensemble pour les jeunes, pour les parents, à l’image des métiers de la construction.
Agressivité 82%Constructivité 67%Factuel 67%Émotionnel 79%- CM
Je voudrais remercier M. le Ministre pour ces précisions. Les chiffres que vous avez mis au clair et votre réponse confirment l’importance d’agir sur plusieurs fronts à la fois. Premièrement, un matching plus efficace. Deuxièmement, une offre de formation adaptée aux besoins du secteur – je me réjouis de voir les solutions amenées par la formation en alternance. Troisièmement, vous avez dit une chose importante au niveau de l’image des métiers en pénurie; je pense aussi que nous, en tant que députés, pouvons faire beaucoup pour aider ce secteur à améliorer son image et à mettre en valeur les métiers en pénurie.
Constructivité 100%Factuel 98%Émotionnel 55%
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